REVUE DES CLINIQUES MÉDICALFS DE L'HÔTEL-DIEU DE PARIS
Dans les précédens numéros de la Grazerre MÉDICALE , on à étudié les principaux caractères de la constitution médicale régnante , et nous avons signalé le cachet qu'elle imprime aux maladies et l'espèce de
{4} Gakeni, De usu partiumr, cap. 47, p. 4117. Edit. venela 1625.
tendance à la reproduction du choléra. Cependant , parmi nos observa: tions nombreuses recueillies dans le service clinique de: M: le seur Chomel , nous n'avons à mentiosner jusqn'ici qu'un seul cas dé cette maladie, promptement arrêtée dans sa marche sous l'influence d'une médication dont les opiacés formaient la base. Le choléra chez oë sujet avait débuté pourtant avec le cortége de ses symptômes Les plus formidables ; coloration violacée de la peau et des ongles , iraits de la face profondément aliérés, facies exprimant l'anxiété et la douleur, ms caves et entourés d'un cercle livide, vomissemens fréquens, selles iquides et blanchätres , suppression complète des-urines ; en un mot, elle était caractérisée par oct ensemble de symptômes, signe précurseur d'une mort inévitable et prochaine. Trois cas semblables, Les ea dehors du service de l'Hôtel-Dieu, se sont aussi terminés d'une miaière prompte et heureuse.
L'état bygrométrique de l'air, les variations brusques de la température et la saison des fruits, ont occasioné une foule d'affections abdowinales, et particulierement donné naissance à celles du tube digestif. Parmi les lésions du canal intestinal , l'altération des plaques de Peyer, un des élémens les plus coustans dela fièvre typhoïde, s'est offerte à notre examen avec uo appareil de gravité intense. Sur 9 cas d'affections de ce genre, 3 sujets ont succombé , tous dans la deuxième période de la maladie , et à la vigueur de l’âge. Ce chiffre de mortalité est bien effragant , si l'on remarque que chez 4 de ces individus Les symptômes typhoïdes n'ont pas été assez tranchés pour emporter conviction sur la dature de la maladie. D'où peuvent provenir ces réeultats funestes? La thérapeutique est-elle impuissante pour combattre ceile maladie, ou quelle est l'influence des divers traitemens sur sa marche, sa durée et ses terminaisons ? Exposoos d'abord les faits , pour en déduire ensuite des conclusions théoriques et pratiques.
LMBARRAS GASTRIQUE, — AFFECTION TYPHOÎDE, — PERFORATION DE L'INTES. TIN, == PÉRITONITÉE SUR-AIGUE, — ADMINISTRATION DE L'OPIUM A HAUTES DOSES, — MORT.
Ons 1.-Le nommé Lerol, agé de 22 ans, couvreur de profession, se dit indisposé depuis quiase jours, Sa maladie a débuté par desdouleurs épigastriques, une pesanteur de tête, an malaise général, et par une grande faiblesse après un travail pénible, sans nécessité méammoint de l'interrompre ou d'en dimiauer la durée. ILn'a pas perdu l'appétit, se sent même plos dispas après l'ingestion des alimens dans l'estomac. Depuis l'invasion son mal « fait des progrès lents, mais continus ; et Jandi seulement, E anût, il fut obligé de saspeadre 00 travail pour se rendre à l'Hètel-Dicu. Pendant les trois jours qui ont précédé 400 admission à La clinique ; le malade à éprouvé de la soif, de la chabeur, et quelques selles liquides , sans coliques , sans nausées, sans vomissemens. Examiné le 9 août , son état est le suivant : douleur épigastrique augmentée par la pression; indolence du ventre dns les différens points de La capacité abklominale ; deux selles liquides dans les 24 heures ; face un peu animée, tête moins pesante qu'aux premiers jours d'invasion , langue humide et couverte d'un enduit jaune, serdâtre, rosée vers la ligne médiane, €t tachée à sa pointe, du méme enduit, mais moins épais; rien d'anormal dans la poitrine ; pouls large et résistant; il frappe 80 pulsations par minute; la peau est chaude , sans acrelé; le sommeil est agité, sans délire. (Sargnée de 3 palettes, 5 lavériens, solution de sirop de gomme, diète.)
