I. JOURNAL HEBDOMADAIRE
Les numéros de juillet contiennent des balletins cliniques et ‘desub= servations isolées ; mais il faut mettre ‘hors de ligne le mémrôiré que nous allons analyser.
RECUERCHES SUR LA PNEUMONIE LOBULAIRE observée à l'hôpital des Enfans de Paris, par le docteur de la Bruce, ancien interne des hôpitaux civils de Paris.
Les travaux ER sur la pneumonie lobulaire sont encore bien. peu nombreux , malgré la fréquence de cette maladie et. la facilité de l'ob+ server, surtout chez les enfans. Mais nous avons lien d'espérer que d'ici à peu de temps ce point important aura été mis de niveau avec les autres parties de la science , par les travaux des nombreuses séries d’internes studieux et capables qui se sont succédés depuis quelques arinées à l'hôpital des Enfans de Paris, Car c'est la plus qu'ailleurs qu'on peut étudier cette espèce de pneumonie sous les Lu les plus variées , et daos le plus court espace de temps. Déjà plusieurs fois 1l a été question de cette affection dans la Gazerre mEénicace, notamment à l'occasion des publications de MM. Burnet et Berton. Nous ne citerons dans le travail de M. la Berge que ce qui nous semble n'avoir pas été suffi= samment indiqué par ces deux observateurs.
Les poumons qui contiennent cette altération sont rosés, grisätres à l'extérieur, légers , et offrent de l'air comme à l'état sain, Quelquefois cependant, lorsqne les indurations sont superficielles, la couleur
es poumons dans les points circonvoisins est violette, et, en ce licu , le tissu de l'organe paraît comme déprimé. Avec un peu d'habitude, il est ordinairement facile , à la vue soule , de reconnaitre s'il y a des indurations lobulaires dans un poumon. Pris entre les doigts , il cède facilement à la pression, excepté en quelques endroits où la résistance’ se fait sentir sous la forme d'une boule plus on moins volumineuse, qui semble ne se déplacer que faiblement par une pression Jatérale, Tncisé sur le noyau induré, le poumon tranche d'une manière distincte sur Les pus voisines, 1° par sa coupe lisse, uniforme, nette, et qui peut se
aire en tranches assez minces ; 2° par sa densité, qui lui permet de sé per au fond de l'eau et l'empêche de s'affaisser sous le poids de l'air, comme le tissu environnant; 3° par sa coloration rouge, violette ; ou d’un gris jaune, semée de petits points moins foncés que la masse indurée si elle est violette , plus foncés si elle est jaune ; 4° par la sécheresse de la partie incisée, Ces noyaux d'induration sont ordinairement disséminés, et varient, quant au volume, depuis la grosseur d’uné lentille jusqu'à celle d'une grosse noix. Tels sont les caractères anatomiques de cette forme de la pneumonie, dont l'un des traits les plus caractéristiques est cet aspect granuleux qui semble indiquer une inflammation des vésicules pulmonaires seules. |
Les causes qui déterminent cette maladie sont fort obscures. M. la Berge indique l'organisation particulière qu'offre le poumon dans l'enfance, où le nombre des vésicules pulmonaires est beaucoup plus considérable qu'à an âge plus avancé. La plus grande fréquence des contractions du cœur, lé Éfticuhé où plutôt l'impossibilité pour l'enfant, d'ex-
ctorer la matière amassée dans les bronches , et qui dépend de l'état de faiblesse dans lequel il est le plus souvent , et du décubitus dorsal long temps prolongé, qui facilite la stase du sang dans le poumon , et la formation de certains engorgemens sanguins. Quant aux circonstances occasionelles , elles sont plus positives que les prédispositions organiques que nous venons de signaler, La pneumonie lobulaire succède fré
D 2 ns + mere à la rougeole et à la coqueluche ; quelquefois elle survient à | loppée : ce n'est qu'à ce prix qu'on peut se permettre d’en tirer avan-
suite d'un long ‘catarrhe ; et elle est plus fréquente au printemps et en automne, .qu'en hiver. Mais le fait le plus important dans l'étude de l'étiotogre de cette maladie, c'est qu'elle n'est | mue primitive, et qu'on ne l'observe qu'à la suite d'une affection in atoirc des bronches , récente on ancienne, Chez l'adulte il-en est de même :: elle est toujours consécutive, et ne se développe que chez les sujets non-seulement affaibis, mais encore placés dans des circon:tances particulières qui semblent indiquer une iofection purulente à la.suite de grandes opérations, de la
te , etc. Nous signalons ce fait en passant , comme ayant été nége par M. La Berge , bien qu'il soit celui qui établit la plus grande érence entre le poumon lobulaire et celle qui envahit une grande
- partie du poumon. :
La plus grande obscurité règne sur. le diagnostic de cette maladie ; aucun signe pa ique ne la caractérise ; des données rationnelles peuvent seules la faire sonpçonner ; et ces données il faut les chercher dans les maladies antécédentes, la rougeole, la coqueluche, une longue bronchite et dans l'état actuel du malade qui va continuellement co s'aggravant , dans la gène de la respiration avec toux inégale , saceadée , quelques légers râles, la ce pee du pouls et Lee de ment du malade, et surtout l'absence de phénomènes morhides indiquant uoe autre maladie. L'auscultation, qui dans les autres maladies du poumon est usitée, est ici le plus souvent inutile et pourrait même être trèsnuisible si l'on n'était prévenu sur l'impossibilité d'en obtenir aucun signe important. |
Le pronostic de la pneumonie lobulaire est extrêmement difficile à établir, par, la difficulté que l'on éprouve à porter un diagnostic formel, difficulté qui-est telle que l'on ne peut être, dans aucun cas, assuré qu'il yaiteu inflammation du poumon.
Dans le traitement, M, La Berge préfère la saignée du bras aux sai-
nées locales pour plusieurs motifs , mais surtout à cause des douleurs, de l'arritation , des uleérations et des hémorrhagies , déterminent dans quelques cas les piqüres des sangsues. Il ‘emploi des vésicatoires , dont il dit avoir observé fréquemment de mauvais effets; mais obligé de faciliter l'expectoration du malade, il recommande surtout comme expectorans les vomilifs pris à petites doses et parmi lesquels il préfère les tablettes émético-vomitives de M. Magendie comme très-faciles à faire prendre aux enfans, Elles se composent ainsi qu'il
suit :
Prenez : Extrait alcoolique d'ipécacuanha 1 ie. Sucre en pouüre , "ss gp Mucilage de gomme adragant. s, q.
pour faire des tablettes de 18 grains, dont chacune contient un demigrain d'émétine, Une de ces ta suffit ordinairement pour faire vomir les enfans.
La seconde indication est de diminuer la sécrétion bronchique , et il conseille de légers toniques , et spécialement les résineux. Une infusion de baies de genièvre, faite à la dose de 2 gros une pinte d'eau , édulcorée avec 2 onces de sirop de Tolu, doit être d'un fort bon usage. La décoction de bourgeons de sapin du nord , à la même dose, doit produire le même effet.