‹ Gazette médicale de ParisChapitre 306 sur 394 · NOUVELLE RÉVÉLATION D'OYIPARITÉ CHEZ LES MONOTRÈMES · texte numérisé non relu

NOUVELLE RÉVÉLATION D'OYIPARITÉ CHEZ LES MONOTRÈMES

Les ménagires ont observé, long lemps avant les naturalistes, que le petit poulet récemment éclos présente an bout bec an petil corps acéré très- dur fui se détache et tombe bientôt après, Si ce petit corps persiste en sa place, ce qui est rare , il empêche le poulet de becquetcr, et il faut l'en débarrasser pour qu'il puise prendre commodément sa nourriture. Ce petit appareil qui doit disparai- Lre dès que le jeune animal a vu le jour, ne se forme qu'à une époque 25562 tarlive, et il n'est bien développé qu'au moment où l'oiseau est près d'éclore; c'est x neg effet , comme l'ont rconou les bounes femmes , il joue un téle important

ans l'acte de l'éclosion, H faut que la coquille soit brisée pour que le prisonnier s'échappe, et il y est si étroitement renfermé qu'il ne peut donner des conps contre la paroi, de sorte que la seule ressource qu'il ait pour y faire brèche ess de l'user au moyen du frottement, C'est pour remplie cet oflice sans que ke bec ait à touffrir de La collision, qu'est destiné livstrument temporaire dont nous renont de parler,

La présenec de ect organe dans les uns conime dans les autres est, dit M, Gcoffroy, un sigac d'oriparisme, et tontes es ois qu'on le rencontre chez quelque soimal, c'est un indice qu'il y a #0 one coquille à rompre; or, ajonte-t-1l , on ly trouve chez Les ornithorhynques à leur naissnre ; cest donc one révélation non équivoque d'un cas nouveaa d'ovipsrisme qu'il faut ajonter aux nombreux motifs poriant à penser que les monotrbies ormithochynques et échiinés } sont ovipares, ét qu'ils sont sous ce rapport décidément apjelés à former ue classe à part daus l'esbiranthement des vertébrés, M. Geoffrny, avant la connsisainte de l'srmare temporaire da bec chez l'ornithorhinque , avait été principalement conduit à cette détermination por la grande ressemblance qu'il avait observée, sous be rapport des organcs scsuels mâle et fomelle, entre les mmonotrèmes et les tortues. A cette consil-rafion, Meckel opposa , comme an le sait , la présence de glandes sitnces sur les côtes de l'sbdomen , et qu'il considérait comme des marmelles,

Les deux opinions, au reste, n'étaient pas tellement in-onciliables que les habitans de la Noutelle-Hollande ne es laissaient marcher de front; et parmi eux on cu tail venu à croiré que chez bs monotrèmes, les petits, éclos d'un œuf, étaient nourris du lait des mamelles de la mère.

M. Geoffrus cependant persista à croire que ls glandes découvertes par Meckl w'étaiept point des mamelles , mais les analogues d'organes s'créteurs situés sur les flanes qu'on trouve chez plusieurs mammifères, et qu'il montra ‘rès-développés cles le rat d'eau,

Cependant l'opinion qne L 4 monotrèmes sont en même temps ovipares et lectifêres vient d'éètre tont nouvellement reproduite, et elle est donnée cette fois EUX éNCOrC qu'elle ne l'avait été jusqu'à présent comme fondée sar des ohsirvations directes. C'est, dit M, Groffeoy, un Git dont il feut accepter cette leçon. que ous ne devons pas prescrire de bocnes à la puissance de 11 nature, et que vous ne devons employer que sobrement la voie de l'analogie: Au réste , poursit M, Geoffroy, l'association des deux conditions d'oviparité et de lactativité est insolite; mais sur quoi nous fonderions nous pour déclarer qu'elle est impossible? J'avour que je ne le mois pas.

