‹ Gazette médicale de ParisChapitre 274 sur 394 · NOUVELLES RECHERCHES SUR L'ACARUS DE LA GALE · texte numérisé non relu

NOUVELLES RECHERCHES SUR L'ACARUS DE LA GALE

M. Renvcc écrit qu'il avait réservé pour sa thèse le détail d'expériences qu'a teutées depuis 49 ans sur l'acarns de La gale: mais le besoin de sauver sa priorité ménarée l'éngage à sn publier par avance les principaux résultats. |

Dès 4815 il avait essayé dans s00 pays d'appliquer plusieurs acarus sur les jriexls, les mais et les avant-bras d'un colont bien portant; l'expérirace réussit à soubait, et l'enfant contracta La gale. M. Renueci s'appliqua alors à extraire tous les acarus qu'il put trouver sur le corps de cv jeune galeux , et celle extraction faite , quelques remèdes sufrct pour acheser la guérison, I fait observer que cite éatraction est plus facile chez les jeunes sujets que chez les adultes , à cause de la finesse et de la transparence plus grandes de l'épiderme. |

L'expérirace fut répétée nombre de fois, entre sutres en 1824, 4825, 1926, 4827. Das ent constamment lieu. Il st bon de remarquer qu'en Corse, la gale parait plus contagieuse que -ous les elimits plus rapprochés du nord ; les acarus sont aussi plus volumineux qu'à Paris. EnGo, leur siége n'est pas borné aux pieds et aux main, comme on s'est trop hôté de le sire; M. Reaueci en a trouvé sur le boat du prépuce , sur les oreilles , et même à la face; mais ce dernier cas ne se présente que fort rarement. oo |

L'auteur, en terminant ss lettre , dit qu'il y a en Corse nne éruption qui res semble beaucoup à la gale et qui atlaque presque toujours les g-ns de la plaine Forsqu'il, vont passer quelque temps dans les montagnes ; ce sont des vésicules p'ori , Mais sans aucune trace d'acarus. Les montagonrds en sont exempts, même quand ils descendent dans la plaine, ce qui ne les empêche pas d'être aussi dues les aotres à la vraie gale entr. tenue par l'acarus.

M. Maiscaucr demande que la commission nommée pour les recherches sur la

le fasse son rapport au plus vite, afin de garder à ve sujet son air de nouveauté,

te proposition n'a pas de suite,

M. Vins fait voir Lire deux de verre drs scarus recueillis sur le cheval en 4812 par M. Ollivier, professeur à l'école vétérinaire d'Alfort.

” M. Ducès lit des considérations zoologiques sur l'acarur ou sarco te de la gale. En réunissant ces animux à quelques autres qui en sont voisins, il en à créé ue ordre nouveau qu'il appelle Les acariens. Ms appartiennent à li classe des arachnides , ont la tête soudée au trouc ; huit pattes ambulaloires , etc, La mite du fromagë [ait partie du nouvel ordre. | |

Oo trvure parmi les acariens an très grand oombre de parasites; les uns vivent

sur les végétaux , les autres sur les animaux ; et l'on en trouve sur les insectes aériens et aqualiques, sur les couleuvres, les oiseaux, les mammifères , etc. Les oiseaux sont sujels à une certaine espèce d'acariens qui leur sucent le sang au point de les faire périr. Ce n'est pas seulement dans la gale que l'on trouve des acariens chez l'homme, M. -Saint-Vincent en a rencouiré une espèce fort rare sur une femme atteinte de La maladie pédiculaire. Et de même que les auciens qui avaient parlé de l'acarus de la gale l'avaient pris pour un insecte, il est probable qu'ils ant comeus La même erreur en attribuant L maladie pédiculaire aux pous qui sont des insectes, tandis qu'elle est causée par des acariens qui n'en «ont pas. ’

M. Dugès étant membre de l'Académie , 51 n'y à pas lieu à faire de rapport sur son travail, mais il est renvoyé à la commission de l'acarus, comme pouvant four nir d'uules renscignemens,

SOUVELLE PRÉPARATION CONTRE LE TOÆNI4,

cs Fexavs montre un lænia qu'il à fait évacuer par un moyen non encore essayé.

