‹ Gazette médicale de ParisChapitre 262 sur 394 · DES VIEUX FT DES JEUNES MÉDECINS · texte numérisé non relu

DES VIEUX FT DES JEUNES MÉDECINS

Plus 06 à vécu, plus on à exercé la profession de médecin , et plus on 'aperçoit que la Jigne qui sépare les vieux des jeunes médecins est profonde et tranchée, Ce sont, pour sinui dire, deux pôles entiérement opposés, deux régions qui différent lotalement, deux climats dont Les fraits ne se ressemblent en rien; Mœurs, Caractères, idées, opinions, (béorie, pratique, toul est en contraste, rien pe se ressemble, au mois: sur un grand nombre de points. Cela est tout simple, disait-on, l'âge seul explique suffisamment cette opposition ? Le veillard au court espoir et aux longs sonvenirs, peut-il envisager les choses sous le même point de vue que le jeune homme qui à tout en tspéraoce el rien dans la mémoire, dont la vie est en exrès ot l'imagination sns cesse en action. Lrs

PATHOLOGIE INTERNE

OBSERVATIONS SUR L'INSPIRATION RAUQUE DES ENFANS ET SUR $8ES RAPPORTS AVEC UN ÉTAT MORBIDE DES GANGLIONS THORACIQUES ET cEavicaux ; par H.Ler, D.-M., accoucheur de plusieurs hôpitaux de Londres (1).

Cette maladie qui n'a fixé l'attention d'une manière spéciale que depuis l'époque où le docteur J. Clarke l'a déeritecomme l'une des formes qu'affectent les convulsions pendant l'enfance , dépend évidemment de la constriction de la glotte qui gêne et quelquefois suspend entièrement la respiration. L'enfant éprouve dans les paroxismes une interruption

lus où moins complète des mouvemens respiratoires; il fait de vio- Le efforts ; et à la fin recouvre la respiration en faisant entendre une iuspiraion sonore que l'on à comparée au chant du coq ou à la voix croupale, mais qu'il suffit d'entendre une fois pour reconnaître qu'elle est due à la constriction de la gloue.

Le docteur Clarke attribnait ertte maladie , qui est toujours effrayante et se Lermine souvent par la mort, à une congestion ou à la compression du cervean ; mais bien que différentes causes puissent produire l'effet que nous venons de signaler, cependant l'une des plus fréquentes, celle au moins qu'il est le plus facile d'apprécier, c'est l'altération des ganglions thoraciques et cervicaux. Déjà le docteur Merriman avait indique les rapports de cette altération avec l'inspiration rauque dans l'édition qu'il a publiée de l'ouvrage d'Underwood sur les maladies des enfans, L'exainen des préparations fournies par les deux cas où il avait eu

{1} Ce mémoire est un r'sumé de plusicors ar'icles publiés sur ce sujet par Je docteur Ley, dans le Lo: don medical Gusette, pendant Les mois de février , mars et avril 1854.

médecins sont ici placés sous une loi commuve et leur profession ne diffère en r'en des autres à cet égard. J'avoue pe point partager complétement celte opinion. Ce n'est À son que je rejette Latoute-paissante influence de Fige, mais je prose que cette influence s'exerre sur noîre profession d'anc manière particulière ét pour l'ainsi dire spériale, De là cette ancicnne guérre tantôt sourde, tantôt palente, cet état permanent d'hostilité, de répulsion , d'antipathie qu'os a remarqué à toutes les époques , entre Les jeunes mrdecins et les docteurs du temps passé, selon l'es. ssion des premiers. Il y a sans doute d'honvrables exceptions , il serait aisé de signaler; mais ces excrptions, conne à l'ordinaire, confirment le fait géuérsl, résultat d'une loi de là nature modifiée ensaite por la civilisation et la p ion, Docteur, dont latête a blanchi par su'te des années, vous dont le frunt est traversé de tet inévitable pli que la vieillesse imprime d'abord légèrement puis d'un ongle profond et cruel, exsminez-vous froidement, passez votre vie su cuible de la vérité, et dites si vous n'avez pas senti vos idées, vas opinions médicales subir des changemens, des modifications, selon les phases de voire cxistence , bien que le fond , le substrat, reste à jeu près iavarisbk? Ce phénomène qui parait contradictoire est pourtant très récl. A moins d'avoir creusé dis L'âge de vingt ans son sillon de routine ct d'y croupir à jamais, la vie du médecin se 0 modifier ses opinions. jusqu'à ce qu'il arrive enfin à une borne que son ec lui rend iofranrhwsable, Élèse, il est plein de confiance dins le trésor de son petit sato r, il professe hautement les doctiines de ss maitres, «Îles sont à ses jeux le comble de La perfection; devenu praticien. il s'aperçoit bientôt que les principes de l'érole et les lois dé la nature sont parfois en contradiction: 1 tdche alors , aidé de principes généraux, de se faire à lui-même sa science, sa propre théorie, fondée

l'occasion de faire cette remarque et qui sont entre mes mains, suffit pour démontrer l'exactitude de l'imluetion qu'il en avait tirée; dr) bles que Ja huitième paire fût comprimée sur quelques points, cependant c'est sur les nerfs récurrens que la compression était le plus considérable, Ainsi, dans l'une des préparations le récurrent gauche , au moment où il cuntourne la crosse de l'aorte est déplacé de plus d'un demipouce de la position qu'il occupe ordinairement, et est aplati par un allongement furcé ; son tissu est altéré, et il semble même avoir éprouvé une espèce de torsion.

ÏL est très-probable que cette maladie est plus commune qu'on ne serait disposé à le croire d'après le silence des pathologistes ; car depuis que j'ai fixé inon attention sur ce suje*, j'ai observé plusieurs cas terminés par la mort, où, d'après les symptômes, j'avais pensé que cette aliération devait exister et où en effet je l'ai trouvée à l'autopsie. Les observations suivantes nous en vont fournir la preuve,

Ons. 1, — L'enfant qui en était le sujet n'offrait aucune glande extérieure en- ; triais il était pâle et ses chairs élaieut molles, A près vers l'époque de première deptition , il devint sojet, sins cause appréciable , à une espèce d'enrouement qui semblait dû à La présence d'une certaine quantité de muces dans la trachée , et que l'on pouvait entendre d'une extremuté d'une grande chambre à l'autre. La respiration n'offrait pas d'autre trouble, si cc n'est quelquefois un peu de fréquence; il n'y avait pas de fièvre, et l'enfant conserva sa gaité comme avant.

