CONSIDÉRATIONS SUR QUELQUES POINTS EN LITIGE CONCERNANT LES
LUXATIONS ET FRACTURES DE L'EXTRÉMITÉ INFÉAIEURE DES 08 DE L'avantT-unas, par M. Rocxerra.
Ceci n'est point un travail complet sur la matière; mais bien “+
une sorte de e. aux recherches publiées jusqu'à ce jour. Notre collaborateur, M. Malgaigne, à suflisamment dénontré après M. Dupuytren la rareté , sinon l'impossibilité absolue , des luxations du poigoet sur l'avant-bras ; son mémoire , d'une importance capitale en cette matière, parait avoir servi de base à quelques-unes des rechrches de M. Rogocita et n'a point été à l'abri de quelques légères critiques ; mais M. Rognetta ne s'est point borné aux luxations qui arrivent par suite de chute sur la main; il a revisé également ce qui avait été écrit sur les luxations du cubitus par exagéralion des mouvemens de pronation et de supination. Nous indiquerons pour chaque point qu'il à traité les observations et les idées nouvelles qu'il a apportées.
L. Luxations simples de l'extrémité curpienne du eubitus, M. Ma). gaigne avait cru voir quelque indication de ces luxations dans ce pas. sage d'Hippocrate : Quandoque appendix emota est. Le mot d appendix l'avait induit en erreur, aussi bien qu: Massimino et Dujardin qui n'avaient on plus consulté que la traduction latine, M. Rognetta : en recourant au grec, a trouvé qu'il s'agissait de l'épiphyse, P-nange comme M. de Mercy l'a aussi rendu dans sa traduction française, 1l pet doac plus probable que cc passage se rapporte au décollement
l'épiphyse du radius.
Les luxations simples du cubitus peuvent se faire en trois sens, suivant l'auteur : en arrière, en avant et en dedans,
La luxation eo arrière peut être produite par deux mécanismes bien différens, Dans le premier, la main est tournée violemment dansune pronation outrée; le radius, en tournant de dehors en dedans sur la petite tête cubitale , chasse celle-ci de la cavité sigmoïde et la pousse en arrière ; c'est la théorie de Desault,
Mais M. Rogneita pense avec Monteggia que, dans ce mouvement de pronation , l'extrémité du cubitus exécute aussi un mouvement léger de circumduction autour du radius. 11 apporte en preuve que , si on
enlève les chairs d'un avant-bras sans toucher aux ligamens, on voi|||
ce mouvement du cubitus s'opérer en même temps que celui du radrus; ct même que tout le monde veut constater le fait en appuyant le coude sur une Wableet en tournant en pronation l'avant-bras fléchi. Nous ad. mettons volontiersqu'on puisse faire exécuter mênc des mouvemens latéraux à l'avant-bras sur le bras, quand on à enlevé tous les muscles ;il n'est pas d'articulations auxquelles on ne puisse ainsi donner des mouvemens pour lesquels la nature ne les à point faites. Une expérience meilleure est celle-ci ; il s'agit de dégarair des chairs seulement la partie inférieure de l'avant-bras en laissant intacte l'articulation du coudes alors où pourra se convaincre que les mouvemens du eulitus se bur. sent à la flexion et à l'extension, que son articulation humérale est le ginglyme Le plus parfait qu'oflre le squelette humain; et enfin que le prétendu mouvement de rotation du cubitus ne tient, comme M, Malgaigne l'a très-bicn observé, qu'à une illusion d'optique,
La luxation se fait aussi , selon M. Rogneita, soit par le choc d'un corps contondant, soit à l'occasion d'une chute sur l'éminence bypoth£nar. On pourrait douter que le mécanisine fût le même dans les deux cas, comme l'auteur parait le croire; mais avant toute objection , il n'est nullement démontré que la luxation simple du eubitus ait jamais eu lieu où soit même possible par suite d'une chute sur l'éminence hy-
pothenar.
