‹ Géographie génerale. Relief du sol, hydrographie, voies de communication, agriculture, industrie, commerce, statistique ... avec index alphabétique contenant 4125 noms geographiquesChapitre 151 sur 339 · PASSAGES PRINCIPAUX DES ALPES · texte numérisé non relu

PASSAGES PRINCIPAUX DES ALPES

Les grandes routes qui traversent les massifs alpestres rayonnent de la ■plaine italienne du Pô, vers les diverses vallées françaises, suisses et autrichiennes qui aboutissent au Rhône, au Rhin et au Danube.

Routes franco-italiennes

De Turin elles aboutissent :

Par le Col de Tende (1 870 m.), à, la Roy a;

Par le Col du Genèvre (1850 m), à la D?^rance (Briançon) ;

Par le Col du mont Cenis (route 2 182 m., et tunnel 1 330 m.) à VArc (Modanc) ;

Par le Col du Petit Saint-Bernard (2 160 m.) à l'Isère.

Routes entre la Suisse et l'Italie

De Milan elles aboutissent :

Parle Col du Simplon {2 010 m.), au Rhône ;

Par le Col du Saint-Gothard (route 2110 m. et tunnel 1 150 m.) à la Reuss.

Par le Col du Bernardino [Tessin), (2 060 m.), au Rhin (Coire);

Par le Col du Splugen (Maira), (2 120 m.), vu Rhin (Coire) ;

Par le seuil de Maloya {Maira), (1 800 m.) à Vhm ;

Par le Col de la Bernina {Adda), (2 330 m.) à VInn.

Routes austro-italiennes

De Eologne elles aboutissent :

Par le Col deBrenner {chem. defer),{\ 360 m.), d^VInn (Inspruck);

Par le Col du Tarvis [route et chem. de fer), (811 m.), à la Drave;

Par le Col d'Adelsberg [ch. de /.), (550 m.), à la Save (Laybach).

Ensemlilc cles Aïpes. — L'ensemble des Alpes forme une niasse de pays montagneux dont la superficie dépasse la moitié de celle de la France. De Nice à Vienne en Autriche, elles s'étendent en arc de cercle sur une longueur de 1 200 kilomètres , et leur largeur varie de 150 (massif du mont Blanc) à 300 kilomètres, entre Vérone (Italie) et Munich (Bavière).

Sur une carte bien faite, leur masse, foncée parles hachures, se détache nettement entre les parties claires du plateau de Bavière et de la plaine italienne.

•v^.,^ IiBi]>oi*ta,nce cles ABpes. — On sait que les vapeurs apportées de la mer par le vent sous forme de nuages viennent se heurter aux flancs des ferres élevées, et leur abandonnent la plus grande quantité de leurs pluies. Les Alpes, grâce

à l'étendue de leur surface de condensation, sont le plus grand réservoir d'eau

de l'Europe.

Situées au centre de la péninsule européenne relativement étroite, s'allongeant dans le même sens qu'elle, environnées par des mers presque de tous côtés, les Alpes sont admirablement disposées et pour recevoir l'humidité de l'atmosphère et pour distribuer l'eau à toutes les contrées européennes qu'elles avoisinent:

France, Allemagne, Autriche, Hongrie, Turquie et Italie.

Les nuées de la Méditerranée arrivent directement aux Alpes par la Provence et la Vénétie; celles de l'Océan ne traversent que des pays de médiocre hauteur (plateau central, Vosges) avant de les toucher. A l'une comme à l'aulre mer, les Alpes rendent ce qu'elles en ont reçu par des fleuves abondanfs : Rhône, Pô, Danube, Rhin.

Gi*îin«Is trîtits de la ^éolog'îe alpestre. — Les Alpes se composent de roches granitiques et de roches calcaires : les premières sont disposées comme un noyau central et orientées dans le même sens que foute la masse montagneuse; les secondes, comme une,

EUROPE

sorte de revêtement, enveloppent ce noyau au Nord et au Sud.

Les Alpes se partagent ainsi en trois zones longitudinales : celle du milieu, granitique, qui a déchiré et relevé les deux autres, celles du Nord et du Sud, calcaires, débris d'une gigantesque couchede terrains calcaires déposés par un Océan (fig.OS '.

de la région la plus importante de tout le massif. Ce n'est pas un nœud, mais une croupe relativement basse, une de celles où les routes sont le plus nombreuses.

