INJECTIONS D£ MATIÈRE CÉRÉVRALE DANS LES VEINES
M. Durur ajoute quelques faits à ceux qu'il a présentés il + a quelques mois sur Le mème sujet à l'Académie, On ssit que l'injection dé matière cérébrale tentée par lui pour la première fois tue les animaux comme pourrait le faire l'acide prussique , arec une extrême rapidité. M. de Blainville à désiré répéter ces ex vénences, Sur deux animaux très-vieux appartenant au mastem d'histoire naturelle, 4 onces de matière cérébrale delayée ont été mjectées dans la veine du jarrel; en deux minutes les animaux sont morts, sans aucunes convulsions. À l'agtopsie , où à trouvé comme à l'ordinaire le sang dy = dans les vaisseaux et dans le cœur ; dans les cavités de cet organe existaient des caillots aussi gros que le poing . entrelacés avec les valvules , de sorte que l'action du cœur en était ennérement empeche. Mass on phénomène sur lequel M. Dupny appelle l'attention, C'est qu'en ouvrant La poitrine on vit se former à la surface des poumons de ces p-téchies qu'on appelle gangréaeuses; ou bien, s'il en existait de irès-petites , elles prennent à vue d'asl une étendue très-considérable. C'est donc à tort qu'on ” rapproche de la gangrène , puisqu'elles peuvent se produire sur le ca-
avre
M. Cusvaucren. Êtes-vous bien sûr que des injections d'antres substances ne produisent pas les mêmes effets?
M, Derur, Parfaitement sûr. Depuis la découverte de la transfusion, on a répété et multiplié les expériences avec des injections de toute nature ; moi-même , J'en ai beoucoup fait, et jusqu'à présent je n'ai trouvé que Le sublimé corrosif qui produise cette cosgulation du sang, sans doute en agissant sur soù albanupe,
M. Bocuoux rappelle que MM. Gaspard et Magendie ont tné des animaux en injectant dans les veines diverses substances , de l'huile , une forte solalion de gomme, ete. : la mort arrivait alors jar l'oblitération des capillaires pulmosaires, que l'injection ae pouvait tra-erser, Le substance cérébrale n'agiroit-elle pas de la sodene manière ?
M. Eurur. J'ai dté témoin des expériences de MM. Gaspard et Magendié: je les ai répétées moi-méa. Quand on injecte dans L+ reines du lait, de la sérosité, des substances animales où végétales en patréfaction, on voit survenir des hémorrhagies , des tiches gangréneu es mr le poumon et be tube intestisal , des évacuations abondantes et répétées. Ces symptômes sont d'autant plus graves que les substances injectées ont une action plus évergique , et les matières anima les putréfées sont celles qui les produisent au plus heut degré.
M. Durcx, J'ai fait ces expéricnces long-trmps avant personne en France; bien plus c'est qu'en injectant des matières putréfiées, en général on ne sait pas ce qu'on injecte, tandis que J'avais eu la précaution de faire analyser celles dont je me servais. Ainsi j'employas vne Fois des matières soimales qui pourrissaient à l'air depuis quatre aus; M, Lassaigne y dérouvrit du caréa'e d'ammeonisqne, Alors j'ai bien obtenu les résultats dont pe M. Emery,et je ne différer de Jui que quant à la nature des taches qu'il appelle gangréneuses et qui né me parni-sent point tiles, pussqu'elles survicanent aurés La mort. Mais quant à d'autres substances , l'huile, la gomme , ete, ; je nie qu'elle soient si malfaisantes, J'ai injecté des livres enüéres d'huile dans les veines de grands animaux , tels que des chevaux, des bœufs, des ânes; j'ai rajecté des solutions gommenses , des décoctions de graine de lin tellement concentrées qu'elles en étaient filotes ; les animaux en ont été malades, mis ils n'en sont pas morts, Enfin l'explication de M, Rochoux ne convient point aux injections de matière cérébrale ; en effet il m'y à pas là d'oblitération des capillairs s ; amas il + scosgulation du sang,
M. Estenx répond que M. Magendie et lus ont expérimenté sur des chrens et des lapins; La dilürencs de gran et d'espèce des animaux a pu influer sur les résultats. Mais quant à ls mature des taches, il les maintient gangrénenses; et en effet, quand les animaux survivaient quinze où viagt heures à l'injection, on voyait ces taches déjà entourées d'un cercle inflammatoire. Un fait ne saurait tire détruit par on sure.
DISCUSSION SUR LA LIGATUNE DE LA LANGUE ET LES DIVERS PAOCÉDÉS D'EX- TIRPATION CMPLOTÉS CONTRE LE CANCER DE CET ORGANE,
M. Minavur d'Angers a la parole pour répondre aux observations faites par M Velpeoe dans la dernière séance, M. Velpeau, dit-il, s avancé que M. J. Cloquet avait fait ia ligature de La langue avant moi par le mime que moi. J'ai recouru s0 journal qui m'avait été indiqué , et j'ai trouvé, en effet. dans bes Archives ,?, 44, p. 512 , un court exposé de l'opération faite par M. Cloqnet, enais si seinet et % obscur que je n'y ai rien pu comprendre. Je me sais alors adressé à l'opérateur lui-même, et voici ce qu'il m'a répondu. .
Mon procédé et le sien diffèrent par urs circon-tences. Premibrement , il n'avait pas dessein de diviser ba longue toat entière transrérsalement à sa base ; il n'en voulait comprendre que moitié. Il Gt done une peute incision au-dessus de l'os hyoïde ; par cette ineision it plonge une siguille courbe montée sur nm manche qui vint sortir sur la ligne moyenne de la langue près de sa base ; La courbure de l'aiguille bit que ss pointe se rapprocha naturellement des dents; cette pointe était muni d'un chas par tequel on passa deux ligstures.
