‹ Géographie génerale. Relief du sol, hydrographie, voies de communication, agriculture, industrie, commerce, statistique ... avec index alphabétique contenant 4125 noms geographiquesChapitre 106 sur 339 · DÉFENSE MARITIME · texte numérisé non relu

DÉFENSE MARITIME

cile à défendre depuis l'invention des bateaux to7'pilleurs : ceux-ci franchiraient aisément le goulet, en dépit des puissantes batteries de terre, sans qu'il fût possible de se mettre en ^arde contre eux par des obstacles artificiels. Mais là n'est pas le moinrire inconvénient de Brest ; son défaut le plus grave est d'avoir un port de guerre à cheval sur la Penfeld, rivière étroite et sinueuse, encaissée au fond d'une vallée qui ne permet aucun agrandissement aucun aménagement sagement combiné.

Cherbourg (flg. 64) le plus moderne de tous nos établissements, a un excellent port de guerre bien aménagé et bien outillé. Cependant sa rade qui peut recevoir toute une esca-

Fig. 64. — HaJe et digue de Cherbouig.

dre de grands cuirassés n'est qu'insuffisamment abritée et contre la tempête et contre l'ennemi. Sa fameuse digue est un travail colossal, mais incomplet encore aujourd'hui.

Destiné par sa situation à servir de base d'opération à toutes les expéditions dirigées sur la Manche, la mer du Nord, la Baltique, Cherboui'g a une très grande importance stratégique.

■'^^ Spécialisation et amélioration des ports. — Actuellement, nos cinq ports sont organisés de façon à former chacun une grande usine complète qui arme, désarme, répare et ravitaille les navires de guerre. Ce système est très dispendieux, il est contraire à la loi naturelle de la division du travail, il est suranné, il nuit (ce qui est plus grave) à la rapidité de la construction des navires, l'un des éléments les plus importants de la puissance maritime d'un pays. La méthode la plus simple, la plus économique, la plus expéditive serait peut-être de commander nos vaisseaux à l'industrie privée, comme nous lui demandons des locomotives, ou dans certains cas, des canons. A défaut de cette réforme hardie, il en est une autre qui parait mûre et acceptée de tous, c'est la spécialisation de nos ports de guerre. Deux d'entre eux seraient affectés aux armements et désarmements, aux ravitaillements et aux réparations, deux autres, aux constructions en bois, le cinquième aux constructions en fer. On obtiendrait ainsi de grandes réductions dans les dépenses comme dans le personnel. Les frais généraux notamment pourraient être diminués de 40 pour 100.

Quant aux ports eux-mêmes, ils n'exigeraient pas d'efforts excessifs pour devenir excellents chacun en son genre. Toulon serait irréprochable à tous égards s'il était assaini et soustrait ainsi au retour d'épidémies périodiques. A Roche fort, il faudrait creuser un canal de 9 à 10 mètres de profondeur et de 20 kilomètres de longueur, afin de rendre le port accessible même à marée basse, car Rochefort

est Indispensable ; s'il n'existait pas, il faudrait le créer ; il est le seul abri qui puisse s'offrir à une flotte sur le littoral de l'Atlantique, au sud de Brest. Lorient, comme port de constructions, est à peu près suffisant. A Brest, la construction d'un port neuf sur la rade devient de jour en jour plus urgente. Cherbourg enfin devrait être complété, muni de quelques défenses nouvelles, pourvu d'améliorations d'ailleurs projetées, notamment la possibilité de communiquer en tout temps du port à la rade. Ces travaux secondaires le rendraient satisfaisant de tous points et digne de son rôle, qui est capital. De même que sur le continent, c'est au nord-est qu'il faut regarder et veiller, de même sur mer c'est au nord-ouest que nous devons orienter nos moyens les plus puissants de défense.

Préfectures maritimes. — Chacun de nos cinq ports de guerre a pour commandant en chef un vice-amiral appelé préfet maritime. Les préfets maritimes ont sous leur commandement direct une certaine étendue de côtes, ce qui constitue les cinq arrondissements maritimes: Toulon, Rochefort, Lorient, Brest, Clierbourg. Ces arrondissements se subdivisent en sous-arrondissements, partagés euxmêmes en quartiers, puis en sous-quartiers.

"^"^ Inscription maritime. — Les subdivisions maritimes n'ont été créées que pour ['administration des gens de mer, et afin de faciliter les levées des inscrits.

Tout individu qui se livre à la pêche ou qui embarque sur un navire comme matelot est fiomme de mer et de droit inscrit.

Tous les hommes de mer âgés de 18 à 50 ans sont assujettis à l'inscription maritime. Cette inscription leur crée les obligations et les avantages qui suivent :

1° Obligations des inscrits. — Ils ne peuvent quitter leur résidence ou en changer sans prévenir le commissaire du quartier.

Tout marin inscrit est appelé au service des bâtiments de guerre lorsqu'il a atteint 20 ans révolus.

La première période obligatoire du service est de 5 ans. En temps de paix ils ne font pas plus de 48 mois de service.

Après cette première période de service et jusqu'à 50 ans, les inscrits ne peuvent être rappelés au service que par décret du pouvoir exécutif.