Les naturalistes d'Europe qui ont pris parti dans la discussion relative aux m0motrèmes , les was pour les réaair aux masamifères , les autres pour les en séparer, ne se sont accordés d'abord sur un point , celui he ut comme indigne de confiance l'assertion des habitans de la Nouvell:-Hol 3 ainsi , les pre. miers ont nié l'oriparité , et moi, de mou côté, dit M. Geoflray , j'ai révoqué en doute La nature lactée du fluide sécrété par les glandes latérales de l'abdomen. Or, poursuit l'honorable académicien, sur n l rlsme , j'a dans le présent écrit un (ait nouveau et confirmatif, éclui que ins de monotrèmes portent use corne pour travailler à briser leur ce-

quille de la même manière que les poussins de l'espèce poule.

Mes écrils sur ce sujet, dont j'avais envoyé quelques exemplaires à la Nouvelle- Hollande, ont, dit M. Geoffroy, servi à activer le sèle des observateurs, et il en est résullé : 4° la confirmation des nombreux débris de coquilles trouvés dans les mids des mères; 2° l'envoi de jeunes ornithorhynques. M. Laudermale a envoyé à son ami, M. le docteur Hume Weatherhead , rois sujets d'âge et de volume un peu différens ; Le plus grand et le plus petit, donnés par ce médecin à la Société zoologique de Londres , ont été mis à la disposition de M, Owen. J'ai ob. teau le troisème, que je mets sous les yeux de l'Académie. Ce sujet , poursmit M. Geoffroy, m'a présenté le caractère d'oviparisme dont j'ai parlé, mais dans une «arche de décours. Il ‘y avait qu'un tabercule eutané et la pièce épidermique où cornée avait disparu.

de présumai que chez le plus jeune cette dernière partie se trourerait encore , ét je probtai d'un voyage du directeur du maséum d'histoire naturelle de Lyon et de M, Biberon, un de nos aides naturalistes , qui se rendaient ensemble à Londres, pour m'éclaircir sur ce poiat , que je recommandai spécialement à leur attention. Je m'adressai dans À méme but à M. Beanet , secrétaire de la Société zoologique de Londres, et par les deux voies j'ai reçu nne réponse telle que je l'avais prévas, savoir | que le trè:-jeune sujet avait de tubercule plus gros et recouvert d'une lame cornée; mais j'appris de plus que ce fait avait été l'objet de l'examen de M. Richard Owen , qui en avait lait l'objet d'un mémoire lu à la Société zoologique el inséré par extrait dans Le deraier de ses procès-verbaux,

Celle comtmmmication , poursuit M. Geoffroy , est très-remarqnable ; car, bien que l'auteur rapporte Le fait avec une parfaite sincénté , il parait sentir tout l'nsage que ses adversaires en À faire contre les idées qu'il a émises , et il s'empresse de ré d'avance à leurs objections. « Il est bien certain , dit » M. Owen , qu'il existe au bout du museau upe proémineccæ charnue , et que » celte caroncule est protégée extérieurement par une lame épidermique ayant » la consisiauce et La dureté de la corne; il est encore vrai que ls position de » celle particularité m'a fait penser que c'était un €as analogue à la corne de 'oi- » seau au moment de son éclosion; mais ce cas ne répète point le fait d'une corne » crélacéc, et il ne suflit de la coincidence d'une caroncale analogue pour »* conclure à la réolité du e fait, suriout en fonctions, el ce qui parait Lrès- » ec a indiqué, c'est le développement ovo-vivipare d'un œuf d'ornitho- » rhynque, »

Cros, reprend M. Geoffroy, dans ce dermier membre de phrase , et combien ils ont de force dans la bouche d'un aussi savant physiologiste , au moment où il se préseole pour soutenir tout le système de Merkel; et Meckel , il faut se Le rappeler, soutenait que les mouoirèmes sont de tous points mammifères et vivipares! ‘

