‹ Géographie génerale. Relief du sol, hydrographie, voies de communication, agriculture, industrie, commerce, statistique ... avec index alphabétique contenant 4125 noms geographiquesChapitre 161 sur 339 · COLONIES ANGLAISES · texte numérisé non relu

COLONIES ANGLAISES

EUnOPE.

L'aveugle ambition de Louis XIV et de Napoléon I", la honteuse indifférence de Louis XV, qui épuisèrent la France sans résultat dans des j^uerres continentales, ont mieux servi l'Angleterre que sa ténacité, sa richesse ou le génie de tous ses hommes d'État. De 1713 à 1815 elle nous enleva Terre Neuve, l'Acadie (Nouvelle Écosse), la baie d'Hudson, le Canada, les Antilles, l'Inde: elle prit aux Hollandais le Cap et Cqdnn , aux Espagnols, la Trinité et Gibraltar: Malte aux chevaliers hospitaliers. Elle n'a réellement fondé que l'Australie au commencement de ce siècle. Ses colonies des rives américaines de l'Atlantique, au sud du Canada, lui ont échappé pour former la république indépendante des États-Unis.

Ainsi l'empire colonial anglais est très disparate par ses origines, et, sans le développement formidable de la marine britannique, sans l'esprit aventureux des Anglais qui vont s'établir partout où flotte leur drapeau et y exercent leur droit jalousement, il n'aurait aucune cohésion.

-^■^ Diversité du caractère de ces colonies. — Rien de plus varié que les possessions dont elles se composent ; Jes unes sont de simples points stratégiques comme Gibraltar, Malte, Chypre ou Périm qui commandent la Méditerranée, Suez et la mer Rouge ; d'autres ne sont que des dépôts de charbon, comme Labouan sur les côtes de Bornéo, ou des comptoirs commerciaux, comme les ports de la Guinée, Aden et Hong-Kong ; d'autres sont des colonies d'exploitation, comme l'immense empire des Indes, où quelques milliers d'Anglais commandent à près de deux cent millions d'indigènes; d'autres enfin sont de véritables colonies où les émigrants de la mère patrie vont s'établir définitivement et faire souche d'une race nouvelle comme le Canada, le Cap et ['Australie ; encore au Cap, les colons hollandais, au Canada, les coZons français forment-ils une grande partie de la population, et, en Australie, les Chinois tendent-ils à se multiplier plus que les Anglais eux-mêmes.

La force de Y Angleterre est donc plus apparente que réelle, et ce gigantes(iue empire, sur le sort duquel la destruction de l'empire espagnol du seizième siècle peut donner à réfléchir, a un caractère plus européen encore qu'anglais.

Diversité de leur situation Itolitlcfuc et sociale. — Parmi les colonies anglaises, les unes ont des institutions parlementaires et se gouvernent elles-mêmes; l'Angleterre n'y est rui)résentée qua par un gouverneur n'exerçant pas d'autres fonctions que celles de la reine dans la métropole, ce sont : le Dominion du Canada, les colonies de V Australie orientale, la Nouvelle-Zélande et le cap de lionne-Espérance.

Les autr es, appelées « établissements de la couronne » (en anglais, crown selllc-

ments) sont moins indépendantes de la métropole: tantôt elles n'ont que des conseils de gouvernement à moitié électifs, comme ÏAustralie occidentale, les Indes occidentales et Vile Maurice; tantôt elles sont régies par un gouverneur militaire investi d'un pouvoir absolu, comme Gibraltar, Malte, les Bermudes, Sainte-Hélène et l'Ascension, Ceylan.

Il y a de simples comptoirs commerciaux comme les colonies de la Gambie et du Lagos; l'Inde, enfin, forme un État à part vivant de ses propres ressources, ayant son ministère spécial en dehors du ministère des colonies, et un gouverneur général investi d'un pouvoir presque sans contrôle.

vwv Colonies d'Anaiéri«iue. —

Lie Dominion. — Dans l'Amérique du ^ord, le Haut Canada, cap. Ottawa, le Bas Canada, cap. Québec, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse (Acadie), l'île du prince Edouard, la colonie du Manitoba, les vastes territoires du Nord-Ouest, la Colombie anglaise forment de l'océan Atlantique au Pacifique l'immense État confédéré du Dominion oî Canada. Maître du Saint-Laurent et de son golfe, riverain des grands lacs, il a construit un chemin de fer transconlinental pour favoriser le commerce des fourrures et l'exploitation des bois, et rattacher les terrains aurifères de la Colombie aux ports du Saint-Laurent.

