‹ Gazette médicale de ParisChapitre 270 sur 394 · ENCORE DE LA PHNÉMOLOGIE · texte numérisé non relu

ENCORE DE LA PHNÉMOLOGIE

Les deux articles que nous avons donnés sur le crâne de Na pr. déjà un assez | éme nomire de réponses et d'objections.

abord à y répondre successivement el à développer chemin faisant notre opimion , tot sur le système de Gall que sur la physiologie du cervean en général Mais nous nous sommes convaigcus que ce serait nous engeger dans one controverse sans fin, qui pourrait très-bien n'être pas du goût de tous nos lecteurs, Nous n'avons nulle envie de recommencer la polémique interminable qui signala la première appar tion de la cränoscopie en France et en Allemagne. Nous avons era qu'il serait plus conveñable et plus utile à la science de faire sur cet impor: tante branche de l'étade de l'homme qui a pour objet les rspports du physique et du moral, un travail spécial dans lequel toutes Les questions qui se rattachent au sujet seront traitées avec les développemens névessaires. Les nombreux traaux dont ke système nerveux à été l'objet depns l'ouvrage de Cabanis, ont

ont proroous avions songé

fourni ane masse de faits qui n'ont pas encore été réunis et inlerprétés. C'est ce que nous ticherons de faire prochainement, L'examen de Lhipothise de Gall trouvera naturellement sa place dans ce travail. Les pliéaologistes qui nous font l'hoaneur de nous sdresser leurs réponses et leurs obserestions roudront bien attendre jucque-là les explications que nous kur devons.

Pari les uilrersaires assez pombreux qu'a suscités notre critique phrénologique du crâne de Napoléon, il en est un surtout qui par son talent, par sa bonne foi gréges ue pe le bon goût de sa critique et par Le zèle désintéressé qu'il ny ur à la recherche de La vérité, nous dédommage un peu des sottes et lourdes mations de quelques phrénologues de Paris. Ce phrénolagiste distingué , c'est M. Ombros de Lyon , qui a publié deux opuscules, sous & de lettres, sur des questions de phrénologie. $a dernière lettre, intitulée : Ætude phrérologique sur Descartes, à été proroquée par les quelques mots que nous avons dis nousmêmes sur Le crâne de cé philosophe , et c'est à nous que l'auteur a l'obligeance de l'adresse.

Sans vouloir discuter avec lui les difficultés qui nous diviscat au sujet de la phrénologie, ce que nous ferons plustard, mous ne pouvons nous dispenser de ré-

ordre, aussi brièvement que possible, à quelques passages de sa ltire relatifs à des généralités de philosophie qui nous engageront peu dans la discussion.

M, Ombros se defend d'abord d'avoir fait une pétition de principe en écrivant : que si l'on peut aononcer que telle forme du crève produit toujours telle faulié , 60 peut dire également que telle faculté n'existe jamais ssus telle forme du crène. La pétition du principe est pourtant très-évideate, car une pétition de principe est, Hi nous ne nous (rompons, celle espèce de sophisme par lequel on prend pour accordée la chose en question; c'est là certainement ce que fut M. Ombras

commettre , et qu'on commet en ellet trop souvent encore, m'ont engagé placé sur à rédiger l'article suivant. Il pourra être lu avec quelque intérêt et} fémur dans 1

la planchette suspendue, comme s'il avait une fracture du articulation; si, au bout d'un certain nombre de jours , il

tourner, sinon au profit de l’art, du moins à celui de plus d’un malheu-} vient cependant à exécuter spontatément , et avec une certaine aisance,

reux

A ete.

dE. “Matthias Mavon,

Docteur-chirurgies à Lausanne.

L'incertitude qui règne assez souvent sur l'état de l'articulation iléofémorale, lors d'une chute sur le trochanter, a donné lieu fréquemment aussi à des méprises désagréables pour Le chirurgien et bien ficheuses pour les malades. Ainsi, dans tel cas on n’a pas hésité à prononcer qu'il existait-une fracture du col du fémur, lorsque l'événement à bientôt démontré qu'il n'était question que d'une contusion plus ou moins intense, et vice versd ; on à cru être autorisé , dans telle autre circonstance, à déclarer que la contusion existait seule , lorsque plus tard, et

tard , les caractères de la fracture se sont manifestés de la manière la plus évidente. Il est peu de praticiens qui ne puissent citer de pareils faits et qui n'aient été témoins de semblables erreurs.