M, Owen reproduit J'ulée et le mot de sir Evrerard Home ; mais il semble que jusqu'à présent le mot ove-viripare s'applique à tout ovipare dont l'œuf subit son incubatios au-dedans de la mère , et non , comme chez les poules , en dehors; ainsi la vipère, au fond ovipare au même litre que tous les serpens ses congénères, est un ovo-vivipare, par celle circonstance que les œufs dclusent dans l'intérieur même de la mère, circonstance si peu importante quant au système organique qui y prend part, que M. Florent-Prevost à trouvé le moyen de faire à volonté

des œufs aux couleuvres en variant les ciroonstances extérieures de teen. pérature et d'humidité. Ainsi, tous les poissons cartilagineux sont ovo-viripares, pendant que les pousons osseux sont vivipares. Au réste, soit que les œufs éclosent avant ou aprés La ponte dans le cas dont il s'agit , ce n'est qu'ua point d'importanec secondaire , et il n'en est pas moins vrai que M. Owen et mai, quoi avant eu un point de dé art très éloigné , nous arrivons par l'obsereation des Lits à uoe mème pensée.

La caroncule sur Le bout du museau de l'ornithorhynque rallie des opinions dive-g'ales, mais consciencieuses, M, Owen cependant n'; voit pas encore ut fuit enuerement concluant, et il se retranche sur cé que ce n'est pas là une vraie corne crétacée comme chez les oiscaux ; peut-être ignare-t-il que chez les jcunes forlues qui rompent là coqu Île par Le méme moyen, la couverture de la caroncule est purement épidermique, Pour moi , le fait est dévi-if en faveur de l'ovipanité, et own va voir comment il éclaircit la question : les œufs des ornithorhynques sont produits plus volumineux qu'il pr er pour traverser le détroit du bassin , et is long-temps j'avais signalé ce Git comme offrant une diféculté dont la solution méritait d'étre cherchée ; maintenant je sais conduit à penser «

e l'œuf arrive à ee détroit , devant bequel 1l s'arrête , il subit ue vériloble iocubation; qu'au bout d'un certain temps le jcune ammal , suffisamment développé, perce l'eavelôppe au moyen de l'apparnil corné, se dégage, et que la

me ouverture, qui avait été trop étroite pour ui tant qu'il s'était présenté pelotouné sur lui-même, roulé dans son enveloppe , lai permet le passage après re s'est allongé. Les membranes de l'œuf sont ensuite rejetées comme l'arrière-

ix , dans les mammifères , l'est après la sortie du futus.

Le lieu où séjourne l'œuf de l'ornithorhynque pendant cette période d'incubalion a été diversement caractérisé par les anatomistes; l'euteur du mémoire voit un apparcilsuf generis ,

premier point en discussion . sur l'ovs- !|par

à exclusivement sus monotrèmes; c'est le rc: !lce devraient étre les intestins qui se déchireraient plutôt sultat de La réunion en un seul cooduit des deux ovidactes, Ainsi, quoique l'oto- || bien concu d'ailleurs que les à

: - Lesits qui disinguent les marsupiaux , c'est l'absence de l'artère mésenlérique inérieure , la supérieure <e prolongeant de manière à pourvoir à la nutrition du canal intestinol tout entier, et que ce fit caractéristique des vertébrés ovipare

rapproche à certains égards les marsupiaux des oiseaux. Je présumais qu'il devaic exister aussi chez les monotrèmes, en raison des rapports de leurs nes sexuels avec d'autres ovipsres, les tortues : une dissection faite d'sjwès ma direction et les mains de M. Martio Saint-Ange, sur le jeune ornithorhynque m'a envoyé M. Weatherhesd, confirme pleinement cette prévision. Mais taudis que tes marsupiaux me font que s6 rapprocher des oiseaux , les monotrèmes son! eumplétement ovipares ; il doit donc se trouver dans quelque autre point de l'arbre ariériel une différence concomitante, il doit manque r supérieurement quelque autre artère ; malheureusement la pites que je possède ne me permet pas de rérifier cette conjecture.

ACADÈËMIE DE MÉDECINE.

Séance où 20 ocronar. — Présidence de M. Bovtar.

