NOUVELLES OBSERVATIONS SUR LES BRUITS DU CŒUR
On lit dans Laënnec, Traité de l'auscultation médiate , troisième édition, 1. HA, p. 100 : « Les battemens du cœur , entendus sous la clavicule gauche, än haut du sternum et dans des points plus éloignés encore, comme a partie antéricure droite de la poitrine , le côté droit ou Le dos, sont presque toujours dus aux bruits réunis des deux côtes du cœur. Quelquefnis cependant, dans Les points les plus éloignés , on n'entend que Le bruit d'un côté , ce dont on peut s'assurer facilement quand les bruits des deux côtés du cœur sont tout-à-fait dissemblables. »
Ailleurs , même volume , page 188 , en rapportant une observation de rétrécissement de l'orifice auriculo-ventriculaire gauche, il dit : a Le cœur s'entendait au-dessons des deux clavicules et dans les deux » côtés de la poitrine, mais faiblement, surtout à droite. Dans toute » l'étendue du sternum et dans Le côté droit , ainsi que sous la clavi-
ment; mois emploié comme on le fait, re n'est qu'une parrile invention peu digne de Ggurer dans des aff ires aussi sérieuses.
Je vous répète qu'en faisant ces vberrvations, je a'entemls nullcuent désapver Le résullai de Lélietion, soit directement , soit indircciement. Je mn si l'autre but que de vous faice refléchie sur un aiode de nomiastios qui, pour avoir té médité par beautuuÿg de sarans personnages , offre encore des iiperfactions si étranges.
Je passe maintenant à un sujet moins intéressant pour nous, |] s'agit de M. Broussais et de l'Académie des sciwnces morales et politiques.
M. Droussais hattn depuis lang temps dans ses prétentions de réformateur de la médecine, et forcé, quoique bien acontre cœur , d'abiliquer sa roçauté mrdicale, a tourné ses vues du cbté de la métaphysique, Le médecin s'est fait décidément plulosophe ; et dans celle nouvelle corrière , comme ilans la précédente , il passe son temps 3 guerroyer, Dieu merci, La philo-oglue offre à son humeur polemique et conquéranie un champ illimute de disputes et de controverses . où il pourra , si Dieu lun peôte vie, s'étendre et sc developper à son aise, Par malh ur, 1l s'est mis un peu tard à celic œuvre nouvelle;et l'étude exclusive dde La gastrite n'est pas une
réparation tout-à-fait suflsants pour se méler aux débats de La Sorbonne. Mais k. Broustais n'y regarde pas de si près. Î est médecin , et à ce titre il sait tout. Vous savez, co effet, que la mdecine est pour quelques-uns de nos confrères , la science aniverselle ! M. Broussais est convaincu, autant quon peut l'être, de
cette belle prérogative de notre art. L'anstomie lui à d'ailleurs appris que l'homme ne peut pas péusp sans Léle, de ame qu'il ne peut marcher sas jambes. Avec cet sxiome incoatestuble et quelques ontres non mains féconds , il n'y a pas de métaphysique qu'il ne se croie en état de ruiver. Quant aux miétaphysiciens , aux philosophes , aux pescologues et idévlosues , il se propase de Les metre tous sous se4 pieds comme il a fait des amtologistes , des brownistes, des éclectiques ct de: bippocratistre. Platon ne lui pése pas pes que Galun, Descartes que Brown, tt Kant que Pinel. L dira , après quatre mille ans, le dernier mot de la philosophie de l'esprit bumain et de la métaphysique , éomme il a dit celui de la médecine, Tout c:la se trouvera asurément dans l'ouvrage qu'il nous (ait espérer deparis long-Lenups , maïs 8 allendant ce nouvel examen, il a conupencé à escarmoucther dans le sin de] Académie des sciences morales et politiques. Voici en gros le fait qui nous a élé r Lé fort confuséiment , mais que nous ge manquerons pas d'éclaircir et de dévilopper autant que besoin sera.
M, Maine-de-Biran laissa en mourant quelques manuscrits sur des sujets de araress von M. Causin, dépositaire de res manuscrits, en a lu quelques fragmens à l'Académie des sciences murales et potitiques, 11 s'agissait, je crois, de la volonté des songes, du mouvement vuloslaire, da sommeil et tres questions de ce genre, C'est celle innocente lecture qui à mis cn émoi M Broussais, 11 a d'abord voulu s'opposer à Limpressios du mémoise, comme entsché d'hérésies physiologiques et de doctrines détestables touchant les rapports de l'ame et du corps. L'Acsdémie , qui n'est pas ue Sorbonne charge de prononcer se l'orthodoxie des opinions philosophiques, et qui n'avait d'ailleurs ancuve raison de s'en rapporter à M. Beons-
conque.
