‹ Gazette médicale de ParisChapitre 22 sur 394 · CAUSES · texte numérisé non relu

CAUSES

Sous le rapport de l'âge , treize de ces enfans n'avaient pas dépassé l'âge de 2 ans et demi.

Quatre étaient âgés de 3 ans.

Deux 5 ans.

Un de 11 ans.

Je dois ajouter que , sur un mouvement de 2 où 3,000 enfans qui m'ont passé sous les yeux pendant les deux années que j'ai été interne à l'hôpital des Enfans, je n'ai vu que très-rarement la tuméfaction des articulations paraître au-delà de l'âge de 3 à 4 ans.

Les courbures, lorsqu'elles existent, sont permanentes.

Je n'ai pu constater en aucune manitre l'influence des sexes sur le rachitisme, n'ayant observé que dans le service des garçons,

Quant à la constitution des enfans, autant qu’elle est appréciable dans le jeune âge, elle nous à À mue généralement chétive. Les muscles des rachitiques sont peu développés ; néanmoins nous avons vu des enfaus rachitiques présenter un embonpoint assez ferme. Deux seulement, dans les vingt cas observés, étaient blonds ; les 18 autres avaient les cheveux et le teint bruns; et, chose remarquable , ciny avaient sur le front et mème autour des lèvres le système pileux développé d'une manière extraordinaire pour l'âge de à ans.

Les sujets de nos observations étaient tous des classes pauvres de Paris, et nés à Paris(t).

e les enfans au-dessous de 3 ans admis à l'hôme.

(1) Nous devons faire observer pital sont presque tous de Paris

U par les corps consultés par le gouvernement, M, Richerand ne peut donc espérer

$euilleton.

BROCHURE DE M. RICHERAND SUR LES OFFICIERS DE SANTÉ ET LES ; s, JURYS MÉDICAUX. —— COMMISSARIATS PROPOSÉS PAR L ÉCOLE.— OBSERVATIONS DES PHARMACIENS DE PARIS.

M. le baron Ricberand, professeur à la Faculté de médecine de Paris, vient de rendre la parole sur les quéstions relatives à l'organisation médicale. Il arrive à E vérité un peu tard, car déjà tous les poinls principaux ont été discutés et jugés

d'influer utilement sur l'opinion poblique à cet égard, Au reste la forme de la brochare nous fait er qu'il a eu platôt en vue de se soulager du poids d'indignation et de colère qu'ont fait peser sur lui les projets de l'Académie de médecine , que d'entreprendre une discussion régulière et sérieuse de la matière. Nous rétrourons dans cette explosion polémique de l'auteur de l'Histoire des

ie, les traits de La même plume qui traça l'histoire allégo-

progrès de la chirurgie, rique de Pimperuelle. Cette fois ce n’est pas notre premiére chirurgie qu'il

s'agit, c'est de l'habile rapporteur de la commission de l'Académie ; or , il n'in-

roque plus le souvenir de Pimpernelle, mais celui de Diafoirus ; ce n'est plus la chirurgie française qui est immolée, c'est l'Académie en masse avec se3 trois sections et son bureau. Cet écrivain ardent n'y va certes pas de main morte , et nous avouons que , sans préjager rien sur la bonté de sa cause eo général, il faut être doté d'une trempe de caractère toute particulière et d'un grand courage, pour se jeter sinsi à corps perdu sur tout le monde, 11 n’y à pas moinsde hardiesse d'esprit à se poser seul de son avis contre les Académies , les Facultés, l'Association médicale , les ministres, contre l'ueivers enfin si l'univers se présentait, M. Hicherand ne craint pas la responsabilité , il faut lui rendre cette justice; et quand il ui prend fantaisie d'ouvrir les écluses à son humeur militante, il ne regarde pas où il frappe et pasce pardessus toutes les considérations de la prudence humaine, Ni les grands tabeos, ni l'autorité du génie, ni l'éclat des services, rien n'est assez haut pour écho à ses atteintes : il l'a prouvé en maintes occasions. Il eut l'honoeur en 4825 de s'en prendre même à Napoléon, qu'il teaita , ma foi , de haut en bas, tout grand bowme qu'il fut, dit-on. Quand où à fait de pareilles témérités, une Académie de médecine, quelque imposante qu'on la suppose, ne

des enfans rachitiques, qu'à l'occasion de six seulement.

Tous les six étaient des puinés, 4° ou 3° enfant; un seul était le 6° de sa famille.

Tous étaient nés à terme, à la suite d'accouchemensaciles, ct aucune des mères n'avait éprouvé pendant le terme de sa grossesse quelque accident auquel on pât rattacher Le rachitisme.de l'enfant.

Ces six enfans , au moment de leur naissance , avaient même paru bien conformés à leurs parens, et ce n'est qu'à leur retour de nourrice , que les parens s'apercurent des déformations du thorax ou des membres.

Cependant Billard (Traité des maladies des enfans, page 654) ayant observé, dès les premiers temps de la naissance , des renversemens des pieds et des mains daas un sens contraire à leur direction naturelle , nous pensons que les enfans peuvent naître rachitiques, et nous préférons attribuer à l'inattention des parens le résultat négatif auquel nous sommes arrivés touchant l'existence du rachitisme dans les premiers momens de la vie extra-utérine,

Mais il ne serait pas moins intéressant de constater si le rachitisme peut se développer après la naissance, Or, nous ne trouvons , pour la solution de cette question , aucune donnée dans nos observations.