Où retira alors l'aiguille. qui entraina les deux ligatures; en sorte que de ces
Lens deus eatrémités sorta eut par la plaie ct les deux autres par La bonche, L'ai.
uille fut «nfoncée de nouveau par la plaie et vint sortèr cette fois sous le frein de ü langue ; ot passa dans son chas les deux chefs restés dans la bouche, qui furent à leur tour raments par ba plaie du con Ainsi, E + avait quatre clefs pen dant par la plaie et denx anses dans & bouche , placées toes doux sur la ligne médiane, De ces deux anses, l'opérateur en serra une sur la ligoe médian, après! avor fait à La langue une invison d'avaat en arrière pour + cngager ke 1, e1l l'autre embrassa le côté externe de l'organe; cn sorte que toute sa moitié malade fot comprise entre Les dens ligsiures. On voit que les deux opérations «© ressens. b'ent à peine quant au procéilé.
Elles ne différent jas moins far le but ; ME, J. Cloquet se proposait de morti. Ger lu paetie liéc : avec mon procédé, Jar évité le sphacke, Enfo, le hasard même a mis une sotre défférence dans l'evésement ; dans le cas de M, Cloquet la mort est survenue le troisitme jour, Landis que mon opérée va à merveille.
M Vesreau répond qu'il n'a point del que les deux procédés [ussent ah<oti. ment les mêmes; mais que ide dk passer ba ligature per ane plaie faite sous Le menton n'était pas nouvelle, et en 6 Met il faut la rapporter à M.) Cloquet.
M. Lrpnanc, Je me crois pas qu'il sait indi-pestoble de sreer la Ligiture jasqu'à divisior complète de 14 lsngué ou de bier Les artères lingualts. pour atrophier les cancers de cet organe Je roppellerai à cœ sujet une ob-ersation déjà mention née dans mon Mémoire sur les erncers superficiels qu'on croruit prefonds : c'est celle d'un avocat de Salins, M. Th éluult , qui m'a permis de le #onmu r, Il était dans les ses de Le Pitié pour ua cancer qui occupait, comme nous le pin. sons, toute ane moitié dde la langue, quand M, Mayor, de Lausanne, qui venait de publier son Traité de doi dé atere en musse, vint à Paris: je lui taissai opérer ce malade. La langue fut attirée per une érigne; un bistouri ln trarersa de hant en bas sue La digue mddisne et du frein jusqu'a La base . et on le ramenant en avant l'organe se trouva divisé en drux moitiés ; la moitié malsde fut emhrassée dans une lgature qui fut placée sans aucune diféculié et erris avec le tou-niquet à eabestan de M. Mayor. Durant sis jours. la higature far nisintenue en place et resserrée de jour en jour. Au sixième , la partie riinte ttait noise: nous La : ri mes sphaeélée , et nous tämes La ligature, Le Lendemain, nous fûmes trés-wrpris d'y trouver de La sensibilité et du mouvement, el € a gnant d'avoie à rép ler l'a pération, nous primes soin dés Lors de passer le doit dus l'incision médiine pour empêcher l'adhesion et n'avoir pas à recommencer, Mais an bout de quel pacs jours nos craint:s ressérent, l'escarre soperlicielle produite par la ligsture étant lombée , nous vimes au-dessons Le tissu de la lngne sain, offrant l'aspect d'une alcération simple qui eureha promptement à cié.irisation.
M. Sansox, Je crois pour mo part qu'il est pas indispensoble de lier les ar. têres lingaales pour faire Fescision de lo langne. H y à dix où doure ans que j'ai vu faire celte escision complète par M. Dapustren ; dl saisit le bout de la Lingus: avec un Jinge et l'attira ou dehors. Il est clonnant avec quelle facilité on peut faire sortie cut organe : 4l résiste d'abord aux fractions, purs 21 cède tellement qu'on pent en amence la base gnsqu'entec les dents Ainsi apportée sous lcsreux, runde plus rile que de lier les artères, qui sont à no pour sind dire, on encore d'arrêter l'hémorthagie par la cautérisalion, Peut-être donc M. Mirault a-1il un pen exagéré les dangers ide cette hémorhagie,
M. Mrmavur. Je dirai d'abord que mon observation diffère de celle de MT. Lis. frsoc en ce que le can:er chez mon opéré occupait tonte l'épai-seur de }s lanpue; mais je réponlrai à M. Sanson qu'il n'est pas à beaucoup jrrès aussi aisé qu'il Le dit de Bir où de cautérisee es vaisseaux aprés l'excision de cet organe. J'ai eu occasion d'extis per une pete purtie de la langue tout près de sa pointe , et j'ai été obligé de revenir jusqu'à truis fais à la cautérisation pour arrêter l'hémorrbage. 1 y a Ch uns fonte de vaissesus qui versent du sang; le temps seuliment d'ouvrir la bouche , et elle cn est remplie; le cautère s'éteint done avant d'arri. ver à La surface ssignspte . rt sjoutez qu'il remplit la bouche de fumée ct que Fogerateur voit hfécilemeut ce qu'il fait, S'il en à été ainsi pour une excision si légère, que serait-ce donc pour une extirpation de {a longue près de Ja base ? je déclare que pour ia part je m'userais pos porter l'instrument tranchant aussi loin, si je ne eq ctais atparavant as uré des artèr:s linguales.
M. Saxsax, J'ai dit qu'on peut se servir du cautére actnel ; je n'ai pas dit qu'il fallèi se borner à un scout, On oz qu'à cn faire rougir trois, qualre où cinq à ls fois, pour remplacer à l'instant celui qui s'est éteint, Je ne nie pas que le procédé
de M. Mirault ne soit prélérable ; nas J'insie sur ce point que là langue peut £
étre tirée au dehors assez fortement pour amener sa ba-c entre les dents,
M, Pasrnane. J'apjune ce que vive de dure M. Miraull contre la cautérisation par une considération qu'il a ouise; quind on eulive Ja langue à sa base, elle ne reste plus entre les dents: cle se retire profondément au fond de la bonehe , et alors ce n'est plis sulcment no petit inoïgnon qu'on à à cautériser:; c'est une 73 4 surface signant , occupant presque toute ln paroi infésieure de La bouche, et la cautérisation y devélopprrait vue inflammation grave par elle-même à csusc de son étendue et ds parties qu'elle affecte, grève evrtont à cause du soisinage de l'arrière gorge et du lérsnx, et du danger de suffocation qu'en- Lraincrait ja loméfaction de ces partirs.