Au delà de 50 ans ils sont libres de tout rappel.

2° Avantages. — Les inscrits ont seuls le droit d'exercer la navigation maritime.

Ils sont dispensés de tout service public autre que celui de l'armée navale et des arsenaux maritimes. Pendant la durée du service ils sont exempts du logement des gens de guerre.

Ils sont également dispensés de la tutelle.

Il est alloué un secours de 10 centimes par jour à tout enfant de marin qui est au service.

^^w\. Positions navales nécessaires.

— Ce n'est pas tout que d'avoir une marine, il faut qu'elle puisse librement évoluer sur les mers du globe, qu'elle y possède des ports de refuge et de ravitaillement, qu elle puisse en temps de guerre, protéger nos colonies et menacer celles de l'ennemi.

1" Pour tenir en échec Gibraltar et Malte et intercepter au besoin la route directe des Indes par Suez, il nous faut un port militaire en Tunisie. Le meilleur serait Bizerte.

2" Pour tenir en échec le Cap, Maurice et les

Seychelles et intercepter la route des Indes par le Cap, Diégo Suarez, à Madagascar, est tout désigné.

3o Pour tenir en échec Singapour, Hong- Kong et intercepter la route des Indes, par Panama, Saigon, en Cochinchine, est le seul port possible.

Il est grand temps de rendre imprenables ces trois positions navales nécessaires à notre marine.

Quel sera le navire de combat de l'avenir ?

— L'évolution de l'art naval se produit sous nos yeux avec des progrès et des retours surprenants et dans des directions inattendues. Pendant plusieurs années, la lutte avait paru circonscrite entre les cuirassés et les canons. Mais le problème s'est compliqué de données nouvelles. Les cuirassés sont devenus si lourds que les vaisseaux en bois ont repris faveur : ils sont seuls capables de servir de croiseurs, de fournir une course longue et rapide. D'autre part le cuirassé a maintenant un ennemi redoutable, le torpilleur. Le cuirassé a pour lui sa carapace gigantesque et invulnérable, ses canons prodigieux, qui manœuvrent avec aisance et précision dans des tourelles ou derrière des parapets d'acier, son éperon terrible auprès duquel les rostres antiques n'étaient que des joujoux. Il a contre lui ses dimensions mêmes, son tirant d'eau qui l'empêche de s'approcher des côtes, son poids énorme qui rend les manœuvres plus longues et plus difficiles. Il a surtout contre lui le torpilleur. Celui-ci, svelte, léger, rapide comme un poisson, presque imperceptible, glisse à la surface de l'eau, s'approche sans bruit du cuirassé, lance sa torpille ; et tout à coup le flanc du colosse s'entr'ouvre, l'eau s'y précipite, il est perdu. En vain pour écarter ce perfide ennemi, a-t-on imaginé d'entourer à distance les cuirassés d'une ceinture de filets d'acier: il suffit d'un oubli, d'une négligence ou encore d'un coup de mer inattendu pour rendre toute précaution illusoire. D'auti-e part le torpilleur, à cause de son exiguïté, est incapable de résister à un trop gros temps. Il rendra d'inestimables services pour protéger les côtes : on n'imagine pas une escadre de torpilleurs voyageant à de grandes distances. Mais voici qu'on invente de nouveaux types de navires : le torpilleur électrique qui peut se passer de charbon et naviguer invisible entre deux eaux ; le navire insubmersible, qui a la prétention de remplacer à la fois les cui rassés et les croiseurs, d'unir la résistance à la célérité. Ses flancs au lieu d'être bardés de fer sont garnis intérieurement d'une matière obturante, la cellulose amorphe que fournit avec une abondance extraordinaire le cocotier des Indes. Cette matière merveilleuse est douée d'une telle élasticité qu'elle rebouche automatiquement, instantanément, les trous et les brèches, s'imbibe, se gonfle, oppose un mur impénétrable à l'invasion des flots. Elle est si légère qu'elle allège les navires tout en les protégeant. Le navire insubmersible est peut-être le navire de guerre de demain.

Régrioni^ militaires de la, France

Première béoion. — Gh,-1, LILLE,

Places fortes :

Douai.

Dunkerque.

Gravelines.

Bergues.

Calais.

Saint-Oraer. ■

Aire.

Lille.

Citadelle d'Arras,

Gondé.

Bouchain.

Valenciennes.

Le Quesnoy.

Maubeuge.

Citadelle de Cambrai.

Landrecies.

Forts de la frontière du nord et Batteries de côte de Dunkerque à Boulogne.

Établissement militaire .•

Douai (arsenal).

2= RÉGION. — Ch.-l.

AMIEAS.

Places fortes :

Péronne.

Citadelle de Laon Citadelle d'Amiens.

Château de Guise.

La Fère.

Fort d'Hirson et forts de la position de Laon.

La Fère,

Établissement militaire :

La Fère (arsenal).

3<î KÉniON. - KOUEJV.

Gh.-l.

Places fortes ; Le Havre.

Batteries de côte de

Dieppe et du Havre Établissement militaire Vernon (ateliers de construction).

L'ALSACE LORRAINE

Limii&cù^ScpaiiernenC .

E FRANCE

Page 1