D'autres causes peuvent encore luxer le cubitus. Desault et Monteg-
gia ont noté la convulsion des muscles du poignet; et quviqu'il n’en |: existe aucun exemple, on ne sauait rejeter cette cause de luxation |
ur cette arliculation pas plus que pour les autres. Elle peut avoir Co enfin par relâchement des hgmwucts, « J'ai vu , dit M, Ro.
etta, un nègre , scieur de bois , dont l'extrémité inférieure des os de Pole ctait du double plus volumuineus: qu'a l'état naturel : les ligauens des articulations inférieures de ces os ctaient tellement relichés, que je pomvais aisément luxer avec mes doigts le cubitus en arnière ; je le replaçais avec la même facilité, sans que l'individu éprouvât de douleur. »
L'auteur décrit ensuite les signes de cette luxation , qui sont les mémes que l’on trouve dans les auteurs. Mais il rapporte quelques faits par lui observés, qu'il ne sera pas inutile de “ia. nd attendu la rareté des observations de ce genre,
Ous. 1. — Cousin, meunier , âgé de 68 ans, entra à la Charité en avril 1833. 1 raconta qu'étant à percer un morceau de planche avec La pointe d'un compas dont il se servait comme d'une +trille, La planche s'était cassée, et sa main gauche avait reçu une torsion tellement violente dans le sens de la pronation qu'il sentit san poignet étre démis. À l'instant douleur très-vive; la main et l'avant- Less dessenurent immobiles dans l'adduction , catre La pronation et la supination. Un médecin appelé prit le mal pour ane entorse et Gt appliquer ds sangsurs sur le poignet. Les jours suivars, gonÎement prodigicax dans tout Favant-bras, formation et ouverture de quelques abeès, Ce fut alors qu'il entra à l'hôgital. Il offruit encore les symptômes anivans,
Fumeur osseuse sur le dos du poignet, manifestement formée par Le enbitus deplicé; rétrécissement rem rquable de L'espace bi-styloïdien ; CL 46 ep yloïde du cubitus, au lieu d'être va ligne d'recte avec le doigt anuulaire de la man, se trouvait dans la direction du doigt nrédius ; la tte du cubilus croisxit par ronséquent la face dorsale de l'extrémité inférieure du radius. C'était donc une lusation en arr,
Boyer s'accupa d'abord de dissiper l'infammotion au mogen du repos et dés applivations émollientes, Le soixantième jour après l'accident , le gonflement et la douleur ant presque entièrement dissipés, voici ce que M. Roguetla pat oser: ver sur re point,
La petite tête du cubitus faisait saillie en arr ère précisément sur l'os sémilanaire ducarpe, L'espace intermallcolaire était d'un tiers à peu prés plas étroit que celui du poigaet sain. La supination était impossible, et le membre n'errivait juas à La position moyenne entre la rie et la snipination. Les doigts étaient étendus el ne pouvaient se Méchir, En embrassant d'une mxin le poignet de ce malade, de manière que les quatre doigts s'appliquaient sur la face palmsire de l'avautbras tandis que le ponte pr ssait fortement sur La petite tête cuhitale saillante, cunme pour fairé déchevaucher les deux os; et dk l'autre main trant es méme temps la main doucement vers la snpination, on voyait Le culitus descendre manifestement de sa plact anormale et rentrer avec one espèce de craquement dans sa position nalurvlle ; la main et l'avant bras revensient en supinslion, le poignet reprenait sa forme, Les doigts recouvraient sur-le-champ la faculté d'agir, À peine kes elorts de cosptation étaient-ils retirés, que La luxation était reproduite. Toutefois Boyer ne jagea pas, à celte époque de la maladie, devoir rica leaver pour la guérison, °
M. Rognetta blâme, non sans raison , cetie conduite qui condamnait le malade à une infirmité permanente ; et il rappelle que, dans no cas analogue, Desault ayant réduit le cubitus et maintenu la coaptation durant un mois, obtint une guérison complète.
Une secowde observation concerne une femme de :6 ans , affectée , depuis quatre mois , d'une luxation en arrière du cubitus gauche . survenue à la suite d'un rhumatisme aigu , sans aucune chute ni aucune vivlence extérieure. Les symplômes étaient les mêmes que dans le cas irécédent ; seulement la mais était en pronation , et la supination était impossible, Nous ne parlons pas de deux autres faits mentionnés en peu de lignes, de deux nulituires qui avaient eu le cubitus luxé en arrière , par suite d'un coup de feu au poignet; on ne saurait voir là des luxations simples.
