ÉTAT INTELLECTUEL DES DEUX FAËNES
Il est impossible de tirer de grands renseignemens des deux frères. Tous les deux font les mêmes réponses ; l'ua répète ce que l'autre à dit; ils ont tous les deus 3 an, 4 ans, l'âge que l'on veut.
… sont même nom, même prénom ; Pierre, Jean, Denis, etc. Cependant instaus le plus jeuuc répond plus juste que son frère. 11 se dit igé de 40 aus , de-
{bonheur, et a prouvé le scalpel à la main que l'infiltration séreuse du ecryeau occasionait souvent la démence, M. Ferrus a démontré encore par de nombreuses.observations que cette maladie pouvait être la suite de presque toutes les affections ecrébrales, Celles qu'il a le plus parties sont : « les épanchemens sanguins dans la ca-
meurant à Bicôtre définis 1848. 1 a appris l'etat de tapneur, mais il n’a pu lai suffire pour vivre, Tous les deux se rappellent d'avoir été à l'école ; l'ainé surtout ne peut oublier les evtips qu'il a reçus de son mailre ; iles dote seulement de quelques mois. I eonpail tout ce dent on lui parle , et répète d'une manière inintelligible et en bredenillaut les phrases les plus incohérentes ; il parait le plus souvent n'y ajouter mirun sen, ‘attention du jeune se Ge assez facilement ; celle de l'atué est d'une dificulté extréme à fixer,
Les sens paraissent chez Simon dans leur intégrité. Chez Denis, l'ouie et la eue sont imparfaites, Le premier st rappelle que la veille il a été a parloir , aux colonnes neuves, où 11 s'est fort ennuyé.
Le second se rappelle qu'il a vu son frère ; mais il ne sait pas quel jour, dans quel en. Ilme prend même pour son frère et me lait des caresses. L'un parait bon, c'est le jeune; l'autre s'emporte et est trés-irascible, Il pe veut pas cepradot l'avouer ; it craint ua châtiment, Aussi [latte-t-il Les gens qui lui font ce re-
he, Le jeune est ocrupé à tournte la roue du grand puits. IL passe pour bon travaille, L'ainé ne sait rien faire ; à peine s'il peut trainer maladroitement ui voiture. Ila cependant quelques bounes qualités, Il est rempli de seatimens d'affvetion ; aussitôt qu'il vit son frère, il couru à lui et le combla de curessis. Le jeune se livre mains à des sentimens affectueux ; il regrette bien son pays, OÙ il voudrait retourner; mais bientôt l'oubliaut , il demande iastamment à aller aux bons pauvres. Simon vit donc dans l'avenir ; il espère un changement dans sa position, Denis, au “onteaire, ne s'occupe que du présent; le travail a E d'aturauts pour lui. H a cupendant un avantage immense sur #00 frère, celui de la conscience de son imhécillité; Simon me se croit différent des aulres hommes. Tous les deux sout bien constitués et d'ube santé robuste.
cubèrement rencontré vité crânienne et le ramollissement partiel de la pulpe encéphalique. Mais il faut alors que ces altérations s'établissent progressivement ct sans accidens trop aigus, où qu'elles portent sur des individus prédisposés à l'abolition des facultés perceptives et intellectuelles, »
Les dérivatifs puissans sur l'intestin ; l'exposition au grand air, l'insolation , les frictions sur la peau , les fumigations aromatiques , ut régime léger et substantiel ; les amers ; les toniques , les vésicatoires , et pendant les parosysmes d'agitation , les évacuations sanguines ; tels sont les moyens mis en usage à Bicétre pour combattre où mieux amcnder les symptômes de la démence. Mais pourquoi dissimuler le peu de | succès de cette médication contre une maladie trop souvent incurable ! Malgré les soins les amieux dirigés et les micux entendus ; malgré toutes les puissances d'une thérapeutique morale et d'une médication matérielle ; malgré la salutaire influence de tous les agens dhysiqurs exté- |rieurs les plus propres à combattre les désordres des facultés intellectuelles, le trouble de l'intelligence persiste, et la mort arrive sans que les ressources de l'art puissent la prévenir. Heureusement , quelques l'exceptions encouragent le zèle du médecin, ct la société et l'humanité lui font un devoir de ne pas abandonner un malheureux qu'il est encore en son pouvoir de soulager.
& INT. Démence,
Après avoir tracé l'histoire générale de la démence et de le stupidité; aprés avoir diflérencié ces deux affections entre elles, et tracé les lignes de démarcation qui les séparaient de l'idiotisme et de la manie ME. Ferrus est entré dans des considérations pratiques du plus haut intérêt, Contrairement à l'opinion généralement admise et prolessée par} les grends maitres, le professeur de Bicètre a soutenu qu'il n'existait
as de démence sénile. Îl se refuse à adinettre qe Les progrès seuls de l'âge uissent déterminer cet état chez l'individu dent le cerveau est favorablement constitué ; et il fait observer que si la plupart éprouvent un affaiblissement de la memoire, et surtont de la mémoire x où mots ce phénomène est loin de constituet la démence. En effet, dans tout son service de l'hospice de Bicètre, il n'existe pas un seul cas de dé. mence sénile; et nous avons pu nous convaincre que l'oblitération des sens elle-même n'entretenait pas, chez certains vieillards, ec degré d'aliénation mental qui constitue la démence. C'est aux prédispositions et aux excès que M. Ferrus rapporte les causes de cette affection. Des exemples nombreux , qu'il serait trop long d'énumérer ici, viennent confirmer cette opinion. ‘Tous les démens qui ont été soumis à notre examen offraient la plupart des caractères généraux que nous allons tracer. Leurs perceptions étaient nulles on faibles ; leur mémoire manquait d'impressions ; leur intelligence était dans an état d'affaissement et de collapsus profond. Le cerveau des individus en démence manque d'énergie, d'intensité d'action , et quelquefois leur masse encèphalique se distingue par de belles proportions. La pulpe cérébrale, il est vrai fivit par s’a!térer lorsque le désordre de l'intelligence a persisté pen | dant long-temps. La face des démens est pile ; leur physionomie immobile demeure sans expression ; leurs yeux sont ternes on larmoyevs, leurs pupilles dilatées , où contractés ; leur regard incertain. Le corps| de ces aliénés souvent maigre et grèle, est d’antrefuis remarquable par son obésité. Ce phénomène se montre surtout quand la manie se transforme en démence. Les fonctions s’exécutent alors avec assez de régrlarité, tandis