PASSAGE DES GAZ À TRAVERS LES LIQUIRES
M. Dutrochet lit ur mémoire ayant pour titre : De l'endosmose des ga: au travers de l'eun. | | a
Dans un premier travail, où l'auteur se propossit d'expliquer la respiration des insectes"aquatiques, M. Dutrochet avait vu qu il se passait, entre les gaz renfermés dans une cavité unmergée et l'air extérieur, un échange mutuel dont be résultat final était la transformation du g:2 contenu dans la cavité en air almosphérique
qui s'élevait même à une certaine hauteur dans les deux autres fubes, La partie supérieure de ces deux derniers était occupée d'un côté par du gaz ox'gène , et de V'autre par du gaz acide carbonique. Après ua certain temps ; il s'étant établi, à travers l'eau qui remplissait la partie inférieure de l'appareil, un pass ge de gaz;
peu d'oxigène du côté de l'acide earbonique, D'ailleurs , al a e ag — à plus forte de hesu-
que lorsque deux par, séparés par une cloison liquide ; se mébent malgré cet obstacle , 1}: ont commencé à se dissoudre dans le liquide , et que c'est seulement lorsque celui-ci en est saturé que le mélange à sec commence à s'opérer. Crite expérience et d'autres dans lesquelles les deux gaz étuent l'oxigène et l'azote , montrent encore que c'est tonjours le gaz le plus soluble dans l'eau qui se porte en plus grande quantité à Lravers ce liquide vers le gazke moins soluble. En pro-
Lenoy D'Ériours.
ae
BIBLIOGRAPIIIE.
TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE DE CHIMIE THÉORIQUE ET PRarique, avec l'indication des principales applications aux sciences et aux arts, dans lequel les corps sont classés par familles naturelles, ouvrage adopté par le conseil royal de l'instrnction publique, pour l'ensignement dans les établissemens de Puniveraité de France ; par M. Despaerz, professeur de physique au collège royal de Henri-Quatre. 2 forts volumes in-8°, fig. Prix : 47 fr. — À Paris, chez Méquignon- Marvis, libraire, rue du Jardinet , n° 15.
M. Despretz, en rédigeant cet ouvrage, n'a pas perdu un seul instant de vue qu'il travaillait pour l'ensei ent général, et qu'il ne devait couséquemment donner que des faits bien constatés , et des théories avouées par l'expérience. Chargé pendant douze ans d'interroger et d'exercer aux manipulations chimiques les élèves de l'école pH nique, il à eu occasion de soumettre à des essais multipliés les divers
océdés d'expérience, en sorte que tout ce qu'il décrit, il l'a vu et exécuté lui-même ; on peut done rdmettre que la plupart des procédés suivis dans l'ouvrage sont les plus simples et les plus exacts. L'ouvrage est divisé en quatre parties bien distinctes, savoir : 1° chimie inorganique où minérale ; 2° chimie CE ou chimie végétale et animale; 3° généralités , caractères des diverses classes de corps, lois générales , théorie atomique; 4° analyse et application aux arts les plus importans.
ans la chimie ique ou inorganique les corps sont classés et rapprochés non d'après une seule propriété, mais d'après l'ensemble de leurs propriétés; cette distribution est tout-à-fait propre à faciliter le travail de la mémoire , avantage inappréciable dans une science où le nombre des faits est immense, Deux citations feront apprécier cet avantage. La première famille comprend le chlore , le brome, l'iode et le fluor. Ces corps ont beaucoup d’affinité pour l'hydrogène, et pour Les métaux; en ont peu pour l'oxigène ; ils déterminent les couleurs D me ou animales, et forment des acides avec l'hydrogène et avec l'oxigene
Prenons une seconde citation , nous choisirons la famille dans laquelle se trouve le cuivre et qui comprend le cuivre, le plomb , le cadmium et le bismuth. Voici les caractères communs que M. Despretz leur donne :
1° Métaux oxridés directement par Le contact de L'air;
2° Oxides irréductibles par la chaleur seule, mais réduits facilement dans des tubes de verre par le charbon ou l'hydrogène ;
3° Métaux ne dégageant pas d'hydrogène par l'eau, et l'acide sulfurique à la température ordinaire;
4° Sels nitrates, etc.) , stables et cristallisables ;
5° Sels en dissolution précipités par l'acide hydrosulfurique;
6° Metaux précipités de leurs dissolutions par le zinc et Le fer.