Les causes qui peuvent rendre douteux ou diflicile le diagnostic de | ces-sortes d'accidens sont trop eonoues pour que je les retrace ici. Je dirai seulement qu'il cst à ma connaissance : 1° qu'un individu à formes athlétiques s'est relevé et a fait une centaine de pas après une chute violente sur le cûté, quoiqu'il eût bien évidemment uue fracture du col fémoral ; 2° que d'autres , après un pareil accident, n'éprourant ni douleur considérable , ni inconvéniens graves, sont restés couchés paisiblement sur leur lit, sans qu'ils eussent connaissance , ou que leurs chirurgiens s'aperçussent que l'ua de leurs membres dminuait sensiblement de longueur, et que le pied du côté affecté se jetait tout -à-fait | en dehors ; 3° que d'autres , enfin , avaient tout d'abord le pied déjcté et le membre raccourci, avec des douleurs vives et l'impossibilité de faire aucun monvement, qui cependant , bien loin d'avoir une fracture dans l'articulation, pouvaient au bout d'assez peu de jours marcher impunément , et ne conservaient aucune suite fächeuse d'un accident en apparence bien grave , et qui avait été signalé comme te] par des hommes habiles,

De pareilles observations sont , je le répète, assez fréquentes ; elles réclament toute la sollicitude des praticiens, et leur font un devoir d'une grande réserve , d'un prudent scepticisme.

La règle en pareil cas, et chaque fois qu'il existe le plus léger doute, parait être de se conduire exactement comme si la fractire avait eu lieu. Ce procepte est aussi rationnel que facile à suivre , si on a le bon sens de se servir d'un appareil qui ne gêne et n'incommode point ; qui place le membre précisément dans la position la plus convenable à tout état possible ; qui permette de faire un traitement mixte, c'est-àdire de combattre avantageusement la contusion , Le gouflement , l'irritation où l'engourdissement des wuscles ; et qui laisse surtout au imembre la pleine liberté de certains mouvemens. |

Cette dernière condition , dans l'appareil , est de la plus grande im. pôrtance ; car le retour de telle faculie locomotrice , on l'impossibilité prolongée de tel autre mouvement , seront décisifs pour le chirurgien

et lui permettront pas de rester plus loug-temps dans le vague. Sin , je suppose que , ds un de ces cas douteux , ua individu soit

quand il iofère de certaines qualités connues de Napoléon , que son crâne devait ;

présenter nécessairement telle ou telle particularité de conbguration. De quoi est-il pi stion ro effit? de saroirsi rer et localis-tion de Gal} soit ésattes ct fondées sur Les Laits ? c'est dont Là ce qu'il faut d'abord établir, Or, c'est justement exactitude de ces localisations que nags niuns el que mutis CO nbations par des faits. Mas , dit M. Ombres , nvoi je suis convaincu, je crois d'une foi parfaite à l'organe de la mélodie comme à l'organe de la vision; ce sont là pour moi d ex faits physiques du méme ordre et d'une égale certilude, e je suis Per com: 1 foudé à raisonner sur le premier comme je raisonBirais ;ur le seéond, à éomelure ‘dans tes deux cas dela fonction à l'orsane €t de l'orpèneà De fonction ; vons ne pouvons réposdre à M, Ombros qu'en lui Es st qut #i ces dura faits sont d'une evidencergale à ses yeus, ss sont bien loinde l'étre aux Aôtres éthceux d'un hôn nombre de médecins, Nous demandons qu'on nous démont'e d'abord l'eximenre deces organes cérébraus , el tant qu'on ne l'aura pas fait, ns ne régarderons le syslème de Gall que comme une hspothèse plus où moins IngEieuse. Mas, ajoute M, Ombres, éette preuve vst faite; je 0e peux [md à re de chaque lait nouvesu , vous foire un coûrs romplet de phrémologie , Mécz

s livres qui en traitent, observe, comparer, et. Nous ne voulons pas , certes , que M. Oahros se donne la peine de nous enseigner la phrénolug e, bien que PET sonne be füt capable de le faire avec autant de succis; et depuis lien Jong- + nous avons pratiqué la marche rationnelle qu'il nous indique. Nous avons de «Urelu Gall, Spursheim el les autres : nous avons obmervé , comyiaré , mesttré et c'est à la suite de ces études et observations . que celle doctrine qui nons avait d'ibord sédoits, s'est peu à peu dissipée devant l'autorité des faits, Quos qu'en dise donc-M. Ombres, la mujéure de sin sllngisme reste encore àdémasterr. )l or peut

l'autre, à pui y rester sans se ; de rotation, je n'ose pas trop insister, et je me résume 20 disent dans la consulta-

des mouvemens d'élévatiggde la cuisse et celui de rotation du pied ea dedans , n'est-il pas vrai que son chirargien aurait tort de persévérer dans l'indécision , et ne devrait-il pas dés ce moment repousser fraochement toute idée de lésion de l'os:

