L'EMPIRE D'ALLEMAGNE
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gen. — Snxe-Âltenbourg. — Saxe-Cobowg et Gotha,— Anhalt.
Sept Principautés : Sclmarzhourg-Sondershausen, — Schwarzbourg-Rttdolstadt, — Waldeck-Pyrmont, — Keuss, ligne aînée, — Reuss, ligne cadette, — Schaumbourg-Lippe, — Lippe- Detmold.
Trois villes libres hanséatiques : Lubeck, port près de la Baltique, — Brème, port sur le Weser, — Hambourg, grand port sur l'Elbe.
Une terre d'Empire (Reichsland) : Alsace- Lorraine, cap. Strasbourg.
Divisions administratives de la Prusse : Treize provinces : Prusse orientale, cap. Kœ-
nigsberg, — Prusse occidmtate, cap. Dantzig, — Brandebourg , cap. Postdam, — Poméranie, cap. Stettin, — Posnanie, cap. Posen, — Silésie, cap. Breslau , — Saxe, cap. Magdebourg. — Sleswig-Holstein, cap. Sleswig, — Hanovre, cap. Hanovre, — Westphalie, cap. Munster, — Hesse, cap. Nassau, — Prusse Rhénane, cap. Coblentz, — Principauté de HohenzoUern (sur le haut Danube), cap. Sigmaringen.
Zollverein. — Les divers Étal s de l'Allemagne et le Grnnd-Duché de Luxembourg (Etat neutre limitrophe du dép. français de JVIeurthe-et- Moselle) forment une association douanière connue sous le nom de Zollverein. Sont excep-
tés de cette association les ports francs de Hambourg, sur l'Elbe, de Brème sur le Weser, ainsi que quelques autres petites places.
Budget. — Empire: 740 raillions ; — États particuliers : 1 milliard 960 millions; — Total 2 milliards 700 millions. (France : 3 milliards et demi.)
Dette.— Empire : 700millions; —États particuliers : 4 milliards 800 millions; — Total 5 milliards et demi.; (France : 20 milliards).
Armée sur le pied de paix. —450 000 hommes (France : 50o Ooo-.
Armée sur le pied de guerre. — 1 million 800 000 soldats. (France: ISOOouO.)
EUROPE
Marine militaire. — 20 cuirassés (France : 70). ■
Colonies. — L'Allemagne s'est contentée longtemps d"enYoyer beaucoup rf emigrant^ en Amérique, en Australie, et elle avait d'importants établissements commerciaux dans toutes les parties du monde. Ellevient de planter son pavillon sur différents points des côtes de Guinée et de l'Afrique méridionale (Porto-Seguro, Cameroun, Angra Pequenn) en Nouvelle-Guinée, et sur plusieurs îles du Pacifique.
Villes ayant plus de 100 000 habitants. — Berlin (11 22) cap. de l'Empire d'Allemagne et du royaume de Prusse (distance de Paris : 265 lieues): — Hambourg (l-'O), sur l'Elbe, le premier port de l'Allemagne et de l'Europe continentale, ville libre; — Brème (120), port sur le Weser, ville libre ; — BresUni (273), sur l'Oder, ville industrielle (roy. de Prusse); — Fraitcfort-sw-le-Main (145), (roy. de Prusse); — Coin (en français Cologne) (152), sur le Rhin, ville commerçante (roy. de Prusse); — Hanovre (1-31) capitalede l'ancien roy. de Hanovre factuellement dans le roy. de Prusse); — Kœnigsberg (154), place forte sur la Pregel (roy. de Prusse) ; — Magdebonrg (140\ place forte sur l'Elbe (roy. de Prusse) ; — Dnvtzig (116), place forte à l'embouchure de la Vistule, le second port du roy. de Prusse ; — Munchen (Munich), (236) (cap. du royaume de Bavière) ;
— Dresde, (240), sur l'Elbe, (cap. du roy. de Saxe); — Leipzig (150), grand centre pour le commerce de la librairie (roy. de Saxe) ; — Stuttgart (120), cap. du roy, de Wurtemberg ;
— Nuremberg (100), la plus grande ville industrielle de l'Allemagne du Sud.
Parmi les villes ayant de 50 à 100 000 hab. on peut citer le groupe industriel de Barmen, Elberfehl, Essen, près de Cologne ; AUonn. sur l'Klbe, près de Hambourg ; Aix-la-Chapelle et Mayence, sur le Rhin; Augsbourg, en Bavière; Stettin, port de l'Oder.
Religions dominantes. — Les deux tiers des Allemands sont protestants ; l'autre tiers est catholique. Le catholicisme domine dans VAllemagne du Sud.
NOMENCLATDRE ÉÇO.NOMIQUE
Extraction de la houille. — 65 millions de tonnes (France : 20 millions).
Extraction du minerai de fer.— 1 millions et demi de tonnes (France : 3 millions). L'Allemagne est, après l'Angleterre, le pays qui fabrique le plus d'acier.
Récolte du froment. — 25 millions d'hectolitres (France : 100 millions).
