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V. BULLETIN DE THÉRAPEUTIQUE

LUXATION COMPLÈTE DU GENOU RÉDUITE ET GUÉRIE, par le docteur Ganné.

La luxation complète du genou est un accident fort rare , et la pluart des écrivains en chirurgie l'ont décrite sans l'avoir jamais vue. ne observation bien exacte d'une smblable lésiun présente donc un

puissant intérêt.

Ovs, — Au mois de février dernier, la veuve Leg, femme de 55 à 60 ans, revenait ches elle un soir par de très-mauvais chemins , chargée d'an frdean acsez lourd, et enfin dansun état d'ivresse. Elle glissa du bord élevé da cherom dans an fussé assez profond. La secousse imprimée su curps tendait à le jeter en avant sar le revces du fossé, dont le niveau atteignait La partie moyenne des cuisses ; mais Jes pieds, reteous su fond, me permirvat pas au corps de suivre cette impulsion ; les lémurs alors sopportérent seuls l'effort de la chute : arrêtés par le bord du fossé, ils furent chassés en arrière, et le gauche surmontant la résistance des liens de l'articulation, sbañdoncs La surfrce dé Li jambe , et glicsint en arrière et cn bas, alla te loger dans le mollet, sous la masse des muscles jumeaux.

Le membre état éaormiment défurmé, raccourci de 3 pouces au moins ; lescondyles du fémur fai-aivot une saillie arroniie qu'on sentait facilement à travers les parties molles de la face postérieure de la jambe; l'extrémilé supérieure de cclle- Gi présentait once surface plate sur laquelle était couchée la rotule. M, Gardé diaguestiqua sans hésiter ane luxation comylete dde Le jambe qui était venue se placer au-devant de la cuisse; la gronde mobilité de ces deux porties du membre permettoit sa (esion en avant, et faisait crsindre La blessure des troncs vasculaires et nerveux. soulevés et fortemu-nt distesdus par la saillie des condyles. Tous les lisa mens et la capsule synoviale dns luute son «tendue devaient avoir été compltement déchirés.

1 n'y avait poiot encore d'engorgement ; le ve y se hâta de procéder à la réduction , qui se Bt avec une promptituike et une facilité surprenantes, La femme n'accnka que- peu de douleur arant et pendant l'opération. L'articulation et la jambe furent eusuite recouvertes de compresses épaisses imbibées d'un mélan d'eau-de- vie ésmphrée et d'ean de Goulent, maintenues par un bandage roulé médiorrement serré; la position horrontale du membre dans le lit et l'inmobilité romplète furent recommandées,

L'état de stupeur de La malade et La petitesse de son pouls me permirent pas de recourir aux évacuslions sanguines; on attendit ln réaction, qui fut à peu près nulle, Le lendemain et les jours suivans, paint de fièvre, point de douleurs, Une légère tumfaction fut le seul symptôme apparent de la blessure. La guérison eut Leu létement au boat de six semaines. sans qu'il en resiät autre chose que la raideur dans l'articulation et la faiblesse du membre , qu'un exercice moderé et journalier Gt bientôt totalement disparaitre.

L'auteur explique la production de cette luxation par la fatigue , l'action d'un froid intense et l'état d'ivresse, qui ont dû avoir pour effet l'anéantissement ou du moins l'extrême affaiblissement de lacontractilité musculaire chez une femme d'ailleurs naturellement faible ; et il semble aussi attribuer aux ‘mêmes causes la facilité de la réduction. La première idée est au moins spécieuse ; mais pour la seconde, nous croyons qu'il faut surtout tenir compte des déchirures musculaires qu'a nécessairemeut entrainées un déjlacement aussi énorme. M. Gardé insiste aussi sur l'absence de tout accident, qu'il regarde comme une chose extraordinaire, Dans le petit nombre de cas à nous connus de luxation da eq dont la réduction a été effectuée sans retard, on à eu à s'applaudir

u même succès ; et c'est une règle à peu près générale pour toutes les Juxations, quelle que soit leur gravité, pourvu que les 1égumens n'y aient pas été intéressés,

CORSIDÉRATIONS THÉ APEUTIQUES SCR LE PURPURA et 500 Lraitoment ; par le docteur Sasarisn.

L'aateur distir gie deux espèces de purpura , l'un qu'il nomme actif ou aigu, et qu'il considère comme dépendant d'une pléthore sanguine , d'un état hypérémique de la peau et des membranes muqueuses , et l'autre qu'il dit êt:e l'effet d’une véritable atonie du système vasculaire,

ct d'une altération profonde du sang dans ses propriétés physiques et chimiques.

D'après ces données , il semblerait que le traitement rationnel serait tout naturellement indiqué, savoir : les évacuans et les antiphlogisti ues d'une part, et de l’autre les toniques. Mais M. Sabatier, qui a éta+ bli La division précédente avec hardiesse, est ua peu plus timide quand il s'agit de poser exactement le traitement de la première des deux formes du purpura. Alors 1l pense que même cette première forme swppose une modification, peut-être même us affablissement de l'inverva: Lion ; et s'il proscrit les évacuans et conseille aussi d'éviter les antiphloistiques Les plus énergiques ; car, il le dit lui-même : « si ,d'ane part ; es phénomènes de pléthore ou de tion viennent , eomme plus saillans, frapper les veux et se présenter les premiers à l'esprit , il est aussi une autre série de phénomènes Ha à ra > Savoir un af: laiblissement plus on moins marqué de l'innervation du système capil: laire, et sous Fiotuence duquel l'éut de. congestion tendres à se 4 duire. » Cette modification de principes trop exclusifsest trop importante; elle se rattache trop aux résultats fournis par la saine observation qui nous a appris que, même chez les sujets les plus pléthoriques, le purpura se lie habituellement à des influences débilitantes , telles qu'une mauvaise alimentation , une habitation malsaine , un certain degré de aévralgre, pour que nous ayons cru devoir ici faire ressortir l'opision de l'auteur, qui semble peu d'accord avec La manière dont il a posé sa

première division.