M. Rognetta remarque que dans tous ces cas la tête et l'apophyse istyloïde du cubitus avaient acquis un développement assez considérable ; et il l'explique par ce fait général que tout os superficiel qui à perdu une partic des tissns qui le retenaieut en place , s'hypertrophie plus ou moins. 11 y a quelque chose de réel dans cetie observation, quoi qu'il soit trop hardi peut être de l'ériger en loi; et pour le premier fait de M. Rognetia, on pourrait demander, par exemple, si un 04 luxé depuis deux mois a déjà pu acquérir ce developpement, et si l'ubservateur v’a pas été trompé, soit par Le guuflument des parties mol'es , soit . par la suilie naturelle de la tête eubitile, bien plus sensible ‘as la luxation que dans l'etat purmal.
La luxation en avant reconnait pour cause, suivant M. Rosnc'tx , une supination outrée de l'arant-bras, ow une chute sur l'émincnce thénar. Nous répéterons ici que nous regardons eette dernière rause come aussi douteuse pour la luxation «n avant que pour celle en arrière; mais il en est une autre que M. Roguetta à oise et que uous avons sigralée l'an derniur dans la Gazerre mévicaue , à propos d'un fait intéressant qui s'offrit à le clinique de M. Dupuÿtren, Un gendarme était tombe avec son cheval; et tandis que sa main reposait à terre, en deui-supination et appuyée sur le Lord cubital, Ja tête de l'animal , frappant sur le bord radial, avait détermivé la luxation du cubitus em avant. M. Rognetta ne connaissait que trois cas publiés de cctte luxation, celui de Desault, celui de Boyer, et un autre de Palletta; en voilà done au moins un quatrième ; et l'on pourrait encore en citer quelques autres,
Sous le nom de luxation en dedans , M, Rognetta décrit le glissement de la petite tête du cubitus en dedans et un peu en avant; c'est-àdire que cette partie de l'os quitte la cavité sigmwïde du radius pour
M. Rognetta est d'avis opposé ; la résection selon lui est bien préférable; et if cite à l'appai son fait de luxation dû eubitus avec fracture , dans laquelle on n eut qu'à extraire le fragment constitué par la tête de l'os. I est évident qu'il s'agit de deux choses bien différentes; et dans des cas aussi simples, M. Malgaigne conseille même de ne pratiquer ni résection, ni amputation. Il ne les croit applicables qu'aux cas trèsgraves, comme etait cette fracture conminutive du radius avec issue du cubitns, pour laquelle M. Breschet fit la résection de ce dernier os. M, Rognetta avoue lui-même que dacs un semblable désordre l'amputation seule seule était indiquée ; eten effet M. Breschet l'avait proposée d'abord. Mais on voit qu'alors la dissidence s'efface beaucoup, et que M. Rogneita revient assez nettement à la doctrine de M. Malgaigne, professée d'ailleurs dans l'astiquité par Hippocrate, et à notre époque par M. Dupoytren. Restent les circonstances moins graves où M. Rogaetta semble indiquer encore la résection ; mais nous eruyons qu'il est plus sage de tenter simplement la réduction.
s'arrêter sur le bord antérieur de cette cavité. C’est tout simplement , comme M. Malgoigne l'a fort bien expliqué, une luxation incomplète en avant; et nous igoorons pourquoi M. Rognetta n'admet la luxation incomplète que dans ce sens, car rien n'empêche qu'elle se fasse aussi hien en arrière. Du reste, cette luxation, soil en avant, soit en arritre, n'avait été observée qu'avec des complications ; peut-elle aussi bien se
roduire à l’état subie M. Rognetta répond à cette question par le
tsuivant.
