TRAVAUX ACADÉMIQUES, ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance pu 27 saxvien 1834, — Le ministre du commerre et dos travaux pablies transnset un mémoire dans lequel M. Gallier de Sarcey ( Houte-Marne ) traite particulièrement des causes du choléra et des moyens d'en prévenir le re‘ tour, L'examen de cet ouvrage, ajoute le ministre, parait devoir natorellement trouver sa place dans le travail de la commission qui a été chargée de rechercher les liaisons appréciables qui peavent exister entre les phénomènes météorologiques et l'apparition du choléra. Je désirerais savoir à quel point en sont les travaux de retle commission , ete,
Plusieurs des membres qui avaient été désignés pour faire partie de la commis sion, déclarent qu'ils se sont réunis à ect effet, et que le resultat de La défibération s été que sar ce sujet tuutes les recherches ne pouvaient conduire à aucun résultat , et qu'il était oiscux de s'en occuper,
M. Payen aononce avoir exzniné de nouvesa l'eau qui alimente les fontaines de Grenoble , et donne leu à la formation de ces tubervules d'oxide de fer, dont les tuyaux de conduite s'engorgent en peu de temps, {n'a reconnu d ns cette eau aucune race de fer en solution , mais il s'est assuré qu'elle offrait ane réaction fortement alesline.
M. Paratey écrit qu'il a trouvé, dans l'Encyclopédie japonnaise , la figure de quatre plantes marines du genre des fucas, indiquées comme utiles pour guérir le goltre, M. Paravey voudrait que l'Académie s'occupdt des moyens de faire traduire en entier l'Éncyrefopédie Le soupe et un traité de botanique en chinois Ù qui existent à la bibliothèque royale. AE
M, Juliz de Fontenelle rappelle qu'au mois d'août 4831 , il avait offert à l'Académic de se soumettre avec quelques autres personnes aux expériences qui se raient désignées par la commission chargée d'examiner les questions relatives aux propriétés alimentaires de la gélatine,
Ces propositions furent acceptées, dit M. Juka, et M. Darvct fut chargé de ré. diger he concert avec M. Sérullas ct avec moi lé plan d'expérimentation à suivre, Le 26 septembre, j'éceivis à MM. les membres de {à commission pour leur annoncer le commencement de mes expériences sur doure individus. Le 24 octobre, je donnai de nouveaux détails sur ce sujet, et Le 49 décembre, enfiu, j'annonçai que ce premier travail était terminé, et je demandai de nouveaux rensrignenwns dans le cas où la commission jugerait nécessaire que j'introduisisse quelque changement dans mon système d'expérimentation, Mois, à cette époque, la commission était déjà devenue incomplète par la retraite, l'absence ou la mort de plusicurs de ses membres. Je n'en aï pas moins continué mes recherches. Les résultats que je transméttrai prochainement à l'Académie. reposent sur une Ex périmentation de 18 mois, faite chaque trimestre sue 12 à 15 individus de tout âge et de tont sexe. | :
Dans ces recherches, ajoute M. Julia, je n'ai pas eu seulement pour but de déterminer jusqu'à quel point lo gélatine joait de la propriété nutritive. Je me suis livré à de nouvelles investigations sur l'alimentation en général, et je crois être parvenusà quelques résultats intérecsans, Ainsi, j'ai constaté que cerlains alimeus ne sont réellement presque pas nutritifs, et ne font, vomme dit le vulgaire, que tromper La faim. D'autres occasionnent un sccroissement dans le volume et Je paids du corps, mais diminuent les forces musculaires; beaucoup de végétaux sont dans ce cas. D'autres alimens enGn, et ce sont ceux que nous empruntons au régne animal , agistcot plus spécialement sur le développement de la force musculaire. Nous pensons en conséquence que la qualité putnitive d'un aliment doit moins s'estimer par l'embonpoint que le co-ps peut scqnérir que par l'accroissement des forces, C'est ane considération que l'on parait avoir “or usqu'à présent dans les expériences relatives aux propriétés a imentaires de la gélatine, et à Jaquelle on verra que j'ai eu égard dans mon travail , recourant sussi souvent à l'épreuve du dynamomètre qu'à celle de la balance. ;
M. Audonin adresse un mémoire ayant pour litre : Observations sur les métamorphoses d'un: chenille du genre dosithes, et sur les hibitudes dune Lorie d'ichneumeon, vivant à ses depens. L HOUEX
M. Donné, chef de clinique à l'hôpital de ln Charité, adresse un mémoire iatitulé : Des propridtét chimiques der sécrétions dans l'état sain et clans l'état morbüle, et de l'exittence de courans électriques déterminés jar l'acidité «1 l'afcalinité des membranes dans Les corps organisés.