Les mères des six enfans rachitiques dont nous analysons ici l'histoire, étaient toutes des femmes entre 20 et 36 ans.

Cinq des pères étaient des hommes entre 20 et 30 ans ; un seul était ua vieillard de 60 ans.

Il est impossible, sur un tableau aussi étroit, de juger de l'influence de l'âge des parens sur La production des enfans rachitiques.

‘Une seule fois nous avons trouvé parmi les pères ua père rachitique ayant les jambes torses et contournées.

Deux fois , dans la ligne maternelle , il existait des cousines de l’enfant également rachitiqnes.

Mais aucun frère ni aucune sœur des enfans rachitiques n'était rachitique aussi. C'est-à-dire que rarement dans la même famille plusieurs personnes étaient rachitiques.

Une seule fois un des frères était scrophuleux, iloffrait une ophthalmie opiniâtre avec engorgement des Ad 20 du cou.

Mais c'est un fait bien constaté par nous, que ni les pères, ni les mères, ni les frères et autres parens des enfans rachitiques n'étaient scrophuleux.

Les enfans rachitiques eux-mêmes ne nous ont aucune fois offert des symptômes scrophuleux : il est vrai que l'époque de 1 à 3 ans est l'époque de l'enfance à laquelle les scrophules sont urès-rares. Mais plus tard nous n'avons jamais vu des rachitiques offrant de vastes engorgemens ganglionaire:, des affections profondes des os, quelques-uns enfin des symptômes caractéristiques du scrophule, bien que nous ayons été long-temps placés dans Le service des ess scrophuleux.

Nous avous tout-à-fait négligé de rechercher l'influence du vice syphilitique des rh sur la production du rachitisme.

Aussi , des faits précédens nous pouvons conclure que rien ne peut nous porter à penser que le rachitisme résulte d'une grossesse pénible , d'un accouchement prématuré, d'une fécondité épuisée à cause du nombre des enfans, de l'influence de vieux parens, d'un vice héréditaire de famille ou de quelque transformation du vice scrophuleux, toutes causes assignées au rachitisme,

saurait intinuider : sus la brochure de M, Richerand ne mous a nullement surris. Nous avons même remarqué avec surpris ét comme une nouveauté dans es livres de cet écrivain ; l'éloge d'un contemporain, Cette exception se conçoit du reste , puisqu'il s'agit de M, Pariser.

Dans ce factum M. Richerand se porte le défenseur quand même des officiers de santé et des jurys de réception. Pourquoi? parce que vraisemblablement personne g'en veut plus. Tel est le tour d'esprit de cet écrivain : il marche toujours seul dans une voie indépendante ; il attaque ce qui domine et défuud cc qui succombe,

Fctris causa diis placuit, sed victa Catoni.

Caton fut pour Pompée, M. Richerand est pour les officiers de santé.

Les raisons que M. Richerand duune en faveur de cette institution sont difficiles à apprécier : il s'est moins occupé de l'apologie des officiers de santé, qai était un peu difficile, que de la satire de leurs adversaires, qui convenait mieux à sa plumue, Is'est contenté de citer un assez long extrait d'un discours de M, ke baron Cuvier, où de Cuvier, comme nous disons, nous , plus brièvement , duquel il resulié que l'opinion du géant de la science était favorable au maintien des deux ordres de médecins, Sos seul argument consiste à dire que jamais des docteurs né voudesient aller habiter les campagnes ; mais ect argument tombe devant l'institution des médecins caotonnaux, dont Î n'élait pas question du temps de Cuvier. Mais M, Richerand ne veut pas de ces médecins cantonaux , conception absurde, dit-il, insensée , néc dans la tête de quelques théoriciens qui pensent que le service médical du peuple est un des devoirs du gourcrmement, 1 Rrétend en outre,

Comme le rachitisme est plus fréquent l'âge de r 43 ans , on

pourrait en conclure avec assez de raison que le choix des alimens influe

eu sur sa pere ; Car à cette époque de la vie tous les enfans ont a peu près le même aliment, le lait de leur nourrice. Or, quelle peut être la part de la nourrice dans le développement du rachitisme ?'La solution de cette question n'est point hors de la portée de l'observation, mais elle ne peut être poursuivie que dans.la pratique civile, et non pas dans celle des hôpitaux. Assez généralement les enfans des classes pauvres et des classes moyennes de Paris sont placés chez des nourrices à la campagne, dans les départemens environnans. Or , comme c'est au retour de chez les nourrices que les parens reconnaissent dans leurs enfans les premiers signes du rachitisme , naturellement cette maladie est attribuée par les parens aux mauvaises Vic d'un lait trop vieux ou

âté par une grossesse intercurrente, où bien encore, au défaut du soin Le oourrices , la honte qu'éprouvent les parens d’avoir produit des enfans difformes rend ces accusations plus aveugles ; on se garderait bien de rechercher en soi la cause de cette difformité.

Du placement des enfans rachitiques à La campagne pendant leur jeune âge , on peut en tirer celle autre conséquence, que l'air des villes n'influe aucuvement sur la production du rachitisme.

Une autre cause assez souvent attribuée au rachitisme par les parens est ce qu'ils appellent un mauvais vaccin, où même là vaccine ellemême ; or, des 20 enfans dont j'ai recueilli les observations, 7 n'avaient pas éié vaccinés : la vaccine est donc tout-à-fait innocente de la production du rachitisme.

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