Ons, IE, — Elisa Martinet , blanchisseuse, âgée dé 24 ans, entra le 26 octobre 1888 à l'Hôtel- Dies. pour une lésion du poignet datant de trois jours; elle raconta qu'en battant be linge 3 La rivière , elle s'était donné un fuux coup ax poignet avec un gros battoir en bois ; elle avait senti immédiutement elagner quelque chose dans son poñgnct, et la main étail restée impuissante et difforme, Le gonflement ne perait pas d'abord de préciser Li aature de l'accident ; mais après trois jours d'applications résolutives , soiri ce qu'on discerna.
L'extrémité inférieure du cubitus fait évidemment ane saillie en dedans du poignel et ua en sant, c'est-à-dire qu'elle se présente sous la forme d'une noix sur Je bord eubital du petit doigt. Cette tumeur est mobile sous l'impulsion slter- Bative de deux dnigts appliqués sur elle, — avec douleur. L'espace histyloidien est de 5 à 6 lignes plus large que l'autre. La supinalion est impossible ; l'avant-bras reste dans la pronotion complète. Les doigts sont étendus, leur flexion est impossible, Existence d'un léger eafoncement sur ke côté dorsal du poignet , à l'endroit ordinaire de l'éminence Gi mar du cubitus. Saillie légère du poignet en arrière ; main tout entière portée du côté radisl; cependant l'examen attentif des deux os de l'avant-bras ne fait découvrir aucune espèce de fracture. Enembrassant de la main le poignet de manière que Le radius appuyät sur ls paume de la main, le pouce appliqué sur Le tumeur e1 les quatre autres doigts sur la face dorsale de la partie malade, on pouvait, en pressant fortement ainsi la tumeur, la foire disparaitre en grande partie et redonner momentanément à La main sa position de supination, ,
M. Rogneila er ut a one luxation du eubitus en dedans. M. Dopnytren , qui avait présumé d'abord l'existence d'une fracture di radius, se rendit à ce diaguostie , et l'on songeait sux movens propres à réduire La luvation, quand la femme déclara qu'elle esistuit depa.s plusieurs années. L'atant-bras fut moulé en plâtre et la pièee est conservée dans Le musée de l'Hôtel Dieu,
AFFECTION CANCÉREUSE DE LA PROTUBENANCE ANNULAIRE DU CERVEAU, par M. Canné, D.-N., P.; lue à la Société anatomique.
Cette observation est importante par ses détails et surtout par Les inductions physiologiques l'on en peut tirer sur les nerfs qui présideut à la sensibilité de la face et aux divers sens dont l'homme est pourvu.
Ons. — Girard , âgé de 29 ans, d'une consiitution délabrée , entre le 14 novemhre à l'hôpital du Val-de-Grice, après six à sept aus de maladie, À cette épo que , bourdonnemens dans l'oreille gaurhe qui diyuis ne l'ont pas quitté.
À son entrée l'intelligence est intégre; tout le côté gsoche de la face présente de notables altérations de la sensibilité et du mouvement; aiasi, le front ne se ride plus, le sourcil est déprimé , les paupières ne peuvent se rapprocher , l'aile du nez est immobile ; le cé ganche des lèvres ne sc contracte plus, la commis. sure reste jounobile, la masication ne se (ait plus de ce chté, Dans toutes ces parties la sensibilité est très vbtuse ; si l'on louche avec une barbe de plume les mugneu-es ocul ire, buccale, vasale et Fnguale, elles restent insensibles, tamis que du cèté opposé le plus léger toucher détermine du malaise, Le condait awubitit et la partie de la tête sttnée en arrière ont conservé toute leur sensibilité, La visios pen la conjonctive sans cesse exposée à l'air est presque sèche ; le globe ocuaire se porte dans (aus les sens, excepté en drhors. Aussi existe-1i] un strabisme bien prononcé. Quand le malade inspire par la narine gauche, il apprécie facile. mnt l'odeur des substances pulrérulestes qui passent aisément dans la bouche, 1 dit pourtant sentir moins birn de ce côté que du côté 0 . La perceplion des saveurs caiste mais affaiblie; il reconnait des sb-tances placées sur le côté ganche: de la langue ; mais la sensation est plus forte di côté droit da côté gauche ; la langue jouit de tous ses mouvemens ; l'audition est altaibbe ; le malade rrsscat des bourdonnemens, «til faut crivr pour se faire entendre de lui quand l'sutre orcille est bouchée; les deux masséters re contractent de deux côtés, mais moins fortement à gaucle qu'à droite ; la parole est embarrassée ; le malade bredouille ; souvent sa voix tremble,
Le côté gauche du corps n'offre rien d'anormal ; mais du côté droit l'épaule est tonibante , le membre supéricur parulsé ; le membre abdominal a conscrré une partie de sa mobilité; la ensibilité ÿ «st presque éteinte, et, dans le mime rapport , su reste, que le mouvement; ls respirstion est faible , génée,
Depuis cetle époque ces phénomènes ‘€ sont prononcés de plus en plus, jusqu'à la Gin pourtant les sens ont conservé leur action , les muscles de la partie antérieure du col leur contractilté; la longue tous ses mouvemens. L'ef se porta de plus en plus vers le nez; a parole di ut presque in'ot ligible; les éjévatcurs du cèté gauche de La mârhoire cessèrent de se contracter. Le malsde fut pris subitemcat de suffocation cl mourut au bout de quelques minutes.