que dans l'idiotisme le dépérissement considérable du corps est la suite constante du défaut d'activité de l'innervation. Plus le morale est profondément affecté et plus la détérioration physique| est sensible, La santé des démens subit néanmoins les atteintes de} maladies qui impressionnent d'une manière fâcheuse leur économie. Le ont : la paralysie viennent souvent aggraver leur état, et ils suc- — Lu lg ler re avancé , avec tendance manifeste de tous leurs plissée dans sa partie antérieure; où seal au-dessous d'elle Le ot d'un hqusde Parmi les causes de la démence , on cite les ennuis prolongés , d Lmeragps derniere pepe re re que à Re CE 0 k es ù prolongés , des | d'environ 6 onces. L'arachaoïde et La pié-mère n offrent point d'altération appresentimens trop religieux et les grands revers de fortune. Mais ces diffé- | ciable. Ïl n'existe pas d'adhérence de ces membranes avec la substance cérerens mobiles ne peuvent avoir d'influence bien prononcée sur le déve- brale. : ue : loppement de l'aliénation mentale qu'autant qu'il existe une prédispost- | Le cerveau est comme infltré de sérosité; i s el en MORE Le # ne = L1 {) ol DDC tion individuelle, Rien de plus obscur d'ailleurs que l’étiologie de la D pin pme A er 4 D ii démence ; rien de plus variable que les altérations anatomiques qu'elle! La protubérance, la moelie allongée et le cervelet ne paraissent pes moins raprésente. Nous savons tous que l'hérédité joue un rôle principal dar s | mollis. son développement, mais vous ignorons complétement le modus agendi, | séwpacr, AvtE PARALYSIE GÉNÉRALE à UN FAIBLE DEGRÉ. ADHÉRENCES ET
M. Esquirol , das ses nombreuses recherches anatomico-pathologi- ÉVARSISSEMENT DES MEMBRES, — RAMOLLHSLMENT DU CERVEAU, ques , avait rencontré une telle versatilité dans les résultats cadavériad! air 3 ne de purter fs moindr e conclusion. Etoé plus | constitution ; elle est aajourd'hni détériorée par les progrès de la maladie, later-
it considére la-démence aigue comme résultat de l'œdème cé- rogé sur son âge, il assure n'avoir que 20 ans, et se dit l'ainé d'un frère qui en rébral. Le professeur de Bicêtre a développé ceue these avec un rare] a 40; la chose parait extraordinaire, mais tout le merveilleux cesse, lorsque
DÉMEXCE. == CHOLÉRA, = MORT, == RAMOLLISSEMENT DE LA TULPE CÉRÉERATE ET ÉPANCHEMENT SÉREUX DANS L'ARACHNOINE ET LES VENTIMICE LES.
Os. V.— Landregin a 54 ans; né près Paris (3 Saint-Ouen), 11 à passé la plus grande partie de sa vie à voyager, Après un SJoue de viogt ans en Angleterre, où al était cuisinier , à parcourut J'Allemagne, la Suisse, l'ltahie avec ses dilfcrens maitres, qui étaient Anglais , et auxquels il servait d'interprète.
Doux et facile à vivre, à peine moatrait-il dans l'ocrason l'énergie nécessaire , se laissant aba'tre par le moindre obstacle #1 se tourmentant pour le sujet be plus léger. Très-sobre et fort rég'é dans -a conduite, il avait pu antasser quelque argent qu'il plaça cbez un banquier asglais. Il parait qu'il fut indignement trompé per cet homme , qui, oiaut avoir reçu de l'argent de lui, le mesagait de le faire {arrêter s'il poursuivait ses demandes , ou bien prétendait être en faillite ek hors d'état de rien rembourser.
Certe perte et Loutes ses circonstances eausèrent de grands chagrins à Lanürein et ua grand trouble dans son intelligence, I quitta l'Angleterre et revint à aris en 4829, Bien que ses facultés fussvnt déja fort affaiblies, ii put travailler
un an dans les coisines du roi. 4839 lai Gt perdre sa placé, el ce nouveau mal= | heu aliéua tout-a-fait Lindregin ; il devint incapable de rivn faire. Pendant trois ans, sa femme le garda chez elle; la misère la lorça de le faire mettre à Bicétze. 11 y est entré ke 14 août 1833,
| Depuis son entrée, il a toujours présenté Je mème état mental. 1} est tran- | quille , soumis, vit bicn avec ses voisins, importune tous les jours pour qu'ou (| veuille bien lui dosner une place et lui rendre sa liberté, et vous demande im médiatement après si vous parlez anglais , s'offraut de vous servir de teuchement, I se rappelle parfaitement tout Ce qui Jui est arrivé ; ses discours sout peu suivis et reposent sur Les mêmes idées. On l'a trompe, volé; où lui a pris son argent ; al lui est imposable d'obtenir uoe place quand 1 yen a tant ‘antres qui én ont trois ou quatre à la fois et qui méme en ri fast.
Malgré l'abaissement de ses facultés, il est fort sensible et se montre reconnaissant des soins qu'on lui donne, L'idée de recoutrer sa Liberté et d'obtemr unx place le fat pluorer de joe,
il n'a uulle conscience de son élat : ses Licultés intellectuelles, selon lui, n'ont épronvé aucun échec. Toujours prêt au travail , ol ne soupire qu'après le moment de vaquer aux oceupat-o0s de La place qui lue manque ; s'il ua pu l'obtenir, c'est
ar La méchanceté des autres qui se miaque mt de loi , lui volent son orgent et le aisseut dans la misère, et cullement à cause de son affaiblssement général n- |telectuel et physique.
AUTOTIE WE LANDAECIN,
| Landregin, au mois de janvier dernier, fat pris du choléra, qui sévit à cette | époque sur la cinqéme division, et en mourut, Le crâne offrit une épaisseur normale (2 à 3 lignes environ); la dure-mère est
Ons, VI — Manche est âgé de 32 ans et porsit avoir joui d'une assez bonne
Manche vous apprend qu'après être mort une première fois, il a eu le bonheur de revenir au monde. I a des richesses considérables , plusicurs millions à dépenser par jour ; il se trouve trés-content de son sort , ilest prince, et ne veut avoir des relations qu'avec des princes. Aussi du moment où on l'entretient, il accorde hoaneurs , bivas et châteaux , le tout pour mettre les geus à son niveau : hegreux si Manche était tonjours sassi satisfait ; mais comme mortel il a ses peines; il plenrera comme un enluut pour la moindre contrarieté. 11 demandera avec instance une augmentation dans lo quantité de ses alimens; et un homme qui possède des millions se trouvera heureux quaad oa lui accordera un pen de vin; Manche ne dédaigoers pas même ua sou, qui doit contribuer à rendre plus agréable sa royale existence, :
Il ne parle jamais de 25 antécédens, cependant en aitirant son altention, en L rappelant sans cesse sur Les mèrues objels, on peut connaitre par lui quelques points de son histoire.