Ces caractères généraux placés à la tête de la famille convienneot aux quatre métaux qui la com t, en sorte qu'il suffit d'avoir étudié l'un des quatre métaux, le cuivre par exemple, pour connaître d'une manière générale du moins , l'histoire de chacun des trois autres ; on sent de quelle importance doit être une pareille distribution pour des examens et mème pour les progres de la science. Ainsi l'on a vu dans l'histoire du cuivreque ce metal forme des carbonates , des chlorures, des sulfures, des nitrates, etc. , bien caractérisés , on peut être certain de retrouver des composés analogues dans les combinaisons du plomb , du cadmium et du bismuth.
M. Despretz a banni de son ouvrage cette division de chimie végetale et de chimie animale, division tres-ancienne imitée de l'histoire naturelle, et qu'on retrouve dans tous les ouvrages et dans tous les cours de chimie ; 11 a adopté celle de chimie organique des corps azutés , et calle de chimie organique des corps non azotés. Dans cette division déj empruntée à l'ouvrage de M, Desnretz pour l'un des cours les plus sui vis à Paris , les élèves n'étudient ensemble que des corps qui ont une composition analogue ; 1ls ne sont pas exposés au grave inconvénient d'étudier le gluten et les alcalins organiques en même temps que l'amidon et le sucre , parce que ces composés viennent les uns et les autres des végétaux. De mème ils ne sont pas exposés à étudier les graisses avec le caséum et la gélatine , parce que ces composés se retirent tous des animaux.
Qu'on jette les yeux sur l'article alcalis organiques on sur l'article sucre , etc. , on verra que l'ouvrage est aussi bien caractérisé par les
détails que par l’ensemble. Les alcalis organiques ne sont pas étudiés dans l'ordre historique ou dans tout autre ordre aussi peu La à que ; ils sont distribués ou groupés, caractérisés par des propriétés bien tranchées ; de cette manière, l'étude de cette partie épineuse de la chimie organique se fait avec facilité.
Après l'exposition de la chimie inorganique et de la chimie organique, M. Despretz fait connaitre toutes les généralités, par exemple les propriétés générales et les caractères généraux 1° des Lane, rer res (oxides , chlorures , sulfures , etc.) ; 2° des composés ternaires ( chlorates, sulfates, nitrates, etc.); 3° des composés quaternaires (sels doubles, etc.). La théorie atomique avec des détails étendus vient naturellement après ces généralités : cette partie forme en quelque sorte La philosophie de la science,
our compléter le compte-rendu que nous faisons de l'ouvrage de M. Despretz, il nous reste à parler du Traité abrégé d’anaus et des applications aux arts. La partie pratique d'un ouvrage e chimie ne serait pas complète si elle ne renfermait un traité d'analyse , c'est-à-dire l'ensemble des procédés employés par les chiwistes pour reconnaître ct analyser les corps. L'auteur a donné d'assez rands développemens à cette partie si éminemment utile ; il expose es moyens de reconnaitre tous 2 corps , de les séparer les uns des autres, en sorte qu'il n’y a pas de corps simple, métallique ou non métallique, pas de sels où de matière organique qu'un lecteur attentif et un peu exercé ne puisse recounaitre ; pas d'alliage, pas de mélange de terre où d'oxides , pas d'eau minérale , pas de matière organique dont il ne puisse trouver la composition. Quoique cet ouvrage soit spécialement destiné à faire connaître les priacipes de la chimie générale, M. Despretz insiste sur les points qui peuvent acquérir une importance particulière dans l'économie domestique ou dans la médecine ; ainsi il s'arrête sur les divers moyens de découvrir l'arsenic dans un mélange compliqué par la présence des matières de l'estomac, etc. Il est impossible qu'un élève qui aura étudié cet ouvrage avec soin et attention , soit arrêté par une question quelconque de chimie générale ni d'analyse.
Nous avons parlé plus haut d'applications aux arts : ces applications sont la fabrication de la poudre, de verre, de la porcelaine, des mortiers, l'art de la teinture et du blanchiment, du savonnier, du tannage, l'art de faire le vin, les eaux-de-vie, le vinaigre, etc.
