POUR UNE CHAIRE DE CLINIQUE EXTERNE
3 Épreuve, — Argumentations.
Le temps accordé pour la composition et l'impression des thèses est depuis hait jours écoulé , et La lutte a recommencé dans l'amphithéâtre de l'école de médecine, en présence d'une affluence toujours aussi considérable d'auditeurs. Voici |
comment le sort à partagé les sujets de thèse et décidé les rangs pour l'argumention. : :
4° M. Guerhoiïs : n Des fstules recto el vésico-vaginales, »
2° M. Lepelletier : = Des hémorrhoïdes et de la chute du rectum ,et du traite- « ment chirurgical qu'elles réclament. »
ÿ' M. Sanson : = Des avantages et des inconréniens de la réunion immé- L2 .”
. Lisfranc : « Des diverses méthodes et des divers procédés mis en usage » pour l'oblitération des artères dans le traitement des antrrismes, et de leurs » avantages et inconvéniens réciproques. » |
5° M. Bérard jeune : « Des divers engorgemens du testicule, »
6° M. Velpeau : « Dans les plaies de tête indiquer les cas qui nécessitent l'opé- » ration du trépan; faire connaitre les suites de cette opération, »
7° M. Blandin : n Parallèle entre La taille et la lithotritie, w
Les concurreus soutiendront l'argumentation dans l'ordre suivant :
4°. ier, 2° M. Blandin , #° M. Sanson , 4” M. Velpeau, 5° M. Lisfranc, 6° M. Bérard jeune , 7° M. Guerbois.
Mercredi, M. letier de la Sarthe adoncétéargumenté par MM. Blandio, San son, Velpcan et Lisfranc ; jeudi a passé M. Bland.n; vendredi et samedi apparticnnent MM. Sanson et Velpeau. Les fêtes de juillet interrompront l'épreuve quirecommencera mercredi prochain avec M. Lisfranc, en sorte que vendredi alu cette épreuve sera finie, et qu'il ne s'agira plas que de mettre en regsrd La
ples , etila cité des renversemens de d'uu pied de lougueur, Le candidat demandé pour toute réponse quelle sat) M. pi accordant donc au aitu, Mhire général. Enfin M. Sanson à terminé par une objection touchant la resciiun à M. Lepelletier avait blémée, et sar l'excision qu'il avait louée. bien qu'il eût à de chose près La même description pour l'une et pour l'autre. Là encore. M, Lepelltier un peu embarrassé pour le fond, a gardé sa supériorité ant à la forme ; et celte seconde attaque quoique plus vigoureuse que celle de Pre , l'a cependant laissé ro une position earore très-favorable,
. Velpeau, averti par cette expérience, à pris ses “ut; ë clamé pe gerer Gi ripondre plus side, cé que M Lpelice : pou del aucane diféculté. L'argumentateur a cherché à démontrer d'abord que , dans un | fait emprunté à J.-L. Petit, et où il est dit que les veines étaient variqueuses jus- | qu'a l'S du colon, il ne s'agissait pas de varices, mais de cancer de l'intestin, Per- [mis sans doute à M. Velpeau d'interpréter Le fait ; mais il est bien certain . Ta
L. Petit a écrit qu'il avait vu des varices, M. Lepelleticr à habilement probité FA sa position, [s'en est moins bien tiré lorsque M, Velpeau lui a lu un passage où il lrecommande d'appliquer des ventouses sur les tumeurs hémor-hoïdales.
