‹ Gazette médicale de ParisChapitre 229 sur 394 · MR ÉR · texte numérisé non relu

MR ÉR

SOMMAIRE

1. Travarx omicixaux, De l'application du dynamomitre et du moufle su iraitement des luxstions. — Farision d'un polype Gbreux dons la cavité atérine, Obs-rvation remirquable d'une affection coleuleuse, — NH. Revue nes rour- AAUX DE MÉMRGINE 1Tatin xs. Îl staire d'une grasses extra-utérine hrurensemont tereinée par La sortie de fœtus à travers le rectum, — Histoire d'un étrangement du col de l'utéens produit par nn pesaire, — Dé l'eficacité de La baïlota laoata dan: le tratiement dis alfections rhumatismales ariheitiques et gontteuses, — Emploi des donches sir l'hypogastee pour arrtes l'hémorchagie uiérine. — Sogalure termincion d'un polype natal, — Culeul urétral enveloppant Forétre, — Sur 1 nécessité d'arrûrer le diahète dans son principe, -— Nonveso procedé pour mesurer le bass m. — Anéviisme pophté opér: par la ligature de l'artère , de la veine ct du nerf erural tout ensemble, — De l'eficae cité de La vaccine outre La coquelache. — Obscevotion sur luage da vin de coldiqu: dam l'aethrite chum ti-male. — Grenvuillette guérie par la rautérsation. == HT Acinéuirs, Académie des scienves, séance du 11 eve, — De médecine , seance du 89 ant. — IV. Bimiocnarnie, Jurisprodence de la médéine , de la chirurgie et ile la pharmacie en France. — Fevisserox. Affaire Thouret-Noroy et Chouppe; nouveaux incidens.

Feuilleton.

nt

AFFAIRE THOURET-NOROY ET CHOUIFPE, — NOUVEAUX LNCIDENS.

Nons pourons nous dispenser de rappeler les deux procès et les deux condormnations de M, le D'Thouret-Noroy pour un fait de prétendue responsabilité médicale. Nous arons déjà plus d'une fo:s entretenu nos lecteurs des circonstances de cette déplorable affaire. Mois la question saulerée par ces étranges débats est d'an si baut intérét pour Le corps médical tout entier , qu'il est de notre devoir d'en suivre L'histoire jusqu'au bout.

M. Thouret-Noroy , condamné par le Tribunal civil d'Evreux et par ls Cour

rayale de Rouen. dons une affaire chirurgicale, sur la déposition d'un officice de!

saté parte dans la cause, et de témoins meompétens, et malgré l'opision motitée de sept doctewrs en médecme st en chieargue les plos connus de Rouen , vient de recourir em rassition. Nous ne pouvons 2” drudir à sa persévérance, et encourager ses cMarts pour faire triompher le bon droit. Ce n'est pas pour mous une question de personnes, mois de principes : et #4 nous soutenons si vivent la Lier y de M Norer, c'est que Lhonneur et l'istérét de notre profession + souten- «à :

PATHOLOGIE EXTERNE

DE L'APPLICATION DU DYNAMOMÈTRE ET DU MOUFLE AU CRAITEMENT DES LUXATIONS; mémoire présenté à l’Académie des sciences, par le docteur Séprtuor , chirurgien-démonstrateur au Val-de-Grâce.

Dans un précédent mémoire, In devant l'Académie , j'ai présenté l'observation d’une luxation de l'épaule, rédaite au Leut de plus d'une année, par le moyen da monfle; je me bornai alors à constater l'action de cette machine, dont j'avais soumis les forces à une appréciation. exacte par l'application d'un dynamomètre: depuis ce moment , je rue suis de plus en plus convainen des avantages de ertte méthode, et j'espère pouvoir démontrer aujonrd'hnt qu'elle est moins douloureuse et moins redoutable que les efforts des aides agissant sur des lacs, ct qu'elle offre plus de certitnde et de puissance. !

Nons ne nous cachons pas les difficultés qne soulève an premier abord une telle opinion; depuis la Go du siècle dernier , Les chirurgiens français se sont accordés à proscrire les machines danse trait anent des luxations, et ve jugement reçn comme une vérité acquise, et répété sous forme d'axiome danstous les écrits, semble devoir s'appuyer sur des considérations et des faits d'une grande valeur, car lrs machines ont été de touttemps en usage; Ambroise Paré, une desgluires de notre chirur. ge, les recommandait à teus les hotmmes de l'art, et ses successenrs les ont emploçées sous mille formes diverses ; de nos jours encore les chieurgiens les plus distingués de l'Angleterre, M, A. Cocper, auqnel on doit un far. rt traité des luxations, M. Cline et beaucoup d'autres, confirment de toute leur autorité l'emploi des moyens mécaniques, et citent des exemples nombreux ct brillans de Jeur rfcacité.