Cet enrouement disparaissait et revenait à des époques indéterminées, et sans aucun rapport avec les variations de La & mpérature. On l'attribua d'abord à la dentition ; cependant, comme il augmenta d intensité, je fus appelé. Soupçoanant une affection inflammatoire des bronches, J'employai les moyens d'usage dans ces cas , les sangsues, les applications stimulantes, les vésicatoires, Les purgatifs, les romitifs, ais sans aucun soulsgement. L'enfant s'affaiblissait évidemment ; 1i for transporté à Ja cempagoe, où :l éprouva une amélioration assez notable.

Quelques semaines après san retour de La campagne, il (ut repris du même enroncmæent, nrais avec des accès de toux violens, Dans un de ces accès on fut Lrèseffrayé, car il perdit la respiration pendant quelquesinstans, sa figure pâlit, tous ses muscles se raidirent, tt spécialement ceux pr extrémités ; ses mains se SCTrè rent ; l'épine fut courbée en arrière, les veux tournés en haut , cofin loute la physonomie annonçait le dernier moment de son existence. A la Gu, après un effort violent, l'enfont recouvra la respiration , mais avec une inspiration sonore comme celle du croup ou de la coqueluche, On eut recours de nouveau aux La locales et aux évacuans, mais sans plus de succis que la première fous, ear les symptômes conservant toujours La môme intensité tandis que les forces déclinaient scnsiblemeat, 0 fut obligé de les abandonner pour aroir recours aux narcotiques où bico aux stimulans, Enla, re que l'on eul emplosé une foule de moyens tous également iafructueux, l'entant suecomba dans un de ces aceès, après avoir fait de grands effnrts pour receuvrer la mspiration,

Autopsie. Tous les riscères éta ent soins; il n'y avait pas de trace d'arachnitis ni de congestion cérébrale ou d'épsachement ; les poumons étaient parfaitement sains et crépitans; vs glandes mésentériques seales offeaient an peu de gonfle ment ; les nombreux ganglions qui sont disposés près de La racine des poumons et de la crosse de l'aorte, étaient très-aliérés: l'un d'eux avoit scquis le volume d'une châtaigne méd ocre, et était respli d'uve matière demi-concrète, detni-punorme ; un autre plus pelit offrait aussi un commencement de suppuration.

Ons. D. — Pou de temps après je fus appelé pour l'enfant d'ug banquier qui ce de temp: en temps à ts de gel avec menace de milorslles . d'où il ne sortait qu'avec l'inspiration ranque, I avait aussi des accès de toux ne différant de ceux de la coqueluclæ que par les symptômes, qui persistaient entre le paroxysme et par l'absence de vomissemens où d'efforts re vomir à La Gr. Cet enfant avait toujours été trésdélicat, mais ses parens faisaient remonter l'ort gine de sa malaoie après d'anc année, à une époque où il avail en même Lemps, où à srès-peu de di tance, la rougeole et la coqueluche. U ne releva jamais complte-

courte exposition à l'air froil ne tardait pss à ram ver. La toux n'avait jamais été acrompagnée d'expecturation ; il y asail souvent un peu de Gèvre, Soupçon-

nant que rette maladie dtsit de la-méme nature que celle dont nous venons de rappeler l'histoire . je demandai une consultation où nous tombämes d'secord , non sur la nature de La maladie, mois sur le traitement à lsiopposer, et qui n'empêcha pas l'enfant de succomber au bont de huit à d'x jours. .

ÆAutopsie, Les poumons étaient parsemés de vomiques dont le rolume variait depuis celui d'un petit pois jusqu'a la grosseur d'ane féve. Aucun ne commoniquait distinctement avec les bronches Les ganglions placés près de l'origine di poumon offraient ua gonflement considérable. : x

Ces cas suffisent pour faire connaître la forme sous laquelle se présente le plus souvent cette maladie et pour mettre hors de doute que dans quelques circonstances où la respiration avait présenté le trouble que nous avous indiqué, et où l'on n'avait trouvé dans les organes de la respiration aucune altération à laquelle on pût l'attribuer, on a dû en trouver la cause dans le gonflement quelquefuis considérable qu'offraient les ganglions du col et de la poitrine. L'an des préparations anatomiques ; recueillies chez les sujets qui avaient succombé à cette maladie, a même démontré que les canaux respiratoires n'avaient subi aucune déformation, La trachée avait conservé dans tons les cas sa forme et son calibre ordinaires ; les tuyaux bronchiques leur forme arrondie et leur capacité normale, même sur les points où ils trarersatent des ganglions turmefiés.

Un point important dans l'étade de cette maladie, c'est l'examen des conditions qui per déterminer le développement anormal de ces ganglions lymphatiques. Le système 1ymphatique est très-disposé à présenter pendant l'enfance l’altération à laquelle nous atiribuons ici le principal rôle, et sous l'influence de circonstances différentes. L'une des plus fréquentes, c'est la disposition héréditaire aa scrophule et que la cause occasionelle la plus légère suffira souvent pour mettre en action, Ensuite viennent successivement la dentition, les différentes éruptions qui se développent si fréquemment pendant l'enfance sur le euir chevelu, à la face et derrière les orcilles , et enfin quelques affections du cerveau. Tant que l'irritation produite par ces différentes maladies ne s'exerce que sur les glandes de la partie supérieure du col, il doit arriver rarement que la respiration soit génée ; mais st, par sa durée ou par son intensité, l'irritatiou partant soit des gencives, soit de li base du cerveau , soit du cuir chevelu, s'étend jusqu'aux ganglions qui entourent la crosse de l'aorte, alors le danger est considérable.

Une autre question importante se présente maintenant à notre aîtention ; 31 s'agit de savoir de quelle manière ces ganglions tubercrleux agissent sur le laryox où la tachée. Est-ce par l'obstacle mécanique qu'ils mettent au passage de l'air en rétrécissant les canaux aériens par la compression qu'ils exerceraient de dehors en dedans , ou bien par Li diminution , où même la suspension de l'influx merveux dû à la presson qu'ils exercent sur la huitième paire et ses branches qui se distrrbuent au laryox ? Sans entrer dans tous les détails que pourrait réclamer celte question, il nous suflira de dire que les symptômes observés pendant tout le cours de la maladie n'indiquent à aucune époque la présence d'une obstruction mécanique ; qu'on a vu fréquemment des tumeurs plus volumineuses encore presser fortement sur la trachée et ne E donner lieu aux phénomènes observés dans les cas dont nous parans; que ce canal pent mème supporter une pression assez forte pour produire Pulcération de la muqueuse sans donner lieu à ces symptomes ;

a ent de ces maladies, ct resta très- fable et sujet à des accès de toux que La plus Ë , que le plus souvent les ganglions n'exercent aucune compression

