MÉMOIRE SUR LA MALADIE CONNUE SOUS LE NOM DE FEU
SACRÉ , par M. le professeur Fucus.
Le professeur de Wurzbourg a traité ce sujet avec une érudition vrai. |
ment remarquable; il remonte à l'anti moins cent cinquante auteurs, pique du feu sacré , il passe en
quité la plus reculée et cite au Après avoir exposé l'histoire patholorevue les différentes opinions énoncées sur la nature de cette maladie, et après Jes avoir diseutées toutes, il établit que le feu sacré du moyen dge (ignis sacer vel sancti Antonii } n'est autre chose que la gangrène due au scigle ergoté , l'ergotisme des Français,
OPSLRVATIONS SUR LES PLAIES DE TÈTE, par M. le professeur Digr- FENDACH.
Le | seed de Berlin considère les plaies de tête comme beaucoup plus dangereuses qu'on n’a contume de le penser. Ainsi, d'ordinaire, on ne craint que les plaies de tête avec fracture du crâne, les esc uilles, la compression , l'irritation, l'extravasation ; l'inflamnation ou LA commotion du cerveau, etc.; mais onfait peuattentionaux blessuresextérieures des parties molles. Il existe pourtant nne bien grande différence entre une plaie ordinaire de la peau et celle du cuir chevelu, Si on fait pour une cause quelconque une simple incision à la tête , de manière à ce qu'une partie de la plaie intéresse la calotte et l'autre la peau du front, 00 remarque que, malgré la meilleure réunion au moyen des bandelettes agolutinatives et des fomentations froides employées avec soin , la première passera tantôt à l'état de suppuration et tantôt se réuüira ; anais les parties aux alentours deviendront le siége d'une inflammation érysipélatense qui fournira plus tard de la suppuralion , tandis qu’au contraire la seconde moitié de la plaie, à parür immédiatement de la racine des cheveux , ne s'enflammera pas et se guérira parfaitement en peu de jours. Ceci prouve une vulnérabilité toute particulière du cuir chevelu et qui mérite toute notre attention.
Plusieurs fois M. Dieffenbach à vu La mort survenir dans’ des plaies tout-à-fait simples du cuir chevelu , parce que cette partie était prise d’ane inflammation érysipélatense à laquelle suecédait bientôt du délire et la mort. Dans d'autres cas, il survenait une suppuration profonde et la dénudation des os du crâne , également suivies de mort ; en ellet , existe une connexion iulime entre les surfaces externe et interne des os
il|! Plus tard la maladie pri
du crâne, en ce que la même affection qui se développe au dehors se reproduit bientôt intimement,
Cette inflammation érysipélateuse du cuir chevelu, qui conduit souvent à la mort en s'accompagnant des accidens orageux de l'inflimmation de la dure-mère , montre un décollement très-ctendu de cette dermère d'avec les os, ainsi qu'une exsudation de matière onctueuse à sa surface exteroe. Cette matière se rencontre également présentant un Laspect grisâtre lorsqu'il existe de la suppuration à la surface externe de li tête à la suite d'une légère lésion ; mais le plus souvent on rencontre un dépôt a correspondant à la partie externe qui a été lésée , et qui, lors de l'ouverture, s'échappe comme une matière ichoreuse trèsténue, Ce qui contribue encore à rendre les blessures du cuir chevelu extrèmement graves, c'est sa structure tendineuse ; On sait que ce tissu
l est exposé aux inflammations les plus aiguës.
Toute Messure du cuir chevelu, quelque légère qu'elle soit, ré. :clame un traitement antiphlogistique très-énergique. Toute incision pour donner issue au sang qui se trouve sous la prau, ou pour chercher une fissure, doit être évitée; l'air atmosphérique qui s'introduit dans la plaie décompose le sang anquel on n'a pu donner issue, et im- |prime à celle. là an caractère de mauvaise nature ; mais en cas d'abcès ‘on doit largement ouvrir. Une peute ouverture est ouisible : mieux vaudrait s'en abstenir entièrement ; et autant la réunion secondaire est avantageuse dans les plaies récentes, autant elle est nuisible dans ces cas; car les deux surfaces garnies d'un tissu cellulaire sphacélé se décomposent mutuellement et s'altèrent de plus en plus; mème des surfaces 4 granulations de boune nature , lorsqu'elles sont serrées l'une contre l'autre , prennent un mauvais caractère ; on doit donc bien les rapprocher, mais il faut qu'un corps intermédiaire les sépare.
A l'appui de ces excellentes considérations, M. le professeur Dief- |fenbach rapporte cinquante-huit observations tirées de sa pratique.