Le lendemain peu de céphalalgie, mais douleur à la gorge él mouvement fébriie intense. Les deux jours suivans il se déclare une légère épistaxis; la pesanteur de tHe augmente, et la Ésiblisæ et les vertiges rendent pour le malade la station imra (biète, lvemens, cataplasmes sur l'abdomen, et solution de sirop de gomme.
Ce fut dans la journée du 43 su matin que le malade, allant à la selle, éproura des douleurs vives à l'anus, avre diféculté extrème d'expulser ses malières fécales. 1 prend un lavement, et fait des efforts violens pour le rendre ; et pendant
crète de brouconp d'hommes murs. Tout c-la se mélange , s'amalgame ; se nuance || d'axoir sagement raison, et qu'il n'est pas toujours ntile d'aller jusqu'au bout de de qualités particulières , d'où résulte l'ensemble de la civilisation et de la société son opinion. Comprenant que tonte doctrive a sa réalté, tout système nn côté
actuel'e, Or, les médr cins qui treunent à cette société par une iofiaité de liens, en | vrai, qu'il n'est point d' L reçoivent aussi nue forte part en action, et leurs mœurs ÿ correspondent parfai. | l'erreur n'altère , il se prend d'indulgence pour les hommes et Tout y est tranché, divisé, pour quiconque ne se contente pas de ls sur- |'prisait d'ahord , et courbant son orgneil juvénile, il cesse de mettre Le pied sur La gorge du sièrie.
tement, face et de l'opparence. .
Ce n'est pas selon moi qu'on doive bezucoup se plaindre de ce contraste de mœurs, de cette opposition d'idées qu'apportent les âges; peut-être même do 1on s'applaudir qu'il en soit ainsi: la sainte cause du progrès en dépend plus qu'on ne croit, Cette assertron , qui seat le paradoxe, n'en est pas moins fondée sur vérité, Ce qui parait on sujet d'a con ou «le ruillerie, est pour le philosophe le prince pe d'un perfection mt futur et iafsillib'e, C'est en effet au moyen de La difiérence de vues et d'opinions que se trouvent sdmirablement combinés le mouvement progressif et l'action modératrice; l'impulsion première et le point d'arrét secondiare, l'imagination qui pousse en avant el Le jogement qui tend à l'examen. De cette dualité disvordenté cn apparence, naissent la véritable harmonie, l'ensemble, autrement d & cette force réelle qui, par un moavement non interrompu, s svance vers de but plus on mains lentement, mais ne recule jama's. Si le jeune savant est chliousiaste dans ses idées, pre dans ses jugemens, passionné dans ses yrpath es où sn aversion ; attendez quelques années, et vous le verrez tem pérer cette foigue trés-nécessaire pourtant à La propagation des idies nouvelles, mais qui finirait par en compromettre l'utilité. Bientôt ce rameur vigoureux sent qu'on n'avance jas dans La connaissance des phénomènes de la patüre aussi vite qu'il l'avait cru d'abord. Il a va, il a observé par lui-même , il a senti la nécessité
docteurs, hautains, tramchans, esculapes aux pieds légers, possédés par le de l'avenir, mais dont les adées, les erreurs, ra ea s'écarient parfois du justé et du vrai, où peut être certain que ces hommes in'ont vu que l'extérieur des choses. Pénétrez plis avant, examiner bien la nature et la direction dn mouvement composé dont j'ai parlé, et sovez sûr qu'en définitive les résultats seront avantageux pour la srience, Au reste, pour préseuter tte idée dans son vrai jour, pour faire micux sentir encore ce qu'elle a de fondé, tächons de Lüre avec impartialité Le parallète du vieux et du jeune médecin ; examinons leurs défauts, leurs qualités, leurs avantages, leurs faiblesses et même leurs ridicules, Si le tabbran est vrai, si les préceptes sont bien posés, le lecteur en déduira ficilement les conséqu nees. E
ï ne soit mélre de vérité , et point de vérité que
choses qu'il mé-
Ceque nou: venons de dire s'applique plus exactement peut-ftre à notre
spires siou qu'à lou‘e autre, Anssi quand on voit des hommes se plaindre tantôt de
gérontueralie médicale , qui dit où envahit tout , tantôt de cette foule de res dé 5 mon opinions, les juvemilia extempo-
L contraction de £es muscles alominaux , il ressent une souffrance atroce avec déchirement dans la fosse Hisqie droite. Bientôt la douleur arrive à son summumn d'intensité ; l'agitation du malade est e strême ; il se roule dans son lit ; et'ne pour. vant- trouver dusoulagement à ses souffrances , il se couche quelques instans à plat-rentresur be carreau, Des gaz s'ébappent de l'estomac sas vomissemens ai nausées; l'abdomen, seauble à la pression, surtout dans le flanc droit , est tendu comme dons uve péritomte; le facies eat pâle, exprime la douleur sans altération fonde des traits ; le pouls donne 420 palsations (la langue est sèche et humidr, 60 sangaues sur le ventre, 40 pilules d'opium d'un grain cheque , à donner de demni-beure en demi-heure, jus ‘à ce qu'elles procurent du repos at malade ; glaçons à l'intérieur, eu Le 15, päleur extrême , sucurs froides, pouls misérable , mouvemens de cœur tumullueux, assoupissement profond el ventre tendu. (Preser, : 15 gr. d'opium en pilules de 2 gr. chaque; À be à l'rntérieur.) Mort à 40 beures du soir.