M. Verpeav, Je regarde le procédé suivi par M. Mirault comme le meileue poar l'extirpation complète de ls langue ; müais je préfère celui que M. Sanson à indiqué, quand if ne s'agit de rétrancber moitie de l'organe ; et enÜn pour cc mme cas j'en imliquerai un meilleur cnrore que j'ai employé l'an deroive, et qui consis'e à passer une ligature à trasurs la langue pour l'attircr et la reteuir au-dehiors,
M. Auvssar. Je n'ai pas eu occasion per mot même de faire l'incision dle la Jan que, mais M. Fever, chirurgien en chef de l'hôpital d'Altona, préseut à cite séance, vient de nrapyrendre qu'il a fait rolle opération avec succès et qu'il ai très-bien arrété L hémorragie par la torsiun des artères. On na paré jusqu'à) pee que dl: Ja cauérisatron ct de la ligature ; vou donc un trorième mosen émostaliqne ajylicsble à cette opération.
ME Rocnoux. Je ne Rersi qu'unc vbservation, partant sur la nature de ls maladie : M, Mirault nous a dit qu'il avait en à faire à nu caseer encéplaloile; or, éela ne me jus ait pas suffisament démontré; et quand, à l'autopsie ue, on est
si souriant en désaccord sue la nature d'une lésien qu'on à cous les veux, je érntsl
qu'il ÿ à de La téenérité 5 afürimer aus pleiocmucut le caractire d'un: Li sion qu'en: d'a po al ue M. Minaver, Je n'avais que deux mou ns de m'assurer si c'était bien un can-
cer ; l'examen minolieux des symplèines, et la réunion des avis de plusteurs eomfrères. Or, j'ai exposé dans le récit de ce fait tout ce qui avavait porté à conclure a rancer; ane lumeur au centre de Ja langne : des ulcérations de La no { d'abond légères; plus tard sormontée de champignons, donnant lieu à des hémor: rhagies graves, tendant upc odeur infecte ; puis, és végétations se ramollisuint
tombant pour faire place à un ulcère éno me, à bords squirrheux , à aspect cancéreux, dopnanl lien lui-même à des pertes de sang rncore plus graves: j'ajouterai ie que huit ou dix de mes confrèr s l'ont qualifié cancer ainsi que moi Qre pou vais-je faire de plus ? je ne puontvsis pes l'amener de soixante leurs devant cette Acaduae ; et l'eussé-je fait, il est bien probable qne les opinions sursient été par. lagées ; et que quelques uns même d posterde { aurait dit : ce n'est pas tn cncer puisque La few est guéne, Pour moi, je sis convoineu qu'il y avait caméér ; et dans ous les cas, je ne pense pas que pursonne m'eût consillé de rester paisible spectateur du mal, et je crois que mon operation à sauvé cetle malade,
M. Roux. Sans ron'redit l'opération etrit indiquée et devait être faite: mais il ue s'agit ici que de la nature du mal, et je me suis pas convaincu par les raisons qu'a duunées M. Mirault. Le ral à comcuré, dit-4, par une tumeur dans l'épaissrur de Ls longue; or, 11 est excessirenint rare que le canver de la langne débute must, et C'est presque toujours la muqueuse qui cst altaquée ls première. Les au- {res sympiümes peuvent accompagner d'autres affections qu'un cancer: quant à cette objection à posteriori que ce n'est pas un esncer parce qu'il est guéri, je déclare que pour in part je de saurais admettre cæ principe en thèse générale ; mais pour le cas dont ils'agit , il Cut faire remarquer qu'il n'est pas un stul organt dons l'économie, je réçète. pas un sul, où le cancer soit astsai sujet à récidiser qu'à lo langue. W'alleurs l'objection porterait peu à raison dy peu de temps Seoul depuis l'opu ration; car ce n'e-t nj an pi deux sus écoulés qui peuvent ras sursr contre la révidive; ct moi-méme (out récemment j'ai eu à enlever un sein cancéreux chez une dame à qui j'avais enlevé , il ÿ a dix aus, peur la mème cause, le sein de Fautre côté, La circonstance de la guérison où de la récidive est donc de nulle raleur ici pour démontre sil y avait ou s'il n'y avait pas cancer, Mais la question reste au moins dans lv doute; ct par exemple À ÿ a souvent à [a langue, comme ailleurs , des tumeurs enkystées confondues à tort avec ke cancer; une olcération survreol; la tumeur est expulsée , et le malade est guéri. Tout récem- J'ai vu touiber par suite d'ulerration une tumeur du volume du poing à mon hits,
M. Minavzr répond qu'il n'est pas tombé de tumeur chez sa malade,
Après quelques observations ajoutées par MM. Roux et Lisfranc, la discussion »st fermée. Sur la proposition de M, Houx, des remercicmens sont adressés à M. Miroult par l'Académie.
M. Ricort présente une pièce pathologique fort intéressaute, appartenaot à uu sujet qui, pendant près de trente années, a rendu ses excrémens à la fois par Y'aaus et par une fetule qui trarcrsait le sxcrum. Nous publierons celte observation dans tous ses détails,
La séance est levée à 5 heures ci un quart.
RSS ne end CORRESPONDANCE MÉDICALE.
OBSERVATION DE RIGIDITÉ DU COL UTÉRIN FAISANT OBSTACLE a L'AccOucuEMExT , par le docteur Durar , à Neuville-sur-Sadne.