Mais il n'a fait que signaler le fait sans en tirer aucune conclusion , et c’est sans doute parce qu'il n'y à rattaché aucun précejite de diagnostie que celte observation curieuse n'a pas fructifié.
Le livre de l’auteur de l'auscultation , la plus belle découverte de la} médecine contemporaine, est un champ fécond où il restera long-termps quelque chose à glaner.
Les remarques que j'ai faites sur la séparation des bruits du cœur , altérés dans une des moitiés , ne doivent plus servir qu'à établir la con-| séquence que Laënnee a négligée. Cette conséquence, la voici : il ne suffit pas, quaod on entend un bruit irrégulier dans le cœur , de l'ausculter sur la région précordiale, il faut encore l'écouter dans tons les | points de la poitrine. A l'aide de cet examen, on reconvaitra un tic-tac| vaturel, en ue point quelconque du côté droit du thorax , si la moitié | gauche du cœur donne un son modifié; et si c'était la moitié droite qui | donniût Le son altéré, on entendrait un tictac naturel dans le côté gauche du thorax. De là découle naturellement une règle de dagnostic, qui sert à distinguer dans quelle moitié du cœur se produit le luuit alicré, Quand le cœur, ausculté sur la région precordiale, donne un | bruit alièré, un double bruit naturel enteodu à droite du thorax in-À dique une affection du cœer gauche ; uo double bruit naturel entendu} à gauche, indique une affection du eœur droit. Si on entendait a gauche et à droite de la poitrine une altération dans l'un des bruits, il faudrait en conclure que les deux moitiés du cœur sont affectées. 11 n’y aurait probablement d'exceptiun à celte règle que pour les cas peu communs où les bruits morbides sort tellement forts qu'ils s'entendent sans qu'un ait besoin d'auscultation , et à plusieurs tes x de distance du | malade. Le point du côté droit de la poitrine où il faut se mettre pour |
E. Lirrar.
PATHOLOGIE EXTERNE
CONSIDÉRATIONS SUR LA PSOÎTIS CHRONIQUE ET LES ascès pu psoas ; par le docteur Ky:L.
Nous avons promis, dans notre dernière revue allemande, de reve. oir sur un très-bon mémoire du docteur Kyll, relatif à la psoïtis chronique ; on le comparera avec avantage avec un autre travail sur les abcès du psoas, que nous avons également extrait i} ÿ à quelques semaines d'un joursal allemand.
Cette maladie, qui est très-rare, était regardée autrefuis comme presque toujours mortelle; dans ces derniers temps on a obtenu des résultats plus favorables dans son traitement.
La psoïtis chronique est trés-difficile à reconnaitre dès son début , et peut étre confondue avec le rhematisme, les douleurs des reins, la coxalgie, le lumbago, les affections héinorrhoïdales et le gonflement des glandes inguinales ; il est donc très-important d'établir un diagnostic certain entre ces différentes maladies et l'affection qui nous occupe.
On donne ordinairement pour caractères de celte maladie les symptàmes suivans : douleur profonde sous les reins, s’étendant aux aines et à la cuisse ; tension et douleur remontant vers le haut de la colonne vertébrale, augmentant par les mouvemers de flexion et d'extension de la
entendre le mieux le bruit naturel du cœur droit, est un espace situé en cuisse ; même lorsque ces mouvemens sont encore possibles, le malade dehors du bord droit du sternum , à trois ou quatre travers de doigt def ne saurait se tenir debout sur son pied, ni marcher sans boiter , et sans ce bord , et vers les quatrième , cinquièane et sixième côtes. À gauche, | bencher son corps fort en avant; il ne peut se retourner dans son lit ni il faut se placer à trois ou quatre travers de doigt du bord gauche du soulever un fardean . sans éprouver de fortes douleurs ; le gonflement cœur et dans toute la hauteur de l'organe. Cependant les deux moitiés | des glandes inguinales est constant. du cœur s'entendent quelquefois séparément et d'une mamire fort dis-{ De tous ces symptômes il y en a peu qui se rencontrent ensemble, ce tincte, même à de fort petites distances, dans la région précurdiale. | qni rend difficile le diagnostic de cette maladie. Ce moyen pourrait être Gr! 5) ta distinguer dans quelle moitié du | D'après les observations de l'auteur , le seul symptôme pathognomocœur se passe le bruit de souflle, qu'on entend si souvent chez les fem-} nique constant et qui peut faire reconnaitre la maladie dès son début, nes chlorotiques. l'est l'impossibilité où se trouve le malade de marcher droit; il est obli-
Une autre conséquence à tirer de Ja séparation des bruits du cœvr ! gé de tenir s00 corps penché un pen enarant (1); pour cette raison il dans certains cas pathologiques (et cette conséquence est relative, non plus au diagnostic, mais à la physiologie), r'est que le tic-tac du cœur vst bien récllement dû aux divers inouvemens qui se passent dans cet organc, et nou à ses Lattemens contre les paruis de la poitrine , ainsi qu'on l'a souteuu récemment, Car si, dans un rétrécissement de l'ori-
(1} Ce même symptôme a 6 déjà noté par Vogel ( Handbuch der pratischen Ï Arzaciwsseaschaft, Wien, 4832. 7.3, p. 248}, et par Richter, Specielle-Thehs Berlin, 4824, T. 4,8" écit. , pag. 442.