Autopsie. La moelle épinière est plus ronsistonte qu'à l'ordinaire, sans aatre altération appréciable; le cerveau priseole aussi plus de consistanee , et de plus uce injection sablée tres mamifeste; cin ou six onves de sérosité ditendent les ventricules ct opt en parie efcé Les circonvolutions, 4
Le côté gauche de L protubérance annulaire affecté dans toute son épaisseur cst considérablement augmenté de volume. La iumeur qui résulte de cet aceroisiement offre use coloration noir: el est formée par des tissus Gbreux, comme laidscés, criant sous le scaljrel.
Las oerfs du voisinage étaient plus ou moins altérés ; les uns, comme le trifa- Cia] et la sixième paire étant confondus avec la tumeur, Les autres, comme le facial, l'acoustique, ke glo so-p'aryngien et le pneurmo-gastrique étaient comprimés et aplatis par cie.
Les auires organes n'offreul aucone altération qui ait rapport aux phénomènes morbides indiqués ci-dessus.
IL est à regretter que l'anteur n'ait pas eu la curiosité de s'informer de la cause de ce FA robnar ; 500 observation en serait plus concluante. On n'a pas pu à la vérité découvrir de traces de fracture au radius ; mais il faut noter qu'on ne cherchait que la fracture récente, dans la conviction où l'on était que l'accident datait de six jours. Pour nous, l'inclinaison de la main sur son Lord radial est un phénomène inexplicable dans le cas de la luxation simple ; si quelque déviation de ce genre devait se produire, ce serait plutôt inclinaison sur le côté cubital,
uisque le cubitus déplacé ne retient plus le carpe cumme il le faisait Len sa position normale. Nous inclinerions donc à croire qu'il s'agissait d'une ancienne fracture du radius consolidée avec 1accourcissement de l'os et conservation de la saillie du cubitus qui la complique si scuvent; le cas rentrerait alors dans ceux qui ont été décrits par J.-L. Petit, et récemment par M. Goyraud et M. Malgaigne.
M. Rognetta remarqre que la pronation complète de la main, si elle était constante , différencicrait complétement la luxation en dedans dela Juxation en avant, dans laquelle l'avant-bras se trouve au contraire dans use supination forcée. Mais ce dernier signe n'est pas plus constant pour la luxation en avant que la pronation furcée pour la demi-luxation compliquant une fracture du radius. L'auteur pense aussi que le déplaceinent dans ce cas a dû s'opérer dans l'acte d'une pronation forcée , te qui s'accorde assez peu avec la production de la luxation complète par
supination ; aussi ajoute-1-il qu'il faut admettre une direction tonte spéciale de la force luxante, chose qu'on ne peut nier ni admettre, puisque nous ignorons cormraent s'est fait le déplacement.