Cependant la conviction de nos maîtres est restée là méme; ils n'ont

La Cour de cassation sera donc appelée prochainem: nt à Brer les véritables mites de cetle responsabilité si mal définie par la loi, Son arrét metira peut-être un terme à ces seandalenses procédures qui, depuis quelques annérs, tendent à se moliglier, Si son arrèt confirme le jugement, la profession médicale, déjà si compronuse par d'autres abus, svra la pire de toutes. Si un hogaëte bamme peut être ainsi traloé, pour des faits de pratique dont lui sent est le juge, desant des tribunuax incompétens, el Étre puni de ses insuccès , l'exercice de l'art devient im possible. 11 est possible que la cour de cassation, sans juger la question au fun, se contente, comme d'ordinaire, de prononcer sur La forme co cassaut ou coubrmant paremrot et simplement l'arrêt de la Cour d: Rowen. Si cet arrêt est case , la coute sera renvoyée devant une autre Cour, Nous avons des raisous de croire

les motifs de cassation ne manquent pus, et c'e-t aussi l'opinion d'un avocat istingué du barresu de Paris, M. Crémieux. Vraisemblablement devant une autre Cour l'affaire sera examinée avec une impertialité plus large, et la question , soustraite sux influences locales, pourra être décidée dans l'iutérit svul des priucipes «1 du droit.

Voilk où en est maintenant cette cause importante , quant à La procédure,

M. Thouret-Noroy, qui dans be cours de otre affaire s'esi conduit avec toule l'activité et la fermeté désirables, à cru devoir aussi soumettre La question aux hommes de l'art , ses pairs et ses juges naturels; il » acte ssé à l'Acadræie de médecine de Paris une lettre contenant Le récit des failé et sa justification, Nous su rions vu avec plaisir l'Académie à cette marque de coubance autrement que par le silence. Elle n'a pas jugé à propos de s'ocruper de celte communication , faute sans doute d'en précédent on d'un article de réglement qui justibassent son isterrention ; mais elle n'en avoit pas besoin. Il ne s'ogissait pas pour

rien changé ni à leur enseignement, ni à leur pratique ; quels sout dunc les mutifs sur lesquels ils se fondent pour proscrire aussi complétement ; les machines ? Ces motifs seraient nombreux si on rappelait tuus ceux qui ont été allégués ; mais ils peuvent, je crois, se reduire aux deux objections principales suivantes : 2° lex machines expasent anx accidens les plus redoutables en développant des forces énurmes et incalculables ; 2° elles ne peuvent se prêter aux changemens nécessaires duns la direction des forces extensives, En répondant à ces objections, je ferai vuir toute l'importance de l'application du dynamomètre, qui me paraît devoir modifier profondément les idées et la pratique actuelles.

ÉXAMEN DE LA PREMIÈRE OBJECTION, — LES MACHINES EXPOSENT AUX ACCIDENS LES PLUS NELOUTABLES EN DÉVELOPMANT DES FONCES ÉNORMES ET INCALCULABLES.

Le moufle étant la machine la plus farile à employer, ce sera de lui seul que nons nous occuperons; furiné de plusieurs poulies, il sert à multiplier les forces, et peut leur donner ainsi de grandes intensités ; mais ce résultat étant À tue à la traction première et au nombre des poulies, il suflit que la traction soit faible pour que l'action de la machine le soit également; un homme dont les forces seront mulliplices

r huit au moyen d'un moufle composé de quatre poulies , sera egal à ær , Supérieur à sept , inférieur à neuf, et s'il n'emplore qu'une frac-

des deux tiers, etc. Le moufle n'a donc pas pour but nécessaire de développer des furces énormes, mais il éconumise la force prenuère en la multipliant un certain nombre de fois, il élève la puissance d'un seul à celle de plusieurs, et permet que sans fatigue et sans eÉort on obtiense des effets qui exigeraient autrement beaucoup de viulence.

Les moufles n'offrent pas tous une éxale résistance, ils sont construits plus on moins salidement , selon leur destination ; et ceux dont je me sers ne pourraient gnères soutenir plus de sept à huit cents livres, degré que l'on n'attcint jamais, ce qui les rend incapables de produire des accidens; mais emp'oyät-on des moufles de la plus hante prissance, il sera désormais pussilile d'en limiter les effets, puisque l'application du dynamomètre donnera le moyen de les apprécier avec exactitude, Cet instrument attaché au crochet du moufle sadique la furce employée, et dès lors le reproche adressé aux machines de développer des forcrs 1ncaleulables, tombe de lui-même, puisque les forces serunt convues et que le chirurgien ne produira que des effets voulus et déterminés.

Sans ua effort supérieur à la résistance des parties, qu'il faut ménager, il ne peut y avoir d'accident, et dès que l'action de la machine est soumise à la volonté du chirurgien, on a obtenu la condition opératoire la plus favorable , cel'e où tout est laisse au jugement de l’honune de l'art, et rien à l'inconuu mi ou hasard, Au reste, nous prouverons dans la suite de ce mémoire, co étudiant comparativement l'action des aides et celle de moule, que les accidens étant proportiunacls à l'intensité et au mode d'applicanon de la force, doivent être et sont eu eflit plus à craindre dans le premier eas, tandis qu'ils deviennent à peu près

impossilles dans le scound.