sais b-desaus, a passé outre. Le mémoire a été imprimé. Alors l'affaire est d ve- || des jaedins, jardins potagers, bois ct constructions est de quarante arpens. Toutes mue grave : à la seance suvante, M, Brous-ais est arrivé à llastitnt cscorté d'une les conditions de salnbeité y trouvent reunies au plus boot degré, On y jouit dem:-doutaine de phrsiolosistes auxquels il enseigne maintenant la philosophie, l'une vue admirable; et la vaste étendue du terrain permet tous les genres d'exer- Puis il 3 lu un mémoire dont les emisons et les ronclusions ont jaru peu intelligi-{ cie et d'emuscment, A1 n'y a pas d'evagération à dire qu'en Europe iln'y aura bles, Al était uniquement question de cerveaux, de crânes, et de Gall, Crla| pas un établissement de santé comparable à celui-c3. La confiance du public qui à
(NW. du A.)
ne nous surprend point, car M. Broussais ne sort pas de la quand il philosophe, Mais ce qui a surpris et presque éponranté l'Académue, c'est la profuuon d'apostrophes, d'injues, d'invectives, de sarrasmes el de réeriminations, qui sont conwme les arcs houtans de La logique de M. Broussais. Des gens qui ont assisté à cette lecture m'ont allirmé pourtant que l'orateur avait été plus modéré que de coutume. Mais cette modération n'a pas été du goût de l'Académie, qui en à été comme scaudalisée, Elle en verra ben d'autres «1 la discusion continge , comm, il y a toute apparence. Soyez sûrs que nous vous tiendrons au courant, «{ que vou. aurez tout. Je suis obligé de vous laisser en suspens jusqu'à nouvelle infur mation.
Vo.ci cuûn une muivelle qui touche de très-près La Gaztrre MÉDICALE ; je préfee vous en parler be prember, parce que je Liens à vous faire concevoir une bonne opinion de l'entreprise doot al s'agit; cn fait d'éloges an doit plus s'en rapporter à soi qu'aux sutres. Je vous aanouce donc que MM, Pravas et Guérin vont transporter beur établissement orthopedique, sujourd huistité rue Bellefonds , su chitesu de la Murte, Je vous donnerai plus tard des détails étendus sur cette belle habitatiou. Sachez seulement aujourd'hui que cette propriété contient on parc magaibiquement planté qui tonche au buis de Boulogne; el que la superficie tutale
permis aux directeurs de donner à leur entreprise une extension si considérable , né peut monquer de s'accroitre et d'en assurer be succès, auquel vous êtes pris: de contribuer autant qu'il est en vous,
Étant su bout de tous mes secrets , je finis ici ma lettre.
— M, Germer-Baillière, libraire, rue de l'Ecole-de-Médecine , n° 43 bis,
mettra en vente, dans les premiers jours de la semaine , une brochure iatitulée :
uelques rechercher sur l'histoir chirurgicale des anduri mes , en réponse a If. Déseinéis, pee M. Lisfranc. In-8* de 48 pages,
fictions mercuriiles, des fomentations froides, des vésivatoires , le calomél jeshs la salivation ct le repos du lit. Le 12 décémbre on soir, il surviot de la | Gèvre une forte disrrhée et la douleur devint plus vive, Lebeademain urine avait déposé un sédimnt pa:ulent abondant ; ascun changement ue s'était eacore opéré dans la région ingoinale. (Cataplasmes émollitas autour de la région inguinabe ; à l'intérieur, la cs d'eau avec de l'opium et plus lard le quinquina.) Re. tour quotidien de la fièvre qui se terminait chaque fois par de fortes sueurs noeturnes ; sugmenlation de la diarrhée devenue plus Li me respiration difficile ; toëx atec forte éxpecioration ; aphonie; œdème des pieds, en général tous les symptômes de ls consomptron,
Le 238 décembre, 1] apparut une tumeur au«lessous du ligament de Poupart, de la grandeur d'une noisette, sans changement de couleur à la peau et sans douleur elle devenait plus saiilante lors de la tous et redoublait chaque fois qui la malade prenait une position horirontale. La tumeur fut ouverte de haut en bas dans toute sa longueur avec un bistouri , et Le pas vidé, On parvenait avec ls sonde esploratrice à une profondeur de sept pouces, La plaie fut remplie de charpie et recouverte d'un cataplasme. L'évacuation du pus soulagez la malade, mais tons les sigoes de la consomption persi-tèreat ; plus tard les lèvres de La plaie furent tenues évartées au moyen d'une éponge préparée. Trois semaines après l'écoulement purulent diminua en même temps que la tous, l'expectoration et La fèvre bectique ; les forces revinrent.