En dehors du Dominion, Terre-Neuve, dont dépend le Labrador, est le centre des plus grandes pêcheries de morue du monde, grâce au voisinage de son immense banc de sable.

Les plus nombreuses sinon les plus belles des petites Antilles appartiennent à l'Angleterre et forment deux gouvernements, celui des iles du Vent (la Barbade, Saint-Vincent, la Grenade, Tabago, Sainte- Lucie), et celui des iles sous le Vent (Antigoa, la Barboude, Montserrat, Saint-Christophe, Anguilla, Nevis, la Dominique, les îles des Vierges). La Jamaïque avec ses riches plantations de canne à sucre forme unautre gouvernement, comprenantaussi la Trinité, les Lucayes et les Bermudes.

La petite colonie de Relise, dans le Honduras, exploite les bois précieux.

Dans l'Amérique du Sud, l'Angleterre a une partie de la Guyane, et les îles Falkland (nos anciennes iles Malouines) station importante pour les navires qui doivent franchir le cap Ilorn.

■^■^ Colonies d'Afi*i«iue. — Lie Cap. — En Afrique, elle exerce sur l'Égijpte un protectorat qui a surtout pour objet de mettre le Canal de Suez dans sa déjjendance. Elle met la main sur les teiriloires des Çomdlis ([ui étaient dans la d(;i)endancc de l'Egypte et qui, avec Aden et Vérim, la rendent maîtresse du déiroit de Rab-el-Mandeb. Une partie du commerce du Soudan et presque tout celui de la Guinée septentrionale sont assurés à ses

colonies de Sierra-Leone , de la Côted'Or, du Lagos, et elle domine sur le bas Niger.

Elle dispute à l'inflence allemande, Zanzibar, devenu, sur l'océan Indien, le centre du commerce de la région des grands lacs. Au sud, le Cap et Natal forment une colonie indépendante enlevée aux Hollandais qui ont créé plus au Nord les États libres du fleuve Orange et du Transvaal. La découverte récente de mines abondantes de diamant a ajouté à la prospérité de la colonie du Cap, dont le climat et le sol rappellent beaucoup ceux de l'Europe.

Dans l'Atlantique, Sainte-Hélène et l'Ascension sont des points de relâche.

Près de Madagascar, la meilleure station maritime entre le Cap et l'Inde, l'ancienne ile de France, Maurice, est devenue possession anglaise.

Colonies d'Asie. — L'Inde.

— L'empire des Indes est peuplé de 230 millions d'habitants répartis sur plus de 4 millions de kilomètres carrés. Toute la péninsule de l'Hindoustan en fait partie, et les États hindous qui n'ont pas été supprimés sont réduits au rang de sujets.

Aucune contrée n'est plus fertile au monde que la vallée du Gange et le haut bassin de l'Indus : les forêts de bois précieux s'étagent sur les flancs de V Himalaya ; la plaine produit en abondance le riz, le café, le tabac, l'opium, l'indigo; le plateau méridional donne le thé et le coton.

Déjà des chemins de fer sillonnent dans tous les sens la péninsule , réunissant Lahore, Calcutta, Bombay et Madras; la découverte de gisements houillers dans le bassin du Gange activera encore l'essor industriel du pays.

A l'Hindoustan l'Angleterre a ajouté :

la fertile Ceylan, ancienne colonie hollandaise; la Birmanie et les établissements du Détroit comprenant Malacca et Wellesley sur le continent et les îles de Singapour et de Pinang qui assurent les libres communications avec les mers de laChine ; la station de Labouan près de Bornéo et des comptoirs dans le nord de cette grande ile ; Aden, en Arabie, et l'îlot de Périm, à l'entrée de la mer Rouge.

