‹ Géographie génerale. Relief du sol, hydrographie, voies de communication, agriculture, industrie, commerce, statistique ... avec index alphabétique contenant 4125 noms geographiquesChapitre 162 sur 339 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

PAYS SCANDINAVES

Ce cfu'il f ï&Ht entendre par pays Scandinaves. — On comprend sous le nom de pays Scandinaves le Danemark, la Suède et la Norvège, dont les peuples parlent des langues très semblables, et ont eu des destinées historiques à peu près communes.

Les pays Scandinaves sont les deux presqu'îles situées à l'ouest de la Baltique et probablement réunies l'une à l'autre avant que les flots de la mer n'eussent creusé les étroits passages des deux Belt et du Sund.

Le i>lateaii Morvégrien. Les fiords; les lacs suédois. — La Norvège forme un plateau bordant à pic l'Océan, depuis le cap N^rd jusqu'au Skager-Rack; il est percé de golfes ou fiords (fig. 73), parfois profonds de plus de cent kilomètres et larges de moins de cent mètres, sortes de fissures, de corridors étroits et sinueux dont les murailles, hautes de

Fig. 73. — Fiord (Norvège).

trois cents mètres, sont couronnées de forêts de sapins et d'énormes champs de glaces (field). La Norvège doit au Gulf- Stream, qui réchautîe ses côtes, d'être un pays habitable et relativement tempéré.

Le plateau Scandinave, qui tombe en pentes abruptes sur l'Océan, s'abaisse au contraire en pentes douces du côté de la Baltique. Au lieu de fiords, la Suède a des lacs de montagne, étroits el profonds, d'ailleurs semblables aux fiords, et d'où s'échappent les cascades qui alimentent les rivières.

Le relief de la contrée est encore fruste, incomplet; il est dans l'état où l'a laissé la période glaciaire et l'écoulement des eaux vives ne l'a pas encore assez perfectionné pour que les rivières y soient navigables. Toutes sont coupées de cascades.

■vN.^ La Gotliie, le Jutland et les îles. — La série des grands lacs Wener,

Wetter, Hielmar, Mœlar, isole du plateau Scandinave la péninsule de la Gothie, où se trouvent les pays Suédois proprement dits. La Gothie est le fragment septentrional de cette barrière de pays peu élevés qui fermaient jadis la Baltique, dont le Jutland est le fragment méridional, et dont les îles Danoises sont les débris.

Seul de tous les détroits, le Sund est accessible à la grande navigation; il présente presque l'aspect d'un canal artificiel : il est la porte de la Baltique.

Aperçu Iiistoritfue. — Avec son grand port de Copenhague, abrité dans Seeland derrière l'ilot d'Amager, le Danemark est le portier de la Baltique. Ainsi s'explique sa prépondérance dans le nord, au moyen âge.

Mais il n'avait pas assez de ressources en lui-même pour maintenir sa suprématie, et, à partir du dix-septième siècle, il fut supplanté par la Suède qui tenta de dominer sur la Baltique entière : un instant elle eut la Finlande et la Poméranie menaça la Russie, la Pologne et le Danemark; Stockholm, au carrefour des golfes de Bothnie, de Finlande, de Livonie, et de la Baltique méridionale fut quelque temps la reine de celte mer.

Le développement de la. puissance russe fit tomber au dix-huitième siècle la prépondérance suédoise. La Suède fut rejetée dans sa péninsule, puis réunie à la Norvège, qui est une colonie danoise.

La répartition actuelle des États Scandinaves, qui fait de chaque péninsule un Etat à part, paraît naturelle. L'ancienne division, plus rationnelle encore, les avait groupés d'après les mers. La Suéde est un État baltique; le Danemark est, comme la Norvège, un pays atlantique.

Suède et IVorvègre actuelles. — Aujourd'hui, la Suède, État de second ordre, est gouvernée par le même roi que la Norvège, mais régie par une constitution différente; elle ne vit guère que pa^" ses provinces méridionales, les seules où l'agriculture soit possible. Encore les habitants doivent-ils lutter contre les rigueurs du climat par une consommation d'alcool parfois excessive. Elle a construit des chemins de fer dans ses régions septentrionales pour exploiter les immenses forêts de sapins qui couvrentles montagnes de la péninsule.

Les hardis marins des flords norvégiens se livrent à la pêche ; ils transportent dans toute l'Europe et même en Amérique, sur des navires, dont le nombre s'explique par l'abondance des matériaux de construction, les bois elles fers excellents des deux pays; ils font dans la mer polaire européenne une chasse active aux cétacés. Ils notent aussi, et l'observatoire de Christiania centralise coûtes les observations propres à accroître nos connaissances sur cette région si difficile à explorer.

{La suite, page 120)

EUROPE

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