DÉFENSE MARITIME
NOMENCLATURE Bâtiments de la marine de guerre : 450.
Comparaison avec l'étranger. — • Angleterre : 550. — Russie : 400. — Hollande : 140. — Espagne : UO.— Italie : 130. — Allemagne : 100. — Autriche : 70.
Cuirassés : 70 {y compris ceux en construction).
Comparaison avec l'étranger. — Angleterre : TO (y compris ceux en construction). — Russie : 40. — Hollande : 20. — Italie : 20. — Allemagne : 20. — Autriche : 10. — Espagne : 10.
Budget de la marine. — 200 millions.
Comparaison avec l'étranger. — Angleterre : 280 millions. — Allemagne : 40 raillions — Russie : 140 millions. — Italie : 60 millions. — Autriche : 23 millions. — Hollande : 25 millions. — Espagne : 40 millions.
Nécessité de cette défense. — La
défense des côtes est aussi essentielle que colle des frontières de terre à la sécurité nationale. En cas de guerre maritime, on peut craindre soit le dé/iarquernentàe l'ennemi, soit l'attaque des ports de guerre ou de commerce. Le débarquement d'une armée et toujours une opération difficile. Pour s'opposer aux descentes ayant pour but de conquérir ou dî dévaster une partie du littoral, les principales baies ou anses abordables sont armées de nombreuses batteries de côtes et de forts. Mais le danger le plus grave est celui qui menace les ports (carte p. 70).
•■'^ Im Hotte. — Le premier moyen de défense maritime est une flotte. Les navires de guerre — soit cuirassés et armés d'énormes canons, — soit plus légers, mais animés d'uce
grande vitesse, sont des armes défensives autant qu'offensives, et ils sont destinés en temps de paix à faire au large la police des mers, ou à surveiller la pêche le long des côtes.
Suivant les nécessités diverses de la défense maritime on a créé un certain nombre de types de navires de guerre.
l" Dans les mers d'Europe et pour opérer dans le voisinage des côtes, la France possède un certain nombre de cuirassés de 1" rang armés de gros canons, et protégés par une cuirasse pouvant atteindre 50 centimètres ; actuellement il en existe une vingtaine ;
2o Dans les mers étrangères, en Chine, dans le Pacifique, la France expédie des cuirassés de 2' rang, pouvant tenir la mer par tous les temps : on en compte aujourd'hui une dizaine;
3° Pour protéger notre commerce extérieur en temps de paix, pour entraver celui de l'ennemi en temps de guerre, nous possédonsune cinquantaine de grands navires à vitesse considérable qu'on appelle « croiseurs » ;
4° Nos colonies, nos comptoirs, sont protégés par des navires à faible tirant d'eau, qu'on appelle avisos, canonnières, une centaine environ ;
5° Nos grands ports de commerce et nos cinq ports de guerre ont pour moyens de défense mobile deux catégories de navires de guerre qui sont :
Des garde-côtes k cuirasse très épaisse, munis d'un ou de deux énormes canons et construits de telle façon qu'ils soient capables de lutter contre de grands cuirassés et de leur échapper au besoin, leur faible tirant d'eau leur permettant de passer le long des côtes où les grands navires s'échoueraient. La France en possède une vingtaine. 11 faut y ajouter les batteries flottantes.
Des bateaux torpilleurs ressemblant à des fuseaux, avec peu d'élévation au-dessus de l'eau, et ayant presque le double de vitesse des autres navires de guerre. Ils ont pour mission de s'approcher très rapidement d'un navire de guerre et de le couler en lui lançant une torpille. Il existe environ 80 navires de ce genre répartis dans nos cinq ports de guerre.
Escadres, divisions et stations navales. — En temps de paix les navires qui sont destinés, dans les mers d'Europe comme dans les parages lointains, à protéger nos nationaux et à faire respecter notre pavillon, sont divisés en escadres.
11 existe dans la Méditerranée une escadre dite « ^'évolution. » Elle comporte neuf cuirassés et trois avisos.
Dans la Manche nous possédons une division cuirassée : trois cuirassés et un aviso.
En outre, il existe six divisions navales chargées d'assurer la protection de notre marine marchande et de nos nationaux qui trafiquent dans les contrées lointaines.
Ces divisions ont des centres d'action et les noms suivants :
1° Division navale du Levant : Grèce, empire Ottoman, Égypte;
2° Division navale de la mer des Indes: Réunion, Madagascar, mer Rouge, mer des Indes;
3° Division navale du Pacifique : côtes occidentales (le l'Amérique et Polynésie ;
4° Division navale des mers de Chine et du Jupon;
5" Division navale de l'Atlantique sud : côtes occidentales d'Afrique et orientale de l'Amérique du Sud, Brésil;
6° Division navale de l'Atlantique nord : Antilles et Amérique du Nord.
En dehors de ces divisions navales, la France entretient encore un certain nombre de navires dans diverses « stations », telles que station d'Islande pour la pêche de la morue, station de Tei^re-Neuve pour le même but, stations de Cochinchine, de Calédonie, etc.
Les grands ports de guerre. — Dans nos cinq ports de guerre est concentrée toute la force maritime de la France, Tous nos navires de guerre y prennent armement et y possèdent leur rechange en armes et en vivres ou en charbon. Presque tous y sont construits ; tous y sont achevés.
Les rades de ces ports sont profondes et capables d'abriter des navires pouvant avoir un tirant d'eau de 10 mètres- Elles sont en général, soit naturellement, soit artificiellement, fort bien abritées contre les vents régnants, et protégées du large par tout un système de défense fixe et mobile. Nos ports de guerre sont en même temps des places fortes, et Toulon surtout possède actuellement de très importantes défenses terrestres. Certains ports de commerce sont également fortifiés, notamment le Havre.
Voici une appréciation de la valeur de chacun de nos ports ce guerre.
Toulon est pourvu d'une rade sûre à la fois contre la tempête et contre l'ennemi ; elle est suffisante pour abriter les cuirassés du présent et ceux de l'avenir ; son port de guerre a des bassins commodes, bien établis, ses cales de construction sont vastes et bien aménagées ; c'est Toulon, en un mot, qui, en cas deguerre maritime, fournirait le plus aisément le maximum d'efforts de notre marine militaire.
Rochefort est loin d'offrir les mômes avantages : il est situé à 30 kilomètres de la mer, sur une rivière étroite, sinueuse, vaseuse, fermée par une barre qui, à marée basse, aux équinoxes, n'est recouverte que par 60 centimètres d'eau. On ne peut armer aucun navire d'une façon complète dans le port même. Il faut continuer cette opération à l'embouchure de la Charente dans la rade de l'ile d'Aix.
Lorient, qui fut créé tout d'abord pour les navires de la Compagnie des Indes, possède aujourd'hui peu des qualités exigées pour un port de guerre. Sa rade, il est vrai, est très abritée, très sûre, mais quatre cuirassés suffisent à la remplir. Son accès est si difficile à cause des bas-fonds, des roches et de l'étroitesse du goulet, que les grands cuirassés ne peuvent plus y pénétrer sans grand danger d'échouer.
Fig. 63. — Port de BirsU
Brest (fig. i".3) offre une des plus Iwlles rades [ui soit au monde, mais elle est devenue di/fi