M. Civialeécrit poar se mettre sur les rangs comme candidat à la place vacante dans ta section de médecine opératoire.

Après deux rapports peu importans faits par M. Duval et M. Gimelle, M. M'tivicr demande que M. Roux, récemment rerenu d'Italie, soit invité à communiquer les faits sientilques qu'il a obsurvés dans ce voyage,

M. Roux déclare quil ne sait s'il pourra répondre à cette invitation ; dans tous les ess ,1la besoin de se préparer, Renvoyé à la prochaine séance.

Si. Caparon fait un rapport sor on mémoire intitulé : De la nécessité de faire da ligature de lu portion placentaire du cordon dans les cas sde grossesse double, par be docteur Cavelle , médecin 5 la Martinique. Les contlusions sont : ce memoire, n'offrant rien de neuf ai de remarquable , soit déposé aux archives, seu 'entent potr faire nümbre; et qu'une lettre soit écrite à l'auteur pour l'encourager à faire mceux.

Ces conclusions excileat des rires et des rumeurs par toute La saîle, M. Capuron consent à modiber la seconde, et à proposer des remercirmeus à l'auteur. Le rapport et les conclusions sinsi modiGées sont adoptés,

M. le président acnonce que M. Laubert est gravement malade ; deux membres sont nommés pour le visiter au nom de l'Académie,

EMPOISONAEMENT PAR L'ARSÉNIATE DE POTASSE, =— DISCUSSION INCIDENTE SUR La RUPTURE DU DIAPHBAGME CHEZ LES CHEVAUX.

M. Boulet jeune lit une note sur l'empoisonnement de sept chevaux par l'srse* tale de polasse. (Nous avons doué cette observation daus notre dernier numéro.) Tous ont surcombé ; on a trouvé à l'autopsie des traces d’une vive inflam mation dans l'estomac, les intestins, la resuc; et des ecchymoses dans le veniricule gauche du cœur, Une cirronstance qni nous a paru remarquable, c'est que les malières contenues dans le tube digesuüf du premier cheval, mort dans La ouit qui a suivi l'empoisonnement, ayaut élé soumises à l'ansiyse par MM. Cherallier et Labarrique , on n'y a trouvé aucune trace d'arséoiste de polasse. M.Boulet pense

€ le sel avait été évacué par uneahondante diarrhée. Unagtre cheval présenta une

:chirure du disphragme près des attaches de ce muscle au sternum. L'auteur a0none qu'il va tenter une série d'expériences sur l'empoisonnement par les préparations arsénicales et surle tritoxide de ferhydraté cons déré comme coatre-poisan.

M. Cusvacurs annonce que pour prévenir le malheureux accident qui à «y une Gn s1 tragique , le conseil de salubrité a décidé dans sa dernière seance qu'il serait Fait ne demande à l'admivistration , aÜn que toules les substances vénéneures livrées en gras 20 commerce, soient transpur.ées à l'avenir daus des boites où des bari!s hérmétiquement fermés.

Pruseurs voix : Et étiquetés ? :

M Cucvarsisn, Non pas; il serait à craindre que les charretives sachant ve qu'ils transportent , ne soient tentés d'es metire à port pouc s'en servir ultérreurement ; on 3 vu déja une fois un empoisonorment qui pouvait élre attribué à la facilité de se prorurer sinsi des porsons.

M. Castec appelle l'atleution sur cetle rupture du diaghragme ; il pense qu'elle est due sus efforts de vomissemens déterminés par le poison, et aux obstacles qui chez les chevaux s'opposent au vomissement.

M, Dor +. Lu rupture du diaphragme est fréquente chez les chevaux ; mais la cause «st toule autre que celle qu'indique.M. Castel. Si où empoisonne de ces anieaux avec la digitale pourprée , les intestins se ballonnent de gaz ; l'an mal quan 1 il est épuisé tombe, et c'est dans celte chute que la réaction des intestins comprimés déchire le diaphragme. Cette déchirure à ün siége spécial et constant; elle a heu le plus souvent près du steraum, la seule région où [A faie ne protége pas Le diaphragme, J'ai vu cette rupture huit fais dans mes expériences.