Voici le résumé des faits principoux contenus dans ee travail :
4° L'enveloppe extérieure da corps , la pen, sécrété par toute sa surface une humeur acide ; ecpendant la sueur , au lien d'étre , Comme on le pense généralement, plus acide aux aisselles ct autour du pobis, est au contraire slealine en ces points ainsi qu'aux doigts des pieds ; |
2° Le tube digestif sécrète un muens alealin dans toute son étendue , excepté dans l'estomae, où le suc gastrique est fortenwat acide ; ;
3° Les membranes séreuses et les membranes synoriales sécrètent tautes une l'queur alcaline dans l'état normal; celte sécrétion devient quelquefois avide dus certaines maladies ; rs,
4" La icmbranc acide externe et la membrane alcaline interne du corps bu main représentent les deux pôles d'une pile dont les effets électriques sont app: ceisbles au galvanomètre, Arnsi, quand on met l'un des conducteurs de cet instrument en contact avec La membrane muqueuse de la bouche , et l'autre en contact avec La peau, l'aiguille magnétique se dévie de 15,20 et même 25 degrés suivant Ja scasibilité du galvanometre ; «t la direction indique que la membrane muqueuse on alcaline prend l'électricité négative, et la membrane cutanée l'électricité Pt ndamment de res deux grandes surfsces offrant des états chimiques opposés, 1l existe dans l'économie d'autres organes que l'on peut appel acides, les autres alcalins, et qui donpent le mènx résultat, Entre l'estomac, par exemple, et le foie de tous les animaux, on (rauve des courans élcctriqnes extré-
mement énergiques. / s :
5° M, Dont reconnu des plénoménrs électriques da même genre dans les
ler les uns épidém
végétaux, en plaçsnt un pôle du galvanomètre dans le centre d'une tige, dans le canal tmédulläire , et l'autre dans l'écorce, Mais c'est surtout dans les fruits que ces effets sont remarquables et bien tronchés, Un fruit peut étre également considéré come une pile dont le cbtédela quenc est électro-négatrf dans les fruits adhérens, tels que La me et la poire, et le côté de l'œil électro-positif, C'est le contraire dans les froits non adhérens, tels que la pêche et la prone, Les courans électriques dans les végétaux ne sont point déterminés par l'état acide où akcalin des parties, pui que le sue des fruits examinés était partout plus ou moins acide ; tuais ils ticonent sans doute à la différence de composition chimique de ces sncs aux deux extrémités du fruit. ;
6° Les huracurs acides de l'économie peuvent devenir alcalines, et les humeurs alcalines devenir acidis daus les maladies.
7° L'aculité est ordinairement le produit de l'inflammation cet effet pent se manifester par sympathie dans un organe armé ; ainsi Ls salive devient très-avide dans la gastrite,
8° L'acide qui se développe dans le travail inflammatoire paraît être le plus souvent de l'acide bydroch brique. Suivant M, Dunné, la présence de cet acide détermine la coagulstinn de la partie albumineuse de la lymphe ou de la sérosité qui abonde dans les points enflsmmés, Le pus lui-même est produit par l'action de l'acide sur la albumiseuse. M. Donné cite plusieurs cas dans lesqueis le pus et méme la sérosité épanchée dans l'abdomen à la suite d'ane péritonite , ont été trouvés acides.