A l'entrée de la rivière de Canton, le poste militaire et commerçant de Hong- Kong protège les négociants anglais qui viennent vendre en Chine l'opium de l'Inde, et acheter le thé jusque dans le bassin supérieur du fleuve Bleu.

■^A^ Colonies d'Océanie . — L'Australie. — Le continent australien est occupé au centre par un plateau désert ; mais les colonies sont établies sur les terrasses côlières, sur plus de 2 millions de kilomètres carrés, et les colons qui sont venus s'y fixer en ce siècle, attii'és par les mines d'or, dépassent trois millions; nulle part ne s'est produit un tel mouvement d'innnigi'ation.

Les États actuels Qucensland, Nouvelle

Galles du Sud, Victoria, Australie méridionale, Australie occidentale, ont l'ait presque complètement disparaître les noirs indigènes; ils doivent leur prospérité croissante plus encore à la production des mines de fer et de houille et à l'élevage des moulons qu'à l'exploitation des mines d'or. Sidney a 230 000 habitants, Melbourne 320 000, Adélaïde 70 000; un télégraphe rejoint à travers le désert intérieur les lignes des Indes et de l'Europe.

Près de l'Australie, se sont formées deux autres colonies, la Tasmanie et la Nouvelle Zélande où les progrès sont aussi importants et dus aux mêmes causes.

Conclusion. — Polîtîtiiïe coloniale de l'Ang'leterjre. — Si l'Angleterre laisse une grande liberté à ses colonies adultes, elle secourt généreusement ses colonies naissantes, elle n'en abandonne jamais aucune dans le danger, elle sait maintenir l'honneur du nom anglais partout où. il est menacé.

Qu'il s'agisse de combler les déficits du budget de l'Inde causés par une guerre contre l'Afghanistan, de donner à ce grand empire une frontière solide, de délivrer les ccunmerçanls du Lagos de la menace des Achantis, ou la colonie du Cap de celle des Zoulous, ce sont là des « affaires impériales » que la métropole prend à sa charge.

Cette politique libérale, habile et ferme maintient la suprématie de l'Angleterre.

La perle des colonies américaines, qui sont d'ailleurs devenues les États-Unis, lui a appris quels pourraient être les résultats d'une politique coloniale oppressive, hésitante ou égoïste.

Edimbourg (Edmbnrgh). — Capitale de l'Ecosse, Edimbourg est l'une des villes les plus originales et les plus pittoresques du monde. Située à dis minutes en chemin de fer du large golfe de Forth, où Leiih lui sert de port, encadrée par la mer et les montagnes bleues, elle couvre de ses hôtels monumentaux, de ses édifices sévères, de ses jardins, de ses parcs, de ses maisons habitées par plus de 200 000 âmes, plusieurs colliiies parallèles reliées par des ponts, les uns hardis et légers, les antres solennels. Entre les collines s'ouvrent des vallons également plems d'arbres et de maisons. Le plus escarpé, le North- Loch, qui est le centre du mouvement et des voies ferrées, sépare le nouvel Edimbourg de l'ancien.

Au nord s'étendent Pri'/icess Street et les quartiers riches avec leurs longues perspectives rectilignes et la flèche aiguë du monument de Walter Scott. Au sud, sur un roc basaltique, se dresse le vieux château, où des highlanders montent la garde, coiffés de la toque nationale, plaid sur l'épaule, jambes nues sous leur jupon quadrillé multicolore. On aperçoit à l'est les deux plus beaux édifices d'Edimbourg : Royal Institution ei National Gullery ; k Vouesl, les monuments de Nelson, de Dugald Stewart, le National Monument, Hotyrood,le palais fameux deMarie Stuart.

Edimbourg est une ville superbe; mais combien y sont affreux les quartiers misérables, entassement d'horribles maisons à onze étages, lézardées et infectes, ou amas de lanes (rnellesj obscures et de closes (impasses) fétides.

Edimbourg n'en est pas moins une ville lettrée, savante, le second centre intellectuel du Royaume- Uni. Si depuis 1107 son Parlement est vide, elle a conservé les allures d'une capitale. Bien qu'unie à l'Angleterre, elle reste distincte par sa religion, sa justice et ses universités nationales.

PAYS SCANDINAVES

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