Cbez les chevaux et chez Les animaux en g'néral, les poisous semblent se partager en deux classes quant à leur manière d'agir. L'arsenic blanc ou acide arsémieux , por exemple, cause uoe escarre des parois de l'estomac, escarre qui se propage qu lqueluis aux pal abdominales méme et détermine une fstule s0macale; à peine réagit-1l sur le système nerveux. Ainsi én est-il des paisons fes en géuéral; bar aclion se borne aux ivtestins et c.use des coliques atroces ; les poisons “olatils au contraire sgssseot surlout sur le système nerveux et détermisent des convulsions terribles.

M, Castres persiste dans son ayinion. Quand les chevaux météorisés tombent , que le disphragme. 11 est bevaux ne peuvent pas ronur, et de là méme la dif-

viviparité se retrouve chez les monotrèmes comme chez certains reptiles et chez! ficulté qu'on éprouve à les sauver quand ils ont été empoisongés , le poison ve

les poissons cartilagineux , c'est un mème fait qui se produit dans un champ or- || pouvant €:

gauique différent. À cé changement dans l'organisation correspond une difference

remarquable dans la distribution de l'aorte descemiante ; qui 8 une branche en |!it s'éloigne du dia Moins, Gr, quand un vaisseau artériel manque, l'organe auquel 1l eût dù se porter {bours de ce

Danque Decessairenenl, Déjà depuis longtemps, poursuit M. Geoffroy, j'avais fait re marsupial du Dictionnuire d'histoire naturelle

à l'article | frèes Levraull, qu'un des

re éhuiné que par les selles.

M. Derux fait remarquer que quand l'estomac du cheval sc gonfle on s'emplit , diaphragme el se porte en haut et en arrière vers ke bassin, an re- 1 a lieu chez les carpivores. Il ajoute que ce qui s'oppose au ronessement chez les solipèdes , e‘est que leur atsaphage trarcrse on des piliers char- = du disphragme ; landis que chez Les autres animaux il passe entre Les deux piliers.

il avait eu occasion d'ouvrir le corps d'un prisonnier qui, à la suite d’un interrogatoire , avait éprouvé des coliques violentes, du délire, et avait succombé en quelques beures. L'estomac était enflammé d'une manière sensible, et sa muqueuse offrait plusieurs érosions, dont aucune toutefois ne communiquait avec le ventre. M. Rathelot regarde ces ulcérations comme le résultat d'une irritation spécifique extrêmement inteuse , et il fait remarquer combien elles doivent rendre le médecin réservé dans le diagnostic d’un empoisonnement , tant que l'analyse chimique n'a pas démontré la présence d'une substance vénéneuse. Quelques autres faits , cités par les membres de la société , sont venus à l'appui de ces conclusions.

M. Lépine a essayé avec succès l'emploi de sulfate de soude dans des diarrhées rebelles avec ou sans inflammation. Une femme était atteinte d'une entérite aiguë qui avait résisté aux antiphlogistiques et aux

iacés combinés avec l'acétate de plomb cristallisé ; elle vomissait continuellement, et la mort paraissait prochaine , lorsqu’au quinzième jour de la maladie il hasarda quelques cuillerées d'une potion composée de deux onces de sulfate de soude sur quatre onces d'eau et une once et demie de sirop. Les déjections, d'abord plus fréquentes, cessèrent dans la matinée ; La fièvre tomba en même temps, et la guérison fut prompte. L'axiôme homæopathique, similia similibus, semble recevoir ici sa confirmation ; mais la dose s'éloigne beaucoup des pré:eptes de Hahnemann. Cette médication aurait plus de rapport avec celle des Anglais, qui regardent le sulfate de soude comme antiphlogistique; ou encore de Rasori, qui donne même la gomme-guite comme contro-stimulant , dans les entérites aiguës. Derrière toutes ces théories il reste du moins un fait pratique, dont l'importance n’a pas besoin d'être démontrée.