3° Les chasgemens dans la nature chimique des sécrétions réagissent sur les différens systémes de l'économie. Ils forment un ordre de lésions et de symptômes intéressaus à observer par rapport à l'étiologie , au diagnostic et même au traitement des maladies,
M. Geoffroy-Saïat-Hilaire dépose sur le burcau des exemplaires imprimés du mémoire sur les glandes monotrémiques, qu'il avait lu les 46 et 23 décembre,
M. Breschet Hit on mémoire sur la structure et les fonctions de la peau. Nous insérerous ce mémoire dans totre prochxin numéro,
M. Guerhois lit une notice sur une aiguille à cataracte qu'il a inventée, et qui diffère de celles de Scarpa et de M. Dupuytren en ce qu'elle offre sur sa lame deux lignes saillantes ou arêtes , qui ont pour objet d'empêcher qu'elle ve glisse sur le contour du cristallin lorsque l'opération se fait par a méthode de l'abarsgement,
Au moyen de cette modification apportée à l'instrument, « je puis, dit M. Guerbois, toujours saisir le cristallin et le diriger à volonté dans un des points inférieurs de l'œil, où je le retiens jusqu'à ce qu'une portion du corps titré soit vemit occuper la place sacante pe lieues à cristallin, et rétablir ainsi la possibilité de L vision, »
oprement dite, et igné du poiaten-
ACADÉMIE DE MÉDECINE
Séance pu 21 sanvien 1834.— Après la clôture du procès-verbal, M. Corcae à la parole pour une motion d'ordre, M. Anglads, correspondant de l'Acaimie, vint de mourir. Or , il y deux ans qu'on Gt un appel à tons les académiciers présens pour s'enquérir si des membres corresundans étaient morts. On apprit ainsi beaucoup de pertes qu'avait faites l'Acadéaue ; et cependant depais ce teurps où n'a pas songé à les remplacer. M. Carnac demande en conséqueuce que l'on 7 de remplir Le cadre des membres corrvspondans.
M. Ménar, 1 y a uve commission nommée pour dresser La liste de présentation des un étrangers; mais il n'y en à pas pour les correspondans r&
nicoles, ; Mr pRÉSINEXT annonce qu'il sera fait droit à ls proposition de M. Cornac dans la sésnce prochaine, et que L'on noinmers une comnnssion spéciale,
M. Varcexeuve revient sur le renvoi de ses tableaux d'épidémes à la commis siou de publication, C? st douce une commission qu'on place sous la juridiction d'une autre , ce qui ne doit pas être. Il demanule en conséquence que s44 tableaux soient publiés d'office ct saus passer par le contrôle du comité de publication,
M Mésar, membre du comité de publication, commence pe dire que le comité est peu sérère , et qu'il l'est peut-être trop peu ; mais 1 a à juger aussi de Be cote d'un pableation , de la place qu'elle peut occuper, des gravures qui l'accompagnent ; eu un mot des conditions matérielles. Voila pere il est convenable de lui envoyer tout ce qui est à publier , et déjà l'Académie hui a anis renvoyé des 1ravaux d'autres commissions. D'ailleurs il y a aussi des précédens en faveur de M. Villcnenre, et plusieurs fois des travaux ont été publiés sue le vote même de l'Académie.
Un debat animé s'élève sur eette question. Enfin, M. Guéneau de Muser fait observer que le rapport et les tableaux doivent être d'abord renvoyés au ministre ; peut-être le ministre jugera à propos de Les faire imprimer , ce qui rendrait imatile Fiusertion dans les mémoires de l'Académie, La discussion doit donc être ajournée jusque-Jà,
M, Manc lait un rapport verbal ste uo monnerit écrit en langue allemande et jadressé à S, M. Louis-Philippe , qui l'a renvoyé à l'Académie. C'est un traité du icholéra qui ne contient rien de particulièrement digne d'attention. L'attenr pense que le cholérs consiste dans ls soustraction d'oxigène et de calorique ; pour répsrer celte double perte, il conseille le nitrate de potasse à l'intérieur, qui convient à La fois comme moyen curatif et comme préservatif.
MÉMOIRE SUR La PUSTULE MALIGNE ET SON IDENTITÉ AVEC LE CHANDOY.