FTAMEN DE LA SECONDE ODJÉCTION, — L'EMPLOI DES MACDINES NE VEBWET PAS DE VARIER À VOLONTÉ LE SENS DE L'EXTENSION,

Avant de répondre à cette ochjection je devrais peut-être en discuter

elle de prononcer an jugement jadiciaire ni d'apyliquer une loi, mais simplement d'examiner srieotibquement où fat de pratique chirurgicale, ce qui était parfartement dans La limite de ses attr boutons. L'honneur et l'existence d'un confrère, et la comidéretion du corps médrcal, se trouvant, en outre, comproig aus V'allaire , c'était ce nous #emble une rason de plus de s'expliquer. Nous ne doatons que s0n opinion n'edt été d'un grand poids , tant dans le procis actuel que } m2 qui pourront survenir dans la suite. Nous nous plaignons chaque jour de l'état d'abaissement de poire profession, el avec raison; mais avouons aussi que c'est un peu noire faute, Qui voudra nous soutenir si nous nous abandoncons nous-mémes? Au licu de prendre lu chose au sérieux , l'Académie se tait et se recuse. Un confrère opprimé a recours à ses lumières, 46 met suus la ection de son autorité scratifique et morale , el sa voix n'y trouve pas d'echo! Dans les temps où les médecins formaient un vérituble corps. l'Acaduaie de médecine n'aurait certes pas été inutilement cogsuliée ; elle eût même pris l'initiative, el svant de laisser condamner uu confrère , elle eût de sa pleine et itime autorité ensminé les faits et les motifs de l'accusation. Aujourd hui , on prétend foire revivre cet acchen it d'association et de solidarité , ais ce qui se nous fait craindre qu'on n'y réussisse point. L'Académie a fait elle-miéme de très-besus projels sur le papier dans ce bul , mais s4 bonne volonté ne va pas plus loin. L'occasion se preseule-telle de meltre eo pratique ses propres Wat es , elle recule «1 abandonne là partie. Un éclatant témoignege de sympalie , sison pour M, Noroy, du moins pour sa couse , une délberatiou en forme sur les faits el une juste décision en sa faveur, auraicné mieux servi les progrès de l'assor ation médicale , et les iders qui s'y rallachent , que tant d'inutiles déclara liovs de principes. U serait resté prouvé que la dignité d'un membre ne pouvait

tion de sa vigueur, le degré des forces produites sera moindre de moitié}

ile principe et examiner si les changemens de direction dans les forces cxtensives, sont aussi nécessaires qu'on le suppose généralement, car si je prouvais la rareté et souvent même l'impussibilité de cette pratique, j'enléverais à F'objection un egraode partie de sa valeur; mais, sans Cntrer dans ces considérations qui trouveront place ailleurs, il sera \ facile de montrer que non-seulewent les machines peuvent varier le |sens de l'extension, mais qu'elles sont le meilleur moyen d'obtenir ce resulat.

Varier le sens de l'extension ce n'est pas tirer sur le membre dans wue direction , puis dans une autre, rar alors 11 suffirait d'attacher successivement les poulies àdes points Gxes différens; c'est lui aire décrire des courbes dans des plans voulus, sans discuntinuer le mésme degré de traction; or le moufle guidé par le dynamomètre se prête avec beaucoup de précision, et bien mieux que les aides, à ce mode d'action ; suit une extensi00 opérée sur le bras directement en dehors, un lac entoure le coude ou le poignet au gré du chirurgien et s'attache an dynamomètre, celui-ci soutient le moufle qui est maintenu par un crochet fixé dans la muraille ; je suppose l'exfension porire à Le cents hivres pur l'aide chargé de IA corde du moufle; si l'on veut changer le sens de l'extension et porter le membre en bas où ea avant, une poulie de rédexion sera placée dans un de ces sens, on y passera une corde fixée au ero-

à chet du dynarmomètre, et elle servira à amener le membre dans sa diirectiun; le degré d'extension restera toujours le même, parce que l'aide chargé du moufle sera averii par le dynamomètre de dumionrr la trac- Uon d'une quantité proportionnée à celle que donnera la puulie de réflexion; de cette maitre le membre décrira un arc de c:rele plus ou moins étendu , selon la volonté du chirurgien, et il suffit de placer des anneaux à différens points de l'amphithéitre , ou dans la salle où l’on opère, pour dunner successivement au membre toutes les directions kvoulues. Cette partie de l'opération aura lieu sans secousses , sans t1raillemens, sans oscillations ; on pourra augmenter où affublir l'exteosiun à volunté ; on en sera enfio naître dans tous les momens, ce qui n'arrive pas el ne peut arriver avec des aides,

Je n'indique pas d'autres moyens de changer le sens de l'extension, parce que celui-cr est le plus facile , le plus simple, et qu'il s'applique à toutes les conditions de l'extension. Indiquons mainterant les raisons de la supériorité des poulies sur l'emploi des aides,

Page 1