ÉPIDÉMIE D'UNE GANGRÈNE DE LA RATE QUI À RÉGNÉ EN 1831 DANS LE VILLAGE DE MANDHOwO (Russie), par le docteur Tscnerinxin ; traduit du russe par le docteur M. Macasixen.
Comme nous ne connaissons aucune description de gangrène de la rate chez l'homme, nous croyons qu'il sera très-intéressant de donner l'histoire de cette petite épidémie avec quelques détails.
1° Marche de la maladie. — Sans autres symptômes précurseurs,
! la maladie commençait avec un sentiment debrälure tout particulier dans le creux de l'estomac , accompagné d’une douleur iosupportable dans l'hypocondre gauche , s'étendant insensiblement sur tout le has-ventre jusqu'au côté droit; il survenait bientôt un malaise, quelquefois des vontissemens d'un liquide verdâtre ; langue sèche au commencement de a maladie; soif nulle; point d'appétit; respiration difficile ; pouls subséqnent , toujours dur, quelquefois peut, d'autres fois plein ; selles naturelles ; urine rare et rouge; les malades avaient le sentiment d'un liquide chaud qui se remuait dans le côté gauche. Après quelques jours, signes d'état'putride qui se manifestèrent même chez un des malades qui succombèrent au bout de quelques heures ; douleurs pongitives aux côtés ; météorisme ; borborygmes ; soif intense ; PE. Riga du malaise; vomissemens contiouels; couleur jauoätre de la peau et de la sclérotique ; figure grippée ; pouls fréquent ; crampes avec froid des extréinités, et enfin mort. Dans le cas d'une terminaison heureuse , tous ces symptômes diminuaient , à l'exception d’un sentiment désagréable à l'hypocondre gauche , qui bientôt disparaissait aussi.
Dès son début cette affection présentait le caractère d'une inflamma tion de la rate , et pouvait être combattue au moyen d'un traitement rationel. Elle ne prit le caractère typhoïde que chez deux individus d'une constitution faible.
D'après le dire des personnes qui ont entouré les trois malades qui ont succombé, les symptômes se montrèrent chez ces derniers au début de la maladie, avec le même caractère que chez les onze autres survivans, et ce n'est que dans les dernières heures qu'apparaissaient tous les phénomènes que nous avons indiqués cowme caractérisant la gra vité du mal.
Plus tard la maladie prit un eoractère typhoïde, ce qui est prouvé non-seulement par sa marche, mais encore par l'antopsie cadavérique.
Au commencement de la maladie tous les phénomènes indiquaient une affection du système yeineux.
Chez aucun de ces malades il ne se montra de douleurs nerveuses ; les crampes qui se déclarèrent peu avant la mort doivent être attribuées à une afiection secondaire de la moelle épinière. Les premiers malades souffrirent beaucoup et l'un d'eux seulement pendant très-peu de temps. t'un caraclère moins grave, | 2° Autopsie, Les cadavres passaient bientôt à l'état de putréfaction 5
DE PARIS. 619 oo
ct au côté gauche , vers la région de la rate , il ve tardait pas à se ma-||tcintes de son ré éd el de ee si ee À nier res pa- : . : + EE H rassent avoir «té ceux d'une inflammation cérébrale. Plus tard, il se manileste ï ; Spon- Lade . : ans nifester une tache noire par Ce Due organe était Rs #5 den mourenens larclontalnes, d'aber à l'one où l'outce des catrhn hé : a pe 7e gienx et rempli d'un sang fluide et noïrdtre, présentant 4 Sa SUrIace POS sient surtout vers le soir , à peu près à la même heure; on ne les observa térieure une tache gangréneuse que l'on pouvait poursuivre jusque da0$| dans Le principe qu'à que main, puis ils <e propagèrent aux autres parties du corps, s substance mème ; on remarquait sur Le péritoine , l'estomac et les/iec augmentérent de force et de durée, II se passa vinsi dix-huit mois ; en décernintestins gréles des vestiges d'inflammation; le vie avait une couleur||hre 1434 , Le mal avait attesat son plus seu degré d'intensité ; les accès se prolond'un jaune clair ; la vésicule biliaire était dans un état de phlogose et{|#°##ent presque constamment peudant près de seire heures. Les spasmes eu partie md Fa d'une bile liquide.