Monsieur le Rédacteur,
Serait-1l possible de fixer la conduite que doivent suivre les acconcheurs dans les parturitions difficiles, telles que celles qui ont pour
cause l'épaisseur et la rigidité du col utérin, sans callosité? Les auteurs ET mes nous laissent dans l'embarras sur la détermination à rendre dans certains cas rares, comme celui dont je vais rapporter ‘exemple,
Ons — La dume B.., igée de 44 ans, demeurant à Pol/micus , su Montd'Or, département du Rhône ; tempérament sanguin, {constitution Lonue, encriate à cet êge pour La proanère fois, porte son eufant à terme sans accidens, Les douleur: de Fenlaatcuent se pronvacent d'abord lentement, puis du des ième au troisième jour , deviennent plus vives ct plus presantes, M. le decteur €... appelé pour accoucher cette dame, voit avis dtonnement que le col ne cède pas aus contractions fortes el longues du corys «le l'utérus; pratique uve saighée du bus , et fait prenre des bains de siege. Malgré l'emploi de ces moyens, le col cst toujour: le ame , à peine admet: l'extrémité du doigt, La malade était dans cet état depuis trois jours et trois nuits, lorsque M. le docteur €... me fit prier de vouloir bien l'assister. À moa arrisec je reçus les renseignemens que je vicus d'énoncer , el jé pratiquai le toucher, qui me Et reconnaître le cercle utérin cyais, et rigide surtout à sa lévre antéricure, offrant auc cuverture de la largeur d'une pirce d'un france ; des esux n'etient pont écoulérs, la tête placée dans la qua- Erième position: le diamètre transvér.al du petit bysin pouvait avoir to pen soins de quatre pouces ; ancut accident ne compliquait 4 position de ls dame B... J'engsgcoi on confrère à faire prendre des srunds lains, à fictiopucr le col de l'utérus avec Fextrait de belladonc, continace quelques pris: s de seigle crguté , et les fumigations émollicnte.; cufin j'ajontsi, que dans lv cas où ces meoveus n'amemessieut pas bo dila'ution nécessaire, serait indispensable d'aiter a femme à se délivrer pur Lepération césonenne tag male. Le quatrième joue , méme état que la veille, Un teusime confrèrs, M,le docteur #% anvica chirurgien major, pous est sljoiat, donne le conseil dels temporisation avec des csperane ces d'arconchement prurhain, et cela, parce que les douleurs pressant vive ment, da tête clait vu pru desrndue dans lescavation du petit bassin. mass T6 tat du rol tomours de méme. Nous Fümes d'avis de reridser La vaigade du li 24 01
continuer les autres moyens; le soir la malade étant dans la même position, j'in-istai pour La délivrer an moyen de La section du col {l'enfant vivait}. On sjouras l'opérat an dans l'espérance de voir triomphe la nature, Le cinquième jour, La tête arançait , les parties aalurvlles étaient souples 4 l'ouverture du cul toujours la même, moliré les douleurs Les plus fortes, Le six ème jour, à trois heures ou malin, les douleurs se sout-arent avec tant de violence que la horrière se rompt. fcest-à-dire que le cot se déchra. M. le docteur C.. seul présent, agplicira le eofceps aidé de La sage-femme de eu, de nmelqnes ass sans, et apris de granils oris, retira un enfant mort, Une brure après envirun, 1] procéila à l'extraction placenta qu'il ne pot avoir a totalité, à canse de son aihérenre très-fort Jeans le fond de la matrive, où il était « nehätonné dans un gaine si éteuile, que co doigts avaient beaucoup de prine à $ pénétrer. Mande de nosvcau par mon nfeère, pour l'auber à voite déliveare:, je fus asser heureux pour en triompher Près de grandes difficultés : car je us dans la névesdié d'v introduire la presme totalité de mon bras pour arriver à sair Le délivre, Hmmel atement sprès, ccouchée qi m'avait pas dormi depuis sis jours, se livra au sunmvil durant le atre heures. Les deux jours saivans, l'état de la malade n'offeait rien de grave : ventre état légèrement teuda , mars point douloureux; le pouls avait acquis & la vitesse ; Le facies montrait wne trislesse profomie orravonée par la perte son enfant. Cette dispositoon Gchruse est devenue plus grave au derloppe- Ment de la Gvre de lait, arrivée du troisième au quatrième jour, puisqu'alors Dinflamasation de l'utérus, du péritoine . du vagin terminre par Le guagrène com. P'iquée d'atasie, ont fait succomber a dame B.. an huitième jour de son avec Chement , malgre les soins les plus entendus et les p'us empressés de son médicin M. le docteur C....
L'âge de la femme, son affaiblissement par la longueur du travail l'épuisant en efforts superflus ; la rigidité du col utérin, la pression qu'exerce la tête de l'enfant contre les parois du bassin et dans le vagin, le danger qu'il court d'être la sictime d'une trop longue expectalion ; toutes ces circonstances sont-elles des motifs assez puissans pour se résondre à faire l'opération césarienne vaginale ?
Ua tribunal eondamnerait-il le médecin-accoucheur qui oscrait, dans ua cas pareil, tenter sur la femme cette opération, et de laquelle le résultat serait le même que la temporisation ?
Âgréez, etc.,
Durrar.
N. du R. Nous écarterons d'abord la dernière question de M. Duplan, car il n'est aucune opération pour laquelle on ne jruisse la répeter; el cela seul montre tout le dunger que pent faire courir à l'huwanité cette prétention des tribunaux, d'apprécier aprés coup toute déei sion médicale, et de rendre un opérateur snesble de ses insuccès.
Quant à la question scientifique, il est plus aisé d'y répondre, H est parfaitement indique d'inciser le col utérin quand la teimporisation portée trop loinynenacerait de, plus graves dangers et l'enfant et Ja mère ; et nous renverrons à l'une des leçons de M. Paul Dubois dans le concours pour la chaire d'accouchemens, reproduite par La Gazerre mépicaLe , les accoucheurs qui se frraient une idée exagérée de la grav:té de l'opération.
HYDROCÉPIALE CHRONIQUE AYANT SON SIÉGE DANS LA CAVITÉ DE L'ARACHNOÏDE.—ESPACE ANORMAL ENTRE CETTE DER- NIÈRE MEMBRANE ET LA Pie-MÈène, par M. Bénanv jeune, chirurgien de l'hôpital Saint-Antoine.