Un alsacien, homme fort et robuste, commença par perdre ses forces, languir , et 1omber dans un abailement progressif. Enfin, dvs symptômes d'aliénation mentale se manifestèrent, et il fut mis à Bicètre, dans le service de M. Ferrus. On ne fut pas long temps sans s'apercevoir qu'il rendait des fragmens de tœnia dans les selles. On essaya dan la décoction d'écorce de racine de grenadicr sauvage ; elle faisait bien rendre quelques fragmens du tœnia, mais elle échouait contre le tœnia lui-même, Cet insuccès fut d'abord attribué à ce que la racine étäie sèche ; et M. Ferrus cherchait depuis quel se temps a s'en procurer de fraiche sans pouvoir y parvenir, quand on lui mit sous les yeux une thèse soutenue par M. Latour, à l'Ecole de pharmacie, et dont l'auteur affirme que ln décoction de grenadicragit avec plus de puissance quand on l'a laissée fermenter, N fit donc fair une décoction de deux onces dans une pinte d'eau, et la laissa deux jours en repos livrée à la fermentation ; après quoi elle fut administrée. Dès le premier

jour de son emploi, une grosse portion du tœnia fat rendue; le second jour , le reste suivit, ainsi qu'on peut le reconnaire en examinant la portion longue et menue qui constitue ke col du tœnia, La tête u'a pu être retrouvée; elle s’est pro-

bablement détachée et perdue dans les selles.

Le malade entra ausatôt en convalescenve ; on le plaça à la laiterie Ssinte-Anne qui dépend de Bicétre et où l'on fait travailler les aliénés en convalescence. Au bout de quinze jours, il avait si bien recourré ss forces, qu'il soulerait à lui seul des fsrdesux qui auraient demandé quatre où cinq hommes ordinaires; et tont symptôme de folie ayaut disparu , cet homme 3 pu retourner dans son pays.

M. Gémannix Dans les observations de monomanie qui ont été lues à l'Academie il ÿ à quinse jours, il y en av it une où les accidens semblaient déterminés par la présence du ver solitaire, et ont cessé après l'évecua‘ion de ce ver, M. Ferrus vient d'en rapporter ua second fait ; j'en ai vu moi-même un troisième ; cette circonstance me parait digne de fixer l'attention.

M. Esquinos. Ces exemples ne sont pas rares. 1 y a 25 ou 26 sas, je fus consulté pour le fils d'un de nos confrères atteint de manie aiguë; quelques symptémes ayant fait présumer l'existence du tænis, on administra des anthelmintiques ; l'évacuation du ver amena la guérison de la manie. Un an a les mêmes sccidens s'étant répétés, on recourut au même traitement avec un égal succès , ct depuis lors La guérison ne s’est point démentie.

J'ai vu un cas du même genre sur une folle de la Solpêtrière, qui portsit deux lœnias à la fois, L'éracuation du premier Bt cesser les symptômes d'aliénation mentale ; mais il restait une affection hystérique qui disparut également après lé. . vacuation du second ver. Fe :

M. Louren-Wiccenmar, Ce n'est pas seulement le tœnia qui développer de Lels symptômes, J'ai vu une manie intermittente parfaitement caractérisée, ce der complétement après l'expulsion d'un paquet de vers lombrics,

M. Fennus. Le luwnia n'existe presque jamais sans causer de grands troubles dans le moral ; les malades sont toujours au moins affcetés d'une tristesse profonde. Mais c'est Le un fait trop connu ; et j'ai seulement voulu appeler l'attention de l'Académie sur l'fieacité de la dévoction de grenadier fermentée. !

M. Casiee pence que c'est trop spécialiser, que d'attribuer la manie à l'irritation particulière déterminée par Les vers, Toute autre irritation , soit dans l'abdo mwen, soit ailleurs, peut produire le ménée résuliat. Il a vu un aliéné dont ls manie reco passait pour Cause un abus de la face convare du foie, sinsi qu'il fut prouvé à l'autopsie,

M. Marc, Je n'ai rien à ajouter aux n'fl sions qui vironent d'être faites j mais je saisirai cette occas on d'indiquer un symptôme par Biculur au lœnia qu'on ne trouve point dans les auteurs, et qui m'a été communiqué il y a vingt ans par un chirurgien de marine ; c'est un sentiment de tevsion à la bæe du ner , comme «1 la prau élait trop étroite et si les deux lobis du nez tendaient viokrmment à s’écarter l'un de l'autre, On sait que dans l'état actuel des choss, on n'est averti de la présence du 1œnia que pr la sosie de quelques auncoux ; le symptôme que j viens de décrire peut le faire présum r avec que probubilté qui approche sa à certitude ; en: Met, il se rencontre presque constamment, çt pour ma part, eue viagt cas de tœnis je l'ai lien trouré quinax à dix-huit fois. ,

M, Puancur. Un mot sur La préparation employée par M, Ferrus. La décoction d'écorce de racine de grenadier, laissée à «lle même par une température de 22°, comme en été , Coit certes ofMir après deux jours quelque différence de la méme décoction conservée par un temps froid. Je désire savoir si la modibcation qu'on lui fait subir est toujours la mme : ca d'autres trrmes, attend on L fermentation s'y établise d'elle-même, où bicn la détermia -t-on par le mélange de quelque matitre fermentescihle ?

