LETTRE SUR LES RAPPORTS DE LA LITHOTRITIS AVEC LA LITHOTOMIE
L'abondance des matières nous à empêchés jnsqu'ici de publier La lettre suivante :
Paris, 7 août 4834.
Monsieur le rédacteur,
Dans le concours qui vient d'avoir lieu devant la Faculté de médecine de Paris, le sort a donné pour sujet de thèse à l'un des concurrens le parallèle entre la taille et La lithotritie. J'apprécie la position difficile dans laquelle les circonstances avaient placé mon excellent ami M. le docteur Blandin ; mais il est pour moi un intérêt qui domine tous les autres, c'est celui de la vérité, c'est la défense de la lithotritie, c'est le bieo de l'humanité. Sous ces divers points de vue, ma propre position me fait nu devoir de présenter quelques observations relatives au travail de l'honorable concurrent. | Es
Un snjet si vaste exige de longs détails : je le traiterai dans un ouvrage qui paraitra prochainement ; wais je dois dès Ca ri Vans proles-
‘ter Cubtre Les opinions consignées dans la thèse de M. Blandin, lesquelles reposent sur des faits et des docnmens inexacts, Je ne citerai qu'un seul exemple à l'appui de ce que j'avance.
M. Blandin dit ! page 20) que M. Civiale emploie encore presque exclusivement les perforations successives ; et 11 part de là pour mettre en regard les différentes manières d'opérer la descruction des cal-
culs vésicaux. CAE + | Ce point de départ est faux : jamais je n'ai employé et je n'emploie
Crviaue,
BIBLIOGRAPHIE
HISTOIRE DE L'OUVERTUNE &T DE L'EMBAUMEMENT DU CORPS pe Louis xvitt, fondateur de l'Académie de médecine ; par F. Rives père, médecin ordinaire de l'hôtel royal des Invalides (1).
Le roi Louis XVIII mourut le 16 septembre 1824, à quaire heures: du matin, L'ouverture en fut faite le 17, vingt-huit heures après le de-
pas les perforations successives comme moyen unique de broyer la ||di L 3 L
pierre réduite à ce seul élément ; l'opération deviendrait presque tou ||cts, en présence so pan ar ficiers de la couronne : M. Porjours impossible. Je n'ai jamais eu recours aux perforatiuns successives ital, premier médecin, y présidait, et prit soin d'y faire observer exac- ] tement les lois de l'étiquette suivies à l'autopsie des rois Charles IX,
que dans les cas de calculs durs et volumineux , et seulement pour commencer l'opération, afia de faciliter le brisement. C'est par le morcellement, par l’écrasement même sans perforation préalable, que j'ai opéré et que je continue à opérer la majeure partie des malades. Ainsi l'auteur est parti d’un principe faux pour établir le parallèle qu'il était chargé de faire. Les faits sur lesquels il s'appuie ne sont pas moins inexacts ; en effet, 11 déclare ne connaître que 124 cas de lithotriue relatés dans les onvrages de MM. Bancal , Heurteloup , et dans les comptes-rendus du service des calculeux. Mais il y en a beaucoup d'autres qui ont été pu-
Henri I et Henri XV. Ainsi ce ne fut point M. Dupuytren, premier chirurgien, qui tint le scalpel : MM. Breschet et Ribes furent chargés d'ouvrir le s, et M. Pelletan rédigea le procès-verbal.
D'où vient donc que nous avons attendu si long-temps la publication de ce document curieux ? On aura peine à le croire aujourd hui ; mais aussitôt l'avénement du nouveau règne, certaines idées avaient pris un
{1} La-$* de 35 pages. Imprimerie de Plassan , rue de Vaugirard, n° 11.
me a essor si démesuré, que lesanteurs de l'autopsie furent accusés , dans un jouroal de médecine , du crime de sacrilége et de Hèse-majesté, pour avoir osé porter le scalpel sur le corps mort du rai Louis XVIIT. À ce compte, les vers du tombeau participaient au sacrilége , et la gangrène sénile qui s’attoqua à l'auguste malade, était manifestement régicide.