NOTE SUR UN MASTIC POUR L'ODLITÉRATION DES DENTS CARIÉES, par O. Henay.

On a recours , pour oblitérer les cavités produites sur les dents par la carie, à une foule de substances , telles qe la cire, les mélanges salins et résineux, l'alliage fusible , et enfu de petites feuilles métalliques qu'on entasse au moyen de la pression; mais il est reconou que quand les cavités. sont grandes , le sejour du métal et des autres pâtes est peu durable, M. Henry inelige à croire qu'on réussira mieux avec un mastic qui lui a été remis pour l’analyser par M. Ollivier d'Angers, | et qu'il a trouvé formé, sur 100 parties , de 81,4 de la résine du pis= tacia lentiscus , et de 18,6 d'ét'er sulfurique, ce qui revient à un cinquième environ d'éther sur paie cinquièmes de résine, On l’obtient eo laissant infuser à froid dans l'éther la résinemastic, qui, à

iclques impuretés près, se dissout promptement et en totalité ; puis on ra et l'on cunser-e dans un flacon bouché.

Pour s'en servir, il fant en imbiber une petite boule de coton dont la grosseur est basée sur la cavité de la dent ; puis après avoir 1rès-exac. tement nétoyé et séché l'intérieur de éclle-ci, ÿ introduire la boule aïasi agglutiaée , afin de remplir cette cavité le plus exactement possible, Le mastic adhère aux aspérités de la dent; et par la chaleur de la houche, 1 tend à rester un peu mou sans coller néanmoins ni à la langue ni aux alimens , en sorte qu’il est moins sujet à s'échapper.

DE L'EMPLOI DE L'ÉPONGE PRÉPARÉE DANS LE TUAITEMENT DE L'ONGLE RENTRÉE DANS LES Cnamms, par M. Boxxer, chirurgien en chef de l'Hôtel-Dien de Lyon.

Le triple but que se propose M. Bonnet est d'écarter de l'ongle les chairs qui le recouvrent et qui le pressent, d'affaisser ensuite ces chairs et enfin de relever au besoin de à lui-même ; et l'éponge offre, selon lui , de manifestes avantages sur la charpie que l'on emploie ordinairemant ; surtout lorsqu'on prépare cette éponge en la comprimant après dessiccation par un lien cireulaire; elle acquiert ainsi par l'humidité nu cioq à six fois plus considérable que celui auquel on l'avait

duite.

Il insinue donc entre l'ongle et la peau qui le recouvre des morceaux d'éponge assez minces pour y pénétrer sans effort ; on les soutient par un cylindre ou deux de la même substance, placés dans la direcuon de l'ongle , s'étendant dans toute sa longueur et dépassant le niveau des parties enflammées. Des bandelettes de diachylon de à à 3 lignes de diamètre les maintiennent ; les unes longitudinales, enveloppant l’extrémité du doigt et repoussant les cylindres contre la peau qui recouvre In racine de l'ongle; les autres ue transversales, toutefois un peu obliques, se recouvrant comme Les compresses du bimisge de Scultet , ayant leurs extrémités ramenées lune vers l’autre sous l'orteil ; un lé-

effort qne l'on fait pour les rapprocher attire en dehors les cylin-

d'eéponge, dont le mouvement entraine celui des chairs. Les pansemens sont renouvelés une fuis au moins chaque jour ; leur influence est telle qu'en 24 heures les chairs peuvent être repoussées dans l'étedi e d'une ligne, et qu’en quelques jours il est possible de dénuder l’ongle aussi complétement que dans l’état vaturel.

Ce résultat obtenu , on place directement les cyliadres d'éponge sur

les chairs, afin de les affaisser jusqu'au-dessons de la partie inférieure

de l'ongle. Le traitement est alors terminé, à moins que l'angle n'ait \[4e venin.

été déformé et enfoncé lui-même dans les chairs. Alors on le relève 2 l'introduction d'éponges placées au-dessous de lui. Si, après tout cela , les ulcères ne sont pas entièrement cicatrisés, si La suppuration existe dans le tissu cellulaire ou séjourne au-dessous de l'ongle , on continue la compression avec les banäeleties de diachylon , ou l'on se détermine à ne l'ongle. |

L'éponge a été employée de cette manière sur quatre malades; tous ont guéri dans un espace de lemps qui a varié de onze à trente jours. Ce serait bien peu de temps encore si l'on était assuré d’une cure radicale et sans récidive, mais ici les faits manquent ; et ces quatre malades ne paraissent pas avoir été examinés assez long-temps après leur guérison apparente. Nous avouerons qu'il reste beaucoup de doute dans notreesprit sur le résultat; nous avons peine à croire que ces chairs affuissées ne reprendront point leur place primitive après quelque Lemps ; SOUS l'iofluence de La marcheet des chaussures. Toutefois c'est à l'expérience à prononcer : si le traitement est récllement curatif , il l'emportera de beaucoup sur les autres; s'il n'est que palliatif, ce serait dépenser trop de temps et de précautions pour un aussi léger résultat.

TRAVAUX ACADÉMIQUES

ACADÉMIE DES SCIENCES

Séance wo 43 ocronse 1831.

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