sur cc qu'il 4 observé. Plus avancé en âge'il s'en tient à ce qu'il a vu où cru voir, il toube dans l'absolnt sme «lu préjugé, quel suefois même dans un scepticisme aus hümitiont que mal fondé, | Remarquez encore que non-seulement l'exercice de l'art diffère, mais que Vhabitude extérieure, le langige et môme le co-tume sont en rapport avec ces aiutations diverses. C'est unc chose véritablement frappante que ls vérité avec laguclie l'homme intérieur se tradnit au dehors pour quiconque sait observer, I n'y a pas uae seule parobr, jus une idée, pas un trait du visage, pas un geste, pas une pièce de vêtement qui n'annonce la différence des opinions el par conséquent celle des âges. On peut de cette manière acquérir sur certaines fractions de L bumanité des données aswez positives, I n'est pas même besoin de recourir à l'ensemble des car ractères exlérienss jrour asscoir sn jugement; un œil exercé pénètre d'abord les différences des hommes à certains ssgres particuliers. Ansi, un ami me faisait re marquer dans une assemblée un peu nombreuse, la serie des chovuux uature ls 4 de beurs nuances jusques et compris les cheveux blancs, puis Ja série des faux toapiets, la série des tûtes chauves, la sérée des ailes de plgcons, la serie des permd . til sontensit, non sat raison, que la serre des idées était relatire à ces nées, L'expérience m'a démontré bien souvent La vérité de cet saiome de physi monie inconnu à Livater, Pourquoi s'étonner qu'il ca suit ainsi? Sterne, ce profond et subtil cbserratour de nos travers, assure qu'un homme rasé à Les idées plus nettes et plus fermes que le même home n'ayant pas fait £a lurbe, Qr je be demande , si cus variétés s'obiserrent dans l'espèce al 28 cn génial, que sera-ce donc, quand aux différences de l'âge se joignent encore les préjugés de la profession, lorsque de nouvelles idées heurtenl et poussent les anciennes, que la

rooline ct l'expérience, a tradition et la nouveauté, Les doctrines qui germent ct les doctrines qui tombent, les ch ancés à foi rive et les croyances sans conricleon, s'entri-choquent et se disputent le champ de l'opinson PjUn de nos vieux poètes a dit : +

Chaque âge 9 «es honnenrs, son goûl el ses plaisirs ; Et comm notre poil, blavchissent nos désirs.

({Marmeu Récaiex. }

Eh bien ! l'on petit dire que Les opinions comme les désirs blanchissent ct changent également, Voyez deux médecios, l'on jeune etl'autre ayaut aîteiut [a vieil hesse, établis 2 entre eux quelques rapports, faites-les converser et discuter; bien plus, mettez-les auprès d'un malade qu'ils exam neront à loinr : il y a mille chances contre une que leurs manières de vor seront différentes, à moins d'une complète défévence de la part de jeune médecin por d'amcier dé la profession , ce qui est très-rare aujourd'hui ; à moins d'une certaine cantplsisance de la part de ce der pier pour son jeine confrère, re qui n'est pas commen, attendez-voi: à ome com -

lète ion de print es, H y 2 biva un fonds commun scicntifiqne, mais chaetrr exploite selon ses vues el ses préjugés, ils nes’entondent pas, heureux encore si, polis dans les expressions et courtois dans ls forme, ils ne font pas voie aux assistans que les mrdecins ont parfois wn autre dialecte qne le grec et Le latin, ‘ar le style s'approprie où disparon des idées, oo

— Evidemmvat , mon cher et vénéroble confrère , dit le jeune médecin, il y a dans cette maladie une infummalion des mieux caractérisées.

sur les parties qui sont le siége du désordre : c'est donc uniquement à la pression qu'exercent les tumeurs sur le trajet des nerfs de la huitième paire ou de ses rameaux que l'on doit attribuer tons ces phénomènes ; d'ailleurs , le rapprochement de ces symptômes de la disposition anatomique des parties suffira pour faire reconnaître que c'est dans une lésion a perfs qui s'y distribuent que l'on doit chercher cette cause, Les branches des nerfs récurrens se repdent , comme on le sait, à la bande fibreuse qui réunit les extrémités descartilages de la trachée, à la muqueuse de ce conduit, et enfin aux muscles de la glotte ; or , il est évident que si les muscles qui doivent ouvrir la glotte ont cessé de recevoir l'inllux nerveux, le passage de l'air sera très-gêné ; que si les bandes fibreuses destinées à rétrécir la trachée-artère, afin d'élever les matières qui doivent être expectorges vers le larynx , cessent de se contracter , les mucosités amassées dans l’intérieur de la trachée feront un nouvel obstacle au passage de l'air; enfin, que l'accumulation de ces mu cosités pourra encore être augmentée par la diminution de la sensibilité de la muqueuse. Aussi, nous remarquons que tant que la pression des glandes peut être supposée encore fable par leur peu de développement, les wucosités sont expulsées par un vomissement , et plus fré. quemwent par une forte quinte de toux semblable à celles de la coqueluche ; olis qu'à une époque plus avancée, lorsque les ganglions sont très-volumineux, alors les muscles de la glotte sont comme paralysés, les paroxysmes deviennent plus violens, et le malade semble menacé d'une asphyxie immivente , et offre pendant l'attaque des mouvemens convulsits extrémement forts, sables à ceux que détermine la strangulation. Cet état se termine ordinairement quand enGn l'occlusion de ña glotte cessant d'être complète, un étroit filet d'air peut pénétrer dans les poumons ; c'est alors que se fait entendre la respiration sonore qui indique que le malade est sauvé de cette attaque.

Le traitementde cette maladie est d'autant plus difficile à établir que les causes qui la déterminent sont plus variées. SE rime après avoir employé un grand nombre de moyens et suivi difiérentes méthodes, je crois pouvoir avancer d'une manière générale que les moyens énergiques de toute espèce, tels que les saignées abondantes , le calomel à doses élevées, les purgatifs violens sont extrèmement nuisibles; tandis qu'une mélication destinée à soutenir les forces des malades sans trop les stimuler, est la seule qui offre des chances de succès.

On commencera par prescrire une diète générale, suivaut l'âge de l'enfant, mais composée d'alimens faciles à digérer et non excitans. Parmi les agens médicimenteux on peut employer avec avantage Jes acides minéraux , quelques préparations métalliques comme les préparations les moins actives de fer, de zinc ou de euivre ; et chez les sujets trés-affaiblis la quinine ou quelques autres amers végétaux.