Ons. — Dans le courant de l'année 1P83, une femme présents à la consulta tion de l'hôpital Saint-Antoine son enfant, sé de 45 mois. Elle réclimait des conseils pour remédier à une perte complète de la vuc dont son enfant était affecté, Eo l'esaminant je m'aperçqus que Le front se projetau fortement «a avant et qu 2 avait ane ampleur consrlérable, La tête etant découverte, elle présenta le vo lume d'une tite d'adulie ; a funtsneile fronto-pariétale esitit encore et avait one largeur de plusieurs pouces. La pression modérée et alternative des doigts sur cette région faisait percevoir un seoliument très-nt de fuctuston ; l'enfant était non-seulemunt aresgle, mais etait aus atieiot d'une surdité complète, Tous ces caractères ne permurent pas ui instant Je mecannaitre li mature de La malade. La mère ne pal nous apprendre l'epoque à laquelle l'a, lution du erâne avait com. mencé. Cette amplistron s'était faite graduellement. | |
L'hofent jouis ait d'ailleurs d'une trés-boune santé et il n'avait point encore éprouvé de convulsions. .
L'hydrocéphale chronique étant un: maladie nécess irement mortelle quan elle est abandonnée à elle-même, je décidai de suite qu'il faudrait essayer ls portion, opération qui échoue le plus souvent ilest vrai, et qui offre l'inconvénient de hàter Le moment de La mort {inconvéaient bien Wéger puisque l'enfant atteiot d bydrocéphale chropique n'a même pas le degré de l'intelligence de la brute, el que son existence est plus semblable à © Île dun végrtal qu'a celle d'un être animé), mais qui est Cependant autorisée par quelques suvvès, .
L'enfant far donc admis à l'hôpital Pour condescendre aux désirs d'un de mes confrères, j'ajournai La ponclion et je {is l'essai de préparations d'urétiques ct
était manquée. En effet, ces accident n'eurent plus de relèche et la mort survint le trnmèae jour après leur apparition. son |
L'inspection anstonsique me Bt virement regretter de n'avoir jas axi plus peomptement. À peine avois-je dévisé kes tégnens et l'éparseur de la dure-mère au niveau de là fontanelle, qu'il s'évoula un jet de sérouté rougrètre, L'inrision fut agrandie, el je rrcanuus que Le liquide état renfermé dans la cavité de l'arachnote, La sérouté qui s'écoula me fut gas recueillie, mais je pense qu'il ÿ en avail a peu prés 24 nves,
Le corveau était bien couformé; il me paraissait pas notablement dimiaué de
olunve.
L'épanchement occupait seulement la voûte du crâne ; il était horné à La cirlevalercace de la base par des adhérences entée les deux feuillets de l'arachnoide. Lee circonstance anatomique renil cette obsersahon curieuse : le feu Îlet pro- À Pom de l'arachnotle n'aurait nullement à la je-mère sous-jacente , dans toute [l'étendue de la face snpéecure ducerveau, Ces deux membranes était accidentellement contiguës, commeclles Le sont normalement à la face inférieure de cer-
vesuetdu cervelet, et autour de Li moclleépinière; cela simuluit en bat noeseconde cavité de l'arachagide, Mais une dissection attentive des partis démontra que ce feuillet, Hibre par ses dx faces. iuterposé au liquide épanché et à la suture ducer- | veau, se continmait sans interruption avec La lame profonde du feuillet visceral del 2 :rachnoïle de La base du veine Du reste, il ny avail pus une quantité appréciable de sérusité entre ce feuilles et la pie mère , Lamdis que, comme on le sait, c'est {dans cet intervalle et dans les ventricules que #irouve renfermé le Aude jephale rarhidien. . .
Li 29 mars, au matin, le molude sccus: une grossrar dans la région lombaire |
droite, ce qui rendait doulouveux le décabitus ar le dus, et ccpenibant €'ftait la {seule position qu'il pit conserver. Sa mére l'examina. Cette gros or offrait alors Le vobnee d'an petit citron; point de changement de conleur à la peag , douleur let chaleur lorales. D: rataplismes émolliens furent apaliqués dessus et maiatemas, Le soie da même jour, la grosseur, examinée de nonveau, était grosse cotumme |
un poing et plus molle que le matin.
Le 1 udeman, 30 mars. l'aheës avait crevé penilant La nuit, et l'on trouva le [valide inondé d'us pus blanc, épais, et de mème édrur que les crachats, Jus qu'au 4 avril au soir, la suppuralion continua , et à dater de cette dernière époque, où cessa l'écoalemeut, les symptômes philusiques s'amendèrent avec une lgrande rapud té,
Le dimanche 13 avril, ef quand je vis entrer dan< mon cabnet le père du malade , je crus d'ahurd qu'il venait réclamer la note de mes honoraires, après le jdécès de son enfant. Que l'on juge de ma surprise quand j'apgvris de sa bouche tunis Les derails que je viens de rapporter !... Plus tard, Le rapport du malade luiméme cerlilia leur exactitude, À tout ce que j'ai déjà dit, il ajouts que La toux et Ds crachats mparaisaient enrore quand le malade se couchait sur le côté gauche, Let qu'il sentait que sou mal partait des rrêne,
Trois semaines aprés, Françoi--Jaseph Buffard se portait assez bien pour se livrer aux fatignes de ba contrubanile,
Aujourd'hui, 24 juin, point de reclate, puisqu'il continue impunémest son métier.