On pense bien qu'il ne peut pas être ici question d'une description complète de chacun de ces arts , mais seulement d'un exposé des principes sur lesquels ils sont fondés. Cet exposé suffit pour faire concevoir chaque art chimique , et même pour suggérer des idées nouvelles et conséquemment des perfrctionnemens à ceux qui l'exercent; c'est toût ce qu'on peut faire dans un traité de chimie générale,
M. Despretz ne s'est pas horné à répéter les travaux des au. tres , à faire en un mot un travail de rédaction; il a soumis pour son livre une infinité de questions à us examen attentif ; il a fait un grand nombre d'expériences nouvelles, Ainsi il a reconnu que le nickel et le cobalt décomposent l'eau, que ces deux métaux et le zinc et l'étain sont réduits par l'hydrogène aux températures où ils décomposent l’eau ; is l'acide carbonique et l’oxide de carhone se comporteut comme l'eaa et l'hydrogène, que les sels de manganèse ont une couleur qui leur est propre , que l'oxide de ce métal est irrédactible par l'hydrogène même au feu de forge. 11 a indiqué un procédé pour préparer l'acide acétique cristallisable, un nouveau et simple procédé es opérer la dessiccation des substances susceptibles d’altération à
‘air , et il a constaté qu'il y a de l'avote dégage dans la respiration d'un animal quelconqne, ete. , ete,
Toutes ces citations et l'analyse rapide que nous venons de présenter de la chimie de M. Despretz jrouvent que c'est un livre fait avec conscience, intelligence et talent, et qu'il mérite sous tous les rapports La distinction honorable qu'il a reçue de la part du conseil royal de l'instruction publique.
RÉORGANISATION MÉDICALE
SUITE DE LA DISCUSSION DU RAPPORT DE L'ACADÉMIE ROYALE DE MÉDECINE
séance pu 18 sanvize. — Présidence de M. Boulay. L'ordre du jour est la suite de la discussion de l'artirie 19. M, Double , cédant
aux instances de l'Académie, a repris ses fonctions de rapporteur. Personne ne demande la parole. M. Orfils pense que ls discussion es' suffisam-
[sent éclairée et qu'elle peut être close sans inronréuient. La clôture est mise aux
voix et adoptée.
M. Le narronTEux monte à la tribune. (Profond silence.) :
Messieurs, l'Académie a consacré plusieurs séances à une discussion approfondie de l'une des questions ks plus importantes que pous lui ayons soumises. C'était après avoir analysé tout ce que nous avions pu rassemble imprimés , j modernes , que votre commission à l'unanimité s'était prononcée sition s'est manifestée contre cetle partie du objections à résamer el à réfuter. Disons d' par le nombre de nos adversaires, 1l fallait que nous
de la commission sont restées les mimes.
On à dit que ces conscils de discipline n'étaient plus dans nos mœurs, et que c'était une institution à laisser au moyen âge. Oui, nous le savons , pour certains esprits La règle la plus salutaire n'olfre que gêne et servitude; mais ceci s'est ren-
contré de tous les iemps. Nous savons encore que quelques intérêts privés se trou-
veraient mieux de repousser toute solidarité ; mais nous avons cru devoir faire passer avant rs pr ad pers + a. Enbem Le am LA : leur j * il pas cœtie tendance gén 'associ ; et faisonspdf de . les professions médicales ?
de nos adversaires ont mème allégué qu'une sorte de discipline exis-
tait dans les sociétés savantes ; ils l'ont approuvée ainsi restreinte; mais il est évident qu’elle sera besucoup plus efficace quand elle sera genérale «t qu'elle aura
nous autre chnse que de seconder cette tendance pour
été écrite dans la loi. ;
Mais on nous fait craindre d'être bientôt las de ce joug nouveau, ét où nous cite Les avocats en exemple. De tous les régimes disciphuares , le plus ancien est celui des avocats; son origine remonte à l'empire romain; et il n'a souffert d'interruption qu'à la révolution française. Et qu'est-il arrivé alurs ? La profession d'avocat s'exerça avec moins de délicatesse, el chaque jour elle it de sa dignité; ce furent les avocats qui réclamèrent leurs conseils de 3 et si q
uelques inconvéniens ont été signalés, toutefois les bâtonniers qui se sont succédé depuis
la restauration ont été unanimes pour en soutenir le principe. . D'autres orateurs ont alors changé l'objection, et ils ont dit : les professions ne sont pas les mêmes ! Cela est vrai, nous l'avouons; bien plus , La différence qui existe entre nous et les avocats est toute en notre faveur. Le plus bel apauage du médecin , c'est son indépendance ; on ne peut ni nous ravir notre profession, ni nous suspendre, ni nous rayer du tableau: ce sont à de ces choses que nous repousserions de toutes nos ; car à nos yeux cette déchéance de la profession, acbitrairement prononcée, est la plus grave injure que l'on puisse faire à un homme. C'est cette ce des avocats qui entraine tous les inconvéniens de leurs conseils de discipline; et la liberté dont nous jouissons fait précisément à nous recueillerons d'une institution analogue tous les avantages sans en avoir les inronvéniens. : .