Le froid ayant, comme en le sait, une assez furte part comme cause dans le développement de ces ganglions, on devra apporter un soin tout particulier à mettre l'enfant malade à l'abri des vicissitudes de l'air. On évitera avec un soin égal et Ja forte chaleur qui irrite , et le froid qui prédispuse si activement aux inflaminations et repousse le sang de la surhce du corps. On évitera aussi de le laisser sortir par les temps humides, mais lorsque le temps sera sec on exigera qu'il prenne un peu d'exercice en plein air, sans se laisser aller à la crainte d'angmenter le rile que l'on entend dans la poitrine , et qui ne dépend ni d'une inflammation, pi d'un catarrhe, ni probablement d'une augmentation de la sécrétion bronchique , mais simplement d'une espèec de paralysie de

— Je ne partage pas tout à-fait votre opinion, mon jeune confrère, réplique le vieux docteur, cette inflammation me parait plus que douteuse ; ilest clair qu'il s'agit ici d'un Bévre bilioso-putride, d'une véritable syaache.

= Vicus jargon d'au refo s que mous ne connaissons plus. Quant à moi, la fréquence du pouls, l'activité du système circulatoire, prouvent suffisamment l'irifatiou inflammatoire, puis par s;mpatlue tous les autres accidens,

— Pardon, tous ces phénomènes n° prouvéat qu'une chose, l'intensité de la fièvre, c'et-à-d rc le comaners nature, aveg ses degrés.

— Mais La soif, la Sécheresse du la langue, l'ardeur de la pesu ÿ ne sont-ce pas M des preuves aussi claires que le jour de l'inflammation ? ur

— Vous voulez plaisauter; la tonte jounâtre de la peau et dés conjonctives, et les romiss mens biliux, et les déjections fétides, pourquoi n'en pas parler? Vous êtes difficile en preuves, si vous ne voyez pa: D une disposition bilieuse avec tendance à la putridité, autrement dit one fièvre ataxo-adyuamique, selôn Pinel , ce grand norateur, qu était lon de pénser sinsi lorsque nous étioës de Ia mème licunce.

— Piacl, un novateur! je ne m'en serais guère doulé. Qu'importe? Ea tout ezs, mon opinion est si bien foule qu'en saignant hardiment le malade, les accidens dimint ront avec rapidité. 11 y a même des cas où en attaquant ‘sms délai «t vigoureasement lirritation , il est powible de jugrdär la maladie ; j'ai ve.

— Et moi au-si j'ai vu, et vous ne me le eontestérez pas, je l'espère ; or, j'ai vu dans ma longue pratque de nombreux cas de cette affection; bien pea ont résisté à ma méthode. Donnez, dis le commencement un bon voutif pour évacuer Ls saburres stomacales ; administre ensuite des boissons acidules afin de neu-

l'appareil chargé de porter les mucosités au dehors, et sur température ne peut exercer qu'une influence éloignée en le volume des ginglions altérés.

On devra dans la plupart des cas employer de légers laxatifs , mais on évitera les purgatifs énergiques et les fortes doses de calomel qne l'on administre si habituellement, Avec de légers laxatifs on ne craindra pas ces inflammations et ces ulcérations intestinales qui viennent souvent Mr pare la maladie d'une manière si ficheuse,

La toux est encore l’un des symptômes le plus fati le malade ; aussi a-t-elle été frise quelquefois ur celle du croup et chez d'autres sujets pour celle de la coqueluche. IL est done important de chercher à la combattre pour éloigner ou empêcher le retour de ces en rs qu'elle ne manque jamais d'accélérer. On choisira parmi es narcotiques céux qui n’agissent ui sur le cerveau, ni sur les intestins. La ciguë m'a réussi souvent dans ce cas, comme dans tous ceux où il y a une toux spasimodique. Les extraits de laitue et de pommes de terre are encore de la même propriété, mais à un moindre degré. Le roublan qui est à la fois tonique et sédatif est celui des moyens appartenant à cette classe que je préftre,

Quelques frictions avec des linimens doués de proprictés stimulantes ét sédatives contribuéront également chez les trés-jeunes enfaus à caler l'ivritabilité nerveuse,

Le reste du traitement sera modifié suivant les causes auxquelles on croira devoir attribuer la maladie. Si c'est la dentition on pratiquera quelques incisions sur les gencives; mais on ne doit pas s'attendre à voir disparaître immédiatement après les accidens; si le gonflement des ganglions dépend d’éruptions développées à la face ou sur le euir chevelu d'où descendent les Iymphatiques vers les nombreux ganglions du col les cataplasmes , les fomentations , les onguens légèrement stimu- Lans, et de 7 apéritifs, sont les moyens qui peuvent être employés avec le plus de succès. *

Si l'enfant à une constitution lymphatique très-prononcée , si surtout il offre quelque symptôme des scrophales, l'iode et ses différentes préparations seront évidemment indiquées. Nous ajouterons encore le chan-

ement d'air lorsqu'il sera possible ; surtout s'il s'agit d'un enfant élevé ans une grande ville où se trouvent réunies les circonstances les plus défavorables à la santé. |

Tous ces moyens différens peuvent être employés dans l'intervalle des attaques on des quintes ; mais si le médecin est appelé au moment mème d'un de ces parox ysmes qui semblent menacer d'une manière immédiate l'existence de l'enfant malade , quels moyens cmployera-t-il et quels conseils donnera-t-il aux personnes chargées de la soigner? Jci nous ne trouvons rien de spécial à la maladie qui nous ocenpe; si li respiration a cessé de se faire subitement on emploicra les moyens qui se trouveront le plus facileinent , tels que les odeurs fortes, liver la face avec de l’eau froide pendant que le corps est plongé dans l’ean tiède , faire de fortes frictions sur les côtés , l'épine et le sternum avec ou sans cmbrocations stimulantes ; on peut ajouter encore si un a Île temps dele préparer, un lavement avec de R térebenthine, l'assa-fœtida ou l'opium, ou inême composé de ces trois substanecs.

laquelle la augmentant

ns pour

tralicer l'alcali de la bile, puis la poudee tempérante de Stall, quelques juleps anodins , et je voué réponds du succès.

— Ala rigueur tout est possible ; quant à moi je m'en tiens à l'irrilation inflammatoire et au traitement qui lui convient. Au reste, l'aulopsi: cadayériqe prouve g? y a gastrite ; Car l'aliération des tissus , La rongeur hortensia.. "7"

— Allons donc, avec votre gastri e, votre rougeür frortensie, el, Jé vous le répète , je guéris mes malades prir la méthode dont je vous .i parlé ; dès loft, j° mé suicie peu dé cétlé anlopsie cadarérique, cetle biaiserie moderne, qi di tout ce que l'on veut, et fait voir 1out.ce que l'on clrche,

— Cessons de discuter, mon vénésable confrère, vou. ne corprèuez pes la scienée : dès lors comment nous entendre ?

