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SIGNES

Ces signes sont de trois sortes : les tuméfactions articulaires, les déforma tions dans la continuité des es, et leurs déviations.

Des tuméfactions articulaires. Ces tuméfactions sont surtout trèssensibles aux extrémités articulaires , placées superficiellement, et dont les parties molles environnantes n'offrent pas une grande épaisseur. Telles sont les articulations radio-carpiennes, tibio-tarsiennes, fémorotibiale, cubito-humérale et pme. mir x Les tuméfactions des articulations scapulo-humérale et coso-fémorales sont beaucoup moins sensibles.

Ces tuméfactions sont très-visibles à l'œil et au toucher ; la pression n'en est aucunement douloureuse ; elles font paraître le membre moins long qu'il west en réalité. Extérieurement, on dirait que ces tuméfactions ont pour siége les cartilages articulaires ; elles augmentent le nombre et la profondeur des plis ; qui naturellement sont creusés an pourtour des articulations.

Les déviations des membres sont souvent tout simplement le résultat des tuméfactions articulaires, Ainsi, il n'est pas rare que la tuméfscuion des malléoles du tibia ou du péroné détournent le pied de son axe naturel , et le jettent dans l’abduction ou dans l'adduction ; la portion de la surface articulaire de l'astragale qui a été la plus comprimée par l'uoe ou l’autre de ces tunéfactions , offre une légère dépression. Cette forme est sans contredit la forme la plus fréquente de la difformité appelée pied-bot. Les autres os du tarse et du métatarse restent bien conformés.

Les jambes peuvent être attirées dans l'adduction de façon que les pieds se touchent , les genoux étant écartés ; ou bien les jambes sont renversées dans l'abduction, les pieds sont écartés et les genoux se tou-

promettant de le démontrer ailleurs et prochainement, que les gouvernemens n'ont d'autre devoir que de maintenir La paix publique, ce qui est bien vague, Un despotisme militaire bien régalarisé offrirait à ce compte le modèle des gourervemens , et M. Richerand ne serait pas éloigné (page 40) d'en souhaiter l'établissement , en qualité d'ami d’une sage liberté. En attendant qu'il ait démontsé ces belles choses , il aurait dù articaler sm moiss une objection contre les médecins cantonnaux. Îlse contente de déclarer l'institution absurde , insensée , inepte, tandis qu'elle existe ct re dans plusieurs pays de l'Allemagne , de l'Italie, et méme dans quelques départemens de La France. Elle Jui déplait, mais il ne vent pas dire en quoi et pourquoi : il est vrai qu'il ny est pas obligé, les opinions sont libres.

Ainsi, M, Richerand ne dit rien pour les officiers de santé , rien contre les mée decins cantoncaux; mais en revanche il ne tarit pas contre les docteurs et contre l'Académie de médecine, Les docteurs font songer bien baut la dignité de l'art dans la question des officiers de santé. mais la vérité est qu'ils seraient bien aises de se dubarrasser de celle concurrence. L'Académie n'est qu'unc réunion de quelques centaines de pauvres d'esprit, inconous les nns aux autres, entraînés , comme les moutons de Panurge , par le premier venu quisait parler un peu cou ramment , el pouvernés par une majorité d'apothicaires, Le rapporteur de la der uière commission , qui se permet de manquer de respect aux jurys médicaux ec aux praticiens « étonnans » qui sortent de leurs mains ne serait pas en état de répondre à trois questions d'anatomie vulgaire , Le M. Richerand est dans lha= butude de faire aux officiers de santé, M. Richerand viendra un de ces jours , pourvu que cela plaise à M. Double , l'intrroger en pleine Académie, Il lui em

chent. Ces difformités que présentent les cagneux résultent ges me ment des courbures du fémur où des os de la jambe; mais à un degré

rononce , elles peuvent dépendre de la tuméfaction des condyles weférieurs du fémur et de la dépression du condyle externe ou du cundyle interne du tibia.

La main est quelquefois déviée en dehors où en dedans, à cause de la tumeéfaction des extrémités articulaires du radius ou du cubitus.

Des déformations. Ces déformations consistent toujours dans des courbures des os, Voici l'ordre de fréquence dans lequel je Les ai observées : les côtes, les os de l’avant-bras, l'humérus , le fémur , les os! des jambes , la clavicule et la colonne vertébrale,

Un premier résultat qui m’a frappé, c'est que, chez les enfans les De jeunes, ce sont les côtes et les os des membres pre qui sont e plus souvent courbés et déformés , tandis que chez les enfans de 3 à 5 ans ce sont les os des iles et des membres inférieurs. La colonne vertébrale parait se déformer beaucoup plas tard; les déformations notables de cette colonne sont rares dans la première enfance.

D'après ce résultat , je serais assez porté à attribuer ces déformations aux mouvemens imprimés aux mewbres, ou bien à la pression du corps, qui fait céder et courber le tissu osseux. (Cette explication , ainsi que nous le dirons au paragraphe Anatomie des os des rachiti-

ues, serait assez en rapport avec l'état anatormique de ces os.) En ef. et, cher les jeunes enfans, les côtes sont toujours en mouvement dans! l'acte de La respiration ; ce sont les mains et les avant-bras qui sont saisis par les bonnes, et les clavicules supportent le poids des membres supérieurs.

