FRÉQUENCE DES SUICIDES
Si ls Gazerre méoicae n'était pas exclusivement adressée à des médecins et doc par des médecins, nous nous grrderions d'aborder un sujet qu'il est toujenrs | probenl de dérober à la connaissance du public La disposition au suicide, à quelque cause qu'on la rapporte primitisement, est, de ss noture, plus contagiense
w'on ne le pense communément dans le monde; elle tend à se propager par voie 'imilation, comme toutes Les affections nerveuses ; il n'est aucun médecin qui doute de cette vérité, Il est donc extrémement fächeux que les journaux publient les farts de suicide si fréquens cn ce moment, el surtout qu'ils racantent en détail toutes les circonstances de Ja mort. Ces imprudentes révélations, destinées seu. Jement à émouvoir la sensibilité des lecteurs par des émotious tragiques, ont des
ws du péritoine, et perforation des intestins Emité vertébrale des côtes ne présente aucane trace d” ropique Éneuvième mois révolu de la vie (2). I n'en e
raison, je crois , que Platter fait ressortir une erreur de Vésale, qui admettait l'existence d'une épiphyse à la tête de chaque côte, L'extré-
pr se après le st pas de même de la 5° partie antérieure de chacun de ces os. Jusqu'à une époque très-ayancée de lu vie , ces extrémités des côtes conservent, comme on sait, leur état jépiphysaire, Personne ne contestera, je crois, que les cartilages cos-
(taux soient de véritables épiphyses. L'étude ostéogénique de ces pro-
fr,
longemens chez l'embryon , eur orgasisstion interne, analogne à celle de a substance primitive des autres 05, et leur ossification consécutive dans la vicillesse, mettent eclte vérité hors de duute (31.
Je ne rechercherai pas ici Le but que ia nature se propose en Jlaissant les apperñdices antérieurs des côtes à l'élot épiphysaire, ou, en d'autres termes, pourquoi leur ossilication ne ses crdinairement que dans la période la plus qvancée de la vie. Plusieurs auteurs très savans ent déj discuté à fond cette question physiologique (4). Je dirai seulement que lorsque les apperdices anterieurs des cûtes sont prématorément passés à l'état parfnt d'ossification, la resiration et la circulation sont fortement générs, sans que pourtant cet état puisse être rapporté à une lésion organique des viscères thoraciques. Cette observation est due à Chesciden, Sur les cadavres de deux hommes forts et bien portans, âgés de quarante et quelques années , qui avaient cu une (4) Jourdan , Dict. des sci nee: mid , 1, n°, p. 555 et soir. {2 Cetie opinion ancienne, combattu jar Platscr, parait étre pourtant enjourd'hi suivie par M. Cruvcilhier ; ouvr cité, 1, p.447. Elle l'avait été aussi par Beelard; Ant, gén. , p. 503, et par BL Serres, (Arthaul, Lois d'ostéogénie. )
{3} Béclard, Anat, géu,, p. 469.—Mascagni, Prodromo della grande anat, (4) Gouraud, Essai sur la formation des os. Masragui, ibid.