Admetions uo cas opposé, c'est-à-dire que le membre duat le dia arr offre de l'obscurité , quoique placé dans les conditions les plus

vorables et ne présentant plus aucun caractère de désordre local , ne put toutefuis, après dix où quinze jours de traitement, faire le plus éger des mouvemnens dont nous venons de parler. Il est clair qu'il existe ici up vice profond et grave , que tout porte à croire que c'est dans la, charpente osseuse mL mal a-son.siége , et qu'il importe de continuer à le traiter, en conséquence , tout le temps jugé nécessaire.

Les observations suivantes pourront éclairer mieux potie première supposition , là seconde n’ayaut pas besvin de commentaire.

Os. — Le 28 juillet dernier , M, V...., parisien, dgé de 39 ns; leste et vi: roureux, fait, aux bains de Loesche, une chute violente sur le trochantee, 11 est imawdistement relevé par un chirurgien ; el trois autres hommes de l'art : MM. les docteurs Bouvis, Gay du Vallass et M. Le docteur Bardin de Sens, ne tardeut pas d'arriver à son secouts. Les doalears sont atroces; tout mouvement et impossible, et un gonlement considérable ne tarde pas se prononcer. On reconnait d'abord qu'il ay à pas de lusation ni de fracture dans le corps de l'os : restait à cons’ater l'étal de l'extrémité supérieure du fémur, ét l'on décide qu'il n'y a

as de fracture , xt que tout git dans une violente contusion, Ceyendant les douleurs soût Lrès-vires dès que le malade fait ke plus pe mouvement ; le membre parai: plus conet d'un pouce ; le pied est déjeté en dehors , et le tilon est placé vers la malléole interne de l'ontre jambe. Des doutes sérieux s'élèvent aloes, et je suis appele : c'était deux jours après l'accident. Le premier coup d œil rt la nature de la chute sont en faveur de la fracture dans l'article, Mais couvm: le chirurgien m'afrme que, dans le premier moment, il a très-bica reconnu l'intégrité des parlies osseuses articulaires , et le pied de l'extrémité malade, placé à CO de jeter en dehors ct qu'il a eséentté des mouvemens

Lion :

"Je crois à la fractare; mais le cas peut, sans contredit, paraitre douteux et of- * frir matière à controverse ; la prudence exige cependent qu'on se décide pour # L'apareil simpl: à fracture, tel que je l'ai adopté; il ramènera le membre à sa » longueur et àsa direction normales ; il calmera sur-be-champ les douleurs, per- # meltra des mouvemens jusque-là imposables, ramenera le sommeil, et fera disw paraitre la fièvre. À ces résultats que Jose garsntir, où pourra, sinon se con- # Yaiocre parfaitement de l'existence de la fracture, du moius applaudir au moyen “ employé. J'ajoute que si la fracture existe réellement, elle guérira très-bien u | mp mon procédé, el que si elle n'existe pas, elle guérirs encore mieux, »

e fais donc préparer mou sppareil, lequel rons.ste dans deux petites planches d'un pied de largeur, et dont les longueurs réunies égalent celle de l'extrémité tout entière ; cles sent articulées avec deux eharwières, afa moines sous le membre, elles puissent suivre la flexion du xenou et former le an incliné que j'avais en vue, Quelques trous sont percés pour passer deux anses de cordes et fses une larg: bonde qui doit attacher au bassin Festrémié supérieure de l'appareil Ua coussin de laine et de cotna , propre à le recouvrir, est lement préparé, et bientôt M. V….., se trouve placé comme je l'avais snnoucé, et avec Lout le succès que j'avais prévu.