En me résumant, l'association est nn des besoins de notre époque ; l'association ne pourrait subsister sans règles; on ue peut donc pas dire que Les règles que nous voulons établie soicnt repoussées par les mœurs. F Est-il vrai, du moins, comme l'ont dit quelques orateurs , que ce soit une mesure superflue , et que la presse suffit à combattre tous les abus ? Encore ici, nous ne serons pas d'accord sur les faits. Les eragérations de la presse politique en matière de remèdes sont l'abus qu'il importe le plus de détruire, et ces annonces de journaux , pour il est établi que le charlatanisme paie par an plus de 40,000 fr. soat un opprobre de notre époque. Vous voulez opposer la presse à la , et qu'elle soit à elle-même son propre remède : mais cette espèce d'homæopathie est malheureusement impossible ; car vous ne disposez que de la presse médicale , et le public ne lit que la litique. . | Quel se montrent satisfaits de l'état actuel de la fession. js la révolution , nous a-t-on dit , la considération morale, la valeur individuelle du médecin ont su té. Nous ne le contesterons pas; quoique peut-être ceux qui se rappellent l'éclat qui entourait Bordeu et ses confrères, ceux qui savent qu avaat la révolution le titre de médecin avait une valeur réelle dans un contrat de mariage , seraient en droit de Le nier. Mais ce n'est point là la question. La voici : Toutes les professions ont gagné en considération drpois lors ; la médecine a-telle suivi à cet égard la même ssion que la profession d'avocat , par exemple? Quand les médecins, bien supérieurs en nombre , compteront seulement autant de représentans que les avocats à la chambre des pairs, à la chambre des dépatés, au conseil-d'état , au conseil d'instraction pablique, et même au conseil d'administration des hôpitaux , alors peut-être la médecine pourra se trouver satisfaite de sa que D ésrodent s ces es , BA dorer Eh bien! là se montrera l'action paternelle des consils; ils connaitront les besoins réels des médceins nécessiteux , avertiront ceux-ci à temps du et leur indiqueront les moyens d'en sortir. Puis on nous a cité deux cas jaux : celui d'un médecin qui se grise et celui d'un médecia qui procure les avortemens. Tous deux échappent positivement à l'action disciplinaire : le premier, parce qu'il tient à la vie privée ; le second, parce qu'ilest puni par le Code . Et même dans ces deux cas, t-on que des avertissemens secrets et modérés donnés par les conseils médicaux seraient toujours sans influence? Et ils ne réussiraient qu'une fois, c’est beaucoup déjà : le Code péual , avec sa sévérité, ne prévient pas tous les crimes. Voyez ensaite que de délits médicaux ils réprimer ! Les affiches, l:s annonces , les récriminations de confrère à confrère , les attaques injustes de l'autorité contre les médecins et le corps médical , et même en certains cas, les attaques fondées ; mille autres faits imprévus : voilà où les conseils médicaux se montreront cc que ce men voulu les faire, les gardiens de la dignité de la profession, Du reste, nous l'assurons par avance : dtrmgesqer leur = aux itfnences du gouvernement, ils resteront étrangers aux reviremens d'opinion qu'amènent les révolutions. 7 +, J'arrive à une objection souvent répétée ; c'est que leurs poursuites ajouteront à , et favoriseront les charlatans en donnant à leur nom plus de publicité. Quant aux charlstans, ou bien ils seront étrangers à la médecine, et c'est devant les tribunaux qu'il faudra les traduire; ou ils seront médecins, et ils ceculeront devant la censure publique : un médecin a tout à perdre en perdant sa
la plupart, sllèguerez-vous , sont commises
sur La matière, livres manuserils, correspondance ; après avoir médité les leçons des temps passés , et étudié comparativement les institutions analogues des temps ur donner aux conseils médicaux des attributions disciplivaires. Toutefois upe redoutable oppojet; et nous avons : nombreuses rd r ne tre ébranlés gt blen conbans dans pos raisons; et disons qu'après cette longue discussion les convictions unanimes
iltérèts généraux, qui est ch
considération, Quant au scandale , d'une part tout se passera à buis clos et en fa mille; et paris, comme l'a dit M. Guéneau de Mussy, le véritable scandale est l'impunité des charlatans. Eufin , voit-on beaucoup de scandale résulter des chambres de discipline des agens de change, des notaires, des banquiers ? Aucuo : et ces institutions n'ont produit que de bons effets. On nous fait peur de la presse, 41 des ailaques de journaux , et des récriminations particulières ; sous y tronvons , nous, cet avantage, que les conseils médicaux seront forcés de mettre toujouré le droit de leur côté, Et enfin , nous ne vovons pas que , pour les ehambres dlisei plinaires des autres professions , la presse soit réellement si redoutable.