forte, est malade depuis 15 jours. Pendant le temps qui a précédé 04 admission : au n° 54 de la élinique, il « épronvé des frissons, de La céphalalgie , des brisemens dans les membres, de lineppetence, et sa faiblesse l'oblige de suspendre fan tra vail pour s'aliter.
La jeudi 19 juillet, persi lance de tous ces symptèmes ét augmentation dans la douleur de tête; de plus , insomnie rér,s-erte et délire; une légère épistaxis se déclare, et la pression dans la région iliaque droite fait éprouver au malade le sen- Ument d'une vire douleur. Sa langue est sèche; la bouche pâteuse et amère; ln soif ardente , et le malade à eu rrgulièrement une selle chaque jour. On prescrit upe sxignie.
Examiné le 20, son état est le suivant : décubilus dorsal; expression d'accablement; un peu de fixité dans Le regsrd; réponses lentes, mais justes ; céphalalgie violente et frontale, I refuse de se mettre sur son séant, et ne peut porter la main à la tête sans faire des efforts et éprouver une grande fatigue. La douleur: atlomianale persiste avec insomnie et révaseries; la pression donge ua léger bruit de gargouillemet dans la fosse iliaque droite, ei l'auscultation wa peu de râle sibilaut accompagné d'une toux sèche. La Langue, demi-collante, est recouverte d'un enduit blanchätre ; la bouche est pâteuse, la soif ardente, l'inappéteace complète, et la peau n'offre au toucher que sécheresse et chaleur, Le pouls donne de 95 à 100 pultions por miuate. On prescrit kseblorares.
Le 24 et le 22, faiblesse extrême, ventre tendu, taches rosés à la peau, pouls féheile ; l'affaissement est si profond , que le malade ne répoud pas el pe louene
as méme les yeux vers lai qui lui parle. Prescriplion : slvages aux orcilles, es chlorures.
Le 23, Le délire est continue; La respiration devient dificile, les selles sont involontaires, le langue reste sèche et brunätre , et La peau brillante au toucher. (Lavement cl potson à Ë grains de muse, bain de tout le corps , affusions d'eau froide sur la tte, à 18 degrés dé température,
Le 24. Les symp'ômes s'aggravent ; l'agitation est extrême ; le délire taciturnes le pouls fréquent, et le ventre métévrisé; on continue le même traitement, et ba mort arrive le 27 jmillet.
4 l'autopsicon remarque une ahérence forte de la pie-mère au ocrreau ; lex mépipges sont un pes rouges, et les sinus remplis d'un sang noirdtre; mais les priacipales sltéralions se manifestent aux plaques de Peyer, prés dela valvule iléocœcale ; elles présentent un aspect gonflé ; plusieurs sont recouvertes d'escarres jannätres; d'autres présealeat un commencement d'ulcération, tandis que la muqueuse, quai n'a pas participé à l'inflammation, eut d’une pâleur extrême, Les ganglions mésentériques soni rouges, lumébés el ramollis. La rate et ke foie présenteat aussi un ramollissement notable; la muqueuse de l'estomac, légèrement boursouflée, offre wi aspect mamelonné el laisse apercevoir des vestiges de phlogase.