Ainsi douce La ruisse est éelue sue le bassin, la jambe sur la cuisse , le membte enter est suspendu , il a repris sa longueur et sa direction naturelles ; le malade s'élève et se soulève dans son lit assez focilement ; il est calé et s'endort presque aussitôt, C'était environ ouse heures du matin, 0 juillet; et comme on svait déja fait moe saignée, appliqué des sangsues et un cataplasme émollicnt sur la région trochaniérenue, où ne Gt autre chose que de continuer ce dernier , qu'on prolongea jusqu'à l'aine, où des douleurs vives se fai-aient enrore sentir, Le reste de

pas certainement avoir la prétention de persuader , à qui que ce soit, que le système de Gall soit uve de ces vérités physiques dont jl n'est plus permis de douter sous peine de folie ou d ignorance.

Mais, dit encore M. Ombros, an peut faire les m'mes objections dans toutesles sciences! oui, Dans toutes les sciences autres que les mathématiques, il n'y a pas de théorie si bien démontrée qui ne ee ètre renversée par de nouvtaux faits. L'histoire de La science est luule pleine de ces sortes de révolutions, | ge un homme, ajoute t-il, se présente à vous avec une parslynie du côté gauche , vous ansonres un ramollissement dans l'hémisphère cérébral droit, et réciproquement ; est-ce qu'il y s Li une pétition de principe ? non, il n'y à pas aeare de principe,

arce que de sufbsantes expériences ont démontré que , dans la majorité des cas , js penbsie à gauche résulie d'une lésion à droite, et sice verf, et parce qu'en outre l'inspection anatomique explique assez bien Le fait. Alais il yaurait pétition de principe, si, donnant à notre induction une raleur absolue, nous sffiremions que la paralysie à gauche résulte toujours et névessairement d'une Késious à drote ; nous transformenous par là la probabilité en certitude, nous (erions dire aux fats plus qu'ils ne disent, car les exempl.s ne sont pas rares où ce rapport n'a pas lieu. Les phrénologistes foutune pétition de principe semblable , quand ils transforment en lui gencrale de simples coiucidences coutredites par des exceptions sans nombre. .

M. Ombros propose enbn un autre exemple à l'appui de son principe. Lorsqu'us corps rougit ke papier bleu louruesol , on dit que c est ua acide , et quand on parle Fe acude, on affirme qu'il rougit le papier bleu tournesol. Est-ce D, nous demande-1-il encore , une pélition de prigcipe? Non assurément, par la raison toute simple qu'il n'ya ici ni raisonnement, ni induction , a pré-

1, journée, la nuit suirante, tout le lendemain furent au mieux ; de sorte w E voyais La possibilité de faire incessamment transporter M, V.... à Lau anpe (à lieues de Loe-che), el même de l'acheminer immediatement sur Paris , dans une bonne voiture, l'extrémité malede étant maintenue en suspension dans la pasition que je venais de lui donner et qui semblait si bien convenir. e , Mais voilà qu'arrive M. Lallemaod de“Moutpelier , lequel fai-ait précisément e hasard aux hains une ; aussi n'eus- La-

alors un voyage dans nos Alpes, et qui, apprenanggue j'etais de Done sn fit l'amitié Sontares hell bonne & je pas besoin d'insister brauconp auprès de M. V...., pour obteuir une tion avec cet habile professeur.

Cependant , comme il ne pouvait étre question que de constater positivement s'il existait oui ou non.une fracture, le malade qui se trouvait si bien 1émoignait , et avec raison, de La répugnance , el redoutait des manœuvres douloureuses et peut-être inconsidérées. Je crus devoir ke rassurer et lui faire sentir l'utilité de ce nouvel examen. 1 fut donc décidé d'enlever l'appareil, d'étendre l'extrémité malade à côté de la saine, et de l'abandonner à elle-méme da soir jusqu'au matie. On peusa ce qui se passerait el ce qu'on ohserverait pendant ce temps , sufbrait ponr éclairer la matière et dissiper toute incertitude. | Or, la nuit fat mauvaise, les douleurs reparur. nt, le malade ne pouvait les faire 1airé qu'en soubevant 54 cuisse avec un mouchoir, el en la mettant à peu près dans la position où elle se trouvait sur la planchette, ;

circonstances, jointes aux ant os qu'on connait, semblaient résoudre La question et déposer en faveur de la fracture; néanmoinson procéda à l'examen ullérieor comme il suit. On ft, non sans d'assez vives douleurs, l'extension lente et graduelle de La jamhie sur la cuisse et de la cuisse sur le bassin , et on ramens le genou et la malléole intérne au niveau du genou et de la même malléole du côté

+ On abandoans alors Le pied à lui-même , et on s'assura bien qu'il ne se dévia & pas, non plus que le gennu, On les déjeta en dehors, et le malade Les ra meoa assez facilement en dedans. I Üt également seul, et saus trop de douleur , des mouremens de rotation du pied et du genou, soit en dedans , soit en dehors ; et quoiqu'il ne ui ft pas posuble d'élever la jambe, et qu'il La trainät en soulevaot lentement la cuisse, nous crümes devoir prononcer qu'il n'y avait pas de Jracture.