— Vous avis easen, mon jeune ami, Vous ne comprenez pas l'art: nôus ne pourons donc être d'arcofd.—Puis tous les À nx s sparcat chacun avec là conviction que son adversaire ferat un bon marché en oubliant de qu'il sait, ports apprendre ce qu'il ignore; d'ailleurs pérsuadés , Je jeune mélevii que son an. cuen est une vicillé Léte à perruque , un routiaier p cèque tombé dans l'enfance sénile ; le vicux médecin, que son jeune adveessire n'est qu'un priticien freluquét, sentant d'une Liene Ja poussière de l'écolé, el qui s'imagine qu'en se servant d'autres mois, on peut dire des maladiss, nous avons change tous cela.

Bien que sous ce rapoort les idées soical aujoneél'hi modifiées, shrtoat à Paris, on peut assurer que les choses sc passent a nù d'une tianière plus où moins évidente, en prenant les deux extrêmes de la profession, Si la parolé n'est pas tonjôurs aûsi viré, aussi tranchée , la non iffèré guère ce.

Ce qu'il y a de singulier, c'est que les jeunes médécins veulent (oujôars fis-

PATHOLOGIE EXTERNE

NOTE SUR DEUX MALADIES PEU CONNUES DES TENDONS DES MUSCLES FLÉCHISSEURS DU POIGNET ET DES DOIGTS ; par le docteur Rocxerra.

$ I. Gonflement crépitant chronique de la partie antérieure inférieure de l'avant-bras. — En parlant du diagnostic des fractures du radius, Boyer dit que « les personnes qui exercent leurs mains à des » travaux pénibles et fatigans, sont sujeties à une affection singulière » du tissu cellulaire qui environne les muscles long abducteur et court » extenseur du pouce , dans laquelle ces muscles, devenus un peu plus » saillans , font entendre, lorsqu'on les comprime , un bruit particulier » que l'on pourrait confundre avec la crépitation, et que l'on ne peut » mieux comparer qu'à celui que produit l'amidon quand on le presse » entre les doigts. Cette sensation est si différente de la véritable crépi- » tation causée par le frottement des fragmens d'une fracture, qu’elle ne » peut jamais en imposer à un chirurgien exercé, etc. (Tr, des mala- » dies chirurgicales , t, LIL, p. 222}. » Voilà tout ce qu'on sait à l'égard de cette maladie. Ni J.-L. Peut, chirurgien si original et si attentif, ni d'autres auteurs anciens ou modernes que je sache, n'ont dit le mot sur cette affection : elle peut cependant quelquelois devenir assez grave pour empêcher l'individu qui la souffre de se servir librement

le sa main, Ayant eu une fois l'occasion d'observer la maladie en ques: |

tion, je vais dire quelles sont les idées que je me suis formées à ce su-

jet. Exposons le fait d'abord.

Oss. — Dans le courant du mois d'août 4433 , il s'est présenté à la conseltation de M, Dupuytren, à l'Hôtel-Dieu, un homme âge d'une quarantaine d'années, de bonne constitution , imprimeur de profession , requérant du remède à l'égard d'un mal qu'il portait à la face antérieure du poignet, et de l'avant-bras. Ce mal l'empéchait de travailler depuis plusivursjours , et il se traduisait au dehors far les caractères suivans : gondement assez prononcé dans l'étendue de 6 pouces, sur toute la partie antérieure inférieure de l'avant-lras et du poigact. Ce gonflement altectait a forme d'un coussinet très-plat appliqué sur cette région. Peau modérément tendue, mais de couleur naturelle ; disparition des truis plis du talon de Ja main, qui, dans l'etat normal, indiquent, comme on sait, be: points correspondans des articulations radio-carpivane, Carpo-carpienne, et carpo-mitacarpienne, Doigts et poignet dans l'extension, et impossibilité du malade à fléchir comylétement ces parlies, L'homme accuse de li douleur lorsqu'on l'oblige à essayer de fléchir la main.

En palpant cette région avec les doigts, on sent une espèce d'empätement profond, rénitent, et offrant une sorte de crépitation sourde, comme si l'on froi sait entre Les doigts quelques morceaux de tafletas vernissé. Cette pres ion devenait douloureuse si de était un peu forte. La physionomie de ce mal avait quel-

chose d'analogue à celle de certaines tumeurs hydatiques du poiguet ; mois l'exploration chirurgiesle attentive indiquoit, sans Le moindre doute, te maladie tout-3-fait différente (4). Le caractèse de crépllation que je viens d'indiquer m'a paru pathognomonique dans la maladie dont il s'agit. Ce malade n'ayant pas voula être traité à 1 hôpitil, Le professeur fit observer aux élèves La rareté di mal, et prescrivit pour tont remède du repos et des calaplasmes résolatif. M Dupuytren ne s'étant pas expliqué sur Li mature où sur le siège de cette affection , ji gaore quelle est l'opinion de cæ chirurgien à cet égard.

(1) Voir la description de ccs tumeurs hydati jues dans la Aevue smédi ae,

septembre 1833,

Quelles sont d'abord les causes de la maladie que nous venons d'intituler gonflement crépitant chronique de la face palmaire du poignet et de l'avant-bras? D'après les réponses que le malade à faites à nus questions, nous avons appris : 1° que le mal s’est déclaré peu à peu et spontanément ; 2° qu'aucune chute ni coup d'aucune espèce sur la région malade n’en avait précédé le développement ; 3° qu'avant d’être abolies au point où on les voyait , les fonctions du poignet et des doi étaient souvent gênées le soir, par effet des fatigues de la’ furals, mais que cette gêne se dissipait par le repos de la nuit. Dans cette investigation étiologique , je ne regrette qu'une seule omission , c’est de ne pas m'être informé de l'espèce d'ouvrage manuel auquel cet homme était destiné en sa qualité d'imprimeur ; ceci aurait peut-être pu jeter quelque lumière sur l’action des causes de cette affection.

Quels sont maintenant le siége et la nature du mal en queston? Nous avons vu ci-dessus que Boyer plaçait le siége de cette maladie dans le tissu cellulaire des muscles long abducteur etcou:t extenseur du pouce, Chez notre malade , il est impossible d'admettre cette opinion , car la crépitation se faisait sentir dans une étendue de G pouces , et loin du siége des deux muscles sus-indiqués. Il peut se faire, du reste , que cette affection présente différens degrés qui n'ont pas encore été étudiés. En attendant que le scalpel anatomique nous ait mis en plein jour la lésion matérielle de cette maladie, je pense 1° que cette affection consiste dans une inflammation chronique des coulisses des tendons qui passent par la région carpienne palmaire ; 2° que cette inflammation est le produit de la fatigue à laquelle est exposé le poignet de certains ouvriers , et qu'elle est accompagnée d'un épanchement de matière plastique en dedans et en dehors des gaines séreuses ou synoviales de ces tendons ; 3° que la substance de ces coulisses tendineuses est probablement épaissie ; 4° enfia que la crépitation dont nous avons parlé depend de la même cause qui fait Leg trs les doigts lorsqu'on s'amuse à tordre une phalange sur l'autre, ou bien qu'on les fléchit fortement en les pressant avec l'autre main. Les raisons qui me font émettre cette opinion sont les suivantes.