M. Fenaus. J'ai suivi de point en point Les imdlications de M. Latour ; la dévoction faite , je lai laissée en repos quarante-huit heures dans un endroit frais : culu a sufb pour y déterminer de Ja fe mentation. L'essai à été fait au mois de juillet.

M. Dounue. Je suis depuis fort long-temps chargé de faire ua rapport verhal sur vo travail du docteur Marsball-Hall qui traite des aliération: de la scusibilite Ses idées peuvent servir à éclairer la discussion qui vient d'avoir leu. Outre la sensibilité volontaire et Pirritobilité , il adioct une troisième sorte de mauié e d'être de l'organisme, qu'il appelle sensibilité réfléchie ; c'est à culte troi it ine espèce de sensibilité qu'il attribue les phénomiacs analogues à ceux dont on t:.i-

goant de ceux ï n'ont subi aucune ion. En conséquence: ! il a d'abord chois, | les lapines ponr sujet de ses premières recherches . et , après avoir tracé l'histoire rapide de tout ce qui a été fait jusqu'à ce

tait tout à l'heure ; aïési la production dé le man'e par la présente des vers. Il est bien remarquable que ces idées sur la sensibilité réfléchie se retrouvent très-clairement énoncées dans Willis. qui a consacré à cette question une demi-psge. Pas tes dre ne à l'académie, D de Re per relativement à l'œuf des mammifères et de la femme étudiés dans br Grorrnot-Satrr-Hicainr lit une note destinée à justifier le directeur de la|| l'ovaire , il arrive à cette conclusion positive , que c'est le petit maisos de détention de Beaulieu, qui à eru avoir à se plaindre da rapport de}! sphérique , nageant dans le liquide contenu dans chaque vésicule de sraaf, qu'il faut considérer comme l'œuf, et non point les vésicules de Graaf lles-mèmes, puisqu'elles ne sont autre chose que des cellules de l'ovaire qui ne se détachent pas. Or si , comme l'observation directe le prouve, les vésicules de Graaf sont en réalité des cellules de l'ovaire, il faut reconnaître avec M. Coste que le mot vesicule, par lequel on les désigne , et qui exprime une chose isolée et distincte de tout ce qui l'avoisine , est une expression dont on doit proscrire l'usage, si l'on veut mettre dans le langage toute la précision sans laquelle les erreurs les plus graves peuvent être perpétuées.

M. Coste n’a point observé le premier le petit corps sphérique contenu dans les prétendues vésicules de Graaf, puisque, comme il le dit lui-même, MM. Prévost et Dumas l'avaient entrevu déjà, et que M. Baer en parle avec détail ; mais il a démontré le premier , et ceci est un véritable progrès qui ramène les phénomènes les plus compliqués de la nature à l'unité de plan dont notre jeune auteur se montre le plus heureux partisan , il a , dis-je , le pers démontré que ce peut corps sphérique est véritablement un œuf qui ne difière en rien de celui des oiscaux, D'après lui, en effet, l'œuf des mammifères , étudié dans l'ovaire ; se compose :

1° D'une enveloppe extérieure qu'il appelle vitelline, parce que, comme celle des oiseaux , elle renferme le vitellus, :

2° D'une petite masse grise contenue dans la cavité de la.membrane vitelline , et qui n'est autre chose que le vitellus ; car c'est à ses dépens que le blastoderme se développera.

3° Eafin , il existe , dans un point de la surface du vitellus, une petite vésicule transparente qui, par sa position et ses usages, ne peut être comparée qu'a celle que Purkinjé a démontrée chez les oiseaux.

Comme on vient de L voir , M. Coste a nettement retronvé dans l'œuf des mammifères , et nous pouvons le dire d'avance, dans celui de la femme, étudié dans l'ovaire, toutes les parties constitumtes de celui des oiseaux ; et cette analogie , qu'on éprouva tant de répugoance à accepter lorsque pour la première fois elle fut proclamée au sein de l'Institut, doit être considérée désormais comme une vérité que l'auteur à rendue sensible, non-seulement aux commissaires chargés de rendre compte de ses belles expériences, mais encore à un grand nombre de médecins et de savans qui les ont suivies avec empressement. Mais avant d'arriver à ce résultat important, une difficulté qui a Jongtemps paru insurmontable, et don' une foi prufonde en l'unité de composition organique a pu seule faire triompher, s'e t préscn'ée d'abord, elle consistait dans l'impuissance, même après des o‘servations mille fois répétées, de découvrir l'analyse de la vésicule de Purkinjé. Cependant, après tant d'essais in‘ructueux, M. Coste s'apercevant que, Le son empressement à examiner les œufs descendus dans la matrice des lapines fécondées qui servaient à ses expériences , 1] n'avait jamais étudié ceux de l'ovaire qu'assez long-temps après la mort de ces ani-

M. Ferrus.

M. Fennus répond que le directeur s'est mépris; on n'a domné à son administration que des éloges, tellement que la maison de Beaulieu a même été signalée comtne modèle.