«loniques et en partie toniques occupaient tout le corps , mais principalement . : ; | l'appareil locomoteur ; les bras et ks mains étaient continuellement agités par de 3° Étiologie de la maladie.— La maladie ne fut point contagieuse, mais épidémique; ainsi, dans un espace de trois semaines, iln'y eüt que
petites contractions très courtes, mais violentes ; les doigts se resserraient forte-
ment sur les pouces, qui étaient rentrés dans ls main ;une raideur presque tétani-
deux personnes qui tombèrent malades dans une ième famille ; une fue/aue ocrupait la colonne vertébrale et les extrémités infrrieures. La tête et le cou
Mer t se tournant en tons sens cé par up mouvement continue ; tandis que kes pau
guérie, L'autre mourut. Ne . ipièr s restaivat ouvertes, les yeux hagards, les pupilles presque iumobiles et insen-
Cette maladie, que l'auteur dit n'être autre chose que la peste de SE} bles à La lumière; la bouche légèrement fermée et les traits de la face entière-
bérie, apparaît souvent dans cette contrée d'une manière sporadique et|}\ment tronquiltes. Mouvemens d'élévation et d’abaissement du thorax irréguliers ; sous des formes tres-diverses ; il se demande s1 l'on ne pourrait pas en conclure que ce nouveau fléau est soumis à des influences telluriques
PR AS sans avoir le caractère de la peste où d'autres maladies épi-
respiration légale, brève, entrecoupée de soupirs, de gémissemens, et s'accumpagnant d'une toux sèche et spasmodique ; pouls radial égal des deux côtés, mais petit, Lendu, subfréquent, isochrone aux batlemeus du cœur, qui étaient par. émiques qui s'étendent sur une large surface de pays, ou bien n'aurait pas encore acquis le degré d'intensité nécessaire pour pouvoir se propager au loin ; il est pourtant possible , ajoute M. Tscheürkin , que la di-
laitement réguliurs. Cependant La plus légère pression sue la région qui s'étend depuis cet organe jusqu'a La rate faisait treseullir La malade, et lui occasionait minution rapide de la maladie, du moins dans le cas présent, soit dû au froid rigoureux qui durait depuis long-temps.
ue douleur qu'elle exprimait par la contorsion des traits de La face; une semblable douleur se faisait sentir au bord interne de l'omoplate dans l'étendue d'une On a remarqué que les animaux domestiques ne furent point atteints par l'épidémie.
pièce de vingt sous. L'accès commençait ordinairement vers sept heures du matin, par quelques mouvemens convulsils de la tête et des extrémités ; les yeux derenaient immohiles et hagards , el les traits de la fice étaient comme frappés de sta peur; puis les convulsions et les spasmes s'emparsient de tout le eorps, et La pe-
4° Traitement. — Au début on employa les avtiphlogistiques tels
e les saignées générales, en cas de besoin les sangsues aux À rares
ouloureuses, et fes boissons accidulées, Dans deux cas où il se déclara ue état typhoïde, on prescrivit avec avantage une infusion de calamus
lite malade perdait entièrement connaissance: le paronysme se prolongeait ainsi jusqu'à 11 heures du soir ; alors 3l survenait quelques heures d'un sommeil assez aromaticus avec addition d'acide muriatique jusqu'à saveur agréable et de 8 gr. de camphre sur 10 onces de véhicule,
tranquille , mais qui ne delessait nullement, Cet état dura jusqu'à La mi-janvier 1892, époque à laquelle il s'y joignit deux Nous donnons maintenant quelques observations. Ons. 1. — Stephan Tscherwonow , dgé de 28 ans, d'une constitution faible,
phémonènes très-remarquables dont nous allons parler avec quelque détail, à cause de leur extréme rareté.
On entendait, à diverses reprises, comme frapper et gratter dans la proximité dela petite malade : ces braits étaient de force et de durée variables; le premier résonnait cotume si quelqu'un frappait contre ke bois; le second, comme si l’on grattait contre les plancheites do Lit : on était tenté de croire que c'était l'enfant elle-même qui produisit ces sons extraordinaires avec ses doigts ctavec ses ongles.
éprouvs le 29 janvier un sentiment de brülure gi rte dans le creux de l'estomac ; bientôt après les symptômes suirans se déclarèrent : douleur brülante dans tout le bas-ventee, trés-forte surtout dans la région de la rate ; langue sèche; soif modérée ; anxiété et malaise ; pouls petit , rare , fréquent, dur ; selles naturelles ; urine rare et rouge; quelques hrures après l'apparition de La maladie : saignée de {6 onces. Prenez : eau de fontaine , une livre; acide muristique oxigéné. q. +. jusqu'à saveur agréable ; sirop acélique , use once; m.; pour boisson.