M, Henves pe Cuécorx fait lire en son nom un rapport sur un mémoire de
+ Lejeune, touchant la pustule maligne, Ce mémoire est basé sur trois oberevations, Après des considérations générales sur le vague des dénominations dans Ja pathologie et l'incertitude qui eo résalte , l'auteur remonte au denxitme livre des é ies d'Hippocrate , où l'on rencontre ls première mention de la pusiule maligne. Puis passant en revue les déseriptions de cette maladie donnés par les auteurs depuis Hippocrate jusqu'à nos jours, il trouve une telle ressemblance entre les symptômes de la pustule maligne ct ceux de ce qu'on appelle le charbon, qu'il 1len conclut que ces deux affections n'en font qu'une seule et ne difféèren: nul'e-
ment l'une de l'auire. Il fait remarquer que ce sont toujours des animaux morts des individus qui avaient été vattinés; mais en général , les cicatrices n'étaient du charbon qui communiquent à l'homme La pustule maligne. pas bien caractérisées, Trois fois cependant , avec les cicatrices les plus belles
Sa première observalion concerne nn bomme de 25 ans qui gens la pustule mo || j'ai vu se developper la variole même confluente ; seuleaent, malgré La confluence. ligne pour avoir introduit sa main dans le rectum d'uve vache malade, dans le | les symptämes étaient peu graves. : dessein d'y établir une signée locale en déchirant la muqueuse avec les ongles M. Bousquer combat la conclusion que M, Hervez de Chégoin s tirée de ses Le traitement consiste dans la cautérisation , l'emploi du quinquina et la limo-| expériences. Îl n'est pas rare que des médecins qui ont été vaccinés et bien vacaade en boisson ; le malade guérit. cinés, en traitant des sujets varioleux , soient atteints de boutons varioliques aux
Le second fait se rencontra chez une femme de 60 ans ; Ja maladie était due à une || mains; mais Ces boutons sont un accident parement local et sans réaction génécause toute semblable, Le traitement fut le même et ke succès égal. rale. 1lest probable qu'il en est ainsi de la vaccine : La première aune action gé-
Le troisième malade était un homme de 57 ans, qui gagna la pustule maligne en | nérale et poéservatire; la seconde donne lieu à des boutons qui peuvent avoir la dépouillant une vache surmenée ; il fut traité et guéri de la même manière. méme forme , mais qui 8e sont qu'ont éruption locale et sans importance.
. le rapporteur rappelle les expériences de MM. Leuret et Gendrin, qui sont} M. Manc cite un fait à l'appui de cette doctrine, Avant l'adoption de la vaccive parvenus à produire à volonté la pustule maligne ou le charbon, en appliquant le il avait inoculé on enfant, La bonne , qui 'avait point eu la variole, portait cet virus charbonneux sur la peau où en lintroduisant dans le tissu cellulaire. La prus- enfant sur ses bras ; elle cut une éruption de petite vérole exactement limitée aux tule maligue vle-même, arrivée au dernier degré, manifeste sa consanguinité paf parties qui avaient été en contact avec le corps de l'enfant. C'était vue éruption thologique el souvent engendre des charbons. Il serait douc diflicile d'établir quel- {purement locale et sans influence ; car , un mois après , la bonne eut la véritable que dBérence entre le venin qui produit l'une «t l'autre. | petite-vérole,
Le traitemeat suivi par M. Lejeune est celui qu'a cosnacré l'expérience. Son | M. Euear pouse qué ces éruptions locales simulent bien les boutons variokimémoire ne renferme ne rien de nouveau, mais dl démnatre dans l'autetr un " : ri mais se . sont point Les mêmes, homme qui obierve, rélleehit et voit juste. La commission conclut que des + Manc affirme que, chez la bonne dont il parle , c'étaient bi épi pemertieies soient adressés à M. Lejeune, et qu'il soit porté comme candidat boutons varioliques. D andre sur La liste des membres correspondans. La discussion est close. Sur la proposition de M. Corase, la note de M. Hervez
M. Dorur. Il ÿ a une lacune dans le rapport ; on n'y fait pas mention des ub- | de Chégoin est renvoyée à la commission de ruccine, serrations de Bayke , qui a vu la pastule maligne se développer suc des hommes , ! sans aucun contact préalable avec des animaux malades. Il n'y a done pas identité parfaite, Les chirurgiens admettent aussi un charbon ou anthrax qui n'est pas la pustale maligne, et où ils recommandent L'iacision de la tumeur.
M. Heavez px Cnécoix, I n'y 4 pas le moindre ortentre l'anthrax ordi. naire et la pustule maligne ; mais cet anthrax et le charbon proprement dit sont aussi des affections essentiellement différentes.
Les couclusions du rapport sont adoptées.