Les tendons à gaine ont une structure toute particulière , ainsi que je me suis efforcé de le démontrer ailleurs (1). La face externe de ces gaines est tres-lamelleuse dans certains endroits , et formée pour ainsi

dire par l'agrégation d'une multitude de petites cavités sérenses , déira de graisse. La liqueur qui arrose ces petites cavités , aussi {bien que celle qui abreuve l'intérieur des mêmes coulisses , est de la même nature que celle de l'intérieur des cavités articulaires, rd , Elém. d'anat. gén.) Or, lorsque les gaines des tendons s'enllamment , elles sécrètent une quantité de matière séro-albumineuse qui claque ou crépite sous la pression des doigts; c'est ce qu'on voit âprès certaines contusions des articulations , certaines entorses, et même après certai- Înes luxations. (A. Cooper's, On dislocations , cte., pag. 6.) Ce cla- |quement , où ceîte erépitation , est le résultat du déplacement brusque lqu'on imprime à la matière synoviale sus-indiquée et à une certaine l'quanuté de gaz qui, d'après de ao de M. Lobstein (Ænat. path., 2. L, p. 61), se trouve perpétuellement disséminée , pendant là vie , dans toutes les mailles des issus que nous venons de nommer , au:si {bien que dans l'intérieur des articulations; c'est ce que les anciens av-

(1) V. Des lésions traumatiques des tendons. Archives générales de médecine , février 1834.

EE EEE raître plus âgés qu'ils ne sont , tandis que besucoup de médecins devenus vieux ! tâche de se donner l'aplomb de l'homme vieux ; il se compose , autant qu'il est en

ont la prétention d'avoir les idées et le caractère jeunes, Qui n'a connu le docteur Montagu , ce doyen des médecins de la cap tale? Avec son habit c-reé ct ses manchettes, sa culolte courte, ses sœulivrs à boucles , son petit jabot et sa perraide, il ny avait pas à s'y méprendee; eh bien! ce médecin d'un autre ge affectait dans les opinions un certain air de jeunesse. Tout en se glonfiant de ses années, il refusait d'en prendre Les manières. 1H répitait sans cesse en vous abordant:« Je me porte jamais de canne, et je saute bes ruisseaux comme un jeune homme; encore ne sais-je, sjoulait-il:s Portal lui-même, cet excellent type du genre vieux médecin , cachait son âge avec le plus de soin pussible, Sa maigreur, sa figure momie, sa longue taille un peu voûlée, sa perruque à mar rons , laidonn ient dus l'ensemble une sarte de décrépitu le pittorssque. Mais son fn, son sourire éternel, sun exquise politesse, le soin qu'il avait d'assister à toutes les séances des sociétés savantes dont il faisait parie, éloignaient l'idée d'une vieill sie caduque qui ne demanile que du rpas. Aussi ln'aimait il point qu'onbui parlèt de son âge avancé ; c'etait ane mauvaise manière de lui farce sa cour Très-peu d'années avant sa mort, un jeune médecin Jui avait dédié un petit traité de sa composition, On lisait dans cette dédicace que la vieillesse de cet lustre médecin était couronnée d'honneur et de consideration. Por: ta, après y avoir reflechi, envoya le lendemain dès sx heures du matin son dumestique, pour prier Le jeune auteur de faire un carton, alu que le mot vi: ill sse isparût, Ce sont, lui dit il ensuite, « des choses qui se disvat bien raremat , mas Qui ne s'écrivent jamais. » De son eûté, tout médecin imberbe, nouvellement gradé dans une faculté,

lui un extericur âge, sauf encuite dans l'occes on à manifester son dédain e quiconque a d son sixième lus're, à clonee aux gémonies du ridicule la raison et la prudence , traitres de narcotique abachage. sait qu'un jeune médecia du dernier siècle commença t ainsi beaucoup d'observations, puer G9 asnorus, ele. Au reste, l'hypocrisie de la grav té est encore un hommage qu'elle rend à celle demi-vertu; ceci nous prouve encore que l'âge et La robe lonsne ne font pas toujours ke pédant.

Cependant l'un et l'autre s'évertuent inutilement dans un rôle factice ; on ne tarde à les reconnaitre, Le vieux médecin a beau s'affublir du masque d'une certaine jeunesse , le masque est transparent et laïsse voir les rides du vissge. Bico plus, les opinions elles-mêmes ont un ce tain air de fixité qui ne trompe personne, Tout médecin qui grisonne et prend du veutre passe aux idées mg À er il ya peu d'exceptions. C'est en vain également que le jeune médecin affecte le Costume et le maintien graves (1), l'air s nten-

(1) Nos devanciers , comme on sait , lensicnt beaucoup à un certain costume ; avaient-ils tort où raison? La question n’est pas encore décidée, Toujours est-il que ce costume leur allira mainte épigramme : E

Affecter un air pédantesque , Cracher du grec ct du latin,

Lr0OOOIC

laient halitus vitalis. Cela étant admis , l'opinion que nous venons avancer ne serait qu'une conséquence immédiate de ces faits. J'ajouterai que , tant pour la profondeur que pour la direction à laquelle on la sentait, la crépitation antibrachiale m'a paru , chez ce malade , suivre incontestablement les tendons des rh. sus-mentionnés.

D'après ces considérations , Le traitement de la maladie en question n'offre rien de difficile. Si j'avais à soigoer une affection de cette nature , voici d'après quels principes je me réglerais. 1° Si le mal était récent et douloureux au toucher : repos , cataplasmes ; 2° s'il était ua peu chronique et presque indolent : bandige compressif , ablutions d'eau froide; 3° si le mal était trop ancien pour céder à ces remèdes : vésicatoires volans , compression évaporante (1).

$ II. Hydropisie des tendons de la face palmaire de la main. — La maladie dont nous entendons parler ici consiste dans nne collection de liquide formée dans une portion bornée d'une des gaînes des tendons des muscles fléchisseurs des doigts. Elle constitue une affection tout-àfait différente des tumeurs hydatiques déjà citées , et pourrait être com-

rée à l'hydropisie de la bourse muqueuse antérotalienne , ou bien à "hydranose du névrilème du nerf sciatique , décrite par Cotugno. ( De ischiade nevrosa. ) Avant de nous livrer à des considérations particulières sur le mal que nous allons décrire , ex s le fait tel que nous l'avons observé , il ÿ a un an, à l'hôpital de la Charité, dans le service de M. Roux.