Y avait-il Li quelque superc!erie, el comment sc rendre compte de ces singuliers phénomènes ? Le lit fut changé de place et examiné, exploré pièce par pière ; Les Le #). Il existe encore quelques douleurs au côté gauche. (15 sangsues au cdté doaloureux .}
bruits qui avaient cessé pendant cette opération recommenctrent dès que l'enfant eût été couchée, Plos tard où l'assit sur une chaise placée dans un endroit de la chambre éloigné du lit, les bruits la suivirent, et on entendit distinctement frapper etgraîter contre Le bois de la chaise; 3] est à remarquer que la nature des sous Le 1°" février. Grande faiblesse ; couleur jaunâtre de la peau el des veux ; malaise; douleor obtase au côté gauche; borborygmes et pouls très-fréquent. Prescription : infusion de calamus aromalicus, une livre; camplire dissous dans l'alcoo!, dix gr.; acide muriatique oxigéné , q, $. ; sirop de vinaigre, une once; m,
s'était modifiée en raison dc la différence de densité de ces deux espèces de bois s. ; à prendre une cuillerée à bourbe toutes les heures.
du lit et de la chaise. Une autre fois la malade fut transportée, sans qu'on l'en eût prévenue, dans une autre chambre et un autre lit; mais à peine s’y trouvait-elle Le 2. Tous les symptômes dimiauèrent, et dès cc jour l'étut du malade s'améliora.
quelques instans que là aussi on entendit de nouveau frapper et graller.
Le docteur Plath était désormais convaincu de la réalité de ces phénomènes ; il avait également acquis La persuasion que ces bruits tenaient au voisinage de l'en fant, qu'ils n'étaient produits ni par les mains , mi par les ongles, ni pur la bouche, ni per aucune partie extéricure du corps de cette dernière, el qu'eofin ils n'étaient rendus par aucune autre personne, Cependant pour s'sssurer s'il n'était poiat le jouet d'une illusion, M. Plath conduisit auprès de la malade un grand sombre de ses confrères dont il cite Les noms , qui Lous parent constater la réalité
Ons. I. — Matrons Morkowa, qui montra les mines symptômes, fut traitée||du fait, £ ne de la même manière et avec un pareil succès. Ces bruits qui avaient commencéüse faire entendre du 42 au 43 janvier, allèrent quelque temps en augmentant , puis diminuèrent vers la fin de mars; ils pouvaient être observés non-seulement pendant les paroxysmes , mais encore daus les intervalles luvides , jamais quand l'enfont dormait.
Une autre circonstance digne d'attention, c'est que ces bruits pouvaient être provoqués ; ainsi lorsqu'on graïtait où frappait contre le bois de lit, on entendait gratter ou Ja mes une intensité ct une durée égale et mène nombre de coups; plus tard ëf suflisait, pour les faire naître, d'en parler et de Gser le nombre de coups que l'on désirait.
Oo put observer encore que ces mèmes sons merquaivut la mesure quand un chant où des instrumens de musique se faisaient entendre dans la chambre ou dans le voisinage ; par la suite ils étaient parvenus à imiter toutes les espèces de bruits; aiosi peadant deux jours ils imitérent parfaitement les coups de scie d'un menaisier qui travaillait dans une maison voisine ; le point de départ de ces bruits variait encore pour les différentes personnes assises autour du hit, suivant la place qu'elles accoparent.
Vers La Gin de février, tandis que les mouvemens convulsifs et les spasmes étaient eucore dans toute leur force, ke frappement cesss subitement et le grattemebt diminu d'une manière sensible : il n'élait plus à cette époque provoqué comme ps il obéissait plutôt à certaines influences qui sont plus du ressort du magnétisme animal. C'est ainsi que ce bruit élait très-intense à l'approche de personnes du sexe masculin , tandis que la présence de perce da sexe feminin ne pouvait een pour le + rs Ce bruit se faisait encore : ntendre avec beaucoup de force quand on dirigeait , même à distance, la pointe des doigts vers le creux de l'estomac de la malade ; isolait-on cctie partie du corps au moyen d'une étoffe de soie , le bruit cessait entièrement.
À l'époque de la disparition complète de ce dernier son , la petite malade commença à reprendre de plus en plus connaissance en même temps qu'il sarvint, pendant le temps des convulsions , uné inquiétude et une activité extrêmes, qui contrastaient d'une manière frappante avec l'excessire faiblesse que l'on remarquait dans les intervalles lucides. Son état 5e rappeocha de plus en plus du somnambulisme ; ses parens racontent même qu'un jour elle s'écria, en parlant de l'un de ses frères : « Bernard! prends garde de enter lu et aussitôt ce dernier entra dans la chambre la figure toute ensanglantée ; une autre foiselle saisit un tricot, montra du doigt, sans y regarder , un endroit de ce tricot , où l'on découvrit en effet un dé-
Ons. HT. — Agaphia Korabelnikowa, âgée de 21 ans, d'une constitution trèsforte , fat prise le 29 janvier d'une douleur brûlante au creux de l'essomac , qui s'étendit plus tard sur tout le has-ventre; à cette douleur se joignit bientôt uu malaise , des anxiétés trés-fortes et un pouls fréquent ei dur. (Saignée d'une livre et même prescription que dans l'obserration prenuère.)