, Autre objection : on sera jugé ici par ses rivaux et non par ses pairs! — { ni, si les juges étaient permancns, inamovibles ; si vous en laissiez le choix au hasard où à l'autorité; mais l'élection directe et universelle vous promet d'abord
on ne ponmmwrra à ceite place que des hommws distingués et qui déjà seront
ans leur département, par leur position, à la tête de la médecine.—QOui encore ; x les juges étaient en petit nombre; mais leur nombre est triple de cebni des tribunaux ordinaires, Qui peut-être, s'ils étaient tous de ls même profession: mais il y a là des médecins et des pharmaciens, Enbn tout délit qui ressort des tribunaux, tout fait du ressort de la science, échappe nécessairement à leur contrôle.
Voici une objechon dernière , celle sur laquelle on a insisté avec le plus de complaisance. Le vague des délits entraine la diffeulté de les reconnaître , et l'arbitruire dans la pénalité, Messieurs, nous aussi Deus arions vu cet inconvénient ; personne ne l'a signalé avec plus de force que nous-mêmes. Mais pour un incon… vénient inévitable , fallsit-il renoncer à tant d'arsntages ? ui plura nitent.… I\ s'agissait seulement d'atténuer l'inconvément autant que possible , et c’est ce nous avons fait; el en vérité il serait malheureux qu'à notre époque, entre le despotisme des corporations et l'anarchie médicale, il n'y eût pas de terme moyen.
Je ne veux pas allonger cette discussinn , mais je tiens à convainere d'honorables adversaires. Souvenons-nous que d'abord on voulait ire jusqu'au nom des conseils médicaux : ils ont été admis toutefois , et depuis l'Académie v a reconnu des avantagrs. Pour la question actuelle, nous pouvons aflirmer par notre nee see que les idées jetées Eve en avant ont fructifié chez les
ngers qui nt à nous imiter , et institutions disciplinaires ont en leur veu la ‘marié chez nos cniires des 7 :
Qu'est ce, après tout, que cet arbitraire qui nous effraie ? il existe partout , en toute société ; il vous tient liés vous-mêmes sans que vous vous en plaigniez quand sa nécessité est bien reconnue. Dans la grande société, sous le nom de courtoisie et d'urbanité, il juge en dernier ressort ; et pour prendre des exemples particuliers , la chambre des pairs , la chambre des dépatés ont leurs attributions disciplinaires ; le chergé est soumis à une discipline rigoureuse; les armées prospèrent à la faveur de ce régime. Nous n'en avons pas besoin, dira quelqu'un : non sans doute, la plupart d'entre nous, quant à nos intérèts privés; mais nos in-
ù de les défendre? Et puis dans ce débat, il ne fout pas avoir toujours les yeux finés sur La capitale , il faut voir aussi les départemens.
Réfléchissons , Messieurs , à ce qui fait que La médecine est moins bien traitée que bes autres professions : c'est qu'elle n'existe point comme corps, c'est que nous demeurons isolés, :
Toute puissance est faible, à moins que d'être unie,
L'esprit d'association , à notre sens , est le sentiment de l'honneur, il est l'ame et la vie de toute institution généreuse ; et nous ajouterons : c'est un gage de sécurité et d'indépendance, Voyez le pouvoir : à chaque empiétement qu'il essaie . c'est toujours l'association es frappe; il a tenté d'abolir jusqu'aux associations communales ; et quand l'Angleterre a reconquis s: liberté perdue, c'est au moyen
des associations.