Que doit-on penser de la narche étrange et compliquée d'une affec-
SYMPTÔMES D'HÉPATITE COMBATTUS AVANTAGEUSEMENT PAR LES ANTIPHLOGISTIQUES ET LES PURGATIFS. —— PENDANT LA CONVALESCENCE, ET SANS CAUSE CONNUE, SUBITE I1N— VASION D'UNE PHTIHISIE À SON DERNIER DEGRÉ, — CON- SÉCUTIF DÉVELOPPEMENT D'UN FOYER PURULENT DANS LA RÉGION LOMBAIRE DROITE. — SUPPURATION. — RE-
TOUR À LA SaNTÉ; par M. Muxaner, D.-M. à Chatil-
lou-de-Michailles.
ition qui s'est plu, dès le commencement jusqu'à la fin, à tromper la science et ses prévisions? Comment concilier une gnérison si wiraculeusement prompte , si sulide, avec lous les désordres organiques que font raisonnablement soupçonner les symptômes extérieurs? Je n'ose rieuendure, sinon que la nature se plait parfois à embrouiller les caleuls de la nosologie pour nous apprendre à nons tons, pauvres et bornés huinains, qu'il ne faut jamais l'onliliee pour nos livres. C'est bien aussi le css «le répéter ce que disait Hippocrate , il ÿ a 2294 ans : Ju. Ons. — Françris-Joseph Buffanl, montagnard jeune et hien découplé , né 1e hameau du Gailatwhoue (Michaille), fat enrégimenté dans les coirassiers de la garde royale; mais à l'epoque de la résolution de 1830 , 35 fat obligé, comme tant d'autres, de reprendre de chemin de son ril'age, Drpui. son retour jusqu'au 26 janver 1834, 11 0e La contrebande, métier plos pernicienx peut-être à la santé qu'à ÎPinduarie nationale , conne j'ai lieu de le vécifire tous les jours , en soignant Les {gens de cet avait. Le 26 janvier donc, et 3 la suite de courses forcées, par na temps froid et humide , le sicur BufTarid fut atieiat de tout le cortège des s3mp'àmes qui carautér seal nae hipetite a guë 0 souffrait pomlant un mais environ 13sayant toutes les recettes du voiaage ; et ce ne fut que le 24 fécrier qu'il se ske cidla à m'appeler. En le voyant pour La première fois. je ar a son facies ab: dom'aal, sun air abattu et la susur abondante qui roisschait le long des frais sil -
dicium difficile...
lous que Li douleur et la dièté avaient creusés sur sex jnues, J'ai d 1 la diète, car
de vésicatoires sur La tée. L'enfant supports ce traitement pendant une dumeaine || 13 seule et bonne précaution qu'il obecrra eu l'absence du médecin, fot uns d'ète de jours sans éprouver aucun accident , ni aucune amilioration. Je me disposais à absolue; da petit-lait et du homillon de veau, voilà tout ce qu'il prit durant un recourir à l'opération lorsque des mourennns convulsif. des membres, du trouble ||mais, Où aurait lun de s'etosner qu'un paysan se rondsmnäi de lai-même à la dans les digestions, un état fébrile coalinu risreal m'apprendre que l'occasion |'iiète, quaad tant d'autres, au mépri: de La médecine, observent une conduite 0
posée. Ma's je duis noter ici que mon malade, à la suite d'une pli mréde, gr be et péri militairement à l'hgt.} muliaire. avec la «i-derant mg og : rl me et l'application de AUU sangsues , nonobstant deux ssignies ilu res : ” . prélémaure, Dés-lors il cons rva pour la dite une confianre panscéeane, € br pourquoi 1] jedua si bénévolement pendant un mois, Je ne doute pas qu ; prévaution chetétique ait répondu à une portie de sa cunliin €, mais JE P'EViENs 2 sieur Buffurl, et à l'état dans lequel je le tronvai, . se ; 1 y avait douleur obtuse et tuméfachion dass l'hypocunidre droit ; #: sr faiblement ralorées; urine citrine ; douleur sympathique de La clavicuke druite ; Fr; inappétrnce, | qu 2e Rorit ps 19 mors, vo ci le sommaire de moa traitement. { Sa car du bras au début, plu-ieurs apyleatiuns dé sangsues fo&o dolenti, avec + asc émelliens sprès jusqu'à disparition presque complète de toutes k « doule ci are el sympathiques; ipéca pulrérisé el incorporé dans le euiel a dpi sp p 7 gative ; lisane de chivurée et de gramen.} Le malade, à Faide « ces ie u moyens, entra CH phone rouval scene ; mais SIA jours di ma vite q : Me a juge la dernière, c'est-5=dire le 25 mars, Le sur Baflard se plaiguit sou aise ment et sans motif d'un paie pleurétique du sèté craat et au-dessus du téton . lequel fut suivi de tous des symptümus « ffeay ns d'une extrême phthiur ; toux, Bèvre etdispare très intenses; rite et garguenlle ment muqueux : da puitr ne per culée dopaait un sou mat dans presque toute l'étendue de 3 moitit droite ; er toration presqu'a ple ne bouche de crachats purulens et félidis 3 sieurs coliquetives ; La pommette de Li joué «troie offrait qne raugrur extréne ment vise, cireonscrile, Tel etai l'etat alu malade quan je revins le 26 cars. J en dns pérais, et jule quittai, annonçant 3 ses parens uee mort pre-que inévitalile , et prescrirant la diète lactée et une potion avec Le epanrure de porassum.
pes me
BIBLIOGRAPHIE
aUR LA CINCULATION DU SANG DANS LE FOETUS, ET COM- PARATIVEMENT DANS LES QUATRE CLASSES D'ANIMAUX venréerés. Tableau de M. Manrix Sainr-Ance, 2° édition , grand in-fol. Chez tous les libraires. Analyse par M. Bouy pe Sainr-Vixcexr, de l'Institut.