Tous les symptômes ont disparu Le 3 février.
Huit autres personnes , dont quatre hommes et quatre femmes , af. fectéss de la mème maladie , guérirent par ce traitement.
OBSERVATION D'UNE DANSE DE SAINT-GUY , S'ACCOMPAGNANT DE PRÉ- NOMENES EXTRAORDINAIRES,
Le fait qu'on va lire s'éloigne tellement de la règle ordinaire, que nos lecteurs seront peut-êre surpris de nous le voir reproduire dans nos colonnes. Nous ne l'aurions pas fait s'il ne se présentait sous la double varantie da journal médical qui l'a accueilli avant nous, et des nomanis) témoins qui ont été à même d'en constater les circonstances, Ce n'est pas que nous allions jusqu'à les admettre dans tous leurs détails ; une foi anssi entière ne peut se rencontrer sans doute que chez
les témoins mêmes du fait. Mais en faisant la part de l'exagération ou même de quelque erreur possible , l'observation ne mérite pas moins d’être consignce dans les annales de l'art, Ne nous hâtons pas de poser des limites au pouvoir de la nature : si un fait unique de ce genre laisse toujours dans les esprits une certaine défiance, une condition essentielle pour en recueillir d'autres est de ne pas rejeter inconsidérément le premier.
Ons. — Fanny Christens , hgée de 14 ans, née de parens sains ; l'aînée de trois enfans jouissant tous d'une bonne santé , commença à éprouver les premières at-
faut qui avait re: à tout le monde ; le docteur Plalh n'est ici que marratenr et ne garantit pes l'anthenticité de ces derniers faits.
Le traitement de cette singulière et inexplirahle affection fut tont d'expetation. On avait, Le l'apparition des bruits que nous avons décrits, sbandonné toute espèce de médication interne; il est bon cependant de rapporter ane circonstance qui parut avoir quelque influence sur La diminution des acrilens convulsifs. La mère de l'enfant qui était ane femme de moyen âge, et d'une contituhon robuste, s'étant ua jour couchés avec elle, rensarqua que les spasmes avaivat dié moins forts et de moindre durée; elle continua done pendant tont l'été de l'année 1832 l'asage d'un remède si simple, et en effet les phepomènes nerveux allèreat de plus en plus en diminuant.
Plus tard on fit coucher avec la petite malade un jeune chien qu'on plaçs 3 ses
ieds ; cet animal ne tarda pas à devenir maigre et à étre pris de convulsions, et Eu r mourir, tandis que l'état de La jeune fille s’ameliora d'une manière trèsseosible. 1 survint vers la flo ane salivation spontsnée qui fut remplacée par ani diarrhée abondante et de longue durée ; peu à peu les convulsions dimiauéreut , les sccès devinrent plus courts, la petite Glle put s'occuper de travaux légers , enfin dans le courant de l'été 4853 sa santé se rétablit entièrement.
L'affection si remarquable que nous venons de décrire appartient, selon le docteur Plath, au genre de maladies qu'il appelle maladies d'évolution ; elles sont caractérisées par une prédominance momentanée du système nerveux ganglionaire sur le systrme nerveux centrospinal , d'où coule la série des accidens spasmodiques que nous avons
rcourue. L'auteur cite l'exemple d’une catalepsie qui survint, comme
le cas présent , à l'époque de la puberté, et guérit également dès que cette époque fut passée, sans l'application d'aucun remède. Cberchant à caractériser la nature et à déterminer le mode de production des bruits si extraordinaires dont nous avons parlé, le docteur Plath croit pouvoir les rapporter à une sorte de ventriloquie volontaire ou nvolontaire.
TRAVAUX ACADÉMIQUES
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séaxcz pv 22 serreunar 1854.
MOLLTSQUES.
M. de Férussac adresse les rois premières livraisons (il y en aura dix contenant cent planches), d'us ouvrage iotitulé: Monrgraphie des céphalupodes eryyr todibranches , publiée par lai et M, d'Orbiguy. lle compreailra l'histoire des argouames, des poulpes, des calmars et des sviches. M. de Férucsac adresse une lettre explicative , dont il est donné lecture entière à l'Académie. Suivent lui, Lionée n'avait mentionné que cinq de es animaux , Lamarck onze, M. de Blain ville et d'autres nataralistes quarante, tandis que La monograph e actuelle com prendra plus de 150 espèces, Le dessin et l'anatomie de | argonaute ont été faits sur le vivant per M. Poli , et ceux du poulpe , par MM. Paudir et Dallou qui unt commumiqué leurs travaux pour cette monographie.
