TUËSFS DU CONCOURS DE CLINIQUE EXTERNE
“NL Des AVANTAGES ET DES INCONVÉNIENS DE LA RÉUNION IMMÉDIATE DES PLAIES; thèse, par L.-J. Sanson (1}.
M. Sanson divise sa thèse eo truis articles. Le premicr portant pour titre : Des phénomènes de la réunion des plaies en général, traite en autaot de chapitres différens des phénomines lucaux , puis des phepomènes généraux des plaies qui se réunissent sans suppurer, des conditions favorables à ce mode de réunion , et des moyens généraux propres à en assurer le succès ; puis des phénomènes locaux et généraux des plaies qui suppurent ; enfin, dans un deraier chapitre, on trouve d'abord une histoire des progrès el des variations de la chirurgie sur ce point depuis Hippocrate jusqu'à nous, ce qui mène assez naturelle. ment l'auteur à exposer la pratique aujourd'hui à peu près généralement reçue. 11 recherche donc Les indications et les contre-indications que présentent les plaies en général , selun leur nature, pour Ia réunion immédiate, en trace bes régles générales , et l'étucie successivement dans les plaies du crâne, de la face, du cou, de la poitrine , de l'abdomen et des membres. Il est probable que ce chapitre fort étendu devrait former l'article deux de la thèse, sous ce titre : De la réunion étudiée dans les plaies. Eu effet ‘ l'article second , qui scrait conséquemment Île troisième, traite de la réunion immediate des plaies qui résultent des opérations chirurgicales autres que Les amputa-
tions ; et enfin le dernier article est œonsseré aur plaies qui succédent|
aux ampulalions. ; : N On pourrait désirer un peu plus de clarté dans l'ordre suivi M. Sanson, et, en effet, il nous semble qu'il manque au moins un
quand le chirurgien a teuté la réunion immédiate. M. Sanson à très bien défini la réunion immédiate « l'opération par laquelle le chirurgien affronte les lèvres d'une plaie pour en déterminer l'adhésion sans suppuration ou avec le moins de tee possible. » C'étaient bien les avantages et les inconvéniens de cetie opération qu'on lui demandait; or, M. Sanson a pris la question par un autre côté et s'est
borné à tracer le parallèle des plaies qui se réunissent par premitre!len an en
pl
pitre à sa thèse, celui qui traiterait des phénomènes qui surviennent |
l'histoire de nos concours. Jmproviser en moins de huit jours ( ear il faat bien le temps d'imprimer et de revoir les épreuves } un livre de 270 pages, c'est un tour de force dent nul autre que M. Velpeau n'aurait peut-être été capable. En.
La première partie est consacrée à un résumé 1le l'histoire de l'art sur ce point, La seconde traite des accidens des plaies de tête, selon les indications qu'elles fournissent à l'opération du trépan. La troisième comprend l'appréciation des ducirines et des faits; enfin la quatrième s'occupe des suites de de ie Telle est la division de l'ouvrage. J ya encore deux petits chapitres à part qui se trouvent, on ne sait pourquoi, dans la seconde partie, et qui traitent de la valeur intrinsèque du trépan et des régions du crâne où on peut l'appliquer.
Nous ne dirons rien de cette seconde partie où l'auteur a rappelé tous les accidens des plaies de tête en exsminant pour chacun d'eux si le trépan est on non convenable, Le troisième offre uv intérêt bien plus puissant à la lecture, M. Velpean classe les doctrines suivant les nations chez qui elles ont été émises; en Angleterre, il discute les doctrines de Dease, de Pott, d'Aheraethy, de J. Bell, Hennen et A. Cooser; aux Etats-Unis, il ne trouve point de doctrines spéciales ; en Allemagne , il passe en revue Schmurker, Klein, Eichlemer, Ghelius, Lang, Beck , Beer, Stigmann, Kleinert. Graefe, Lowenhardt, Speger, Schncider, Gadermann, Sæger, Vincent de Kern, Schindler ; en France, il discute les opinions de Desault, de Girauît, de l’école Ide Strasbourg, de MM. Gérard, Marchand, Matter et Gama. Nous jignorons pourquoi l'Italie s'est trouvée oubliée, ;
Certes cette idée de mettre en présenee tant de chirargiens plas où moins célèbres, de comparer Jeurs faits, leurs opinions , pour faire servir divectement les uns de contrôle aux autres est une idée heureuse et fécarde , et si l'exéention répondait à la conception, il eût pu en sortir uae histoire ra sonnée du trépan ; et une des lacunes les plus graves de la sticnce aurait été remplie. Malheureusement il était des des forves d’un homme de réaliser en huit jours un semblable projet ; dans cette foule d'analyses faites à la hôte, on rencontre plus d'une incxactitade, plus d'une doctrine incomplètement exposée, plus d'un jugement
orté en courant et qui perd ainsi sr de sa valeur. On dirait que #. Velpeau s'est perdu lui-même au milieu de toutes ses richesses ; tantôt frappé per une idée ; tantôt détourné par une antre, il dit souvent roit ce qu'il nie un peu plus loin; et ces contradictions se remar-
intention et des plaies qui suppurent. Mais la réunion tentée par le | quent jasque dans ses conclusions, où elles étonnent d'autant plus qu'elles chirurgien n'amènce pas toujours la réunion proprement dite ; qai ignore sont à peine sépardes par une on deux pages. Plusieurs de ces corcluqu'il est excessivement rare, Par exemple, de voir Ja plaie qui succède |'sions nous ont paru aussi trop hasardées. M. Velpeau semble partisan à ave grande amputa’ion se réunir sans suppurer ? La réunion immé-| du trépan quand même; il le conseille dans la centusion du cerveau acdiate , œuvre du chivurgies , ne produit donc pis toujours l'adhésion l'compagnée de symptômes de suppuration ou de paralysie; dans les immédiate, œuvre de Ja nature, ctentre ces deux extrèmes examinés | plaies de tête avec contusion des os, décollement du péricräne et de
r M. Sanson, les plaics réunies sans suppuration et les plaies livrées fa dure-mère ; dans quelques cas de douleur fixe et persistante sur un à la suppuration , il y avait une troisième condition très-importante ; point du crâne anciennement hlessé ; pour des accidens convulsifs , ner-
celle des plaies qu'on voudrait réunir par première intention et qni se réunissent moitié par première, moitié par scconde. Il y à certainement confusion dans les mots dant on se sert généralement ; ainsi, Ja réunion se dit à la fois et de l'opération elle-même et des résultats qu'on en attend, et c'est peut-être pour g'avoir pas songé à distinguer nettement ces deux sens, que M. Sanson a laissé involontairement quelque obseurité dans son travail. | |
A part cette critique générale, à vart aussi quelques assertions de détail qui ont été soigneusement relevées par les argumentateurs , on reconnait dans cette ibbse l'œuvre d'un esprit solide et d'un véritable praticien. Non pas que nous prenions ecite dernière expression dans le sens rétréci que quelques persennes ont voulu lui attribuer, et que novs pensions que cette qualité doive exclure la science de ce qu'ont fait Les autres, où Ja suine et véritable érudition, Loin de là, nous avons vu avec plaisir M. Sanson se livrer aux recherches historiques que comportait son sujet, remonter aux sources, et enfin ajouter quelque chuse, même sur ce point, à ce qu'on savait avant lui, Nous ne saurions trop le répéter, en chirurgie comme en loute autre science, l'expérience personnelle est teaucoup sans doute , mais elle ne peut que gagner à s'aider de l'expérience ds autres, et lune et l'autre sont nécessaires pour donner à la science toute certitude possible, et à La pratique même toute sécurité.