La langue française est, plus qu'ancune autre, remplie de ces tour” pures de phrases qui, ressemblant à l'expression formulée d’une vérité consentie, sont admises sans examen para astres assez éclairés, qui les respectent pour les avoir entendu répéter dès leur enfance àleurs pères, auxquels on les avait aussi répétées de générations en générations. Neuf fois sur dix ces licux communs on dictons sacramentaux sont pourtant l'énouce d'erreurs grossières dont le moindre examen ferait crouler le séculaire échafaudage, L'étnde des sciences ag ep doit être pour elles ce qu'est la pierre de touche porir l'alliage unt on déshonore ‘es métaux précieux. Mais combien peu de gens réputés sa. vans pour avoir cnlassé dans les circonvolutions de leur cerveau ce qu'imprimèrent à tort où à raison leurs devanciers , se sont fait une pere de touche intellectuelle, La plipart ressemblent à cct avare qui , ayant employé sa vie à remplir son coffre-fort de toute sorte de monnaies, où le biflon mêine était tevu pour de bon aloi, ne s'était jamais donné le lois r d'essayer le litre d'aucune d'elles, et se contentait d'en savoir la valeur nomale. Tout fait nombre, se disait-il avec le pécheur de La Fontaine ; et des louis de fabrique encombraient son trésor , comme tant d'idées fausses encumbrent la tète d'un érudit. Dans le nombre de ces idées fausses deguisées en manitre de vérité «t consacrées par l'antique usage dans le beou parler , il en est dont la possession d'etat est tclement fondée, qu'elles nt motivé jusqu'a des doctrines pulitiques. Ains:, la grande question de la légitimité telle que la comprennent certains peuseurs profonds , gt daus l'idée fausse de la transmission non intersoinpuc de père en fils ile ce fluide rouge qui coule dans nos veines et dans nos artères. Oserait-on douter, par exemple, que le sing de Henri V ne soit Le sang de Henri LV, mème de Hugues Gapet, ou de Franens, fils d'Hector, lorsque Boileau dit à Nangeau, en vers adrnirablement tournés , que la noblesse west point une chimère ;
Quand, sous l'auctèec ki d'une vertu sévère, Vo homme, issu d'un sing fcoud en demi dieux ,
marche sur les traces de ses aïcux ? On a vu de graves hommes d'état et de grands fonctionnaires publics, haranguant l'homme qu'ils appelaient leur maître, vanter dans celui-ci la pureté du sany de ses ancétres, dont 1] ne démentait pas l'illustre origine, Et je crois me souvenir que feu M. de Fontanes, grand-maitre de l'Université, qui disait ces belles choses à S. M, Louis XVIIT, avait dit aussi, l'année précedente, à S. M. le roi de Rome, que Le sang glorieux qui bouil- Lonnait dans les veines du fils d'un grand homme , Vi iinpus ait le devoir de grandes choses, cie. , etc. Je suis convaincu, pour l'honncur des panégyristes dans le geure de M. de Funtanes ou autres, que tuus
ont cru fermement à ce qu'ils debitaient , et qu'ils en parlant de la sorte, ajouter le mensonge à l'adu plus d'un honnête honune : miché de sa noblesse, qui se croit de bonne foi un canal privilégié par lequel la Providenre entendit transmettre, en le rajennissant , un sang précieux de père en fils, à peu prés comme les conduits d'Arcueil portent le cristal d'une source pure à cette partie de la population de Paris qui s'en désaltère en soutenant qu'il est la meilleure eau de l'univers, 11 n'en est pourtant pas ainsi ; dignes barons chrétiens, dont le sang se perd dans l'obscurité des siècles écoulés, sachez non-seulement que vous n'avez pas reçu un seul globule du sang de votre père, et que vous n’en transmettrez qu un du vôtre à qui que ce soit, mais encore que cette tendre mcre de laquelle vons fîtes en quelque sorte partie durant nenf mois , ne vous communiqua pas une seule goutte du sang qui circulait en elle, tandis que vous vous dévelo piez dans ce que vous appelez son sein, et que Les aüatomistes appelleat l'utérus. On n'hérite pas du sang d'un père comme de sa fortune on de ses titres, Chacun se compose le sien en conséquence de son organisation et selon le régime qu'il observe. Vous pouvez dune, monsieur le baron : vous leair pour peatlhomme trés-légitime si vous en possédez légalement les parchemins, ‘ans même examiner si rien n'interrompit le cours de vos aïcux ,
De pensaient point , lation. Il est en effet
Et si dur sang tout puer , ainsi que leur noh'esse, Est pa sé jsqu'à vous de Lucrèce en Lucrèce.
Le passage du sang du père au Gls n'y esten rien nécessaire. I va fort biea dans l'auteur des satires, mais la nature ne l'admet point; la transmission de la mère à l'enfant , ou pour parler en langage rigoureux, de l'utérus au placenta, est encore un sujet de controverse entre les gens. de l'art; il règne à ce sujet la plus grande obscurité, et la non-continuilé médiale des vaisseaux utérins et placentaires semble être aujourd'hui une théorie définitivement adoptée. Le système de Hunter; selorr lequel les radicules de la veine pére absorbuient le sang maternel, et les radicules des veines utérines, celui qui aurait traversé le fœtus, c'est-à-dire qui ne un échang sanguin imm d'at entre l'enfant et celle qui le porte; le système de Hunter est aujourd'hui, dis-je, le moins admissible, M, le docteur Lauth, qui s'est fait un nom disungué dans les sciences anatomiques, ayant observé de nouveau la matière, & pensé qu'il existe entre la membrane caduque et la terminaison des vaisseaux du placenta des filamens vasculaires qu'il croit être des lynphatiques ; que ces vaisseaux sont Les seuls qui peuvent communiquer immédiatement avec les vésicules utérines, st qu'ils sont de deux ordres, les uns portent de la mère au fœtus et les autres qui rapportent du fatus à la mère,
Les choses en étaient li quand M. Martio Saiot-Ange à porté son atention sur la question importante de la circulation à sang dans le fœtus de l'homme, pour l'étendre à l'examen du même phénomène chez les quatre classes des vertébrés. Comme M, Martin Saint-Ange n'exerça jamais son scalpel sur un objet , quelque examiné qu'il eût été jusqu'à lui, qu'il n'y ait trouvé queïqne chose de nouveau , il à été conduit à rejeler toute communication immédiate entre les vaisseaux de l'utérus et ceux du placenta. On n'en répétera pas moins encore tant qu'il existera des têtes politiques et portiques, que be sang parle, que bon sang ne peut mentir, que les liens du sang unissent les familles, que ba transtaission du sang des rois imprime à sa légitimité un caractère auguste ; et qu'un prince jeune et superbe est « nourri dans no rang où l'un puisa toujours l'orgue:l avec le sang. » Laisscz-les dire, vous qui nc vous Rourissez pas de vaines phrases, et si vous vonlez savoir ce qui ep est, suivez les traces de M. Martin Saiot-Ange, qui, pour mieux faite comprendre les phénemènes de la circulation du sang avant notre naissance, à pubiié un tableau parfaitement exécuté, où le fœtus humain de six mots est supéricurement bicn représenté, attaché au placenta par le cordun ombilical, et dont le systeme circulatoire est tracé à plusieurs couleurs , de manière à faire comprendre aux personnes les moins versées dans l'anatomie les démonstrations imprimées dans les deux colonnes de texte qui encadrent ledit tableau à droite et à gauche. N'est-il pas en quelque sorte honteux à tout homme instruit, qui cherchant à développer ses facultés morales, les exerce sur toutes sortes de sujets moins importans que la connaissance de lui-même, et qui fut aussi fœtus, de n'avoir point la moindre idée d’un état par lequel il a passé, et doivent passer les rejetons qu'il donne à sa famille? Que pour s'instruire des phases ré lesquelles il dut passer pour venir au jour, il jette les yeux sur le tableau de M. Martin Saint-Ange, il y apprendra des choses curieuses, se gnérira de plus d'un préjagé, et tout cela sans dégoût; l'anatomie ninsi exposée cesse d'être une étude repoussante.