M. Génanoix présente un travail d'un professeur de ee 0 de Vienne sur les animalcules spermatiques ; ce travail a été lu en 1832 devant le congrès scientifique des naturalistes rassemblés à Vienne. — M, Breschet est chargé d'en rendre compte.

MÉMOIRE SUR CETTE QUESTION : DAMS LÉ CAS OÙ L'EXTIRPATION DE L'OEIL EST IMDIQUÉE , FAUT-IL ENLEVER LA GLANDE LAGaYMALE ? par M. Roometrra.—

Rapport par M. Velpeau. ” M. Veursau ,en son nom et au nom de MM. Demours et Lisfrane , lit un rai

sécrètent des liquides à la surface de l'œil, chose assurément très-connue ; mais jl confond toules les sécrétions sous Le nom de Lirmes ; ce qui ne saurait être admis, Ea résumé , La partie Uhéorique ne nous parait pas avoir été sufÉsamment méditée, et peer présent ce travail n'apporte rien à la science.

Len est de même de la partie pratique. Pour autoriser la conservation de la glande , il se fonde : 4° sur ce qu'elle ne fournit la moindre part de La sécré- Lion lacrymale , et nous continuons à penser qu'elle La fournit toute; 2° que son extirpation offre de grandes difficultés; et nous regardons cette assertion comme une erreur ; 3° enfin qu'il a vu enlever l'œil et conserver la glande Lscrymale sans inconvénient. Cette troisième raison aurait plus de poids ; mais l'auteur ne cite aucun fait, n'indique pas même où et comment il a vu pratiquer ces opérations; en sorte qu'il ne reste qu'une assertion sans aucune preuve.

Quaut à La question en elle-même , nous croyons qu'elle est fort peu importante à discuter. On peut au choix laisser où enlever la glande lacrymale sans jnconvénient , pourvu qu'elle soit saine; car son étai morbide exige toujours l'ablatiou après l'extirpation de l'œil. Quant au mémoire , il n’éclaire en rien la science ; loutefois , comme il montre dans son auteur de l'aptitude à soulever des

lions scicatifiques , nous praposons d'adresser ds remerciemens à l'auteur et déposer son travail dans les archives.

Le rapport et ses conclusions sont adoptés.

M. Hexye montre plusieurs variétés de sa srie ostéolome , el fait passer sons les yeux de l'Acsdémie plusieurs pièces d'anatomie pathologique obitaues daus ses expériences sur les animaux touchant la régénération des os.

La séance est lerée à cinq heures.

BIBLIOGRAPHIE

RECUERCHES SUR LA GÉNÉRATION DES MAMMIFÈRES , par M. Cosre, suivies de Recherches sur la formation des embryons, par MM. Derecu et Cosre. — Un vol. grand in-4° avec planches. — Paris, Just-Rou-

vier et Le Bouvier,

M. Coste vient de publier un beau vol. in-4° , accompagné d'un nombre de fi , composé de deux parties distinetes. La pre-|}P* mibre a pour objet Mage es mammifères ; la seconde , la formation des embryons. Nous allons nous occuper principalement de l’examen de la première partie de cet important ouvrage (1), la seconde , 2 commune à M, Coste et à M. Delpech , ayant déjà élé analyse cœ

supposa que l'absence de la vésicnle en question pourrait bien n'être

influence d'une semblable cause, Ïl ouvrit un jour une lapine seul but d'étudier les œufs dans l'ovaire, et il eut le bonheur de voir

M. Coste a bien compris qu'avant d'aborder l’ovologie humaine , il était indi de bois : é :

la vésicule dont nous venons de parler et celle de Purkinjé, 1 a d@ rechercher avec soin si elle a la même destination. à , Déjà Purkinjé, dans son beau travail, avait dit qu’elle se ropait pour laisser épancher les granules blancs qu'on observe au. centre de la cicatricule ; mais adopter une semblable opinion , c'était déclarer indis rectement qu'un animal tout entier n’était autre chose qu'une NS lion de granules épars , puisque c'est au sein même des granules blancs de la cicatricule que M'émel être va se manilester; el, soit que la res ponsabilité d'une aussi grave conséquence lui ait isspiré des’ doutes, soit que de nouvelles recherches lui aient donné des-convictions:cen-