Il est de Coulommiers; à 45 ans il apywit l'état de tailleur; il changea cette profession pour celle de cuisinier, et bientôt après il devint soldat; il ne sait à quel âge il se maria; il devait épouser ses deux fÎlles, puis une seule, parce qu'on lui Êt remarquer que la polygrmie est un cas pendable. Finslement , il s'est enarié avec la fille de Charles X Voici la lettre qu'il a reçue de cette princesse : « Louis » Picrre-François Manche Isidore , je l'aime comme mes yeux , mon père, le roi » de France, Caime aussi; viens face mon bonheur, je ferai le tien : à Clichy, 2 notre premier rendez vous. » Et Manche d'atteler ses 10,090 ce:fs, de galoper comme le diable, et d'arriver à Clichy après avoir parcouru 10,000 livues; et cependant, suivant lui, il n'avait qu'une demi-lieue à faire pour arriver à Clichy.
Sa femme est ane simple couturière ; il le dit ensuite ingénument , quand on lui demande l'état de cette femme. ;
La première réponse que me donna Manche sur le nombre de ses enfsns , c'est
m'ilen svait dix-sept; mais en lui demandant le nombre des garçons et des illes , il repondit quil avait deux garçons et deux Glles. Revenant ensuite à ses richesses et à ses bonnenrs, il raconte qu'on beau jour, pas plus tard qu'hiee, il allé trouree son beau père Charles X:« A propos, beau-père, lui dit-il, vous um'arez donné La Ülle, à quand la dot ? u C'est juste, réplique le roi, et alors des dignités, dés décorations, des millions, des châteaux , lui farent donnés,
Mancie à succombsé dernierement ; nous relateron. jet des résultats codavétiques recueillis sou. les yeux de M. Ferrus, par les :ntecnes de Bicètrr, Nous derous les principaux détails de ces observations à l'obligeance de ce prolesséur,
nÉCAOPSIL,
Crdne, L'épaisseur des os dn crâne est peu considérable,
Les bémisphères cérébraux ne remplissent pas entièrement la dure-mère, Cette membrane est plissée dans la partie antérieure.
Membranes. L'arachnoïde contient environ ne once de sérocité sanguinolente, ainsi cette membrane que be pie-mère, parait épuissi, Elles sout d'un blanc opaque; un liquide est iaGliré dans ses membranes : cv liquide est plus abondant dans les points qui correspondent aux anfractuosités. En faisant quelques iocisions dans ccs points, on be parvient pas à obtenir de sérasité,
L'adhérence se ces membeanes avec la substance cérébrale est très-prononcée surtout en haut , au nivéau des glandes de pacchioni. En enlevant les membranes | o8 enlève es même temps des lambeaux de substance grise, :
Celle-ci est ramollie ; la substance blanche l'est beaucoup moins.
Les ventricules latéraux ont leur volume ordiaaire ; on ÿ trouve environ une once d'une sérolilé sanguinolenle.
La coache optique et le corps strié du côté gauche n'offreut poiat d'altération.
La couche optique du côte drait offre une altération locale : on croirait à uo foyer apoplectique de la grosseur d'un pois. Une ‘altération analogue se trouve dars ke pédoncule du cerveau du méme côté; autour de ces foyers, la substance pese se trouve ruréfiée et r.molle , point d'al'ération dans la protubérance et e cervelet.
S IV, — Harrucrnarions.
Après l'étude de l’idiotie, de l'imbécillité et de la démence, M. Ferrus passe à l'histoire des maladies mentales dans lesquelles les facultés primitives, au lieu d'être éteintes, ne sont que perverties. Ici com. mence l'exposition d'une nouvelle série de phénomènes, et nous prssons de l’abrutissement humain au désordre et parfois à l'exaltation seule des facultés intellectuelles, Les ballucinations servent de lien de transition au professeur pour conduire ses élères sur ce nouveau ter-
rain. Jl re eg dc quel point ce désordre de l'esprit se lie au |
trouble direct des facultés perceptives; fidéle ensuite à sa méthode d'enseignement , 1l énumère les phénomènes consécutifs à ce genre d'aliénation mertale.
Les halincin t'ons différent des simples illusions en ce que ces der. nires portent sur des crerurs de perceplion relatives à des objets présens, Laudis que dans lhallucioation le malade croit à la présence de corps qui n'existent rellement pas, et à la réalité d’une perceplion qui pe purte sut aucun objet. M, Ferrus cite un travail récent de M, Es. quirol comme l'ouvrige où celte difference est le plus clairement expose, 1 combat ensuite l'opinion de Rril, adoptée tend à fure considérer les hallnevations comme
Dans des descussi n5 philysophiques anssi profondes, nous nous abstiendrons de nous paonvncer, Il est des quesuons si épineuses que pour | les résoudre on ne trouve pas toujours iles juges comprtens. Quelquesunes surlout nécrssiitnt une profundeur de p-nsée, une maturité de jngement que nous sommes Juin de posséder ; les esprits même les plus familiarisés à ce geure de recherches £int souvent défaut ; nous préfé- l
pe ré Broussais, qui | es rêves.