Plus tard, lorsque l'enfant commence À marcher , ce sont les fémurs et les os des jambes qui ploient sous le faix de la totalité du tronc.

Mais les variétés 2 courbures sont si nombreuses et si bizarres, qu'en vérité, lorsque je les considère , je ne puis souvent les expliquer oi par le poids du corps, ni par Le jou normal du système musculaire.

Le plus ordinairement , ces courbures ont lieu vers la partie moyenne des os longs ; dans le fémur, par exemple , la courbure est tournée en avaot et en dehors ; la concavité regarde, au contraire, en arrière et en dedaos. C'est o dinairement aussi la courbure que présentent les fractures du fémur vers sa partie moyenne, et cette direction est bien d'accord avec l'action des muscles.

Mais dans d'autres cas, j'ai vu la concavité de la courbure du féour en avant, ou en dehors, ou Lien ce n'était plus vers sa partie moyenne, mais tout-à-fait à son tiers inférieur que la courbure commençait. Cette courbure est ordinairement simple, mais dans un cas je l'ai vue double, et le fémur , si j'ose ainsi parler, serpentait comme le vers du poète :

Sa croupe se recourbe en replis tortueux.

Les courbures du tibia offrent les méwesdiversités que celles du fémur. Le péroné suit tonjours les courbures dutibia, jamais je ne l'ai vu

droite forme un angle saillant , cet angle saillant entre dans l'angle rentant que présente la jambe gauche , ou bien les courbures sont en sens inverse ; alors les genoux et les pieds se touchent et circonscrivent entre les jambe une ell pse. Ces deux formes sont, comme je l'ai dit déjà, celles que présentent les cagneux.

Les courbures de l'avant-bras et celles du Lras ont leur concavité assez ordinairement teurnée en dedans et en avant, mais elles présentent aussi les mêmes variétés que précédemment.

I en est de mème des courbures de la clavicule, qui sont quelquefois si prononcces, qu'elles forment presque un dem-anneau à convexité anténeure et supérieure.

Mais de toutes les déformations des os longs, celles que présentent les côtes ne sont pas les moins remarquables. La plus fréquente à lien sur les parties latérales du thorax, sur une ligne perpendiculaire partant du milieu de l’aisselle. Là le thorax est véritablement rétréci de la troisième à la septieme côte. En arrière sa conformation est normale , et en avant le sternum bombe davantage, de façon qu'une coupe horizontale du thorax offrirait la forme d'un € dont la partie postérieure serait pe large que l'autre; c’est cette forme que l'on désigne par la forme de poitrine de pigeun. D'autres fois les côtés bombent d’un côté et sont aplatis de l’autre ; cette déformation accompagne presque toujours la déformation de la colonne vertébrale, c’est pour quoi nous en parlerons en traitant des déformations des vertèbres.

Ces variétés des courbures des os longs ne dépendraient-elles pas de la faiblesse de quelques muscles et de la force prédominante de quelques autres. J'avoue que j'ai négligé d'éclaireir cette particularité soit en essayant Dm et d'apprécier la force des divers mouvemens musculaires pendant la vie, soit en constatant la coloration, l'épaisseur, la consistance des différens muscles après la mort,

Jusqu'ici je n'ai considéré les déformations que daos les os longs. 11 me reste à examiner celles que peuvent présenter les os plats et les os courts.

Le crâne au niveau de la suture pariéto-frontale chez les rachitiques offre assez souvent un retrécissement sensible, qui lui donne come au thorax l'aspect d'une calebasse, ou celle d'une sorte de & couché dont la partie postérieure serait plus large que l'antéricure, Les dimensions du crâne ne sont pourtant pas changées ; et, mesurés chez des rachitiques et chez d'autres sujets de même âge, les diamètres autéro-postérieure ettansverse m'ont toujours semblé de même longueur. Cette déformation résulte évidemment d'une épaisseur plus grande de l'os temporal qui présente jusqu'à deux ou trois lignes d'épaisseur, et forme une bosse ou saillie très-considérable au niveau du point où Gall a placé l'organe du meurtre,

Les os du bassin sont aussi susceptibles de déformation, j'en ai observé des exemples même dans le jeune âge. La cavité du bassin en éprouve