APP mm résultats bien plus funestés sur quelques organisations; elles familisrisent es swginations à Lidée de Ja mort volontaire, sugsèrent méme quelquefois les moyens d'exération, et Lrès-souvent déterminent à l'acte par l'entrainement involantaire de Lexeswple, Nous ne craignons pas de dire que la publicité qui révète les faits de suivide , les provoque en mème temps. Al serait donc à désirer que la presce quotidienne rejetät unanimement loutes les commanications de ee genre. L'espiec d'épidémie suicide qui semble régner en ce moment se ralentirait certainement si elle était tenue plus secrète , landis que 18 publicité ne fait que lui donner un nouvel aliment, La spécialité de notre public nous permet de faire quelques observations sur ce grave sujet saus crainte d'encourir les reproches que nous adressons à la presse en général. I est même possible, sinon probable, que quelques-uns des journaux, les plus répandus et 1:s plus recherchés pour ces sortes de nouvelles, prêtent quelque attention à nos averlissemens , et soient à l'avenir moies prodigues de cvs funestes récits, dont les outcurs nv connaissent pas toute la portée,
Lu suicide revêt quelquefois la forme épidemique. L'histoire cite plusieurs exemples de cet étrange phénomène, On vaut dans Plutarque, qu'à ane certaine épaque , des jeunes femmes et les filles de Milet, déscspérees d'être privées de La societé de leurs maris, de leurs amans, de leurs frères, presque tous partis pour la guerre, se pendireat en trés-grand nombre et comme à l'envi les uves des autres, Sons les Ptolémées, ue philosophe stoicien ayant fait une élégante apolosie du suicide en publie, à Alesandrie, une multitude de ses auditeurs, séduits par son éluquence, se doona volontairement ls mort. Sydenhsm rapporte qu'en 1697 , au mois de juin, la vilke de Mansfeld offrit, sans cause ronnne , une foule d'exemples de suicide; La même chose arriva dans l'été de 1614 à Stutigard; en
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respiration très-difficile dans les derniers temps de leur vie, le célèbre anatomiste anglais ne rencontra d'autre lésion que l'ossification complète des cartilages des côtes (1}. Il faut dire néanmoins 1° que ertte ossification complète est heureusement très-rare à l'âge des deux sujets observés par Cheselden ; 2° qu'on peut heureusement arriver à la dé-
Les deux unions costo-sternales dont je viens de parler sont quel-
{quefois ramollies. De là résulte la prédisposition à l'accident dont nous
arlons. Ou bien , sans la préexistence de cette chondromalacie (c'est e nom qu'on a donné à cette espèce de ramollissement , les appendices antérieurs des côtes peuvent être décollés, soit par une pres-
crépitude la plus avancée sans que les resp F3 costaux aient perdu | sion immédiate sur le point de leur union qui tendrait à enfoncer la
leur état épiphysaire. Harvey, qui disséqua le cadavre de Thomas Parre, mort à l'âge de 152 ans, ne trouva pas ces cartilages ossi-
vieillards, ce qui est assez fréquent , il ne produit pas la même gêne dans les fonctions des organes thoraciques que si cela se trouvait sur de jeunes sujets,
e là résulte que les épiphyses costo-sternales peuvent étre quelquefois décollées dans un âge assez mür et même assez avancé de la vie. C'est ainsi que Monteggia a vu la disjonction des cartilages de la seconde et de la troisième vraie côte, sur un vieillard septuagénaire trèsme. à, par suite d’un violent accès de toux. Monteggia remarque
Fa rupture de la substance du cartilage ou de la côte (3). Comme je sais que cette manière d'envisager la séparation des cartilages pourrait paraitre bizarre , je vais appuyer 4 manière de voir à
[un violent accès fiés (2). 3° Que lorsque cet état d'ossification se rencontre chez les
poitrine(r}, soit à ty une action opposée à la précédente, comme dans
toux, soit enfin par l'effet d'une force qui tirerait le cartilage costal comme une corde qu'on tendrait fortement par ses deux bouts, C'est ce qui arrive lorsque nous renversons notre corps en arrière. J'avoue que je ne peux m'empêcher d'être péniblement affecté lorsque je vois es falas de tours sur les places publiques de Paris charger de sang froid la paroi antérieure de la poitrine de leurs jeunes élèves avec des pierres et autres corps très-pesans. La divulsion des
lcartilages costo-sternaux arriverait infailliblement chez ces sujets, si june longue habitude dès l'enfance n'avait augmenté chez eux la flexi- Ibilité des côtes s'agissait ici d'une véritable divulsion aa eg et non pas |
, du sternum et de l'épine, C'est à cause de cette flexibilité naturelle que Les criminels qui périssaient par le supplice de la
lroue , et sur la poitrine desquels l'exécuteur de la justice avait frappé
avec une grosse barre de fer , ne présentaient que rarement la séparation des cartilages ou la fracture des côtes. Portal eut deux fois l'ocea-
ce sujet sur l'autorité d'un grand chirurgien de l'Italie. Je traduis de }sion de disséquer le cadavre de suppliciés par la roue (2).