() Le travail de M. Coste relalif à la génération des mammifères à été présenté à l'Institut, qui a décidé, contre ses usages, qu'on demanderait au ministère l'autorisation de mettre à La disposition de l'auteur une somme de 2,000 £r., pour l'aider à continuer ses recherches dispendieuses,

traires, il finit par admettre qu'au lieu de se rompre elle s’aplatit, et que ses deux hemisphères s'étendent pour constituer le blastoderme. M. Coste , au contrzire, qui deux ans avant la publication du travail qui est l'objet de notre examen, nous avait fait assister aûx premiers mouvemens que les globules du jaune subissent pour aller former, par leur eosation régulière , les systèmes nerveux et circulaloire de l'embryon des oiseaux ; ne se trouvant pas sous l'influence des motifs qui paraissent avoir déconcerté Purkinjé, et l'observation directe lui ayant d'ailleurs appris que chez les mammifères il ne reste plus après la conception de irace de la vésicule qu'il a découverte , n'a pas craint de conclure qu’elle se rompt pour déposer les premiers élémens de l'a nimal, qui va se former. Mais il ne s'est pas contenté de constater la disparition de cette vésicule chez les mammifères , il a voulu savoir aussi s'il en était de même chez les oiseaux ; et eumme 1] a eu d'assez fréquentes occasions d'étudier l'œuf de l'autruche, il a pu se convaincre qu’à la place qu'occupait la vésicule de Pnrkinjé dans l'ovaire, il n'existe plus après la ponte qu'un amas de granules qu'elle seule peut avoir déposés. Du reste, il nous promet un mémoire spécial sur cette question fondamentale. |

Maintenant, cette vésicule étant rompne , que devient l'œuf après avoir pénétré dans la cavité de la matrice ? Le voici. Le vitellus se transforme par la condensation des granules qui le composent en une vésicole particulière , et l'œuf se trouve alors composé de deux sphères emboîtées ; l'une, la membrane vitelline, la plus extérieure , née dans l'ovaire ; l'antre, in‘érienre, la sésicule blastodermique, développée après la conception et sous sun influence. La dénomination y laquelle M. Coste désigne coite dernière vésicule indique assez qu'il en fait l'analogue du blastoderme des oiseaux; et, en effet, c'est dans son épaisseur que l'embryon et ses vaisseaux vont se manifester.

“Vers la fin du sixième jour on voit apparaître dans un point de la surface externe de la vésicule blastodermique, un nuage circulaire qui n'est autre chose que le premier rudiment de l'embryon. Peu à peu ce nuage, en se Fr mod. , change de forme : il se renverse du côté de la tète pour former le capuchon céphalique on la peau du col; da côté de la queue, pour former le capuchon caudal, ou la peau du bassin, ct, ramené des parties latérales, 1l converge vers l'ombilic pour constituer les parois abdominales. En se renversant ainsi ce nuage qui est la peau de l'emh où , renferme dans la cavité abdominale la portion de la vésicule blastodermique sur laquelle il se développe , et la transforme en une vessie ivégalement bilobée, dont le plus petit kcbe engagé dans l'abdomen formera l'intestin, et dont le plus grand saillant hors l'ombilic devient Ja vésicule ombilicale. Pendant ce temps la matrice exhale autour de l'œuf une couche pseudo-membraneuse, que M. Coste nomme curticale parce qu'elle est la plus extérieure de l'œuf, mais qu'il recommande de ne pas confur die comme l'a fait M. Boer avec la membrane vitelline.

Mais avant va ce dernier phénomène se manifeste, l'œuf, que le plus Jéger-choc déplace et qui est par conséquent encore libre de toute adhérence, présente toujours le point de sa surface qui correspond à la tache embryonnaire , directement en regard avec D né vasculaire de la matrice, et de telle manière que le grand axe de l'embryon se trouve appliqué dans toute sa longueur sur cette mème ligne, L'empressement que notre habile physiologiste a mis à recueillir çes fañs, Îa persévérance avec laquelle 1l a travaillé à en saisir les détails, attestent assez tout le prix qu'il attache à leur découverte ; et s'il n'a point encore concha lors qu'il a tout disposé pour que le lecteur ne puisse échapper à la conclusion , c'est que plaré sur un terrain nouveau, appliqué à des questions que le génie des plus grands philosophes n'a pu résoudre, il a senti le besvin sans doute de se renfermer dans les bornes d'une philosophie sévère, et de ne pas courir le risque en proclamant une conception trop hardie, de se vuir accuser d'exagération. Comment, en effet, lorsqu'on voit on corgs sphérique sans aspérilés comme l'œuf, s'engager dans unecavité où nulle action mécanique ne peut le contraindre à prendre une position plutôt qu'une autre, venir pourtant s'y placer toujours d'une manière aussirigourensement déterminée que celle de l’aiguille aimantée dans le méridien magnétiqne; comment, dis-je, se soustraire à la conséquence que c'est sous l'influence de forces analogues qu'un semblable phénomène s'accomplit? On sera d'autant plus disposé à adopter cette opinion qu'on aura muédité d'avantage l'important travail dans lequel MM. Coste et Delpech nous out révelé, touchant la formation des embryons , des faits que nous étions accoutumés à considérer comme inaccessibles. Nous les voyons, en effet, réduisant le problème de la génération à une cuotien foces-dpranique, attaquer de frunt la théorie surannce de la préexistence des germes qu'ils ruinent de food en comble, et nous faire assister tantôt à l’arrangenent métho-