Ceperlant le malade s'était trop bien trouvé de l'appareil pe ne pas désirer d'y être placé de nouvesu. C'est ce que je fis en effet sur-le-champ , et M. V... nous dit aussitôt : C'est là un pra

M. Lallemand et mai nous Le laissimes dès ce moment , {*’ août, sous les soins des quatre médecins qui l'entouraient. Mais, ré mes soll citations pressantes , verbales et par écrit, d'éviter tout mouvement de l'articalation , et de rester sur l'appareil aussi long-temps que la résolution d'un choc articulaire aussi grave l'exigets eue de rester habituellement sur La plancheite ; où baigna et doucha

ans les eaux thermales et stimulantes de Loesche; on imprimia en même lemps des mouremens répétés et très-étendus au membre; on Gt des applications tonimn et irritantes , et l'essai de béquilles pour nan . Ces moyens étaient éviintempestifs ; aussi, seize jours après mon départ de Loesche (16 10ût)}, M. V.., cst arrivé à Leusanne avec ua t notable du quart supérieur du féœur, et une différence, en moins, de dus pouce de la cuisse et du mollet malades sur ces mêmes parties du côté sain, Du reste, les deux extrémités pre facilement étre ramenées au même niveau par le malade lui-même. Mais s'il n'y garde, celle qui et malade se raccourcit asser promplement de sept à huit lignes: le pied se jette en dehors, et le taloa se place vers la malleole de l'autre jambe , exactement comme dans la feacture du col fémoral, Le plus habile y serait pris, s'il s'arrétait à cette inspection et à Le nsture de la cause première du mal. Il me parut donc évident qu'une irritation profonde prédominait encore ici et s'était communiquée à l'os et sux tixsus s qui entourent l'articulation; que l'insomnie et un mouvement febrile tenaivat à cet état grave,

Le i en con re de faire appli , le 46 août , 40 ssngsues sur le nue D Pate or lo sd vie cclle-ci de pur émolliens . ct de recommander le le plus parfait, le régime convenable, la position demi féchie de la cuisse et de la jambe, et la Gxation des deux extrémités au moyen d'une cravate serrée au-dessus des genoux.

L'effet de ces moyensréunis fut prompt, et déjà, le 18, la douleur avait presque cts, legouflement et La pro mb À éd ler vil de la eui se avaient Eaiseé snsblement:; le sommeilétaimieux ct le pouls naturel. Cependant il existait tou -

je pensais que le plus sage était de le soigner comme s'il y avait fracture;

jours cette tendance de l'extrémité malade à se raccourcir el à se déjeter ; aussi continue t-on les mêmes prévantions, et on fnt le 19, une spplication de dixneuf-veutouses autour de li hanche, 1

Il est évident que la position dans laquelle je plaçai le membre de M. V..., était la seule indiquée ; qu'elle aurait dû être continuée, que la curiosité à laquelle a donné lieu la présence du professeur de Montpellier a été fatale au malade ; que les mouvemens qu'elle a nécessités étaient inutiles , pour ne pas dire imprudens, puisque tout allait au mieux ; que la médication qui a eu lieu depuis était ficheuse ; que l'absence d'un système de traitement bien arrëié , et peut-être l'impatience du malade, ont retardé une guérison qui pouvait s'oltenir mieux etplus sûrement. Que serait-1l adveou d'ailleurs, si, au bout de quelques semaines de traitement de cette prétendue fracture du col fémoral, M, V... eùt fait impunément des mouvemens divers, incompatibles avec un accident pareil ? L'observation suivante que je dois à un médecin distingué de ce canton, M. le docteur Guisan, de Vevey, me fournira la ré ponse à cette question.