rons d'ailleurs avouer humblement notre incapacité que de nous fourvoyer dans une polémique d'où rien d'utile ne jaillirait au profit de la science, Passons donc à un sujet plus important ; je veux parler de l'examen des opinions contradictoires sur le point de départ ou sur le siége réel des modifications organiques auxquelles les hallucinations doivent leur origiue. Notre manière d'envisager celte question est entièrement conforme à celle du professeur de Bicêtre. Nous ne pensons pas que le siége de l'hallucination se trouve dans les appareils sensitifs, auxquels l'erreur de perception paraît se rapporter. Souvent M. Ferrus a répété les expériences de Frank, de M. Ésquirol , et c'est toujours sans succès qu'il a tenté de faire cesser l'hallucination , soit en privant le sens de son excitant naturel, soit en stupéfant l'appareil sensitif par des applications sédatives. C'est en vaiu qu’un halluciné cherche à se débarrasser de ses perceptions importunes en se bouchant hermétiquement le nez ou les oreilles ; son hallucination persiste toujours; elle s'attache à lui comme un remords ; partout elle suit ses pas. Heureux les aliénés dont l'erreur des sens ne crée que des images séduisantes ou n'engendre que des sensations agréables ? Pour celui qu'un démon vengeur flagelle à coups redoublés, ses souffrances ne s’éteindront qu'avec sa vie ou persisteront jusqu'à ce que le jugement puisse rectifier l'erreur de ses sens. Nous avons été témoins de exemple confirmatif de cette dernière assertion. Un halluciné de Bicêtre nommé B...t croyait entendre différentes voix qui s'adressaient à lui ; rien ne pouvait Le dissuader dans les premiers temps de sa maladie ; mais lorsqu'une amélioration notable fut survenue dans ses facultés intellectuelles, le malade continua à percevoir la même sensation, qui ne le préoccupa plus ; car, disait-il , je crois entendre des voix, il est vrai ; mais pourquoi m'ipquiéter ? c'est une erreur !
L'état pathologique de certains organes peut encore fournir des argu-mens en faveur de ceux qui prétendent que le siége des hallucinatious ne réside pas dans uoe modification des appareils sensitifs où semble se rapporter l'erreur de perception. Ainsi la cataracte, avant d'anéaotir la vue, trouble quelquefois les fonctions visuelles de manière à donner lieu à des aberrations fonctionnelles des plus singulières. L'individu cependant n'est pas halluciné ; ses facultés intellectuelles l'attestent, et lil conserve le pouvoir de rectifier par le jugement le témoignage incorrect de ses sens. Le pri fesseur nous a rapporté uve ubservation d'hallucination de la vue chez un aveugle. Les auteurs qui ont souteou l'opinion contraire à celle que M. Ferrus défend ont cru trouver dans la thérapeutique des preuves à l'appui de leur manière de voir. S'étayant d'une maxime d'Hippocrate, qui dit que le traitement des maladies dévoile Jeur nature , 1ls ont rapporté des cas de guérison où la medication n'avait été cependant dirigée que sur l'appareil d'où émanait l'erreur de perception. C'est ainsi que des injections de belladone dans le conduit Let] ont rmidié quelquefois à des hallucinations de loue les plus fatigintes.
Nous ignorons s'il existe dans la science des exemples'bien avérés de semblables succès. Toutefois, il ne faut pas se hâter de conclure sans avoir approfondi le mode d'action du médicament que l'on a employé pour combattre l'hallucination. IL est des remèdes qui ne borneut pas seulement leurs effets au heu même de leur application ; les narcotiques, par exemple, ont la vertu de stnpéfier les centres nerveux où de les modifier de telle sorte qu'ils ramènent leurs aberrations fonctionnelles à leur type normal. Nul donte que dans quelques cas infiniment rares la perversion des facultés perceptives sera cauvée par une altération des sens ; mais le plus souvent l'hallncination en est tuut-à fait in- Idépendante. Nous croyons dune avez M. Ferrus, jusqu'à plus mple pui MésaR que l'hallacinatinn ne cunsiste pas dans une maladie des sens ni des curdons nerveux intermédiaires entre l'appareil senstif ct le cerveau, mais qu'il faut , pour ca donner une explication satisfaisante, reconvaîre un trouble ou une modilication quelconque survenue dans l'encéphale.
Une division naturelle et très-importante des hallucinations est celle iqui permet de les étudier suivant qu'elles sont externes, c'est-à-dire lorsqu'elles paraissent prendre leur source dans les appareils sensitifs extérieurs, ou qu'elles sont internes , et elles dépendent alors de certaÿnes perversions de la sensibilité organique on végétative. Leur intensite varie à l'infini ; tantôt isolées , tantôt générales , elles entraînent plus ou moins le trouble des autres facultés ; elles peuvent bien évidemment, a dit M. Ferrus, précéder le délire et persévé.er aussi après sa erssation. Il était nécessaire d'appuyer par des faits ces diverses propositions, et Fhospice de Bicêtre est un vaste entrepôt où les matériaux ve ce genre ne sont que trop communs. Nous rapporterons à ce sujet quel “ ques observations qui ont été communiquées j'ar Je professeur aux élèves de la chinique. ;
Or
Ons. VII. — H... est un jeune homme qui a reçu quelque éducation. Sa conduite régulière lui avait attiré l'araitié d'un grand nom k personnes, et surtout celle d'un colonel , dont il passe pour être le fils naturel. | |
I parait qu'il avait cependant ua carsctère bien changeant ; car il ft successivement diverses entreprises sans en conduire une à £a. Les difficultés qu'il éprauvait dans telle carrières le portaient à en rechercher ane autre, où il devait trouver de nouveaux obstacles, 11 y a quelques années qu'il perdit sa mère, attemte comme lai d'aliénation mentale; elle avait passé les dix dernières années de sa vie à Charenton, où elle mourut. |
IL... depuis deux ans était retiré à Avranches, vivant dans l'insouciance et dans l'inoccopation. Un jour , voyant passer un convoi, il lui prit fantaisie de le suivre. Arrivé à l'église, croyant voir la tête chaave du mort , il se diriges vers la bière et plaça dessus son chapeau , dont Le mort , disait-il, avait besoin. Depuis cette époque jusqu'à son entrée , il se plaignit souvent d'ennemis qui le poursuivaient, empoisonnaient ses alimens et voulaient le faire périr. Uo jour, tout hors de lui, il vint trouver son ami. C’en est fait de moi , bui dit-il, j'ai violé une petite Bille; on va mé tuer,
Lors de son entrée à Bicétre, H... paraissait tellement jouir de toute sa raison, qu'on crut d'abord qu'il y avait eu erreur ; mais on ne fut pas long-temps trompé. À peine avions-nous eu Le temps de sortie de la salle, que H... arrive tout en sanglotant. 1 demandait qu'on le protégeët contre l'électricité , qui arrivait à Lui de toutes parts.
Depuis quelque temps cc malade n'avait donné aucuu signe d’hallucipation, lorsqu'il y a environ six semaines l: maudite éleciricilé vint encore le tourmenter, et croyant qu'elle partait du lit de son voisin, il se leva en colère, lui donna quelques coups et menaçait de l'étouffer sous un oreiller, si l'on n'était pas venu le secourir,
Le 27 septembre de cette année, il éerivait cette lettre à M. Ferrus :
# J'ai déj eu l'honneur de vous écrire plusicars lettres pour vous demander ma sortie ; elles sont toutes restées sans réponse positive. Plusieurs promesses de souserire à ma demande m'ont été données ; mais elles n'ont point eu de résultat. La cause de ma détention, je l'ai toujours ignorée.