J'en appelle enfin à La conscience de nos adversaires, quel danger peut-on redouter quand les membres de ces conseils sont nommés hors de toutes influences administratives et politiques ; nommés par l'élection universelle ; sujets au-renouvellement ; obligés chaque année de rendre des comptes publics ; surveillés par la presse; limités leurs droits; repoussés des actes domestiques et scientifiques; composés d'hommes pris dans diverses localités et diverses professions ; ct enfin quand ils reposeront sur la base stable de la loi ct non sur des ordonnances ? Que si l'on juge convenable de limiter encore les sanctions pénales , cela viendra à sa place, et la commission y donne volontiers les mains,
Une seule réflexion. 11 y à peu de temps que la médecine ne possédait comme corporation que les Facultés ; et que l'Académie à reçu nne existence légale. Eh bien! quoique ses travaux scientifiques absorbent tous les momens de l'Académie, qui oserait dire qu'elle n'a pas accru ls dignité de l'ordre et la considéra'ion dont jouit la médecine dans ses rapports avec le gourernement ?
Si vous trouvez, Messieurs, que la médecine est arrivée au d de ronsidération qu'elle à druit de prétendre, je vous dirai : répoussez le projet. Mais s'il n'en est pas ainsi, adoptez, el n'oubliez pas … serez responsables envers vos successeurs de la détermination que vous allez prendre,
Pour conclusion dernière, et aGn que tous les votes demeurent libres , je demande le scrutin secret.
Ce discours est suivi d'ane vive agitation.
M. Loxpe. Je demande la parole.
M. Le psésinexr. Vousne pouvez l'avoir, la discussion est fermée.
M. Loxve, C'est pour une motion d'ordre, Nous voulons, si l'article est té, nous laver d'un semblable vote; nous demandons le vote publu: sans scrutin , el que chacun ajt aumoins le courage de son opinion.
M. Vesveau, Personne ne demande le seralin.
M. Douncr. Dès qu'une seule voix s'Y oppose, je suis prêt à l'aibsndooner. «L'agitation augmente. }
M. Le rnésipexT. La discussion étant elose, je vais mettre d'abord aus voix la proposition de M, Double.
k Prusteuns voix. Îl n'ya rien à mettre aux voix; il sufÜt que dix membres l'appuient.
. Dounur. Je dois avertir l'Académie que ls réponse que je viens de lire a été lue devant la commission et peut étre considérée comme son ouvrage, Qu'est-ce que cela nous fait?) — Nous ne demandions le scrutin que pour assurer l'entière uberté des suffrages.
RU | M. Le raésinenr. Le scrutin est-il appuyé? (Oui! Non! Au milieu du bruit, une Que prince accepter la charge de syndic des ! rasseurs. L'honneur suflt pour entre-
douxaine de membres se M. le président annonce qu'on va procéder au scratin, par oué et par non.)
M. Orfla demande qu'on relise l'article. (Le bruit ne fait qu'augmentér ; président agite en vain la sonnette; il Soit par rappeler M. Londe à l'ordre.)
M. Dovsse, La question à décider est celle-ci, caux aurout-ils , oui ou non , une action cCisciplinaire ?
M, Anecos. Vous changez donc l'article 49; relisez l'article.
M, le président relit l'article ; sprès quoi on procède su scratin, Il y n 80 noms — Le la liste de présence; le nombre des bulletins est de 77; majorité absolue, 39.
Le dépouillement se [ait dans va silence profond, interrompu seulement par des exclamations chaque fois que l'un ou l'autre parti semble acquérir l'avantage. . Le résultat est: 87 voix pour, 38 contre; deux billets blancs.
M. Le rnésinexr. Îl n'y a pas de majorité absolue ; on va recommencer.
Cette déclaration est suivie de réclamations tunx:lueuses.
M. Doveus. L'article est rejeté, c'est évident.
M. le président proclame Le rejet de l'article 49; marques de satisfaction sur les bancs des opposans ; quelques applaudissemens aussitôt comprimés se font entendre,
M, Dovree, Le rejet de l'article (9 rem joutile presque tout le reste de cette partie du projet; cependant il y a quelques dispositions qu'il convient de conserver. Ainsi je propose d'ouvrir la discussion sur le F° € de l'article 21 ainsi conçu :
— La nisjorité ds membres composant les conseils médicaux est nécessaire pour toutes les délibérations. — Adopté sans oppoalion. Le paragraphe deviendra L'art. 49.
Art, XXIN, ier paragraphe : Tous les trois ans, à l'ouverture de la #ance des élections, il sera fait par Le rapporteur du conseul un raport officiel de toutes les opéretions admibistraures, scientifiques et disciplinaires qui auront eu lieu durant cette période.
M. Aveos. En votant l'art, 40, il a été convenu que la nomination d'un rapporteur serait réservée et dépendrait du sort des articles disciplinaires. Ceux-ci étant rejetés, je demende la suppression définitise du rapporteur, et de tout ce qui à rapport à celte fonction. Du reste , depuis le rejet de l'art, 49, mn proposi- Uoa va plus la méme importance.