M, Ribes composa un petit article pour repousser l'accusation ; M. Portal l'approuva , mais lui conseifla d'en remettre la publication à une époque plus rreulée. 1l a joint cette réponse à la fin de son opuscuje ; il y rassemble divers cas d'embaumement , et prouve , par les exemples de Jacah,.de Jésus, d'Alexandre, de Charles IX, ete. , qu'il n'y à ni sacrilége , ni crime de lése-majesté , à embaumer un cadavre même royal. Cette discussion semble nous reporter à quatre ou cinq s écles en arrière; nous la laissons pour en venir aux détails plus importaus de l'autopsie. Disons cependant que ceci n'est pas le véritable procès-verbal dressé par Pelletan; mais M. Ribes , rentré chez lui, écrivit le soir même les détails de l'autopsie qu'il venait de faire , en sorte qu'aucun doute ne siurait s'élever sur leur authenticité.
Habitude générale. Les membres semblaient être bien en rapport avec la tète et la poitrine, mais l'abdomen paraissait être un peu bors de proportion avec ces parties. Les membres inférieurs , sans être contrehits, étaient un peu diflormes, et les hanches étaient très-écartées. On voyait un ulcère assez profoud dans la régiou du sacrum et du coccyx, et à La cuisse gauche les traces d'un vésicatoire. La partie externe
u pied droit présentait des traces lrès-marquées de gangrène sénile, Les trois phalanges du peut orteil étaient tombées , ainsi que les deux dernières phalange, dei quatrième et troisième orteils, La moitié antéricure du cinquième os métatarsien était détruite por la carie; les premières phalanges des deux orteils voisins étaient dénudées ; Les premier et seconil orteils étaient intacts. Toutes les parties molles de la moitié externe du pied , jusques et yÿ compris celle de ls malléole externe, étaient frappées par la gangrene.
Tête, Le côté gauche de la 1ète parut pet élevé que ledruit; cependant M. Ribes assure ua peu plus loin qu'il n’a observé sueune différence de volume entre l'hémisphère droit et 1. gauche du cervenu, Comme le crâne n'était pas plus épais à gauche qu'à droite , il parait difficile de concilier ccs deux assertions.
Le péricräne se détachait avec la plus grande facilité, et comme s'il n'avait été que simplement appliqué sur Les os ; il suflisait de tirer avec la main les larnbeaux parleurs angles, pour les séparer des os. Les sutures étaient encore assez marquees. L'énaisseur des os du crâne était trés-peu considérable, surtout dans les régions temporales; et en pénéral elle était si mince, qu'au second trait de scie on: pénétra dans la cavité encéphalique. Les os du crâne ctaient trés-blancs et avaient peu de densité. Vers la partie antérieure de la face interne du pariéta! droit, près de la suture sagittale, on apercevait une eavité profonde, occupée par une glande de Pacehioni; l'os en ce point était si mince ,
u'il cédait à la moindre pression , et qu'un petit effort aurait pu le ire: La dure-mère, molle, flasque, un peu colorée en rouge, adhé. rait faiblemeat aux os. La faux. du cerveau offrait, à trois lignes de l'a.
physe critta galli, uue ossilication de deux pouces de longueur , sur
LE igoes de largeur. Les sinus longitudinal supérieur et latéraux étaient rouges et paraissaient enflammés dans leur intérieur ; ils conte-
naient très-peu de saog. Entre la dure-mère et l'arachnoïde, entre celle-
ci et la pie-mèére, et enfin sous celle-ci, dans les anfractuosités du cer-
veau, il y avait une quantité de sérosité qu’on pouvait évaluer au moins
à trois onces.
La pie-mère était légèrement enflammée ; l'arachnoïde plus épaisse
qu'à l'ordinaire.
Le cerveau était très-consistant , offrant des circonvolutions extrêmément marquées, cl des anfractuosités très-profondes. Les corps cannelés et les couches optiques étaient peu développés relativement aux au-
tres parties et offraient aussi moins de consistance, La glande pinéale,
ua peu plus volumineuse qu'on ne l'observe communément, contenait des graviers dans son épaisseur. [l s'écoula environ deux onces de séro-
sité-du canal vertébral qui ne fut pas mis à découvert.
Thoraz. On trouva sous les tégnmens l'épaisseur d'un pouce de tissu cellulaire graïsseux , de couleur jaune, qui semblait être le reste d'un embonpoint; les muscles étaient pâles, déculorés , pénétrés de
rand Eemncoes de graisse. Les côtes et Le sternum étaient mous, cédaient fa-
cilement à la pression entre les doigts; on les divisait aisément avec la scie et même avec les ciseaux ; leurs cellules étaient pénétrées et abren-
vées de saug. .
Les poumons étaient presque absolument sains; seulement au pou.
PARIS. — EÉVERAT, IMPRIMBUR,