» Je ne sais maibtenant à quoi m'en tenir ; j'avale fort passablement les chats
ét les souris sans laisser la moindre appsrence de queue sus mes lèvres, ce qui dénote d'une manière évidente que je n'ai jamais fait de tort à personne, ainsi que l'administration de Bicétre parait fantasmagori
passent autour de moi, à choque minute du jour et de la nuit.
Ons. VIE, — Charles D... ancin professeur du collège de Verssilles, à toujours été un homme fort singulier, plein d'orpueil et d'amouür-propre, Alors même qu'il était le plus en état de remplir ses fonctions, il avait la prétention de se croire un des génis du siècle, et se dirait ami intime des littérateurs les plus distingués. Pour le prourer, il venait à Paris aussitôt qu'il paraissait un ouvrage, l'achetait | évrirait ea tête : l'auteur à son ami Charles D,..., comme si on lui en eût fait hommage, ct de retour à Versailles, montrait La suscription à ses collégues , qui restaient convaincus de La réalité de la cho e, L'exaltation de son es pit allsat toujours croissant , il commença à faire des théories sur la nature des Chose: , la formation du monde et des idées, ete, etc. Il vit tous les soirs se promener sur la carniche de sa fenêtse nn homme qui merchait la tête en bas, les pieds en l'aie : il be dit et on erut qu'il plaisantait, Bientôt on Gt de la physique et de la chimie sotour de lui, de telle sorte qu'il ui fut impossible de reiter chez lui, il entenda t les choses les plus étranges , des siflemens , des bourdonnemens, des démons.
Dans Les premiers temps de son séjour à Bicitre , il développait fort longuement sa théorie de la compoution des idees avec Facide carbonique; il en parle encore souvent, mais Lne met plus Le même suite dans ses discours. Ainsi, après avoir longuement et presque savamment parlé sur la philosophie, l'histoire, les let. tres, les sciences, ilrous dit que ses idées se combinant avec l'acide carbonique, s'élèvent dans les airs, prennent des figares, des formes de démans qui se prrcipitent sue lui, le tourmentent de malle manières, et causeront ba ruine de la thaison si on ne le retire pas d'ici. Pour échapper à ces bruits qui le fatigoent , à ces voix qui loi parlent toute La nuît et l'empêchent de dormir. il ferme hermétiquement les portes et L:s fenêtres, et reste sans crise oceupé à ne point les laisser ouvertes, 1 se boucle avec soin les oreilles, avec dé l'amadou, des chiffons, du papier mwiché.
Dans La chambre qu'il occupait, il prétendait exister entre des deux plafonis un cabinet de chimie et de physique où se préparsient ks démons et l'acide carbonique qui troublaient son éustence. On lai pronva que c'était impos ible, Alors les m asmes, ls ioflucnces vinrent d'un autre côté , par Le plus pétil trou, Ex la scrrure, par l'espace compris entre là porte et le parquet. Comme 1l était
aucoop plus hallacine la nuit que le jour, on essaya s: le voisinage d'un gerçon couché prés de lui et lui parlant poucrail le calmer et lui fire apercevoir ses illusions : ce Qut ivutilmeut, Charbes D... eut grand peur; il prétendit que quelqu'un avait voulu l'assassiner La wuit, qu il avant furt bien entendo sa voix et ses projets, et son agitation etait extréme, Charles D... à la prétention d'écrire sur q sujet que-ce soit, il posséde une facilité prodigieuse pour l'accomplissement de certains actes. M jouit d'une mémoire escellente et donne souvent comme de luides morceaux entiers qu'il a appris dans nos granûs auteurs ; il se les rappelle très-bien, et Les habalke à sa façon pour se les approprier. n J'ai, ditil, “trois cents articles de jourosus qui n'attemdent que ma sortie de Bicétre pour svoir le jour. + Chorles D... n'a aucune conscicoce de ces hallucinations, il secroit récitablement perséculé, et implore touskes jours sa liberté pour échapper ass ennemis el reprendre #es Urovaux Lliéraires,
Ons, IX. — M... âgé de 29 ons, etait cloutier à Paris, toujours Irès-porté à la dévotiqu , il négligra bicmèt ses travaux pour ne plus s'occuper que de religion; passant ane partie de la journées faire des prières à ire les livres sasnis et à frequenter les églises. Toutes les impressions religieuses étaient d'autant mieux ressenties panlui, qu'il les comprenait moins; bicptôt 11 cut des visions, pénitra des niystères, et s'eniretint avec l'esprit,
Depuis 1827 à 4828, les amis de M... l'on! toujours ru sous l'influence d'une
ment me le dire. Je craindrais de vous ennuyer si je vous donuzis tous les détails fastidieux des jongleries qui se
manie religieuse, mais il n'y avait rien de désordonné dans ses actions, 11 travail. Lait et faisait peu d'excès. Depuis la mort de sa femme, arrivée il y à
mais, ses dispositions au mysticisme se sont exaltées, il ne rêvait que messes , confessions , pémiteuces, etc. Il se relevait la nait pour lire les Hivres saints. Aujourd'hui, M... prétend être l'Apocalypse représentée à l'église par les sept chondeiers ; 1 est un de ces chandeliers, et ses six autres frères sont Ds dique tenant leur diocèse dans les différentes villes de France. Souvent il se trouve en commuaication avec eux à Fheure de minuit; ce til est constamment en relation avec l'esprit qui parle en lui et au quél il répond tout bas. El est enfermé à Bicètre par les persécutions de Philippe et de son fils, ses ennemis éternels , qui ne veulent pas le reconnaitre pour l'apocalypse ; mais bientôt viendra le temps où Ne; alors il sera réuoi à ses autres frères , et brillera de tout son
Martyr des iniquités des bommes, il attend la panition de leurs crimes : la terre et les éeux seront bouleversés à La voix de Dicu, tout sera confondu. J'assisterai, dit-il, à ces mad et je serai reconnu à jamais la véritable Apotaiypse.
La manie religieuse de M... est à guée D éfles plates : idées ne sont pas towjours bieo nettes par la difbculté qu'il éprouve à se les expliquer. Il n'est pas tranquille, il parle tuute la nuit , sans qu'on puisse le faire taire. M prétend alors qu'on vient Le persécuter , qu'il esland des voix, et Le jour il reste soùvent eo extase sur un pied, la main levée au «icl, comme s'il apercerait dans les airs un être surnalurel auquel il adresse la parole.