Ons. — Une femme âgée de 45 ans, couturière, ful admise dans une des salles dudit hôpital, pour être traitée d'une petite tumeur oblongue qu'elle portait dans La paume de la main droite. Cette tumeur occupait la partie infvrieure de l'os métecarpien du doigt médius, et la première phalange de ce même doigt, elle avait la Ggure et le me Abe d'ou petit œufde pigeon ; était trés rénitente au toucher , sans changement Je couleur à la peau, et indolente, Ce mal existait depuis huit mois, et, au dire de la malade, il était venu par suite d'une profonde piqüre d'aiguille. Eo palpaut cette tumeur, on seat qu'elle est profondément placée au-dessous de l'aponérrose palmaire, qu'elle contient un liquide qu'on peut faire refluer dans la direction du tendon fléchisseur de ce doigt, c'est-à-dire en bas, jusqu'à l'union de le première phalange avec la seconde ; en haut , jusqu'à la morié du métacarpien open ape eu s'élargissant un peu de ce cèté el es empiétant de quelques lignes sur le métacarpien du doigt annulaire. Aucune sensation de ben hydatiques n'était perçue dans le liquide fluctuant de cette tumeur. La mal n'y éprouvait aucune sorte de douleur; elle avait, depuis un mois , été obligée de discontinuer les travaux de son état, à cause de La mécanique que la grosseur esusait à la main; en effet, le doigt médius ne pouvait en aucune manière être Îechi, et l'anoulaire était aussi beaucoup gêné dans se3 mouremens. D'après la malade, cette affection s'était déclarée par-une p tite lumeur du volume d'une noisette, qui avait grandi par degrés ivscnsibles an point où on la voyait, La piqère d'aiguille à lsquelle La bnme attriboait l'origive du mal, n'avait donné lieu qu'à une douleur passagère qui s'était dissipée spoatanément en quelques jours, La tumeur avait été prise pour uoe petite loupe où pour un ganghon dans les commencemens,

M. Roux à jug/ que la tumeur en question n'était autre chose qu'une Aydropisie de La gufne du tendon fléchisseur du doigt médius. I était à le en ef. fet de s'en former une autre idée. d'après l'examen sttentif de la partie. Cette malade est restée près d'un mois à l'hbgatal ; on lui à fait faire des frictions le soir avec de la pommade mercurielle , et des fomentations pendant le jour avec une solution de muriaté d'ammoniaque {une once de mariaté d'awmoniaque dans une pinte d'eau); où joignait aussi à ces moyens une légère compression sur. la tumeur même, Bien qu'à l'aide de ce trailement continué perdant une vragtaine

(2) Pour la manière de pratiquer la compression évaporante , voyez Transactions médicales . juillet 4833.

ceux, l'hsbitede de voir des malades; son hésitation , sa fable et rourte expérience se décèlent aussitôt, La nature, en effet, ne peut mentir à elle-mime , et l'empreinte est trop prolonide pour qu'elle s'efface aussi aisément. En tout temps la jeunesse tend à l'action, la vieillesse penche vers le repos Jeune, l'homme cherche les plaisirs, l'initraction we vient qu'après; vieux, il évite les maux , il tätonne, il craint sans cesse, tout en décorant sa faiblesse du nom de prudence. L'ao étend, l'aufre resserre son être; le premier voudrait tout atteindre, tout posséder, tout identifier à lui-méme ; il a la passon du neuf et du mieux; on le voit tout disposé à croire.avec les Sant-Simonieus, qu'il faut relier l'homme et la femme, qu'on doit r habiliter la matière et sanctiGrr la rolnplé; ke second s'estime heureux s'il peut fuir toute recousse, se tenir coi. badpendant le 4 pos sible, se circonserire tellement qu'il ne donne nulle prise au malbeur. à la soaffrance; c'est Là sa Give par excellence, Anssi, tout effort lui «st impossible, et il

une force d'inerlie au progrès, le géaie du tps, comme dit le grand Arnauld, Eh bien! ces traits généraux peuvent s'appliquer aux médecins, loutefois avec les changemens apportés par la profession et be teurs artuxl, Ce de.ne: surioal à un caractère et une infsence particulière, Ne sommes-nous pas en effet à une époque où l'égoisme est la base de tout, où chacun craignant de mourir

Longue perruque, habit grotesqne , De la fourrure et du satin,

Tout ccta réumi fait presque

Ce qu'on appelle un meilecin.

de jours, la tumeur eût visiblement diminué d'un cinquième, au point la malade pouvait déjà mouvoir et même fléchir le doigt, néanmoins l'impatience de la femme de quitter l'hhpital , aous rend cette observation incomplète sous le rapport de la thérapeutique. *

J'ai cherché en vaio dans les auteurs l’histoire de cette maladie. Ceci nous porterait à penser ou que le mal en question est excessivement rare, ou bien qu'il a été confondu avec d'autres tumeurs d’apparences analogues dans la même région. Disons d’abord que la grosseur en question, telle que nous venons de l'esquisser, diffère essentiellement des ganglions et des tumeurs hydatiques du jee: avec lesquelles elle pourrait être confondue. Le ganglion , en eflet, est une tumeur ronde, mobile, qui nait en dehors des coulisses des tendons , immédiatement au-dessous de la peau et dont le siége le plus ordinaire est la région carpienne dorsale. Aucune de ces conditions n'existait dans le cas qui nous occupe.

Les tumeurs bydatiques du poignet ont, ainsi que je l'ai démontré dans le mémoire cité , des caractères tout spéciaux qui les distinguent essentellement de l'hydropisie des tendons. Ainsi, par me Là tumeurs hydatiques ont leur origine dans la région supérieure du carpe, audessous du ligament carpien palmaire, et en dehors de la gaine FE tendons ; tandis que rien de pareil n’est observé dans le mal en question. En outre, les tumeurs by PTS prennent dans leur marche la figure d'une petite tortue aplatie et bipartie par le ligament sus-indiqué, ressemblant parfaitement à ces tumeurs enkystées sous-péricränieones que les anciens appelaient taupes (v. Monteggia), tandis que la grosseur bydropique ci-dessus avait Ja figure d'un petitœuf de pigeon hiencirconserit. Ajoutez à cela que tant la nature de la fluctuation, que le siége du mal sur la phalange, dénotent incontestablement ici une maladie diffé rente des tumeurs hydatiques.