M. de Férussac adopte les quatre grands embranchemens des animaux propnsés par Curier, « Nous cherchons ensuite, dit l'auteur de cette lettre, à Gxer la clos sibcstion des mollusques eux-mêmes, et à mettre, s'il se peut, on frein aux innovations qui se ent chaque jour sous ce point de rue, Nous combattons , je crois, avec succès She em de Meckel, qui propose de faire à part , entre les vert sous qu'il s'est exagéré La valeur de leurs caractères organiques, el que cv sont seulement les plus parfaits des animaux mollusques, Nous ne pourons partager l'avis ni de M. Martin Saint-Ange, ni de M. Burmeister à l'égard des cirripédes , et nous croyons que Lamarck a bien jugé ces singuliers animaux ; ils doivent, selon nous , former une classe à part en tête des suimaux articulés. Nous eroyons que c’est à tort que Lamarck et Latreille ont dé les tuaiciers les animaux mol- Insques. Nous combaltons La réunion proposée par M. de Blainville des ptérogo des aux , €t nons pensons que ces animaux doivent être cogserrés en une classe distincte telle que l'a établie Curier. La classe des pelthocochitles de Latreille vous paraît rompre tous les rapports caturels, et ae semble pes devoir étre adoplée, Îlen est de mème de celle des pos de M. de Blainville. Nous terminons cette partie par le tableau de la classification des animaux mwolluse quesen six classes , dont l'exposi des caractères nous appartient presque entitrement.
La lecture de cette lettre a soulevé au: sein de l'Académie un violent arage M. de Blainville surtout s'est montré fort courroucé contre les membres du bureau qui avaient cru devoir faire cette lecture ; il trouve étrange qu'un auivur, à
d'un ouvrage qu'il présente à l'Acadéone , en fasse l'analyse dans use ep
tre, et se permette de ffagr l'er à droite et à gauche les membres de cette sucivtr, |
lesquels ne peuvent lus répondre. 11 demande que la lettre soit renvoyée à ure
commission qui, par «on rapport, pourra au moins détruire La foneste impression ue cette lecture et le comple rendu Jes journaux ne manqueront pas de
one grande division rés et les invertébrés, pour les permet Nous pen- g®,
trois on quatre fois pour exsminer le même ouvrage, qui ne renfermerail de nouveau que ce que d'autres savans ont communiqué à M. de Férussac,
REMARQUES ANATOMIQUES ET PHYMOLOGIQUES SUR LÉ SENS DE LA VUE CHE LES ANIMAUX VERTÉGRÉS, FAR M. DUGÉS.— 1" PARTIE.
Pour faciliter l'intelligence de l'organisation de l'œil, M. Dugès chacse les organes élémentaires et Les dispose en plusieurs groupes anatomiques , savoir : la conunetive, le système cornéen, le sytème choruidien, le système rélinien et le sysième cristallinien. :
La coujanctive à avec la choroïde des connexions anatomiquement établies par des Glamens cellulaires qui passent à travers la suture de la sclérotique et de ls cornée, et physologiquement par le pigment, qui colore égalemrat. aa moins cher beaucoup d'animaux, la conjonctire et toutes les parties du système choroïdies. C:s connexions rendent bien probable l'opinion de M. de Blainville , qui regarde les organes des sens comme des d'pendances de l'enveloppe tégamentaire générale.