Le 6 mai, Fabeès se forma, il ne restait plus qu'une raideur et de l'œdème de l'extrémité qui cédèrent au moses des lotiuirs ser Depuis, La femme à accouché enéore deux fuis sans éprouver le moindre ressentiment de sa maladie,
montera plus facilement les degrés d’un escalier, qu'il ne les descengra. À côté de ce syaptôme on n'observe pendant quelques semaines et même pendant des mois qu'une douleur sourde dans les lombes où dans la région des reins, sans loul autre signe et sans même que le malade éprouve de la fatigue dans l'extrémité souffrante ; il peut vaquer à ses occupations jusqu à ce que des accideos gravesindiquent la formation du pus. .
Cette maladie est plus fréquente chez les femmes que chez les hom- | mes, et l'auteur l’a observéeq plusieurs fois la suite d'accouchemens. Deux femmes lui dirent qu'au moment da passage de la tête de l'enfant , tandis que la sage-femme écartait fortement les jambes, elles| avaient éprouvé une douleur vive à la région des muscles psoa$, qui ne} s'était jamais entièrement dissipée par la suite; elles l'attribuèrent aux efforts de l'accouchement , et y firent peu atteution. On conçoit que les psoas étant en contraction pendant le travail de l'accouchement , si on évarte les jambes , on opère un mouvement opposé qui peut facilement produire un tiraillement et mème la rupture de ces muscles. Lorsque la psoitis sas à la suppuration , la douleur devient plus vive et plus fixe ; la chaleur angmente à La partie souffraute ; les mouvemens des cuisses deviennent plus douloureux ; vers le soir 1] survient un mouvement fébrile débutant par un frisson; gonflement plus considérable des glandes inguinales ; urines déposant un sédiment purulent ; | tameur se forment dans la région inguisale, de pluses plus superficiel. | le, et fusant vers le bas ; si l'abcès est ouvert ou s'ouvre spontanément, il se déclare une fièvre hoctique avec toux , expectoration abon- | dante, sneurs nocturnes, diarrhée colliquative., et le inalade meurt de} consomption. Des | | > : | Quant au promostie, il faut bien avoir égard si c'est le côté droit ou) NE ne Tex nr le gauche qui est affecté. Est-ce le droit? le malade souffre d’une forte! Les trois numéros d'avril, mai et juin sont principalement occupés diarrhée avec cobiqnes, probablement À cause de la position du rectum ; | par le Cours du docteur Ramsbotham sur les accouchemens , et par elle survient pendant l'inflammation et: lors de la formation du pus , et {des observations détachées prises dans les cliniques de Londres, Nous est si forte, qu'il y a parfois 24 selles dans les 24 heures. Elle résiste | avons distingué les articles originaux dont les noms suivent : 1° obser. à tous les moyens, et ne cesse que lorsque l'aheès commence à se guérir. vations de médecine suivies de remarques; par le docteur Arrow- Cette diarrhée épuise tellement le malade, qu'elle le conduit souvent} smith ; 2° ligature de l'aorte abdominale, par Murray ; 3° lettre de par lc inarasmie à une mort uèës-prompte. Cependant cette dernière , | M. Herbert Mayo, sur un phénomène extruordinaire de vocalisæainsi que la fièvre hectique , une forte toux avec expectoration et la tion humaine ; 4° lettre de sir A. Cooper sur la fracture du col du sueur noclurne , ne sont pas toujours les signes d'une terminaison fu- fémur ; 5° observation sur une tumeur développée dans la moelle nesle, car tous ces symptomes se sont rencontrés chez trois malades qui | allongée, par Th. Chevallier. ont parfaitement guéri, Le pronostic en général ne parait pas fâcheux , car, de cinq malades| que l'avteur a eus à traiter , aucun n'est mor. quoique la ialadie se fût présentée avec nn caractère tres-mauvais. Je duis faire observer, dit M. Kyll, que dans tons ces cas j'ai pu onvrir les abeës au-dessous du ligainent de Poupart. Une des malades resta boitcuse ; une autre dont l'histoire va suivre a accouché depnis trois fuis sans éprouver Le moindre accident. Gomme tous mes malades ont auéri , il m'est impossille de dire si le siége fut dans les verichres, dans les muscles, où dans le tisar cellulaire envirynnant.
REVUE DES JOURNAUX DE MÉDECINE
JOURNAUX ANGLAIS (Avril 1833).