Commerce extérieur.— 8 milliards (France : 10 milliards).
Commerce avec la France. — 800 millions de francs.
Mouvement des ports. — 20 millions de tonneaux (France : 20 millions.)
Tonnage de la marine marchande. — 1 200000 tonneaux (France : 1 million).
L'Allemagne a moins de navires à vapeur et plus de navir(;s à voiles que la France.
Chemins de fer. — 37u00 kil. (France:
L'Allemagne est le pays d'Europe qui a le plus de chemins de fer.
LilmitcM «le VAlltanaf^tu-.. —
Au Sud, coimne au Nord, les liiiiiles de rAllcmataio sont nalui'eUcs et précises : les Alpva et Ja Mer du Nord.
Toute la largeur de i'Furope central^.
comprise entre la mer du Nord et les Alpes, forme une seule région géographique, et cette région est l'Allemagne.
A l'Est et à l'Ouest, au contraire, les frontières de l'Allemagne sont artificielles et incertaines.
ATEsi, sauf les montagnes bohémiennes qui limitent la Bavière et forment avec les Alpes un défilé que franchit le Danube, il n'y a aucun obstacle géographique propre à déterminer une frontière : la plaine s'étend à l'infini.
A l'Ouest, les marécages hollandais sont une frontière naturelle ; mais le Rhin, de Wese/ jusqu'à Bdle, n'a jamais été une barrière stable, et sur sa rive gauche, les plateaux des Ardennes et de la Lorraine ne sont traversés par aucune limite réelle. C'est une région de transition, un terrain de combat entre les peuples allemand et français.
^■^■^ Conséfiuences Iiistoritiiies tle cette conflg:iu>ation. — L'incertitude des frontières de l'Allemagne, a l'Ouest et à l'Est, explique en grande partie les vicissitudes de son histoire.
Elle s'est tour à tour resserrée ou étendue dans le sens de sa longueur, suivant qu'elle a eu des voisins forts ou faibles.
Sous la domination romaine, la Gaule et la Germanie ne furent qu'imparfaitement délimitées par le cours du Rhin.
A l'époque de la grande invasion, l'Allemagne, après avoir débordé sur la Gaule et l'Espagne, a été arrêtée, puis soumise jusqu'au delà du Rhin par les Mérovingiens. Les Carolingiens en ont refait et achevé la conquête : Charlemagne lui a donné pour la première fois l'unité et l'a protégée contre les Slaves et les Avares par les marches de l'Elbe et du Danube.
Lors de la dissolution de son empire, la région de la rive gauche du Rhin devint et resta pour longtemps un objet de querelles entre l'Allemagne et la France; à l'Est, les Slaves franchirent l'Elbe, et les Hongrois dépassèrent la Bohême.
Les deux marches de Brandebourg et d'Autriche entreprirent alors la lutte contre les envahisseurs, et les services qu'elles ont rendus ainsi à l'Allemagne expliquent leurs hautes destinées.
L'Autriche parut d'abord avoir réussi à constituer sous ses empereurs l'unité allemande; mais la scission entre les pj'otestants et les catholiques détruisit son œuvre et permit à la France d'acquérir l'Alsace, les places frontières des Flandres et la Lorraine.
Depuis la seconde moitié du dix-huitième siècle, la Prusse, héritière des margraves de Brandebourg, a repris avec plus de succès le rôle de l'Autriche : elle a reconstitué l'empire à son profit. Garantie à l'Fst, contre la Russie, par la possession de la basse Vislulc et du ï)as Niémen (pavs polonais), elle nous a pris, à l'Ouest, l'Alsace et la moitié de la Lorraine, avec Strasbourg et Melz.
^-■^ Opposition du IVoi*«i et du Sud. — Quoique l'unité soit faite aujourd'hui, et que l'innombrable morcellement féodal ait cessé, ne laissant subsister qu'un nombre restreint d'États grands ou petits, la géographie maintiendra toujours une distinction entre les pays du Nord et les pays du Sud.
C'est la vieille division de la Germanie indiquée par le relief du sol : pays plats du Nord et pays élevés du Sud; bas Allemands, riverains de la mer, et hauts Allemands dominés par les cimes alpestres.
Après Charlemagne, la Germanie ne se morcela d'abord qu'en quatre grands duchés : Bavière et Souabe, sur le plateau danubien; Franconie, plus au Nord, jusqu'au Main; Saxe, dans la plaine; puis chaque duché se subdivisa à l'infini. La réforme fit reparaître l'opposition fondamentale du Nord et du Midi, celui-ci restant catholique, celui-là devenant protestant.
L'Autriche s'est appuyée sur les catholiques, la Prusse sur les protestants; en 1866, la victoire de Sadoiua a assuré le triomphe de la Prusse, qui a absorbé tout le Nord jusqu'au Main et réduit le Midi à la sujétion. Enfin la grande guerre de 1870 a donné au roi Guillaume la couronne d'empereur et a reconstitué l'unité germanique, avec l'Alsace et la Lorraine pour garantie.