L'article est adopté, moins les mots que nousavons soulignés,
Art. XXIV. Les places de membre du conseil médical de département ne seront pont rétribuées,
M. Mauxcacer demsnde qu'il leur soit alloué au moins quelque gratifieation en compensation de taut de travaux dont on les charge.
M. Dovare, La grande difficulté est de faire voter des fonds pour cet objet. I ÿ à aussi plus de générosité à accepter ces fonctions gratuites; et cnÜn avec les droits perçus pour les visites on pourra donner des jelons de présence. Mais ceci ne peut Être mis dans La lui.
M. Vetreau apqu c Li proposition de M. Maingault ; il ceut qu'on détermine la valeur des jetons de présence; quant à l'argent, on er prendra où on pourra. (Oh! oh1}
M. Crevarcien pense qu'il se trouvera ausez de médecins emprestés d'accepter ces charges qui, pour étre graluites, n'en seront que plus bonorables.
M. Moreac pe voit rien d'exteaordinaire à ce que les conseits de département vo'ent des fouds pour des services réels; mais cela ne pcat être prescrit par une bai.
M, Curira, y à pour les conseils médiesux deux ordees de fonctions : les uns sédeutaires , celles-là peuvent être geatuites ; Les autres qui exigent des déplacemens, des frais de voyage; il est impossible de les luïsser à leur charge,
M. Dovace. La commission a reculé devant une demande de fonds. Nour som nes d'avis d'astliurs de lasser ce puint à décoder aux conseils méduaux cux-mées ; ils sauront kien, d'une manière ou d'une autre, se faire rétribaër,
M. Anezox. Je demande La suppression pure et simple de l'article, Ainsi, pote les visites, il estanutile de dire qu'elles serunt rétribuées: elles le sont. Pour les fonctions sédentaires, 11 vaut nueux encore que l'Académie garde le silence , e1 laisse faire aux médecins. L'institution n'est utile qu'aux médecins seuls; Il est juste que ce soicnt les médecins qui la paient, plutôt que d'aller demander des funds au budget, C'est arms que, pour Les chxmbres des notaires, il ÿa une bourse commune qui provient des anwandes et dus cotisstions, Cela est plus difficile, à la vérité, pour un corps aussi nombreux que les médecins ; mais ce que je veux, c'est qu'ils soicat eutiérement libres; tandis qu'avec l'article vous leur lez les mins. Si cependant en croit que ce mot de rétribuiion ne s'applique pas aux jetons de présence , je ne combats plus l'orticle,
M. Docnce. Il m'est pas juste de dire que l'institution n'est utiie qu'aux médecins : le salubrité, la vacciné , les cpidéanes, sont des services publics.
M. Perscrire, Les revenus des conseils médicaux seront donc réduits aux visites. Or, ces visites sont de deux sortes : cher Les épariers et les herboristes, elles se paient 4 fe ; ches les pharmaciens, 6 fr. Qn dit : Cela servira d'ahord à parer aux frais de ces visites, et le reste sera distribué en jetons de présence ; mais. messieurs, je trouverais fort injuste que Les épiciers et Les pharmaciens payassent seuls pour entretenir un conseil où les uns ne sont représentés que pour un lives, et les autres ne sout pas représentés du tout.
M, Aneronx répond à M. Double que les fonctions scientiGques alléguées pe sout pas obligatesres , et dès lors ge sauraivnt donner droit à un traitement, En définitive, <'est pour les médecins que ces conceils sont faits: il convient que ce sotent Les médecins qui les paient.
M. Dovair propose de mettre : « Les membres des conseils médicaux n'auront point de rétribution Gxe. »
M. Avrcox. Je demande qu'ils ne soicat pas à appouñtemens,
M. Loornrar soutient le principe de la commission, En Hollande, les syndics des corporations ont des charges pécuntaires fort lourdes à supporter , et cependant ces fonctions sout ambitionnées , quoique gratuites. En Angleterre , on à vu
DR 80 ee
eu lieu lundi dernier. Après un discours d'ouverture, prononcé par M. Pelietan les prix ont cté distribués dans l'ordre qui suit,
nt au bureau pour s'inscrire en faveur du scrutin. tenir l'émulation. {Aux voix!)