A l'Ouest, se dressent les sommets les plus élevés, se creusent les vallées les plus fkrofondes; à l'Est, c'est le contraire : les montagnes sont moins hautes et les vallées moins déprimées. Ainsi le mont Blanc (fig. 69) a 4810 mètres, et au pied du mont Blanc, la source de l'Arve se trouve à 1 030 mètres ; le mont Bernina, près des sources de rinn, n'a que 4032 mètres, tandis qu'à ses pieds le village de Silva Plana, sur les bords du lac oîi naît la rivière, est à 800 mètres plus haut que Chamoanix. De même le Rhône, de sa source à Martigny,

Parmi les avantages que présentent les Alpes, si, par exemple, on lescompare aux Pyrénées, le plus important est d'être très accessibles. Dans les Pyrénées, les routes sont rares, tandis que lea passages alpestres sont très nombreux.

Entre la France et l'Espagne, se dresse un véritable mur, qu'on ne peut tourner qu'à ses extrémités, par Rayonne et Perpignan (carte p. 31); dans l'intervalle, aucune route, seulement des sentiers à mulets, encore très dangereux. Dans les Alpes, au contraire, des routes de toute sorte ont développé l'activité et la vie.

Nulle part l'épaisseur des massifs n'est assez considérable pour qu'on hésite à y creuser des tunnels : la France a percé celui du mont Cenis; l'Allemagne a ouvert au commerce celui du Saint-Gothard, rjui l'ournit une route plus courtepoar le transit (le la Méditerranée et de l'Inde vers l'An- Ljlcterre; mais la France projette de percer le Simplon ou \e mont Blanc pour faire concurrence au Saint-Gothard, comme ou a percé le Saint-Gothard pour faire concurrence au mont Cenis.

Conclusion. — Les Alpes n'offrent pas seulement à nos yeux des sites admirables, elles ne sont pas seulement un précieux réservoir d'eaux qui ruissellent des glaciers et des neiges éternelles; ce sont des montagnes sociables en quelque sorte, qui s'ouvrent docilement au génie industriel, aux relations des peuples et à la civilisation. On peut dire qu'au point de vue humain, ce sont les premières montagnes du globe.

Chamonix, la Mer de glace et le mont Blanc. ■ — Le mont Blanc, qu'on aperçoit des quais de Genève dans un lointain vaporeux, revêt, au soleil couchant une teinte rose d'une douceur idéale. Il semble nager entre ciel et terre et défier la curiosité du voyageur. L'accès du pied de la montagne est facile par la riante vallée de l'Arve, dont les eaus claires et rapides vont se jeter dans le Rhône un peu en aval de Genève, après avoir arrosé Sallancnes et Bonneville. Chamonix, situé à 1 OîiO métrés, était jadis pauvre et ignoré : c'est aujourd'hui une petite ville prospère, rendezvous des touristes, quartier général des guides, musée du mont Blanc. A deux ou trois heures de marche de Chamonix est le Montenoers, pAturage élevci de 1921 mètres, d'oii l'on aperçoit la il/t'c de glace, le principal glacier du mont Blanc. Cette expression de mer est très exacte : on dirait en effet une mer qui aurait subitement gelée-, les vagues très hautes, mais arrondies courent parallèlement à la longueur du glacier; leur masse de blancheur éclatante est couiiéu de crevasses bleues de cavernes profondes, de ruisseaux et de cascades. Il faut sept à l.uit heures peur aller do Chamonix aux Grands- Mulets (3 OoO m.}, grands rochers ou une cabane a été construite po\ir les toin-isles; dans celti^ pn'nii.'n! partie de l'ascension, on traverser la l e 'jion lies Si'rncs, énormes masses da glace drexséc-i c.mime des tours et dont les lianes |)araissent teints du plus bc!au vert. On couche ordinairement aux Grands-iVIulots. Le reste de la route est pénible et parfois dangereux, à cause des crevasses cachéi's sons la nappe blanche dos névés ou cliiinips do neige ; les avahiiiclies sont égahuneut à craindre, ut quand on a dépassé 4 00(1 mèli'es le mal dos montagnes abat souvent les forces des plus inti-rpides. Mais sur la cime, (pud admirable panorama : la vue piano sur tout le ,Inra, sur toute la Suisse; elle s'étend jusqu'aux Alpos-Marilimes, uu.\ plaines du l'ô lit à l'Aiiennin.