Cette vbservation résume d'ailleurs , en peu de mots, tout cs qu'on doit dire et faire dans le cas qui nous occupe; car elle offre un modèle de ce tact judicieux, de cette réserve prudente et de cutte conduite mo+ deste et consciencieuse qu'on aimerait à reaconirer plus souvent et qui sont le cachet du vrai mérite,

Ons. I1.—Le nommé N..., âgé de 34 ans, de petite laille, mais robuste et bien musclé, tomba dans le mois d'avril 4854, d'un toit sur le paré, de la hauteur d'envron 20 pieds, Tout le choc du rorps sur le sol se Üt sur le grand trochanter du côté gauche , et le malade, dans l'impossib lité de se relever, fut transporté chez lui et placé sur son lit, où je le vis deux hrures après l'accident. 1] était couché sur le dos, le membre abdominal gauche légèrement fléchi et incliné en dehors. Je parvins, avec beaucoup de douleurs, à l'étendre pour le mesurer avec l'autre: mais je ne (rouvai aucune différence dans leur longueur. Lorsque la jambe était étendue et sait sur le talon, le pied s'inchnait un en dehors; le malade accusait ane douleur très-vire dans l'articulation coxo-fémorale ; les musrles euvironnans offraient déjà de la tuméfaction ; tout attouchement , toute tentaive ré imprimer quelque mouvement au membre excitaient des doukurs intoléra-

Je déclarai au malade qu'il m'était impossible, vu les vives douleurs qu'il éprouvait, de vériber s'il ps pl fracture "+ seulement une violenie conicslons l'on pourrait toujours mettre de côté l'appareil si l'on acquérait la preuve qu'il 2" La à qu'une contasion , ele, ; du tas. je ui offris une connheles. A ,

Il me repondit qu'il pensait que j'avais raison, ct qu'il ne voulait pas d'autre conseil. En conséquence , je plaçai un oreiller sous le genou du membre malade, je fs à 8 mu on grand nombre de sangsues sur l'articulation douloureuse, et

tsque l'écoulement du sang fut terminé . je plaçai le membre sur l'appareil.de Sauter, tel qu'il a été modilié par M. lc docteur Mayor, Dès que cet a fat appliqué , les douleurs cessirent presque complétement, et le malade m'exprima la satisfaction de ce qu'il pouvait se mouvoir et changer de place dans son lit. Je suivis le malade pendent quelques jours, purs je ne le revis que quinte jours après la chute. Je le t'ouvai bien et pouvant exécuter avec La jambe des mouvemens qui prouvsient qu'il n'y avait pas de fracture, Il ne ressentait pas de douleur à la hanches mois il existait beaucoup de faiblesse, et de Patrophie dans le reste du membre, que le Lemps, l'exercice et quelques frictions stimulantes ont as= sez rapidement dissipées.

Nul doute que dans le cas de M. V..., su les choses se fussent passées, ainsi qu'on peut le supposer , comme dans l'observation qu'on vient de lire, cédant alors à l'évidence, je me serais empressé de rectifier mon diagnostic et de me conduire comme mon habile confrère de Vevey. Mais, je le répète, une parcille rectification ne peut guère

mises, ni conclusion, mais tout simplement ce qu'on appelle en logique une proposition identique. On dit deux fois L1 méme en termes diflérens, Du moment où on est convenu d'appeler acide lout corps qui a la propriété de rougir le prper bleu tournesol , à l'exclusion de tous ceux qui n'ont pas cette propriété, il est évident que tout corps qui rougit ke psp er bleu tournesol est un acide, puisqu'il ne doit ce nom qu'à celte propriété même. Corps acide et c

rougissant Le papier bleu tournesol, suut deux termes synonymes , et qui dit l'un dit l'autre. Cet exemple n'a done sucun rapport avec le précédent et prouve

beaucoup moins encore.

La reste de la lettre de M. Ombros contient, ane appréciation du crâne de Descts d'après les principes de la phsénologie. 11 prétend prouver que , contrairement à aoire opinion, la tête de ce philosophe contient et explique complétement toub ce qu'on sait de lui, ce dont nous sommes lois de conwnir. 11 nous importe & ici que nous avons vu entre les mains de Spurebeim un plâtre du crâne de Descartes , venu , disait-l , de Suède , qui nous étonna beaucou la remarquable petilesse des parties aptéricures et supéricures du frout. M. Ombros , sans ajer positivement l'existence de ce crâne , nous [ail observer nous SO mes, les seuls qui l'ayons vu, Nous pourrions , au besoin , lui citer les personnes présentes à celle séance , mais comme Les po,traits sur lesquels il nte pré= saalent, précisément la même configurauon frontale , ct tons mous Le ae tons CR ER nous n'arous aurun intérêt à mieux constater ce point, de ait,