II. Luxations compliquées du cubitus. Ces luxations compliquées sont de deux sortes ; où bien il n'y a qu'une simple fracture du radius, ou bien le cubitus luxé sort par une plaie des tégumens. M. Rognetta examine à part le cas où les ferait saillie à travers les tégumens sans complication de fracture ; nous ne croyons pas qu'un tel accident ait été obseivé, et il nous est méme difficile d'encomprendre la possibilité, JI cite bien un cas eù un individu avant eu l'avant-bras pris centre un mur et une voiture qui menaçail de l'écraser , s'était luxé l'extrémité inférienve du cubitus ; mais celte extrémité luxée était en même temps séparée de l'os par une fracture, ce qui est tout-à-fait différent; et les autres observations mentionnées dns la discussion ont toutes rapport à des luxauious cubitales compliquécs de fracture du radius, A ce propos ue grave question a été soulevée par M. Malgaigne, savoir : s'il vaut mieux amputer l'avant-bras on reséquer le cubitus dans les cas qui ne sauraient guérir saus opération. M. Malgaigne pense qu'alors il ne faut recuurir à la résection qu'avec une extrême réserve ; et en effet, dans le petit nombre de faits qu'il a recueillis, la résection avait laissé an malade une main inutile, douloureuse et génante ; ou bien il avait fallu recourir à l'arsputation plu: tard, ou enfin la mort même était survenue.
Le fait le plus important que rous signalerons dans cetie ol servation, c'est la persistance de la vue, de l'odorat et du goût, quoique la cinquitme paire fût désrganisce près de son origine. Que devient après ce fait l'opinien des physielogistes qui croient que les organes des sens propres ont besoin, pour l'exercice ccmplet du ue sens, de la j'artici- :paton de la cinquième paire? Que devient celle surtout du célèbre jpbysiologiste qui croyait avoir démovtré par des expériences que lus nerfs de la cinquième paire étaient chargés presque exclusivement de l'odorat , de la vue et du goût? Il est évident que chacun de ces sens à un nerf spécial, de méme que la cinquième paire, est chargée de distri. bucr la sensililité coumurc par toute la face.
Es mevus MÉDICALE. FRANÇAISE, ET. ÉTRANGÈRE,
revue duunois du.juillet ne contient que trois articlés originaux ; Mt lestitnesz 1° te t-i des cas ile variole franche chez des individus bien vaccinés? par le docteur. Sabatier ; 2° emploi des frictions mercurielles à haute dose. dans les fièvres cérebrales, par le docteur Liégard ; 3° observations pratiques sur les divers traitemens de La pneumonie, par lé docteur Printons..
EXISTE-T-IL: DES CAS DE VAMOLE FRANCUE CNEZ DES INDIVIDUS avant Été Bien VACCINÉS? Par M. Savarien, D.-M. P,
Telle est la question dont M. Sabatier cherche à donner ici la solution, et qui, à notre avis, a été résolue depuis long-temps par les faits. Ainsi l’auteur admet que le vaccin ne peut pas préserver absolument de la variole, puisque la variole elle-même n'est pas un préservatif absolu; mais il pense que la variole qui survient chez es x vaccinés diffère de la variole ordinaire par une moindre intensité, l'incomplet dévelop. pement d’un grand nombre de pustules, la courte durée de la maladie, et son issue. constamment favorable. Trop de faits malheureusement viennent démentir cette assertion, pour que les conclusions qui en découlent ‘aient à:nos yeux toute la valeur que leur attache l'auteur de ce mémoire. D'ailleurs l'histoire des vaccines secondaires, qui ont eu un succès si complet entre les mains de plusieurs médecins et spécialement entre celles du docteur Heim , re a été chargé, par le gouvernement de Wurtemberg, de surveiller la revaccination de toute l'armée de ce royaume, ne permel pas d'admettre avec lui que la vaccine nc peut être reproduite chez un sujet chez lequel elle avait bien réussi une première fois.
EMPLOI DES FRICTIONS MERCURIELLES À HAUTE DOSE DANS LES Fiivaes cénévraLes; par le docteur Liécanp.