Nous avons dit plus haut que l'hydropisie des tendons fléchisseurs des doigts pourrait être comparée à celle du névrilème du nerf sciatique. J'ajouterai maintenant que la même maladie a été observée dans le névrilème du nerf optique; j'ai moi-même réuni et publié plusieurs cas fort remarquables de cette dernière affection (1}. f ÿ a cependant cette différence à noter entre l'hydropisie du nerf sciatique et celle du nerf oculaire ; c'est que dans le premier cas le liquide est épanché dans toute la gaine du tronc nerveux, tandis que dans le second, le mal est circonserit, borné et comme enkysté dans une petite portion de la cavité de la gaine. J'ai considéré celte espèce d'hydropisis enkystée comme le résultat d’une inflammation qui aurait obliéré le névrilème sur deux points ou moins rapprochés entre eux. Ne pourrait-on pas en dire autant de l'hydropisie des tendons dont il est ici question ? Ne pourraiton pas Pl rat la piqüre de l'aiguille, à laquelle la femme attribuait son mal, cowme une cause déterhinante de l'inflammation sourde que nous présumons avoir existé dans l'intérieur de la coulisse séreuse, et, par nr me comme une gccasion réelle de l'hydropisie eokystée du tendon ? Cette idée est pour moi là plus probable : je l'adopte d'autant plus volontiers que j'ai vu de véritables bydrarthroses au genou survenir par suite d'une simple piqüre pénétrante dans cette articulation, et ne se dissiper qu'après un temps À à us où moins long.

Quel est le traitement à établir dans l'hydropisie enkystée de la gaine des tendons Mléchisseurs de la main? Celui qui à été adopté par l'ha-

{+} Voir sur bes causes et le siège de l'amaurose. Asvue médicule | déceen bre 1832.

de faim au bas de l'échelle sociale, ne suit ni s: contenir ai se contenter, ce grand et éternel secret de la vie? Les méde cins jeunes ct vieux représentent parfaitement celle É €, toutefois avec les difféceuc:s de leur âge.

æ E jeuses gens, dit Pythagore , se fassent instruire; que les hommes faits s'exercent dons La pratique du bien, que Les vie lards se reposent. » Cela pouvait être duns | sèche du philosophe que je viens de citer ; mas dans le nôtre, cette admirable sentence est decidwent un non-sens, Il nest guère de june bowme qui ne secroie aujourd'hui iosruit d- très-honne heure , et profondément instruit : aussi le desie d'uac petite célebrité le dévore et le fascine ; mépriser le LE et le raillce, croire en soi, voir tout un momie dans quelques étinvelantes

les de savon, enflées au chalumeau de la vanité; se laisser séduire par d'insstiab'es et immenses désirs, par ue soif de liberté fausse et mensongère, par de folhs et de riantes théories qui promettent un bosheur impossible et d'gotteat de la situation présente; n'est-ce pas ce qu'on remarque chaque jour parmi nous? Voyez aussi ceux qui ont rééu; ae s'enfoucent-ils pas dans le plus étroit égoïsme ? On dirait que les rides et l'avarice, ces sign-s carac'éristiques d'une mort qui commence et s'approche, sont plus marque que jamais Selon liplepart d’entre eux, tout @e qui est jeune manque de raison, tout ce qui est nouveau est faux Le fruste de leu-s idées se remarque daus leurs opinions, daas lues hahita 'e.; «1 ces habitudrs tendent sans «esse à l'isolement, à la mébance , à la négation du progrès, au quiétisme scheuilique. À les entendre, les temps d: révolution où ils ont véry kcur ont appris La base, la En de toute pbilosopiie expérimentale : chacun pour soi et Dieu jour tous Ils ont travaillé, ils ont souffert, ils ont acquis; qu'on les imite, rasis qu'on les laisse : à regos; tel est le langage ou du moius La peusée se.

RP Ron

bile professeur de la Charité est certainement des plus rationnels et peutêtre aussi des plus eflicaces, J'aimerais seulement rendre plus actives les fictions de pommade mereurielle en joignant cinq ou dix parties de muriate d'smroniaque dans chaque cent parties de la même pommade, ainsi que le fait M. Dupuytren pour combattre certains engorgemens chroniques. J'aimerais en outre insister principalement sur la compression locale qu'on pourrait activer en la rendant évaporante. Je voudrais enfin qu'on essayat les effets des vésicatoires volans bien cantharidés , en eas que les moyens ci-dessus se montrassent inefficaces.

Si le mal résistait htous ces remèdes, conviendrait-il avoir recours à la ponction de la tumeur ? Voilà une question à laquelle vous ne pouvons répondre que par analogie.

Iln'en est pas ici comme dans les tumeurs hydatiques de la paume de la main. La ponetion dans ces dernières tumeurs n'a ordinairement d'autre inconvénient , lorsqu'elle échoue , que de laisser reproduire le mal, à moins toutefois qu’une inflammation grave ne survienne dans tout le tissu cellulaire très-serré de la face antérieure de l'avant-bras et du poignet. Mais d'autres dangers existeraient peut-être de ponctionner une hydropisie de la gaine des tendons ; l'intérieur de ces coulisses étant analogue à celui des cavités articulaires, l'action de l'air produirait peut-être ici les mêmes accidens que dans les hydrarthroses lorsqu'on les ouvre ; l'exfoliation du tendon serait peut-être aussi inévitable après cette conduite; mais ne barsardons pas des conjectures que l'expérience pourrait peut-être démentir. Je pense que si le mal résistait à tous les moyens sus-mentionnés, qu'il fit ou qu'il ne fit pas de progrès, et que le malade en füt incommodé, il ne faudrait pas hésister d'en pratiquer la ponctios. J'aimerais, dans ce cas , me servir d’aiguilles à acupunture el ponctionner la tumeur sur plusieurs points de sa sur-} face , afin d'évacuer le liquide en une ou plusieurs séances, et provo-) quer ue inflammation adhésive sur les parois du kyste, sans donner | accès à l'air, Le séton ne pourrait convenir que comme une dernière ressource , car il ne met pas à l'abri de la mortification du tendon que nous voudrions à lout prix éviter.

Je terminerai cette note par une réflexion prenne que j'emprunte au plus grand médecin de l'antiquité, relativement à une particularité des tendons de la main : « Cur igitur ita longos tendines crea- » vit (aatura} et non produxit ad carpum musculos? quia levem simul, set tenuem esse extremam manum ptistabat, quam turbà caroium » obrutam, gravem simul et erassam fieri : mmulta enim ita deteriüs et » tardiüs agcret eorum, quæ auoc prompté et bellè perfäcit (1). »

ES

Page 1