Desou aveu , le front de Descartes , 1 den én ci peneniaunt due le sigles sebilaioa , était beaucoup plus rétréci ct fuyant dans la région caronale. Spurz- Rica rowais de même; et sur notre observation qu'une parville dépression des

servaleur sélé et curieux des choses de detail , un investigatcur patient des phénomèses de la er 4 are dans toutes «es d.udes ce sage srepticisne dé

esl empreinte sa méthode. Or, toutes ces qualités, M, Ombros les trouve si blement écrites autour des orbites de ce grand homme, Dès sa jeunesse , il expériences , ilse passionne pour l'histoire , il étudie la botanique , la physique , l'anatomie ; il aime à converser avec les savans ou à cultiver son jadin (organes de l'individualité , évrnlualité ) (4). On connait sa force comme mathématicien ;

(1) Nous déclarons encore une fois étre dans l'igaorance la plus profonde plutôt dans l'impossibilité absolue de comprendre ce que la pure do ces facultés d'individulité et d'évemualité , mots barbares, forgés dans le allemand. D'après M. Ombros , cette faculté ne serait autre que re que les. ph sophes modernes appellent la conscience, le sens intime ou la réflexion de

avoir lieu impuoément et sans danger qu'avec l'un des appareils suspendas que j'ai indiqués dans mon Nouveau système de déligation , et qui permetent la plupart des mouvemens nécessaires el propres à éclairer la question, mouvemens qui sont impossibles dans l'extension

* contiauée des appareils de Desaalt et de Boyer , et dans la position fixe da double plan incliné de M. Dopuytren.

J'ai da moins quelquefois sous les yeux une dame très-forte et trèsreplète qui , après avoir fait une chute sur le côté à l'âge d'environ 80 ans, offrit, au dire du chirurgien, tous les symptômes d'une fracture du col du fémur ; elle fut retenue pendant environ deux mois dans l'immobilité parfaite et sur des orcillers propres à former le doubie plan incliné, Le résultat fut si satisfaisant que cette dame a été très-promp-

- lement et parfaitement rétablie , qu'il n'y a pas la moindre différence entre les deux extrémités, et que celle qui a été le siége , apparent sans doute , de la fracture , est plus forte et plus leste que l'autre. Ici je crois que l’on a Wès-hien fait de suivre les conseils L la prudence et d'adopter sur-le-champ un appareil à fracture. Mais il est évident

e toût appareil, même le plus mauvais de tons (celui, par exemple,

it inamovible), aurait fait merveille , et que dans un cas pareil, un chirurgien du savoir et de la bonne foi de M. Guisan n'aurait pas tardé à mettre en liberté sa malade ct à avouer qu'il s'était heureusement trompé.

Que dire, au reste, de cette incertitude du diagnostic lorsqu'elle peut se prolonger jusque sous les coups du scalpel méme? Citons pour exemple l'observation suivante,

Ons. NE, — Un rcillard eacochiyme torabe, à l'hôpital même, sur le côté, etof. fre tout d'abord et au premier coop d'œil les sigoes bien connus de la fracture vers l'articulation iéo-fémorale. 11 cst placé dans son lit, sans aucun spparcil particà. lier , offrant toujours et d'aussi loin qu'on peut apercevoir la position de son pied, les corsctères bien tranchés de La fracture du col fémoral. I meurt au bout de huit jours , et je procède , en présence de quelques élèves, à l'examen du mal.

Quelle fut ma surprise et celle des assidtans, la capsule articulaire étant oùverte et le col du fémur largement mis à nu, de n'apercevoir aucune atteinte quelconque dans cette partie ? Une erreur aussi palpable de disgaostie ne m'en imposanneme rendit confus bien longtemps; car, ayant ratissé l'os afin de le

ler de la couche des lissus Gbreux qui le masqnait, je découvris La lésion op derrière la tête, et sous La forme d'une félure presque imperceptible.

Ici donc, par une singularité nnique en son geure et à peine croyable, un fait apparaissait distinet à dix de distance, et , placé immé ' sous l'œil , les doigts et les instrumens explorateurs, restait presque inaperçu !

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