Le système cornéen se compose de la cmraée , de la selérotique et de la membrane préaqueuse. C:Île-ci, barnée exactement à l'étendue de la face portérieure de la cornée, ne sécrète pas l'humeur aqueuse, comme on le croit généralement : il y a toujours corrélation entre la courbure et la grandeur de res organes el celles des parties inférieures et réfringentes de l'œil, du cristallin en particulier,
La choroïde, la membrane ruyschienne qui la double , les deux lames de l'ins,
eurent être comidérées comme un ensemble composé d'une seule membrane en Pre de «ac. Les diverses portions de ce sac présentent des différences de con- <itance et de couleur qui ne peuvent les faire regarder comme des orgsnes distiscts, puis qu'on voit telle portion chez un animal offrir des proprirtés toutes semblables à selles de telle autre portion chez un animal différent. C'est ainsi que le brillant de La choroide et de La lame antérieure de l'iris chez les poissons , le l'éclat du tapir chez les mammifères. Le microscope fait découvrie dans l'iris, son des fibres musculaires, mais des Gibrilles tantôt lisses, tantôt granulées en cha pelet, sion leur relächement on leur contraction, Gbrilles nhsolument seniblaliles
[à celles dont l'assemblage en fascicules forme Li Gbre musculaire proprement dite,
À es Gbrilles disposées eo courbes assez épaisses entre les membranes de l'iris, chez le bare, par exempte, sont dus ei le resscrrement de La pupille par un sphincter, et sa dilatation par des fibres rayonuantes, Quelques physivlogistes attribuent la vision distincte des bjets plus ou moins éluignés. à l'agrandissement où au rétréciasement de la pupille. L'auteur combat cetie théorie par les expériences suivantes : {* si l'on regarde un objet re d'un seul œil, et qu'on couvre et décourre alternativement l'autre, la papille se dilate et se resserre par sympathie, même dans l'œil qui reste ouvert et qui ne cesse de contempler l'objet . et pourtant cet objet lui semble toujours aussi distinct. 2° Dans on lieu peu échairé, les papilles s'elargissent. et, d'après la théorie de Lahire , on ne devrait voir que les objets lointains : su contraire , il fut d'autant plus rapprocher les objves que La lumière est plus faible. . "u
La forme allongée de La pupille la rend susceplible d'un rétrécissement considérable ; aussi les animaux nocturnes à papille sllongre, comme les chats , supporteut-ils micux la lumière que ceux à pupilie ronde, comme les oiseaux de ouit. La feole pupilaire horitontale, chez les raminans et les solipèdes , permet à ces animaux, don! les yeux sout très-laléralement situés , de voir au-devant d'eux des deux yeux à la fois, en portant aussi leur vue en arrière.
Le nerf op'ique, aé chez les mammifères de rois points diflérens, du corps géniculé, du tubercule quadrijumesu antérieur et du posterieur , n'est y partie entrecroisé ; c'est ls partie moyenne qui éprouve celle décussaton. portion interne forme nne cammissure qui existe sule chez La taupe ; la portion externe ra directement à l'œil de son eûté et sans entrecroisement. La rétine est l'épanouissemert du nerf optique, et ne lui est pas seulement un organc surajouté, La rétine «Île-avtme est Ülamenteuse et bon palpeuse, où simplement globulaire , comme on le pense général-ment. Ce sont les flamens du nerf optique qui se continuent dans la rétine. Ces flamens forment une couche épaisse vers le centre de la rétine, qui est hien plus mince sur les bords ; ce qui explique comment les imasont plus viressur Le centre des membranes, et vont en s’affsiblissant à mesure qu'elles deviennent excentriques. Cette dimivution n'est point due à l'obliquité des rajons lumineux. Ce point le plus épai. de la rétine est ce que l'anicur nomme centre visuel 1 nomme axe visuel l'axe qui, partant de ce point, passe par le centre de La cornée. Comme ce n'est pas le plus souvent av milieu du [und de Fœil que s'insère le erf optique, dans ce cas le centre visuel ne répond pas au centre oculaire, et l'axe visuel ne se confond pas avec l'axe ovulaire, Chez l'homme l'axe visuel et l'axe oculaire cuincident parfaitement , quoique l'insertion du nerf optique ne réponde pss au centre oculaire. Mais chez lai celte insertion n'est pas le point le plus épais de la rétine; la majeure partie des filamens nerreux se vorte vers la tache jaune, qui est leur rrai centre ; et celle tache coiscide paraitement avec le milieu géométrique du fond de l'œil De là vient que l'homme sais ne louche pas. Le bœuf , au contraire , s'il vent regarder des deux yeux à la fois au objet situé devant lui, n'a besoin que de faire converger sur cet ohjet ses axes visurks, qui sont naturellement plus dirigés en avant que les axes oculaires , et qui corrigent ainsi les effets de Ja situation latérale des 1eux Les axes oculaires resteront alors en dehors, et le bœuf nous sembicra loucher en debors : de Ls te regsrd stupide ou Firouche qui lui est propre,
PUISARCE DU MONDE AMMIANT GOUVERMANT L'ENGEXDREMENT DES CAUSES AUXQUELLES SE RAPPORTENT LES FORMES DIFFÉRENTES ÊT LA MULTIPLICITÉ DES ESPÈCES VÉGÉTALES, par M. Grorraox-Sarmr-Ilinatns.