; C'est encore un des grands bienfaits du siècle oùnous vivons, que les ouvragcs dans lesquels les slémens de cette science sont correctement et
proprement représentés , la meitent à la portée des perso eussent toujours éloignées les horreurs de li dissection.
Après avoir tracé le trajet que parcourt le sang en allant du placenta jusqu'au cœur du fœtus, M. Martin Saint-Ange recherche ki direction que prend ce fluide dans le cœur ; 1 rapporte d'abord toutes les opinions qui ont été émises à ce sujet jusqu'à notre contemporain M. Legalois, dans son savant article du Dictionnaire des sciences médicales : suit ensuite le déveluppement du cœur et le dessine à six semaines, à deux mois, à deux mois et demi, à trois, à cinq et à six, et l'on peut comparer dans ces représentations exactes les changemens qui modifient
purs qu'en
successivement no organe de preinière importance depuis l'instant où il
n'était guère que rudimentaire Lit celui où, pour ainsi dire com. plet, le trou de Botal s'y doit Ù
poursuit le sang du fœtus «uns sa distribntion et résume dans les termes suivaus ses observations savantes si bien expusées dans ses beaux des sans.
x Les radicales vont puiser dans les sinus utérus, par imbibition ou cndosmose, les matériaux propres à la nutrition du fœtus, que le pla. centa modifie, Le sang du placenta est transmis au fœtus par la veine ombilicale ; il arrive pur dans le lobe gauche du foie, et puis il se mêle avec celui de la veine-porte , et va dans tout le lobe droit du foie. 11 est conduit ensuite par les veines porn dans la portion sous-diaphragmatique de la veine cave, où il rencontre le sang provenant du canal veineux, celui de la veine cave elle-même, et celuides veines diaphragmatiques. De la il passe das l'oreillette droite ; $e comb'ne avec le sang de la veine cave supérieure et celui des veines coromaires, se dirige (en quantité proportionnée à l'âge du fœius) dans l'oreillette gauche par le trou uvale, où ilse rencontre avec le sing provenant des veines pulmonaires. La contraction simultanée des orcillettes pousse Le sang qu'elles re çoivent dans les ventricules correspondans. Celoi du ventricule droit le fait passer en re quantité aux poumons, eten grande quantité dans le cunal artériel. Celui du ventricule ganche passe dans la crosse de l'aorte , où Le sang du canal artériel a déjà été versé, et se distribue dans les organes. Une grande partie de ce sang acrive à la hifurcation des iliaques , passe 8 les artères ombilicales , pour aller chercher, au moyen du placenta, x cessaires à sa modification, et revient au cœur par la veine ombilicale. On voit par ce résume en quoi la théorie de M. Martin Saint-Ange diffère de ce qu'avaient jusqu'ici admis certains phystologistes,
L'auteur examine enstite la circulation fœtale chez les oiseaux , les reptiles et les poissons ; c'e t parmi les seronds surtout que ses ohserva. tious sont du plus y intérét pour les naturalistes, 11 démontre que tous les animaux
deux oreillettes au cœur, tandis que jusqu'ici on n°ÿ en avait sonpçonné | »
qu'une. Î! est ainsi conduit à une classification nouvelle, fondée sur l'esarcen da cœur et de la circulation. 1 propose deux grands embranchemens , C'est-à-dire le partage de la classe des repules en deux sections bien plus distinctes qu'on ne l'avait cru encore, dont la première remonte bea: coup dans l'échelle animale , tandis que la seconde tombe au niveau des poissons, avec lesquels srs analogies sont encore plus prononcées qu'elles ne le sont avec ces reptiles véritables avec lesquels on la rangea long-temps , comme [.inné Le fit d'abord pour ses repules nageans qui sont devenus des chondroptérigiens, véritables poissons, mais cartilagineux, dont le premier embranchement , qui se forme des vrais reptiles, est toujours les crocodiliens , les sauriens, les ophidiens et les chéloniens. Dans le second, où les quasi poissons , sont les batraciens et les smphibiens , animaux si étranges par leur ambiguité , et dont M. Martin Saint-Ange nous dessine ausst minutieusement la circulation. Après s'être étendu sur celle du triton ou salamandre ur à crètes, et avoir exposé clairement , par le concours d'une figure des plus curieuses, la manière dont se modifient les vaisseaux , l'auteur termine son tebleau où plutôt son excellent traité pittoresque par l'examen de la circulation dans la classe des poissons. On le comprend toujours aisément ; et son style est si clair, qu'il en resterait toujours des idées jnstes dans la mémoire, quand les yeux ne seraient pas agréablement arrêtés sur ces petits cœurs si bien représentés avec les divers vaisseaux rouges et bleus qui en dépendent. Nous en recommandous l'acquisition à tontes les personnes qui veulent savoir les choses comme elles sont , sur uñ point où le langage reçu les a totalement défigurées.
Bonx ve Sarwr-Viscenwr, de l'Institut.
ientôt feuner, M, Martin Saint-Ange
à l'attente de la sorièté , et aucun des mémoires qui li
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