l'italien ce qu suit : « On peut rapporter à l’article de la séparation |
Lorsqu'un cartilage costal se détache de sa côte correspondante, il ÿ
» des épiphyses le détachement de la partie cartilagineuse des côtes de |a déplacement, ainsi que Monteggia le remarque et ainsi que je l'ai vu
» leur partie osseuse. Lorsque cela arrive aux côtes vraies, on sent » ordinairement une saillie assez remarquable à l'endroit de la dis-
v après la réunion, comme une espèce de nœud ou de gomme ; elle est formée alors par le cal où le boursoufflement du périoste. Les
quefois; elles sont plus difficiles à maintenir ; aussi leur réunion est-elle plus défectueuse. Si vous tâtez ces parties désunies au moment de l'accident , ou bien si vous y approchez votre oreille , soit en faisant respirer le malade, soit en lui faisant exécuter quelque autre mouvement du tronc, vous sentirez une espèce de crépitation obscure ( seroscio come nelle fratture, ma pit oscuro). J'ai vu
lusieurs de ces accidens. J'en ai observé quelques-uns qui étaient
à l'inclinaison viciense des ne s'étaient même pas doutés de leur accident (4). » Les épiphyses costo-sternales peuvent être décollées , non-seulement
avec les bords du sternum. Sans l'union intime du péricondre avec le cartilage costal et avec la substance propre de la côte; sans cette es-
pèce de périoste aponévrotique qui passe de la surface du st roum sur |
celle de ces appendices; sans l'intercurrence enfin des différens muscles qui affermissent ces parties entre elles, on aurait plus souvent l'occasion dans la pratique d'observer l'espèce de divulsion épiphysaire dont il est ici question.
(1) Cheselden, Oxteographia , chap. n11. Mascagni à fait aussi la mêmer emarque à ce sujet, (Laen citato, p. 124.
(2) Lobstein , Anat, pathol. , t 1, p. 339.
{3) Monteggia, Isut, chur. . 1. 1v°, p. 294. Milan, 4414,
ni Monteggia , ibid. , p. 284,
| formé par la portion épiphysaire » jonction. Cette intumescence se sent encore pendant quelque temps Îcelle-ct, et fait saillie sons les tégumens. Cetie circonstance paraïtrait
étonnante étant com
extrémités cartilagmeuses des fausses côtes se séparent aussi quel-|
moi-même dans un cas que je PE PME ici-bas. Ce déplacement est e la côte qui s'avance, chevauche sur
e aux phénomènes de la fracture des côtes , si l'on ne faisait attention que les cartilages ne sont liés entre eux que par les muscles intercostaux internes , et que les côtes, du moins une partie d'entre iles, reçoivent les digitations du muscle triangulaire du stersum (3). Passons à l'application pratique des considérations que nous venons d'émettre.
Ons. VL — En 1828, M. Geansoul, chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu de Lyon , eut la bonté de me faire voir dans son hôpital un enfant, Agé de 7 4 8 ans, qui avait tous les cartilages des côtes sternsles d'un edlé décollés de leurs
|côtes correspondantes, Cet areident était arrivé depuis peu de jours, à la suite
éjà guéris, et que j'ai pu reconnaître à la tuméfaction du cal ou bien À d'une violente pression sur la poitrine, par une grosse voiture qui avait pressé
ras Quelques-uns de ces malades | e
l'enfant contre ua mur. Le chirurgien avait pa facilement remettre les parties en leur place, mais on éprouvait les plus grandes difficultés à Les y maintenir, Aussi
jai-je pu observer moi même les bouts des cartilages détachés , farre saillie en avant
de Leur attache à la sobstouce des rêtes , mois aussi de loue contegoisen jet au-dessus des cles, et les enfoncer aisément avec la pression des doigts. On
{4} Morgagni, epist. 53, n° 33.
(2) Portal, Anat. méd, ,t,r, p. 328,
(3) Cheselden parait avoir observé une sorte de lésion traumatique sur les côtes des enfans dont pos n'a parlé depass, Celte lésion consiste dans une rupture des fibres de Ls table interne de la substance de La côte par effet de la
ression D que La main de la nourrice exerce sur la poitrive de l'enfant, nrite élève souvent eo l'air, en le prenant des deux côtés de la poitrine. Chesclden vérifia deux fois sur le carñavre ce fait important à connaitre, Voici commveot il s'exprime : a a two childres which 1 bare dissected, 1 found the ribs
lo broke inwards, and on the outside à very plain le of a thumb and fngers,
s which had been doue by their varses hoisting them up où one hand, taking bol of ther bressts, and being often repeated, had broke the ris inwards like wa grocu stick, without scparating the broken ends of them. Chapter ar, »