: déja des changemens ; tous ses diamètres sont diminués. Ces défor-

mations du bassin accompagnent celles de la colonne vertébrale. Mais

{j'ai observé un grand nombre de courbures des autres os et même du

fisé et arrèté au tibia par ses extrémités articulaires, se courber en lémur sans déformation du bassin. L'owoplate ne m'a jamais offert an

sens inverse de cet os par sa partie moyenne, de façon à élargir en ce point l’espace interosseux ; mais chose singulière, il arrive quelquefois que dans une jambe les os sont très-courhés , tandis que dans l'autre ils sont p bures de la jambe droite sont tournées dans le même sens que les courbures de la jambe gauche: dans ce cas, si la courbure de la jambe

cune déformation assez notable pour fixer mon attention. C'est une chose fort remarquable que les as courts du tarse et du mé-

jtacarpe < offrent, avec les extrémités articulaires des os longs, tant de

e droits : le rachitique est alors boiteux ; ou bien , les cu|

sinilitude participent à peine à l’altération queles sxtrérnités articulaires

chez les rachitiques présentent au dernier degré. Cette différence déja

très-bien appréciable pendant la vie, à cause du peu de renflement que

« porte le défi solennel , se chargeant, lui, de résoudre sur-le-champ » toute sutré question d'anatomie que les détracteurs des oficiers de santé voudraient lui adresser. Nous roudrions pour beaucoup que M. Double se rendit à une provacation aussi Calégorique : ce serait un spectacle nouveau eh combat juchéaire de ce genre. Ce jour-là. l'Académie fera bien de mettre es municipaux à la porte. Mais M. le rapporteur ne vivndra pas ; il oura peur de l'anstomie de M. Richerand , qui est en effet trés-redontable, et be méme ne voudra peut-être se batire pour lui. L'Académie de médecine es muse par ce déf à dens doigts de sa ruine complète. Le gouvernement n'aura plus qu'à la dissondre; cor, de bonne foi , à quoi pourrait sertir une compagnie savante qui n'est pas en état de répondre à trois questions de M. Richerand , et qu'attendre d'un corps de médecins qui ne seraient pas capables , à eux tous , d'embarrasser M, Richerand en anatomie? Je ne sais jus courment l'Académie va se tirer de cé mauvais pas; aiais toujours est-il qu'elle à là sur Les bras une fâcheu-c affaire : soit qu'elle refuse, s0 t qu'elle accepte ke combat , elle jone très-gros jeu.

Après La question des officiers de santé, que M. Richerand prétend , comme où voit, vider en champ els, il sborde celle des conseils de discipline , et iei il veut bien être de l'avis | pt” IL présente avec esprit et une er Le dd les

jections princi qu'on a difigées contre ée projet: mais il ne tarde pas à au et prend texte de la suppression des herboristes pour faire use nouvelle querelle à l'Académie qui, dit-l , a voula par cette décision récom

ser les « apothicaires » de leur complaisance à voter l'abolition des ofliciers de santé, Il cs vus d'une certaine hauteur, » ces « tripotages » inspireront « La pitié. » Il ne faut pas monter bien haut pour apprécier la conveuauce

de ces réflexions. Je ne sais pas ce qu'ant fait à M. Richersad les apothicaires, mais il leur en veut tellement que leur présence dans les conseils médicaux est à ses yeux une de ses plus fortes objections contre cette institution,

Les conseils médicaux, en tant que constituant une sorte de corporation, peuvent être aîtaqués par des raisons plansibles ; roais M. Richerand va chercher des objections dont personne ne s'élait avisé, Il assnre par exemple que ces colléges seraient des juges permouens de sédition et des pépinières dé Robespiertes et de Marats, I donne en exemple le barreau ameuté contre le gouvernement et la magistratere, À l'entendre, br médirale dégénérersit bientôt en une turbulente assaciation politique, et l'état trouverait dans chaque membre un Catilina. Nous renroyons aux journaux politiques La discussion de cette bautade,

M. Richerand arrive enfin à l'ensvignement, Le projet de l'Académie sue les {rois nouvelles Facultés bui fait mal aux nerfs, comme tout le reste, Mais c'est surtout le style du rapporteur qui l'indigoe. C'est là qu'il cite Diafoirus et Trisso… tin, Quant à des raisons, il se contente à peu près d'une seule , au moyen de la. quelle il bat également en ruine non-seulement tous les projets proposés, mais encore toute lentalire de réforme médicale, Ceite raison, c'est le spectacle alar— mani dela société actuelle près de s'abymer toute entière dans le gouffre du néant, par la dislocation de tous les pouvoirs, la confusion de toutes les idées, le relhchement de tous les liens. Au milien de cette anarchie et de cette décomposition du corps social , des insensés seuls peuvent réver des réformes utileset des établissemens durables; le sage, à La nsanière de M. Richerand , doit s'enrelopper la tête de son manteau, conGer Le salut du monde à La force du sabre, écrire des-

l'on observe au niveau de cet os, s'explique par l'examen des os courts après Ja mort.

La colonne vertébrale étant un com de 24 os courts, quoique chacun de ces 05, considéré en particulier , n'offre pas une déformation bien notable. La somme néanmoins des déformations quelles peuvent offrir, si pee qu'elles soient , finit par en produire une générale bien remarquable.

Chez les enfans rachitiques les plus jeunes , la colonne vertébrale offrait évidemment une courbure générale peu prononcée à convexité postérieure sans aucune déviation latérale, mais cette courbure ne paraissait constituer aucune difformité, Je n'ai eu qu'une seule fois l'occasion d'observer une courbure latérale de la colonne vertébrale bien réelle chez un enfant de trois ans.

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