On s pu pendant quelque temps l'employer à balayer les cours , et tout en rsmassant les ordures il se disait un aoge où parlait dé l'Apocalypse. Actuellement M... ne veut plus travailler , il ne fréquente pas ses camarades, et ne leur parle méme Il reste Lout-à-fait concentré en lui-même pour converser avec l’esprit qui lui fait voir les mystères des cieux.
IL nous resterait encore terminer cette analyse des Jeçons clmiques de M. Ferrus à parler du délire et de la manie, Nous renvo cette dernière hr e l'étude de l’aliénation mentale à l’époque où le
rofesseur de Bicètre reprendra son cours. Nous espérons que cet haile observateur ne laissera pas enfouis les riches matérieux qu'il possède , et qu'il se décidera bientôt à publier ua ouvrage complet sur kes affections du ‘mp nerveux; personne n'est mieux placé que M. Ferrus pour remplir cette tâche ; il a déjà prouvé combien il est en mesure de répondre à ce que La science attend de sa position. A. Boven, D.-M,P.
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance où 24 rovemenx.
M. Geoffroy présente us mémoire imprimé dont le titre est Je suivant : Sur les monoirémes , extrait d'un ouvrage sous presse intitulé : Etudes progressives d'un naturaliste, faisant suite à ses pablications dans les quarante- deux volumes des Anvaleset Mémoires du Muséum d'histoire raturelle, Dans ce mémoire, M,Geoffray reproduit, avec plusicurs des communications qu'il avait faites sur ce sujet l'académie des sciences, la lettre de M. Owen, lue le 3 novembre dernier, et il y joint des notes, soit pour répomlreaux objections qui lui sont adressées par le naturaliste anglais, soit pour redresser quelqurs faits où combattre quelques dédnctions. Ainsi, à l'occasion de La comparaison établie par M. Owen entre ls structure du cœur st des gros vaisseaux chez les différentes classes de vertébrés, M. Geoffroy fait la remarque suivante :
n Depuis la publication du Tableau de du circulation du sang chez le foetus de l'homme, par M. Martin Sant-Ange, et celle d'on autre ouvrage du même auteur couronné par l'Académie des scuaces, on ne seurait être trop circonspect un énonçant les généralités sue Je cœur des amimoux vertébrés telles qu'on les trouve dans uae foule d'ouvrages Le feit avancé que les reptiles ont le cœur uniséniniculaire esi un point non entièrement applicable à tous les reptiles qui res-
irent l'air en nature. M, Owen ne donne qu'à demi cette considération restrictive à l'égard des crocodilus fueits et acntus, qu'il ee en note. Le cœur tout-à-fait séparé en ses deux ventricules chez Les crocudiles formait un fait déjà observé par Paniezs, soirant ane réclamation assez lardive qu il en a faite dans les journaux de médecine de Paris. |
» Ce n'est point seulement à cet égard, poursuit M. Geoffroy, que je me trouve en dissentiment d'ob-ervation avec M. Owen; je pense même, par exemple , que, relativement au cœur el à ses vaisseanx, il me met js les mvonotrèmes à leur Ÿ qu parmi les avipares et assez près des plus élevés des reptiles, des crocodiles, par exemple. U n'ya de cœur uni-ventriculaite proprement dit, que chez les batraciens et leurs snalogues qui vivent dans l'eau. Les opbidiens ont les deux ventricules plus ou moins distisets, à cause des valrules compliquées , et parce que leur cloison médianc n'est pas fermée dans tons les points. Nous vences de dire qu'elle l'est entièrement chi À crocodiles. Mais avec ces differvaces au confluent, s'en joignent d'autres plus fortes et dans ua degré proprotionnel à l'egard des irones ausortr du cœur. Quelques-unes.de ces différences, en ce qui concerne Les. monotrèmes, sont indiquées par M. Owen, mais noû toules, principalement dans leur degré d'influence. Il est vrai qu'il rapproche les monotréares du type ovipare , du moment qu'il leur reconnait deux veines supérieures, €t qu'il déclare que dans l'ornithorbioque il n'y a pas d'ouverture pour la ve ne coronaire. .
# Voici ce qu'a remarqué à cet égard M. Martin Ssiut- , Cm exsminant le jeune ornitborbinque : La veine cave supérieure gauche , après avoir contourn
cœur, s'ourre dans le point où la veine cave inférieure débouche dans l'oreil-
latte droite; la veine care supérieure droite se rend comme de coutume dans l'oreillette droite ; et les branches dé la veine coronaire «€ réumssent en un tronc qui contonrnc La veine cave inférieure, et va s'ouvrir dans le confluent veineux qui précède immédiatement l'oreillette droite. Notre jeune ornithorhinque était à cet égard dans un développement d'adulté : ni trou botal ouvert, ni canal arteriel encore suibsistant.
» Or ,existe til chez ua mammilère deux vrines caves disposées comme bous venons de le voir; le mélange du sang s'effectue ca plus grandes proportions lorsqu'il est à l'état de fœtus, Cette généralité, remarquée par M. Martin Saint-Angr , est un fait propre à l'ornithorhinque ; mais ea outre , celle ouverlure de la veine corosaire manquant, dil M. Owen, à l'égard de l'oreillette droite, il y est htan. moins suppléé au moyen d'un versement à trés-conurte distance dans ane portion de la veine care. Celte différence est de peu de +aleur pour la circulation de l'adulte ; mais , chez le frtus,il m'en est pas de nûme , pirisque le sag provenant de la veine cave inférieure passe en plus grande quantité dans l'oreillette gauche par le trou botal : d'où un mélange plus grandici que chez les mammifères, puisque le versement des coromaires se fait dans le vestibule de la veine-cave t.férieure,
» Les ornithorhinques à mélange des sangs, aux doubles veites-cares supéreures , él à veine coronaire, dans la circonstance ici décrite, contiennent doux des ra s importans de circulation , les meuant plus sur les reptiles qe sur les “mammifères.
» Or, voilà ce qui surgit de tout cela, Pendant que les monotrèmes inclinent de cette manière vers Les reptiles, les crocodiles, avec leur cœur bien donblement ventriculaire, s'arancent par là vers les mammifères. Ce sont de part et d'autre des actes de développement du même rang, plus où moins incomplets, plus où moins arrétés, où au contraire plus ou moins prolongés et portés à un maximam d'aetion.