a fait qui amène des conclusions analogues, cst rapporté

M. Vanheddeghem. On sait que diverses espèces de sumac exhalent des émanations tellement äâcres, qu'elles peuvent déterminer l’érysipèle. Un créole de St-Domingue était tellement disposé à cette affection, qu'il ne pouvait passer dans un lieu où croissaient les sumacs , sans être affecté d’érysipile en diverses parties du corps. Après plusieurs traitemens infructueux, il apprit d'un sauvage que le moyen employé parmi eux comme préservatif, était de porter continuellement sur soi uo morceau de racine fraiche de la plante. Il le fit sans succès encore ; mais enfin, s'étant avisé de pulvériser des feuilles, séchées à l'ombre, du rhus grandifulia, le plus puissant des rhus vénéneux pour produire l’érysipèle, il eo prit à la dose d'un à cinq pe quatre fois par jour , dans ua peu de sirop ou d'eau. D'abord il fut presque constamment affecté d'un léger érysipèle aux paupières et au nez ; puis il devint insensible à l'action du remède ; il le négligea l'hiver, fut affecté au printemps de nouveaux érysipèles ; et ayaut repris le remède au commencement de l'été, il fut enfin tellement guéri de sa ficheuse prédisposition , qu'il pouvait sans danger toucher et couper lui-même les lianes de ces plantes jadis pour lui si redoutables.

M. Paris a rapporté une observation fort intéressante de fongus du jdiploé, attaqué par une opération hardie, malheureusement suivie de mort. L'autopsie démontra que la dure-mère n'adhérait nullement à la tumeur, circonstance importante pour ceux qui pensent que le fongus de la dure-mère siège primitivement dans le diploé, C'est encore au méme auteur qu'on doit l'histoire d'une luxation complète du rachis , déjà publiée par un journal de province , et que nous avons soigneusement reproduite dans La Gazerre mépicarr.

Nous ne ferons que citer d'autres faits également:plerns. d'intérêt ; ur calcul développé dans les fosses nasales, par M. Grutre; un calcul dans le conduit de Wharton , par le mème; des observations curieuses sur Les hernies , par MM. Lorey, Vallée (ils, Janson et Pingeon ; une glossite terminée par un énorme abcès dans la langue , par M. Guyot.

La tes des acconchemens n'est pas moins riche. Elle comprend d'abord deux cas de thrumbus vaginal , affection rare , et qui a fixé récemment l'attention des observateurs; un cas d'évolution spontanée

r M. Ratbelot, nouveau fait à joindre à ceux que nous avons reproduits lors de la discussion soulevée sur ce sujet dans l'Académie royale de médecine ; enfin, un fait bien remarquable de chute de matrice guerie par une nouvelle grossesse ; observée par M. Caunus, La matrice était tout eatière hors de la valve avant la conception ; l'accouchement cut lieu à terme , et là guérison est si complète , que depuis dix-huit mois celle femme n'a ressenti aucune incommodité , bien qu'elle porte souvent sur la tête des fardeaux de Go et 80 livres.

L'article pharmacie est entièrement rempli par M. Fleurot , qui a |fait des recherches teudant à préserver de toute altération les sirops

monviamiques et en particulier ceux de quinquina et de gentiane ; il espère ÿ parvenir en se servant de l'extrait au lieu du soluté aqueux. Le mème auteur s'est livré à des recherches chimiques sur le sophora

M. Banrnéceur s'élère contre cette explication. La difécuité du vomissement tient à l'organisation de l'estomac même et de son orifive cardiaque, Cette particularité était déjà connue du temps de Bourgelat. (M. Duméril : Elle est dans tous les livres d'anatomie comparée } La preuve qu'il en est ainsi, € est que si par une incision à l'abdomen on tre l'estomac d'au cheval au dehors , et qu'on le rem

lisse d'limeus, la pression la plus forte n'en fera rien remontér su-desswas de

'oribce cardiaque. Quant à l'objeetion mise en avant par M. Castel , que les intestions devraient se crever plutèt que le diaphragme , l'expérience démontre tous les jours ke contraire, Dans les indigestions accompagnées de météorisation de l'aui-

mai, Le di e est presque toujours rompu. :

M. At pag que ces ruptures du disphragme sont communes aussi

1 lens efforts ; les charretiers disent que les chevaux sont crevés (1). ur Reset jeune. La preuve ue , dass mon observation du moins , la rupture n'est survenue qu'au moment de la mort , c'est qu il n'y à pas eu de sang épanché alentour. .