Fig. 68 . — Tracé géologique des Alpeo,

Ainsi les Alpes seraient des montagnes relativement jeunes, et leur emplacement aurait été recouvert par la mer à une époque où émergeaient déjà les granits de la Bretagne et de l'Auvergne et les schistes des Ardennes.

Gi>£tn«Is ti:>a,it!<$ cîe la toi>o- @r>*ai>Iiic alpestre. — Le soulèvement ayant eu lieu de l'Est à l'Ouest, c'est dans ce sens que sont orientées les principales vallées, Save, Drave, Salzach, Inn, Rhin j usqu'à Coire, Rhône jusqu'à Martigny. Puis l'écoulement des eaux a donné naissance à un grand nombre de petites vallées transversales. 11 en résulte que les Alpes sont formées aujourd'hui d'un grand nombre de massifs isolés, autour desquels circulent des routes naturelles qui ont permis à l'homme de pénétrer dans cette grande région montagneuse et de la traverser.

Si les principales rivières des Alpes coulent dans les vallées intérieures el longitudinales, aucune d'elles (sauf la Duranee, la Save, la Drave et la Leitha), ne s'en échappe directement : la plupart sont obligées, pour sortir de la montagne, soit vers le Nord, soit vers le Sud, de faire un coude très aigu qui est véritablement le irait caractéristique des rivières alpestres.

Tel est le cas de l'Isère à Grenoble, du Rhône à Martigny, du Rhin à Coire, do l'Adda à son entrée dans le lac de Cûme, do rinn à Kuefstein, de l'Adige à Botzen, etc.

Un autre caractère général des eaux alpestres c'est qu'en sortant de la montagne pour traverser soit le plateau suisse et Ijavarois, soit la plaine loniharde, elles ont formé un grand nombre de lacs (\ul bordent le massif au Huil et au Nord. Du côté de l'Italie, ce sont les lacs Majeur, de Côme, d'Isèo, de Garde, anxfjuels font peiid.iiit, du côté du Nord, ceux du Bourget, û'Anuci-n, (le Genève, des Qualre-Cantons, de Zurich,, de Constance et les lacs de la Bavière.

■■ . I><;h MOinineiH aIi>e.*4tt>eM. — Le Saint-Gothard n'est pas le jioint culminant di;sAlpi'S, fnais il oc(;upi;li; ceiitri!

Fig. 69. — Les glaciers de mont Blanc.

descend i 200 mètres, sur un parcours de 150 kilomètres; Xlnn, qui commence à la même hauteur, doit suivre une route deux fois plus longue avant d'être descendu aussi bas (fig. 70).

s'. Gotha

Massif de l AJula

Fig. 70.

Gimparaison entre le cours du Rlione et le cours de l'Inn.

La série de massifs qui, dans la zone granitique, forme le faite de tout le système alpestre, a une pente générale de l'Ouest à l'Est; le pic le plus élevé, le mont Blanc (4810 mètres), est au bord du talus occiienlal des Alpes, qui s'abaissent rapidement vers la plaine du Rhône, tandis qu'elles se maintiennent très longtemps à une hauteur considérable dans la direction du Danube. Dans les Alpes françaises, il n'y a que le massif du Pelvoux dont l'élévation dépasse 4000 mètres, et, à 200 kilomètres du mont Blanc, le Ventoux n'a même pas 2 000 mètres. De l'autre côté, au contraire, les cimes (|ui dépassent 4 000 mètres sont très nombreuses : Rosa, Cervin, Jun.gfrau, etc., et, dans les Alpes autrichiennes, deux fois plus loin du mont Blanc que le Ventoux, le pic des Tro/.s-.SiJtgncurs et le Gross Giockner ont encore 3 oOO et 3800 mètres.

1mm i*<wite.** a.Ii>estreN. —

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