» La théorie de l'unité de compasition organique recueille ces considérations, comme lui apportant autant de manifestations encore inaperçues de la persistance de ses règles loutes puissantes, 1
À l'occasion de quelques réflexions de M. Owen sur la subordination des caractères qui peuvent être pris pour base dans une classification, M. Geoffroy remarque que l'auteur parait ne pas assigaer un rang assez éleré à ceux qui sont tirés de l’organisation sexuelle, « 11 y à, dit l'honor ble académicién , unité de relations et nécessité d'harmonies réciproques dans toutes les parties des systèmes, ét quand l'un baisse, il en est dé méme de tous. L'auteur me paraît aussi insister beaucoup trop sue la conformation analogique des reins , des poumons, des tégumens. Ce Serait une objection à me présentes si je parlais de transporter les monotrèmes vers la 6n de la série des vertébrés ; ce que j'ai voulu a été seulement d'indiquer qu'ils se séparent tout autant des marsupiaux que des vrais mammiféres, d'ailleurs | el les suivre et pour précéder la classe des oiseaux ; et je dis cela au sujet Marsupirux avec intention, a6n d'avoir occasion de placer ici mon doute sur l'assertion par laquelle il termine : « que l'œaf de l'ornithorhsn- » que se développe d'une manière toute différente de celui des ovipares propre- » ment dits, et qu'il offre sous ce rapport beaucoup d'anslogie avec ce qu'on » rencontre dous les didelphes. »
PLUIE DE ChAPatns.
Nous avons déjà plusieurs fois donné l'extrait de communications relatives à ce sujet; l'Académie vicut d'en recevoir une nouvelle , ét nous en parlerons encore parcs que le fait ayant été nié pendant long-temps par des homines dont l'opinion est d'un grand poids, il importe de le biva constater enfin pour ny plus revenir,
M. Berthier, étudiant en médecine, élève interne à l'hôjital Saint-Louis, écrit que, vers la Ga du mois d'avril 4830, chissant près de Marrat, village peu distant d'Avallon (Yonne), une pluie qui survit pendant une chaleur étouffante l'obligea à se réfugier dans une butte de pâtres. Après uac première ondée de cinq à six moules, ML Berthier se disposait à se remettre en route, lorsque, leraut ta tële pour regarder la direction des nuages , il reçut sur le visage cinq à six petits corps qui lui semblèrent des ganttes de pluie; mais en regardant autour de lui, il vit qu'avec la pluie il tombait de pelits crapauds, dont quelques-uns étaient gros comme une farte noisette,
. L'auteur de la lettre ajoute : « Mon chieo , qui jusque-là s'était tenu en avant, vint, ca apparence très-cfirayé, se blottür entre mes jambes, en faisant entendre des cris plaiatifs. Quelques nünutes après, la plaie augmeots avec violence , et lorsque je quittai mon abri, où j'avais été obligé de revenir, l'eau qui ratinait la pente où je me trouvais avait entrainé une grande partie de ces batraviens ; ce pendant , sur tout l'espace que je traversai pendant près d'an quart d'heure de marche, la terre en était couverte d'une quantité considérable.
M. Berthier peuse, comme plusieurs des auteurs des communications précédentes, que les crapauidls avaivnt été enlevés par un togrbillon de vent avec l'eau de quelque marais. Je suis d'autant fondé à lé croire, dit-il, qu'à onc demi-lieue de l'endroil où j'étais, et exactement dans la direction de l'orage , se trouvent deux étangs considérables entourés dé mares nombreuses, et qu'aussitôt après l'orage je fus frappé d'une odeur très forte de marais.
ÉVAPORATION DES SIROFS,
M. Boncherie, méderin et professeur de chimie à Bordeaux , adresse une com municalion sur un psc économique dans lequel supprimant la cloison placée entre le liquide et La source de chaleur, il fait arriver directement sur le produit qu'on veut condenser l'air chaud qui s'échappe par le tuyau des cheminées, 11 prétend qu'il n'en résulters svcune mauvaite odeur où aucun mauvais goût, pourra qu'on ne brle que da coke ou du charbon bien (ait.
ASCENSION AU CHiwson120, par M. BovssixcAtLT.
Le 16 décembre 1831, M. Boussingault , en compagnie du colonel Hall, est parveou sur Le Chimborazo à la hauteur de 6,006 mètres. C’est la plus gronde élé. YaUon que l'on ait encore atteinte en s'élevant sur les moatagncs. Le baromètre
qui , comme où le sait , se soutient à 28 p. 3 lignes environ au niveau de la mer, était descendu à cetie station élerée à 43 pouces 8 lignes; la température de l'air à l'ombre était de 7,8 C,
M. Boutsungault discute dans son mémoire les effets de la raréfaction de l'air sue les hommes qui s'élèvent sue les hautes montagnes. Ilpense gril est posable dde s'acclimater à l'air rarébé. Ainsi à une hauteur presque égale à celle du Mont- Blanc, B où le célèbre Ssussure trouvait à perue assez de force pour consulter ses instrument, on voit en Amérique de jeunes femmes se livrer pendant des nuits enticres à l'exersce de la donse. Un combat célèbre dans la guerre de l'indépendance, celui de Pichincha, s'est donné à ane hauteur peu diflérente de celle du Mont-Rose.
Les guides qui ont accompagné de M.Saussure surle Mont-Blanc ont lons assuré savoir ru les étoiles en plein jour. M. Boussingault, qui est arrivé dans les Indes à des hauteurs bien supérieures à celle que Sanssure à pu atteindre dans les Alpes, n'a jarmars été témoin de ce phénomène. Après avoir rapporté des expériences chimiques faites sur l'air recueilli sur le Chümborazo, M. Boussingault cxpose le résuliat de ses wbservalions géologr nes: il a trouvé dans l'étude de cette montagne célèbre une conlirmation des idées qu'il avait émises sur La nature des chnes trachyliques qui hérissent les Andes, ce sont des montagnes qui ont été soulerées à l'éiat frogmentaire. Le mémoire de M. Boussingault, sur le Chimborato, est un chapitre de l'ouvrage que ce voyageur doit bieatôt publier, dans lequel ilexposera les résultats scientiliques obtenus peudant dis snnces de voyages dans les Andes de l2 Nouvelle-Grenade.
Commissaires : MM. Arago ct Savarÿ.
SUCRE DE Mais.