Nous nous attendions, d'après ce.litre, à trouver ici quelques expli cations sur ce que l'auteur entend par fièvre cérébrale; car, dans laut actnel de la science ; cette expression est: tellement vague , qu'on ne
eut l'employer sans avoir indiqué à els cas elle convient. Est-ce seuement dans cas d'arachnüis, que M. le docteur Liégard eroit que les frictions mereurielles sout utiles , ou bien dans tous ceux où il existe des symptômes cérébraux aigus qui reçoivent des gens du monde ; et nous devons le dire, aussi de qnelqnes médecins, le nom de fièvre cérébrale, et parmi lesquels on trouve des cas de pneumonie aiguë , de rhumatisme articulaire aigu, et une foule d'autres maladies. pendant la durée desquelles il peut se développer un délire plus où moins intense: Nous savons, il est vrai, combien 11 est difficile, dans certains eas, d'établir le diagnostic exact de quelques affections aiguës , et de déterminer à quel ordre de lésions elles se lient ; et nous reconuaissons que le plus souvent il serait plus rationnel d avoir recours à line expression générique ; que d'employer ne dénomination positive sans être absolu: ment assuré qu’elle convienne. Nous-mêmes , dans des cas analngues , sous employons fréquemment l'expression d'affection cérébrale; mais nous pensons que l'un doit rejeter absolument le mot fièvre cérébrale , non-seulement à cause du mot fièvre , qui entrainerait encore une discussion que nous ne voulons pas soulever ici, mais parce que l'on a étrangement abusé et que l'on abuse encore tous les jours , dans la pra tique, de cette vague expression. |
Les faits rapportés par M. Liégard, bien que peu nombreux ; n'en cffrent pas moins d'intérêt, car ils prouvent que les frictions mercurielles, qui jusqu'ici n'avaient été employées que dans le traitement de la péritonite et d'un très-petit nombre d'autres phlegmasies, peuvent l'être également avec avantage dans les affections cérébrales. De quelque mamère que l'on explique dans ce cas l'efficacité du mercure, ce fait n'aura rien d'étonnant, et il ne s'écarte point de nos explications ordinaires, soit qu'on regarde le mercure comme agiss.nt à la manière des dérivatifs, soit qu'avec Brown et quelques autres où lui attribue une action tout-à-fait spécifique dans les phlegmasies. |
La première de ces observations est l'histoire d'une demoiselle affectée de douleurs névralgiformes dans la tête , qui , après plusieurs jours de durée, se compliquèrent de fièvre et d’un délire violent, et qui ne cédérent point à un traitement antiphlogistique énergique. Le sixième
jour on commença les frictions mercurielles à la dose de deux onces en!
24 heures; le huitième jour, c'est-à-dire après deux jours de traitement, l'amélioration était manifeste, et continua les jours saivaus. Le dixième, les glandes salivaires commencent à se tumélier et deviennent douloureuses ; la salivation se développe ensuite avec intensité, et suit sa marche ordinaire, Ce qu'il ÿ à de remarquable dans ce fait, ce n'est
pas sénlémrent là dimimition des si ÿ n'avaivot fait que s’ape ravér par le traitement antiphlogi ie cintre , ons de
imintion denx jours avant que les glandes salivaires eussent bomimencé à être douloureuses , en sorté qu'i serañ difficile dans ce ras d'étpli: Le" l'action du mercure par la théorie dela dérivariod. Le sécond' ait, qui est un cas de rhumatisme articulaire aigu compliqué dé cépha: lalgie avec délire, offre la même circonstance. Le septième jour, après qu'on eut emp'oyé inutilement les sangsues et la saignée, on cominénéa" les frictions mercurielles ; le neuvième jour l'amélioration était déjà manifeste. et le quatorzième jour les effets du mercure ne faisaient que de commencer à se manifester à la bouche.
Le troisième fait nous ‘offre également la mème circonstanée, misis avec cette différence qné l'amélioration ayant fait abändonner le traite ment après le huitième jour , les symiômes reparurent au bout de deux jours avoc plus d'intensité, et entrainèrent la mort du.malsde. L'auteur conchut et avec raison, de cette fâcheuse terminaison, quel'onr ue doit pas cesser le traitement immédiatement après la première am: lioration, mais qu'on doit le continaer jusqu'à ce qu'elle soit assurée, dûüt-on même courir la chance de déterminer une salivation,