Sur la proposition de M. Husson , la note de M. Boulet est renvoyée au comité de publication, . ; .

M. Dovenci lit an mémoire sur la nob-existenee du virus syphibtique. ,

Séance levée à cinq heures.

REVUE BIBLIOGRAPHIQUE

PRÉCIS ANALYTIQUE DES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ MÉDICALE pe puox rour L'ANNÉE 4852, par N.-A. Pixceox , secrétaire-général.

Il y a cet avantage à la formation de toute suciété souvelle , qu'elle met en commun une foule de travaux et de faits qui seraient demeurés rdus par leur isolement même, et qu'elle stimule au moins pour quelques instans l'émulation des hommes les plus amoureux du repos. Aussi , chaque fois que nous avons vu s'élever en province quelque s0ciété Délicae, les premiers compte-rendus publiés ont toujours mérité une attention toute particulière ; walheureusement , après ce premier élan l'ardeur se refroidit, le zèle se glace , et tout rentre bientôt dans le accoutumé.

"a société médicale de Dijon, instituée il nl a deux ans , a rempli d'une manière brillante la première partie de cette espèce de prorame , et nous désirons vivement qu'elle n'éprouve pas pour l'avenir le sort de la plupart de ses devancières. Le premier compte-rendu qu'elle publie est un des plus intéressans que nous aÿons vus, soit par le nombre, soit par le choix des observatiuns, | er

Ces travaux sont divisés en cinq sections : médecine, chirurgie, acconchemens, pharmacie , art vétérinaire. Dans la |spacis section , le choléra et la cholérine tiennent leur place inévitable ; nous ne nous arrêterons point à ces chservations.

M. ris a fourni un mémoire sur le traitement civil des asphyxiés , dont les conclusions sont : re

1° D'établir des maisons mortuoires dans les cimetières et dans chaque quartier des grandes villes, bien aérées et chau‘fées à une température modérée, afin de favoriser l'établissement de la putréfaction ; 2° d'y déposer Le cad ivre au bout de vingt-quatre heures , dans un cereneil spacieux et à visage découvert ; 3° de le soumettre à l'observation atteouve d'inspecteurs de mort jurés et éclairés , ou des parens méme du mort, dont l'inspection ne ne serait dévolue qu'a un médecin auquel ils rendraïent compte de tous les changemens observés. |

Ces vues sont depuis long-temps adoptées par les philantropes éclairés; il existe des établissemens analogues en Allemagne ; et il parait que notre gouvernement est disposé à prendre l'initiative d'une améloration que M. Luga voulait réaliser à Dijou par sonsenpüon.

M. Cuynat, ancien “par 293 militaire, a reproduit ici plusieurs travaux intéressans déjà publiés dans le Recueil de médecine militaire. Nous citerons principalement deux cas de luration de champ de La rotule qui ne purent être réduites qu'à l'aide d’une incision. Ces faits sont tout nouveaux dans la science; car les tentatives du même

cnre avaient toujours été suivies de la mort.

M. Rathelot a donné des considérations sur les ordre nées de l'estomac, dont il cite un cas fort remarquable. Une fewme , en sortant d'un bal , est prise de coliques et de vomissewens fréquens et sanguinolens ; on lui donne des liqueurs aromatiques ou spiritueuses ; deux jours après , elle meurt. L'estomac, généralement enflamme, offrait vers sa grande courbure une ulcératiou de la grandeur d'une pièce de cinq franes qui avait permis aux gaz et aux liquides de l'estoimac de passer dans la cavité péritonéale. Quelque temps auparavant , ————————— ————————

{1} Voyez , sur ce phénomène ches l'homme et chez les animaux , le travail de M. Davat, dans le numéro de ce jour

du Japon, espece de hois qui donne la diarrhée aux ouvriers qui le travaillent. M. Fleurot attribue ces effets à la cathartine qu'il a trouvée dans le bois , l'écorce et les fruits du soghora; et il pense qu'il v aurait de l'avantage à substituer les feuilles du sophora à celles du sévé pour l'usage médical. ne