M. Pallas, médecin en chef de l'hôpital militaire de Saint-Omer, adressé un mémoire sur le suere extrait de la tige du maïs. [l rappelle les anciens travaux de Parmentier à ce sajet, et ceux dont ce savant a eu postérieurement connaissance, et dont :l a parlé dans ses dernières publicat ons.
Parmentitr avait obtenu :
1° De 48 livres de tiges fraiches , huit onces d'une liqueur sirupeuse sans indication de degré.
2° De 12 Livres de tiges dessichées provenant de la plante parvenue au mème degré de végétation, douxe grains de sucre,
3° Enûa de 3%} bvres d'épis de mais encore verts , dix-huit onces de sirop épais.
Parmentier eite, entre les auteurs qui se sont eng ve du mais, le docteur Naihrold de Grasse , en Bssse-Siyrie. Naïhrold sépare la matière sucrée du mais sus pour cela sacriber le feuit, Choisissant aprés la récolte les tiges qui sont encore succulentes et qui ne présentent pas de goût amer, il les passe aux rouleaux comme où fait pour La canne dans les sucreries, filtre, à travers un sable quartacux , le liquide obtenu, le sature àla chaux , et l'évapore à feu on.
Le même procédé était employé , il y a quelques années, aux environs de Paris, par M. Quest, pépiniériste à Bruyères-lk-Chéteau. Il se contentait d'obtenir le sirop, et ne cherchait pas à le faire eristalliser. Parweutir l'avait cherché, mais sas y réussir. ;
M. Pallas, qui emploie également les tiges dont l'épi a muri, ne se contente pas de cetirer Le jus qui peut sortir par la pression après l’écrasement de cette ti préalablement dépoullée de ses feuilles et de l'enveloppe ligneuse ; 1! fait piler nouveau La bagasse avec de l'esu, et joint la décoction à la première liqueur obtesue, pour faire évaporer le tout ensemble après Gliration et saturation par la chaux.
De 7 kilogramimes de tiges il a obtenu -
1500 grammes de sirop à #4 degrés, h la température atmosphérique de 13 degrés centigrades;
2° Un produit parenchymateux dont on n'a pas apprécié au juste ls quantité , et qui parait pouvoir sertie à La nourriture du bétail ;
3° Une matière gommeuse de moindre importance.
IL porait que M, Naïhrold obtenait une quantité assez considérable de sucre cristallisé ; M. Pailas n’a pu encore y parvenir , quoiqu'il se soit aidé de l'expérience d'un habile raMineur. L'époque avancée de la saison ne lui à pas permis de répéter ces essais, mais il compte les reprendre , et il ne désespère pas du succès.
— M. Jaume Saint Hilaire adresse le manuscrit d'un ouvrage intitulé : are parisienne, où Description des plantes qui eroissent dans les environs de Paris, avec l'indication de la tigre. Au texte sont joints des dessins faits d'après nature, et qui représentent au moins ane espèce de chaque genre,
Commissaires , MM. À. de Jussieu et Ad. Brongn:art.
— M. Marzacorati de Bologne adresse un mémoire contenant les expériences etles observations Giles sur deux cas de catalepsie envisagés sous leurs rapports magnétiques, l'expoution d'une méthode cagable de conduire les personnes affectées de cette malade à certaines conditions de l'état nerveux , méme à La mort apparente, et le traitement de ces divers états.
Commissaires : MM. Duméril , Double et Magendie.
— Nous recevons de M. Geoffroy-Saint-Hilaire la lettre suivante , que mous nous empressons de publier.
À Monsieur le Rédacteur de La GateTTE MÉDICALE.
Monsieur le Rédacteur,
En publisat le compte-rende de Ls dernière séance de l'Académie des sciences, vous annoncez indirectement que j'ai sous presse on nouvel ouvrage, et vous en donnez le titre.
J'ai adopté pour l'établir le format in-4° des Mémoires du Muséum d'histoire naturelle. Je le publie en deux parties; Es première sera mise en vente le 15 décembre prochain. | | |
Permeties-moi cette anticipation : le mémoire qui termine à pour litre : Loë universelle , ou Considérations sur la vive action des mulceules, soumise dans
Ftous les corps au phénomène de l'attraction de soi pour soi, et attribuée par
des vitalistes , qui en ont suivi la manifestation chez les étres organisés, à des forces occultes, dites animations. / re Al .
Ce principe de l'attraction de soi pour soi, que j'avais déjà préconisé, maispoint encore expliqué ni démontré, vient compléter la théorie nrwtonienne , et place sous une loi universelle toutes les actions observables à ia surface de la terre , et celles racontées d'après Les animaux, et celles qui se manifestent dans les compositions et les décompositions de la matière dite inanimée. C'est bien à ce qu'il n'y aura plus qu'une physique générale. Pour moi, j'accepte ce déli: Aut totum , aut nihil. , .
Mon mémoire a beaucoup d'étendue ; je ne puis ni ne veux le re Jundi ; mai je l'apporterai ce jaur en épreuve , et je le déposerai à l'Académie, Si les organes de la presse concernant Les matières de sciences ont des observations à me communiquer d'une façon ou d'une autre, je serai prêt, eomenc je suis dès ce moment décidé à les aveweillie, et à modilier d'après elles ma publication.
Veuilkz agréer, monsieur, ete, ,
Georraor-Sarnt- IiLainE,
ACADÉMIE DE MÉDECINE
Kéancé ou 25 soveusnre, — Présidence de M. Licfrane.
Le ministre de l'insteuction publique adresse à l'Académie un arrêté pris par le conseil de l'instruction pablique dans sa séance du 21 novembre, d'après uae kettre du conseil de l'Académie touchant les inconvéaiens que présente Le choix des juges et des suppléans pour les concours de la Facullé. Cet arrcté contient les trois articles suvans :
Art. 1, À l'arence , pour chaque concours qui sera ouvert pour une éhaire vacante à la Faculté de Paris, il sera fait une liste extraordinaire de dix membres, pris indistinctement parmi toalvs Les sections de l'Académie.
Art. JE, Cette liste sera formée en une ou en plusieurs séances successives, par autant de scrutins secrets qu'il y aura de membres à nommer, |
Ant. IL Le sort désignera dans cette liste les quatre juges et le suppléant qui feront partie du jury du concours.
— M, Duverge , candidat à la place vacante de membre titulaire dans la section.de médecine opératoire, écrit à l'Acadéaue que , reconnaissagt la superionté va titres de deux de ses compétiteurs, il se désste pour cette fois de sa candi-
a'ure.