M. Geoffroy s'occupe dans ce mémoire de constater l'influcace dis agens exté-
aire, M. Geoffroy Saint-Hilaire appuie avec chaleur la demande de M, de Blain- [rieurs sur les végétaux, Ces êtres étant moias compliqués dans leur organisation
ville, et est bientôt suivi de M, Serres, qui parle dans le mème sens. À toules ces|[que les réclamations, M. le président Gay-Lassic oppose le réglement et déclare n'avoir||sctions
supposé ancun inconvénient à cette lectare , qu'il recommenterail au besoin. Il s'eppose ou renvoi de Is lettre à des commissaires, puisque l'auteur n'en demande point; mais il charge M. Duméril de présenter ua rapport secbal sur l'ouvrage primé. M. de Blainrille fait observer que M, Duméril à drjà été désigné
animaux, et demeurant enchainés au sol sans pouvoir se soustraire aux i s'exercent sur eux, présentent à l'observation un champ plus limité ct plus facile à saisir.
Le fai fondamental sur lequel M. Geoffroy-Saint-Uilsire base tour ses raison nemeos est le fraisier de Duchesne, Ce hotanite obtint des graines du feaisier commu {fraguria vesca } un fesisier particulier à ose seule fulle ; à l'eavoya
Linnée, qui y vit une nouvelle espèce et le décrivit sous le nom de fragaria monaphylla. Cite € , née vers 1760, se reproduisit avec ses caractères jusque vers 1786; mais alors elle se rapprocha de la forme de ses sieux , devint une esur de monophyllu métis, ayant son feuillage supérieur à une feu lic et son euillage infuriur à trois feuilles, comme le fraisier commun. Soe
Pour expliquer ces anomalies, les botanistes out pris le parti de n'y voir qu'une variété ite par on ne sait quel cxprice de la naiure. Mais, remarque M. Geoffroy Saint-Hilaire, ne vaut-il pas mieux dire tout simplement : « L'espèce du fragaria monophylla commença vers 4704 ; Lion reconnut ce point ; elle ne s'est propagée que de ua laps de 30 annérs; avant de succomber et de or à raître, elle a donné naissance à une plante tenant du vesca et du monophytla . n'étant ni celle-ci ni celle-là, mais une nouvelle plante, une autre espèce qui commence et qui persisters peut-être davantage. » Dans tout cela, il j à récit et point de théorie. .
Ces faits fourmillent dans l'horticulture ; et partant le Là pour s'élever à lle hautes considérations sur les productions organiques, M. Geoffroy -Saint-Hilaire
te: « Ainsi se sont passées les choses dans les âges antédituviens ; il y eut pm « produites, mais qui ne durèrent pas. Avant de disparaitre, elles ont donné lieu à une desrendance qui à retenu plusieurs des anciens tra ts, mais non tous, »
Pi. Geoffoy-Saint-Hilaire examine ensuite l'hybridité dans les végétaux. Là, deux forces sont en lutte constante: l'une que Darhesne à nommée atavisme, tend sans cesse à ramener La plante à la forme de celle qui fut son origine; l'autre , qui réside dans la culture , dans les soins de l'homme et dans l'action des circon. slances extérieures , tend à lcur imprimer des caractères de plus en plus distincts Eofo , il vient un moment où cette dernière forme l'emporte , et où la plante hybride acquiert la faculté de se propager par sa semence. On peut dire qu'alors une seeveke es introdaite dans Le règne végétal ; fort argument contre limmutabilité admises par certains botanistes. L
M. Gcoffroy-Ssint-Hilaire cite quelques exemples , a hasard , de l'influence des conditions extérivures sur de développem nt des plantes. C'est ainsi que , si au commencement de la belle saisun ou fait entrer daus une serre chaude la branche d'un arbre placé en pleine terre , cette branshe se couvrira de feuilles et de fleurs, pendant que le reste de l'arbre ne sera point encore sorti de son état de torpeur. Si l'on arrache un j arbre , et qu'on le place de manière que sa partie souterraine se trouve l'air, et sa partie aérienne dans la terre , l'arbre continuera de se développer, pourvu qu'on ait choisi une espèce propre à ce genre d'expérience. Les plantes velues , celles qui croissent par exemple dans les sables des plages maritimes , étant transportées dans un terrain gras, perdent peu à peu Les poils qui les recouvrent, De toute sa discussion ; M. Geoffroy-Ssint-Hilaire conclut que les végétaux soumis à certaines conditions extéricures , prennent des caractères différens de ceux qu'ils tiennent de leur urigine ; que ces caractères sont s ibles , dans Certains cas , d'être ils par semence , el que, lorsque ce point est obtenu, il y a introduction d'une espèce nouvelle dans le règne végétal.
ACADÉMIE DE MÉDECINE
Séance du 16 septembre.—Présidence de M. Bourar.
La comprend une lettre du ministre du commerce, qui adresse à l'Académie une note envoyée par le consul de France à Dublin, sur une méthode de traitement employée en Irlande contre le choléra , et qui parait jouir d'une grande eflicacité.—Rénvoyée à la commission du choléra.