. Une autre question a été plus intéressante, M. Velpeau pense que la « | sion est un procédé mauvais de tout point quand on l'applique à la cure des hé- |morrhoïdes , attendu qu'elle manque de point d'appui suflisact et qu'elle cause des | accidens graves; et qu'elle est mauvaise encore pour arrêter | hémorrhagie lorsque [le sang vient d'un lieu supérieur au sph'acter interne ; en effet lorsqu'on à grossi le tampon autant qu'il est nécessaire, pour l'ascujétie il est indiqué de l'attirer |au-dehors pou ce que la compression soit sentie suflisante, et dans cette trac= | tion le seul obstacle qui l'arrète est le sphincter interne, 11 préfère donc lorsque le sang vient de haut, la canule armée d'une chemise, M. Lepelletier a répoodu à propos qu'avec la chemise qu ou même le tamponsement ordinaire, rivn n'empéechait de porter autant de charpie dans le rectum que par tout autre mo | Enfin M. Velpeau à terminé par des considérations sur l'excision des ge | l'anus, comme méthode curative de la chute du rectum; son opinion est qu'elle convient au moins dans dix-hait cas sur vingt. Cette argumentation avait produit plus d'effet que les précédentes ;
(M. Lepelletier avait perdu fort peu de terrain lorsque le tour de M, Li a venu. Il à attaqué tout d'abord sur l'anatomie chirurgicale , et a appris à M, Le-
pelletire que la fréquence de La chute du rectum chez les jeunes sui
partie à ce que chez Le fœtus et même chez l'enfant jusqu'à n ou FT rond
lue demeure droit et presque sans aucune courbure, Poursuivant cette matière
il a prié le candidat de lui dire quelle était La distance moyenne du périnée au re li péritonéal vésico-rectal où vagino-rretal; chose importante à connaître pour es opérations peuvent nécessiter les hémorrhoides dégénérées , où méme le
renversement du rectum; M. Lepelletier n'a point réroqué en doute l'importance
| de la chose : et a bravement répondu que cette distance était la hauteur du
| rinée lui-méme.—Alors quelle était cette hauteur? — Le candidat prisé, et furt embarrassé de le dire, a prétendu que des mesures exactes étaient impossibles à
s titres anté-} prendre; et per. sant s'échapper par la Langente , il à fait une vaillante sortie con.
curs de chaque candidat , pour proclamer qui d'entre eus a le mieux mérité de tre la géométrie et les mathématiques appliquées à la chirurgie. C'était changer la science. Le haut intérêt qui s'attache à ce concours , et aux noms de la plupart }la défense en at'aque , maïs malheureusement c'était attaquer M Lifegé sur son
des candidats, nous engage à donner à part l'analyse de leurs thèses (Voyez la Hibliographie), en sorte que cet article sera consacré uniquement aux premières ar- {avec dignité, 1l a expos ce que sa méthode avait de supériorité
gumeplations.
Séasce ov 23 souvrr. M. Zepellelier.—Ancumextateuns Sanson, Felpeau et Lisfranc.
La thèse de M. Lepelletier, quoique rédigée avec beaucoup de soin, offrait un
certain sombre de points vulnérables, L'auteur, attaqué par quatre vigoureux adversaires, a fait néanmoins bonne contenance, répondant avec calme, avec convenance, un peu diffus peut-être ; mais c'est aussi un moyen de tromper l'assaillant, ayant iquelois la raison pour lui, et sachant , même lorsqu'il avait tort , s'emparer des rires de l'auditoire ge désarçonner son compétiteur.
C'est M. Blandin qui a fait le premier le malheureux essai de la faconde verbeuse ei caustique de M. Lepelletier, 11 avait de l'nvagination intestinale , chose étrangère à
à l'auteur de s'être ocra
dans ba chute du rectum la nuiquruse n'était pas toajours seule renversée , comme le veut l'auteur de La thèse ; mas que l'intestin tout entier suit quelquefois. Nous ve saurions trop dire comment M. Lepellitier, vaincu par l'évidence des faits, en est venu, à is, à en .
soire; le fait est cela est arrivé ainsi , et qu'à dater de cé moment , toutes les objections de M. Blandin ont été rétorquées; ses raisonnemens renversés où
tournés ; et il ne s'est tiré qu'un peu froissé de la bataille ; et visiblement contra- |
rié par l'hilarité des spectateurs.
. Sanson à commencé d'une manière plus ferme, M. Lepelletier dans sa thèse
ne décrit pour la partie inférieure du rectum qu'une courbure à convexité anté. |
rieure; M. Sanson à Cu gas que le rectum, d'abord porté de gauche à droite, revient ensuite de droite à gauche pour se terminer enfin sur la hgne médiane, M. Lepelletier d'abord surpris a nié la chose: puis alléguant qu'il avait suivi La description dounée dans sa thèse par M. Sanson lui-même, a demandé si le rectum avait depuis quinze ans changé de rapports. Un long éclat de rire à accueilli ceute plaisanterie qui a mis M. Sanson de fort mauvaise bumeur.