dique des globules du jaune destinés à l'édification du système nerveux, tantôt aux mouvemens réguliers des courans multipliés qui, traçant le système circulatoire , se concentrent -en courans qui tendent à se confundre dans un courant unique , résultat de leur-choc réoi : qui sera le premier rudiment du cœur. Si donc, comme MM. En Delpech en ont merveilleusement préparé la démonstration , tous ces mouvemens s’enchainent aux lois de l'electro-magnétisme, La constance de position de l'œuf des mammifères, où tout se passe comme chez Jes oiseaux , peut-elle nous étonner désormais ?

Enño, vers le dixième jour, M. Coste a vu la vessie ovo-urinaire s'élancer hors de l'ombilic, entre la face interne du pubis et la vésicule ombilicale, contourner un des côtés de l'embryon pour venir s'appliquer sur le ee de la matrice correspondant à la ligne ique ou vasculaire, dont elle n'est séparée que par les membranes ritelline et corticale; mais bientôt les vaisseaux ombilicaux commençant à se dérelopper sur ses parois , elle perfore les membranes qui l'enveloppent , pour venir former le placenta par son adhérence à la matrice et le cordon ombilical chez les animaux qui en sont pourvus, par son enroulement en spirale. Ces faits , qui n'ont réellement pénéiré dans la science que depuis les travaux de M. Coste, et dont lim ncë pourrait paraître douteuse si o0 Îles envisageait isolément , deviencent une conquête précieuse et féconde, lorsque l’on considère qu'ils conduisent à démontrer, comme M. Coste vient de le faire dans un mémoire lu récemment à l'A. cadémie des sciences, une rigoureuse analogie entre l'œuf des mammiferes. des oiseaux; de la femme, et placent ainsi-noire jeune savant à un point de vue assez élevé pour que , dominant tous les faits connus , il puisse les faire concourir tous à la découverte de la loi générale de la formation des êtres, vers laquelle ses recherches nous semblent le faire marcher à grands pas. Sans doute il lui reste encore beaucoup à faire avant d'atteindre le but; sans doute le chemin qui s'ouvre devant lui est immense, périlleux, hérissé d'écueils; et il faut plus que de la 4 vérance et du courage pour s'y engager avec éclat, pour saisir et soulever le voile qui couvre le mystérieux problème dont la solution doit fournir de précieuses révélations pour la pathologie , en dévoilant la loi des produits morbides par celle qui préside au développement normal de l'individu, celle de transmission des maladies héréditaires, en faisant connaître la part du mâle et de la femelle dans l'acte de la reproduction, et par conséquent aussi le moyen de les placer dans les conditions les plas favorables pour que l'amélioration des races, par le croisement, devienne la source la plus fécande des richesses publiques. Sans doute il faut pe que de Ja persévérance pour arriver à uo semblable résul tat, et M. Coste nous paraît à la bauteur d'une belle mission.

Ainsi une science ouvelle s'élève parmi nous : un homme jeune, entrainé par un seatiment d'avenir , en pose les bases à grands frais. Dans son dévouement, il poursuit aujourd'hui sur un troupeau de brebis des expériences qui nous rappellent celles que la munifcence de Charles 1‘, roi d'Angleterre, permil au grand Harvey de réaliser, Espérons qu’on ne laissera pas M. Coste à ses propres ressources, et qu'après avoir mis à sa disposition tous les moyens d'exécution, le gouvernement s'empressera d'instiluer au Collége-de-France un enseignement d’embryogénie dont le besoin se fait vivement sentir aujourd'hui , et qu’en clevant ainsi up homme de talent à une position convenable , il en encouragera d'autres à se développer dans une direction qui doit conserver à la France le sceptre scientifique que l'Allemagne lui dispute.

Dvrux, Membre de l’Académie royale de médecine.

RESPONSABILITÉ MÉDICALE

Séance nu 25 servamnns, — Présidence de M, Onrira.