M. Verreav répoad à M. Adelon. La réception des sages-femmes est oblige-
M. le | toire ; il en est de même de celle des officiers de santé qui changeront de dépar-
tement, Il y a da temps perdu pour tout cela , et le temps est un besoin pour le
( Écoutez! } les conseils médi-} médecin. (Les cris : Aux voix ! ne permettent pas à l'orateur de continuer.)
M. Durcr, Une simple observation, Ces droits de visite à Paris servent à payer les pre de l'école de pharmacie ; il we faut pas les en priver,
M. Conxac. Les jetons de présence ne suffraient pas pour couvrir les frais de déplacement. Mais je vois dans les questions du gouvernement qu'il consentirait à avancer les fonds nécessaires, puisqu'il demande « si le produit des droits de vi. site et des amendes sera suflisant pour couvrir les frais. » Nous pouvons dong ameoder l'article sans crainte, (Aux voix !)
Après quelques mots de MM. Double, Moreaa et Lodibert, la clôture est adoptée, M, Maiagault formule ainsi son amendement : Les membres des conseils mé dcaux auront des honoraires déterminés par la loi. ( Violente opposition. | L'amendement n'est pas appuyé.
L'article à é par M. Double est mis aux voix et adopté,
M. Goérrac propose un La gr 78 additionnel ainsi conçu: Ne seront point considérés comme rétribution les dédommagemens pour déplacemens et frais de voyage. — Adopté sans opposition.
M. Banrnécewr. J'ai à présenter ua article additionnel, Cette pbrase : « Les personnes exerçant une profession quise rattache à l'art de guérir, » se retrouve plusieurs fois dans les articles votés ; elle est fort vague, et semble englober aussi les vétérinaires; ce qui ne peut être, puisque M. le rapporteur , interpellé à ce sujet, a réponde qu'il n'avait pas dû s'occuper de la médecine vétérinaire dans la projet. Voici mon aticl: :
# Les dispositions des art. 2, 3, 4,6 et 19 ne sant pas applicables aux personnes quiexercent la médecine vétérinaire en verte d'un titre légal. »
M. Dousce. M n'y à aucua motif Lg voter cet article, La commission n'était pas consultée sur l'organisation de La médecine vétérinaire; elle a dû s'a"stenir à leur égard ; rasis d'ailleurs jamais l'art de guérir proprement dit n’a compris la médecine vétérinaire,
M. Durur. Les vétérinaires ne relbrent même pss du même ministère.
M, Anezon. Ils en relevaient en 1828, à l'époque où le ministre nous à adressé
|#t+ questions.
La proposition de M. Barthélemy n'est point appuyée. La séonce est levée à 5 heures, rs Samedi prochain, discussion sur lés remèdes secrets.
Re
VARIÉTES,
— Nous arons adressé la lettre suirante au Jonwral hebdomaduire, qui a eru devoir nous inculper à propo. de l'affaire de M. Vernnis.
Vous avez publié dans ke dernier numéro de votre jourasl plusieurs letires relatives à Paffaire de M, Vernois. Vous avez pu user de votre droit à vos risques et périls, mais je m'étonne que vous qualiluez d'énjuste le refus que j'ai fit de Les msérer moi-même dans La Gazrrir ménicase, D n'y a eu ji ui éujustice ni eirconstances de journaliene, mais tout simplement équité et conretancrs, Je n'ai voubu ni dû me prêter à des accusations semblal] $. C'est à tort que vous prétendez que je me suis associe moi-même à ces accusations en publiant la première lettre de M, Vernois, car cette lettre n'ineulpe personne ; elle contient un fait , et nes de plus ; et c'est sculement ce fait que nous avons voulu faire connaitre dans l'intérét de M, Vernois, qui nous ke demandait comme sa seule consolation, Si nous avions cru qu'on pit abuser des expressions de cette lettre au joint qu'ou parait voaloir le faire, jamais elle n'aurait été publiée par moi; et si j'ai refusé hs suivantes (relles que vous jugez à propos de publier) , c'est prérisément parce
u'eMes contcanent culte accusation grave dont la rorponssbiié sera à qui La éslre, — Voilh la réponse à la question que vous faites , pourquoi la Gazrrrr mémçase à public La première lettre, et pourquoi elle n'a pes publie la seconde elle a publié la preauère parce qu'elle ne donnait qu'un fait; elle a refusé La sx conde parce qu'elle contient une accusation qui n'a pas même Le mvrite d'être suf- Gsatument claire et catégorique.
Le public jugers, Monsieur, si j'ai eu tort où raison d'agir comme je l'ai fait.
— La séance annuclle pour la distribution des pris de l'école de médeine a