La Sacunion amarché ensuite quelque temps sur des choses légères, M. Sanson s'est étonné que le candidat eût regardé comme possible de confondre une tumeur hémorrhoidale avec une ehagade, M. Lepelletier s encore trouvé moyen de répondre ; si bien que l'agresseur impatienté n'a pu s'empêcher de lui dire : vous avez tort ; façon de parler Les parlementaire et qui a légèrement ému l'auditoire. Puis est venue la question des causes, M, Sanson prétewdant que pour alléguer tant de esuses différentes des ikaiorrhoides, il fallait au moins en expliquer le mécanisme; M. Lepelletier refusant de voir cetle nécessité, M. Sanson a repris la question du renversement du rectum , dont M. Lepelletier avait dit ne pas Connaitre d'exein -
: MM. Blandin”
ece de divagations, à enlacer, à éblouir, à embarrasser son adver- |
terrain. Le professeur de la Pitié a relevé le gant ; et avec calme, avec puissance,
‘ 4 mp1 sur les autres, et combien des calculs même ap} roximatifs l'emportaient sur des données sans fondement et sans consistance. Puis, ce débat vidé, ilen est revenu à son inexors le question ; et ne pouvant avoir de réponse, il a voulu savoir au moins si la distance du périaée au repli péritonéal était plus grande chuz l'homme on chez ls femme, À tout hasard M. Lepelletier à répondu : chez l'homme, M. Lisfr.n+ à ré | pondu froidement : Monsieur, je suis d'une opinion tout-à-fait opposée, Lei lerire a gagné l'auditoire, et M. Lepelletier a perdu la tête,
Il a cherché à se sauver par des digressions , est entré dans l'appréciation de l'excision du rectum, proposée el pratiquée par M. Li-frauc, a appuyé sur une opération suivie d'acodens graves , et a allégué enGn M. Lisfranc ue pourait prétendre seul avoir raison contre tous. M. Lisfranc l'a suivi encore su, ce terrain, après avoir eu grand soin de lai faire remarquer qu'il s'était considérable-
ment écarté de La question ; il à franchement ex les détails de l'opératio question, La réponse était pa a . " sez facile ; mais M. Blandin à fait une attaque plus sérieuse, en démontrant que!
à laquelle M. Lepelletier faisait ane allusion maligne , montré le peu de chances qui restaient au malade, et rappelé que celui-ci, torturé par des 0e conti- | nuelles, avait réclamé avec insistance les chances d'une opération qu'oa lai avait d'abord pefuse, En répondant au dernier reproche Ts loit observer que les | faite qu'il citait étant publiés , étaient sutant du domaine de la science que du sien propre, et qu'enfia, si l'on n'avait jamais raison seul contre tout le more , {| on D aurait jamais raison contre personne , et que le progrès dans toute science pe qu'a ce pris. à Vous ometions quelques objections de détail qui toutes ont é et dans lesquelles ce mot redoutable : Je suis d'une Dobe tout d-fait has à py d'une fois tourné contre M. Lepelletier les rires de l'aud toire, dont ilavait tant
jabusé, Toute cette argumentation calme , digne , écrasante , à fait le plus grand effet, Peut-être M. Lisfranc n'avait pas eneore déployé dans ce concours une parcille supériorité.
Nous renverrons au prochain numéro l'argumentation de M. Blandin, Disons seulement par avance que M. Sanson a été beaucoup plus ferme , que M. Velpcau s'est parfaitement soutenu, M. Bérard jeune à aus plus d'une lois embarrassé le
candidat : mais pour la vigueur , le sang-froid ; l'autorité , La palme est encore restée à M, Lisfranc.
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Le Rédacteur en chef, Juuxs Guéuin.
PABIS, — ÉVERAT, IMPRIMEUR,