La médecine vétérinaire doit à M. Revrrchon des observations intéressantes ; une guérison parfaite d'une fracture transversale du paturon du cheval, sans qu'il ait été suspendn et ait cessé de prendre son point d'appui sur le membre malade; et l'histoire d'une affection épidémique sur un troupeau de ruminans, prise pour la rage ; plusieurs vaches malades cherchaient à se jeter sur les chiens, et mordaient la litière et même les murs, M. Reverchon constata qu'il n'y avait là qu'une gastrite,

On voit que si la société médicale de Dijon continue: ainsi qu'elle à commencé , le recueil de ses actes pourra rivaliser avec ceux de toute autre société savante. Peut-être mème serait-il à désirer qu'elle publiit en entier quelques-uns des mémoires qui lui sont adressés; bien que ceux que nous venons de passer en revue n'aient rien perdu à l'analyse sous la plume élégante et facile de M. Pingeon.

RÉPERTOIRE ANNUEL DE CLINIQUE CHIRURGICALE, OU résumé de tout cé que les journaux de médecine français et étrangers renferment d'intéressant sous le rapport pratique; rédigé par M. Cannox pu Vir- LARDS.— 2° année.

C'est la continuation sous un litre nouveau de l#nnuaire medicochirurgical commencé en 1826, suspendu depuis, et repris par M, Carron l'année dernitre. Nous ne saurions analyser un parcil recueil sans nous analyser nous-mêmes, car, dans celte revue annuelle de la presse périodique médicale , la Gazkrre mémicase prend une large part pour elle-même , et le surplus peut se retrouver dans nos comptes-rendus des journaux. Mais pour tous les médecins qui n'ont point notre jourval, et même pour tous ceux qui désirent revoir d un coup d'œil les principaux essais thérapeutiques tentés durant l'année écoulée , le travail de M. Carron sera wn livre fort utile, sinon indispensable. L'auteur a suivi le mème ordre que l'an dernier. I fait une première section des maladies qu'il noue générales ; une autre est consacrée à la chirurgie, dans laquelle l'ophthalmelogie est traitée avec une faveur qui révèle la prédilection de l'auteur pour cette Liranche importante de l'art ; enfio unc troisième section est consacrée À la thérapeutique générale et à la pharmacologie. On pourrait bien chicaner un peu M. Garron suc ce plan en Ini-même et sur les rapprochemens singuliers qu on rencontre quelquefois dans les articles de son livre ; mais ceci est d une médiocre importance pour un ouvrage de ce genre; et pourrait être corrigé

ar une boane table des matières. L'auteur en a fait une d'après l'ordre alphabétique ; sans vouloir supprimer celle-ci, nous er aurions désire une autre d'après l'ordre du livre même; c’est une petite amélioration que nous espérons lui voir adopter l'as prochain.

oo

SOUSCRIPTION EN FAVEUR DE M. THOURET-NOROY

Moosieur ,

Je m'en veux d'étre des deraivr: à vous faire parvenir ma cotisition à la sotscription que vous avez ouverte eu faveur de M. Thourel-Noros, souscription dont J'approuve hautement le but et Les molifs. Peu de médecins devraient manquer à votre appel, si tous sentaient la nicrssiié de cet esprit de corps, qui seul peut redooner à noire profession l'indépendance et l'éclat qui lui manqueat.

Agréez, ele, Alph. Mewano D. M.

Lunel, 13 octobre 1834

Monsieur le rédacteur,

Avec notre modique offrande, veuillez bien recevoir l'expression de votre reconnaissente, pour l'appui que vous prêtez à l'imlépendance médicale. Puisse, celle protestation de tous les bons confrères, étrels dernière leçon donnée à quivouque voudra altenter à aoë droits, et au progrès de la science.

Nous svont lhocneur, ete.

Morte. D.-M.P. E Busné, D -M. P,

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