La séance est ouverte à trois heures. L'assemblée est plus nombreuse encore que la dernière fois.

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. M. Gibert annonce que la sonseription ouverte jeudi dernier a produit sésnce tenante uns somme de 1228 fr, qui s'est accrue depuis de nouveaux dons. (Nous donnerons la liste com plète des souscripteurs dans notre prochain numéro.) ià M. Mèce absent , écrit qu'il s'associe à toutes les résolutions prises par l'assemée.

M. Fawer ndresse par écrit quelques réflexions sur la bilité médicale. Îl rapporte le fait d'une iliustre dame polonaise qui , ayant eu l'artère piquée dans une saignée par une de nos notabilités chirurgicales, demeura si bien convaincue que Ls faute n'en devait point étee attribuée au chirurgien, que près de mourir par suite de cet accident , elle écrivit dans soû testament : « Je ligue à mon ci rurgien une somme de 200 docats pour l'indemniser de domage que l'accident qui m'est arrivé à causé induement à sa répulation. » M. Faure ea finissant à tous les médecins de s'engager par serment , si l'irrespansabilité médicale

n'est pas reconnue , à ne donner leurs soins à aucun magistrat et à aucun ministre, Rire général |

M. Elmmt l la parole pour lire le projet de lettre dont les bases ont été adoptées par la commission ; mais agparavant il fait remarquer que MM. Dubois d'Amitas et Sandras , adjoints à la commission , n'ont pas cru que leurs idées cussent élé assez mises en lumière dans cette letter ; ils en ont donc rédigé chacun nne , et il a été convenu que les trois letires seraient lues devant l'assemblée.

On passe à La lecture des trois lettres, Celle de La commission est plus concise , mais peut-être aussi plus sèche; M. Dubois d'Annens à largement traité la question du principe, Mais à peine a-1-il touché La question spéciale ; ML. Sandras à cherché à éviter ce double éeueil. L'assemblée demeure visiblement incertaine

au choix de la lettre. :

er des débats prolongés sur diverses questions préalables, telles qu: le rang dans lequel tes trois projets seront di cutés, l'ordre de la discusion, etc, M. Double p de nommer one commission nouvelle qui sera chargée de foudre les trois lelures em une sérile, ct “ra ane rédaction unique qui devra être sou-

F jugement définitif de l'assemblée.

veut Proposition étant adaptée, MM. Dabois d'Amiens, Sandeas et Gibert demandent de ne pas faire partie de la commission nourelle.

L'assemblée consultée arrête : :

4° la commission nouvelle sera composée de cinq membres ; "

2* Que MM. Dabois d'Amiens, Sandras et Gibert n'en ferunt point partie et ne seront pas méme adjoints d'oflce à ls commission , qui cependant pourra s'aider de leurs lamières si elle le juge convenshle ; ee

4° Que le bureau nommera la nourelle commission.

Le bureau se consulte, et M. le président annonce que la commission se compesera de MM. Dubois père, Double, Vidal de Cassis, Bérard jeune et Forget.

On demande de toutes parts que M. Orfla fasse partie de la commission. M. For-

se lève, et, remerciant le bureau de l'honneur qu'il vient de recevoir, déclare qu'il se démet avec Le désir de voir sa place remplie par M. Orfita.

La commission reste donc défsitivement constituée comme il suit : MM. Orfils , Dubois père, Double , Vidal de Cassis et Bérard. ;

Une inc séance aura ben jeudi prochain à trois heures, Tous les médecins de Paris sont invités à s'y trouver, sans aulre convocation.

La séance est terminée par de nouvelles souscriptions. La liste demeure onverte chez M, Aubin, trésorier de l'association médicale, et chez le concierge. de la Faculté de méd cine,

Séance levée à cinq heurcs.

SOUSCRIPTION EN FAVEUR DE M. THOURET-NOROY

La opt 1 lion qué nous ations ouverte au bureau de La Gazerre mévicase, aa de M. Thouret-Noroy, continue 3 rereroir de nouveaux déreloppemens. Aux journaux de médecine que nous avons cités dans notre dernier ooméro comme ayant #condé notre appel , nous ajonti rons la Lancette Po api , qui vicot d'ouvrir une souscription dans ses bureaux. Il en est de même de plusieurs médecins des départemens, qui se sont chargés de recueillir les souscriptions de leurs confrères, ainsi qu'on Le vo:t par la lettre suivante,

Monsicur,

‘Tous les médecins du canton de Montfort-l'Amaury ( Sinc-el-Oise } adhérant entiéremeot aux r'flexions que vous ont suscitées Les jugemens rendus contre notre honorable confrère Thouret-Noroy ; convaincus qu .ls sont du préjudice que peut porter à l'indépendance, à la liberté et à La digaité de notre art une aussi malheureuse intervention ; plus à même peut-être que les médecins des grandes villes de juger du mauvais effet qu'elle peut produire dans l'exercice honor able de la médecine dans les campagnes , désirent , dans l'intérêt de l'art et surtout dans celui du public, que l'arrêt déplorable soit détruit par un autre plas digne et plus convenable. .

ns cette pensée, ils se sont empressés de joindre leur modeste offrande à elle de leur: confrères , et ils ne doutent nullement que votre appel ne soit en. tendu de tous les vrais médecins. |

Ils m'ont fait l'honneur de me choisir pour vous la faire parvenir, vous faire connaitre leurs senlimens et vous présenter leurs félicitations sur votre initia- Wre.

Reocvéz, ete., Garrcies, D.-M. P., secrétaire de la Société de médecine du canton de Montfort.

Thoiry, le 1°" septembre 1834.

Monsieur,

Les médecins de l'Hôtel-Dieu de Blais juignent avec la sympathie la plus vive uur cotisation à celles que vous recevez journellement en faveur d'un confrère milheureux, M. Thourrt-Noroy. La Cour de cassation fera justice, sans doute, de rette odieuse violation de tous les droits les plus justement scquis.

Veuillez, Monsieur, agréer l'assurance de notre haute considération ,

Les médecins Dernar, DESPARANCRES, ous deus membres correspondans de Pas adémie, et MM. Buan, Bascuet et Braussien.

Votre aboané bien siucérement 3. 1aché ,

Beavssien, D.-M, P, Blois, de 22 septembre 4834, AT ee Te

| Bée du nom d'art divin.

PARIS. — ÉVERAT, IMPRIMEUR

Rennes , le 48 seplcmbre 1854.

Monsieur et lrès-honoré confrère,

Ea pubs vos senlimwos et votre opinion sur l'affaire de M. Thouret-No. roy et les circonstances plus qu'inconvenantes qui l'accompagnent , je désire, eu figurant dans la souscrip'ion ouverte au bureau de votre excellent jouénal , loi pe. avec besucoup d'autres sans donte , tout l'intérêt que sa cause me sem-

le devoir inspirer à 1ous ceux qui la verront avec sagesse, sans prévention , et avec connaissances médicales, Je vous envoie par un de mes roncitoseus la modeste somme de 5 fr., songeant que le fait ne se rattache pas à la valeur de la souscription , mais bien à la souscription même, où je voadrais voir figurer tous les médecins,

Agréez , elc., Baparez , D.-M. P.

Monsieur, ‘ Simple ofbcier de santé depuis 42 ans, j'ai vu avec peine le procès intenté con-

tre M. Thouret-Noroy, et j'ai ru avec et regret son issue, Puisse la cour de cassation voir plus favorablement les circonstances et les

Agrées, ets.

es Morimor ; Chirurgien de l'hospice civil de Fismes.

Renves, ce 5 septembre 4834.

Monsieur,

J'ai l'honneur de vous adresser la faible somme de 5 fe., être aj celles qui rous seront envoyées de toutes parts, a6n de dimicner s'à ph en les charges qu'on à imposées si injastement à notre confrère M. Thouret. TA Agrècez, cle, . Docxr, D.-M. P., Chirargien-msjor au 4° d'artillerie.

Mon cher et honoré confrère,

Je vous envoie mon très-faible tribut la souscription que vous ares en faveur de M. Thouret Noroy. 1l ar" na ns Pa pohere mil mme Le Com hu de La cour suprême relativement à la responsabilité médicale, Je tremble chaque jour pour moi-même , depuis que les plus minces tribunaux de province s'arrogent le droit monstrueux de juger la science et l'habileté de nos confrères, Si la Cour de cassation cousacrait ua ire abus, notre profession , dé- | sl mal récompensée pour laut de fatigues, déjà si entourée d'injustices et de ca-

ennies, ne serait plus tenable. Qui donc n'est jamais malheurcux ? qui done «st tortjours infaillible ?

1es. ete.

A.-P. Requis , D.-M. P., Agrégé en exercice à la Faculté de médecine de Paris, ete.

Monsieur et très-honoré confrère,

Tout ce qui doit honorer la médecine est pro ment récié des médeci ï she: et qui siment cette honorable Éar roin : pad : pour ns ont qu

Je m'empresse d'offrir, poar le soutien de la cause de M. Thouret.Nor , mon faible tribet. Je vous prie de le joindre à Le liste de souscriplion reçue au buresu de votre intéressante GAZETTE.

Un de vos abonnés, Coux, D.-M., Correspondant de l'Académie de médecine de Paris.

Nogent-sur-Seine , le 15 sepiembre 4844.

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