■^^/v Rôle capital du Rliiii eu Alleuia^ue. — Cette conquête, qui nous a arraché des pays français, non seulement de droit, mais de cœur, est capitale pour l'Allemagne.
Elle lui assure la possession complète du cours du Rhin, qui seul la traverse entièrement du Sud au Nord, et peut en relier ensemble toutes les parties.
Jusqu'en 1S71, la possession de la rive gauche du fleuve nous permettait de le ^jY/ueî'ser rapidement, comme nous l'avons fait souvent pendant les guerres de la Révolidion et de l'Empire, puis de conquérir l'Allemagne du Sud et de prendre à revers l'Allemagne du Nord.
La perte de Strasbourg et de Metz nous interdit désormais de semblables opérations.
Le Rhin n'est pas seulement en elïet la voie commerciale servant à transpoiler les bois et les blés de la belle vallée qui s'étend entre les Vosges et la Forêt- Noire, les houilles et les fers de la Sarre et de la Ruhr; il n'est pas seulement la grande route conduisant des passages alpestres aux j^orts situés en face île Londres : il est devenu le rempart militaire de l'Allemagne, avec ses camps retranchés, Strasbourg, Mayencc, Coblcntz, Cologne,ii\ec son gigantesque bastion avancé, Metz, retourné contre la France.
Force militaii'c et grouvernement des»potl«|iie de TAllcmagriic. — Le caractère dominant do
L'KMPIRE D'ALLEMAGNE.
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la nouvelle Allemagne est d'être un État essentiellement militaire, organisé sur le modèle de la Prusse qui a fait son unité.
Toute son organisation politique tend à lui donner une force énorme pour l'oifensive ou la défensive. L'armée forme, par ses officiers, comme une caste à part et supérieure : elle est entre les mains du chef d'état-major général {Moltke) qui ne dépend que de l'empereur. Celui-ci par son chancelier (Bismark) est également le maître absolu delà politique extérieure.
Les pouvoirs des représentants du peuple {Reichstag) sont très limités et ne sauraient contrebalancer la puissance impériale considérée comme de droit divin. Toutes les lois qu'on soumet au vote du Reischtag ont d'ailleurs pour but d'accroître encore les pouvoirs de l'État et du gouvernement.
C'est ainsi que celui-ci est maître de presque tous les chemins de fer organisés surtout en vue de la guerre, et qu'il
s'immisce de plus en plus dans la vie religieuse et sociale du pays.
lie tra.va.il et la science allemande. — Quelque artificiel que paraisse un pareil régime, il tire une grande force du souvenir glorieux des événements qui lui ont donné naissance, et de l'éclat avec lequel l'Allemagne parait aujourd'hui l'arbitre de la paix européenne. En outre, il s'adapte fort bien au tempérament de la plus grande partie de la nation allemande très laborieuse et très patiente. Ces qualités ont porté tout d'abord leurs fruits dans le domaine scientifique : à elles sont dues le grand développement de l'instruction primaire et la prospérité des Universités qui donnent l'instruction supérieure.
Dans aucun autre pays les diverses sciences ne trouvent un aussi grand nombre de jeunes gens prêts à y consacrer leur vie : aussi l'Allemagne est-elle la première nation du monde par la somme
de travail scieiUilique qu'elle produit.
Cette intensité de culture intellectuelle a été une des causes les plus efficaces de sa grandeur politique. Non seulement les écoles et les universités ont préparé l'unité de l'Allemagne en réveillant le patriotisme germanique étouffé autrefois par les rivalités des petits États, mais encore elles lui ont donné de meilleurs soldats et de meilleurs officiers. Le pays est devenu savant pour être militaire, car la guerre se fait de nos jours à force de science, et c'est en nous dépassant par le savoir que les Allemands sont arrivés à nous vaincre par les armes.
Prostrés <ïe ragrpîciatiirc allemande. — Dans les luttes de la paiœ les qualités des Allemands les rendent aussi redoutables pour nous que dans celles de la guerre. Certes, leur sol est pauvre, la grande culture agricole est presque uniquement concentrée chez eux dans les vallées du Rhin et du Main cl
EUROPE
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dans la Silêsie et la Saxe royale; les plateaux subalpestres du Sud ne sont guère plus fertiles que les grandes landes du Hanovre, du Brandebourg et de la Poméranie. Néanmoins l'agriculture est de toutes parts l'objet d'un travail énergique et incessant : près de 3000 sociétés et de nombreuses écoles spéciales vulgarisent les moyens de culture perfectionnés et les principes scientifiques de l'amélioration du sol. C'est ainsi qu'en peu d'années l'industrie agricole de la betterave a atteint un degré de prospérité tel que nos sucres ne peuvent même plus lutter en France contre les sucres allemands.
•vA^ Progrrès cle l'Industrie alleina.ii<lc. — La même énergie se déploie dans l'iudustrie et le commerce. La métallurgie et le tissage des coton<i, des laines, daH soies font des progrès constants, non seulement dans les régions riebes en minerais et en houille de la Silésie et de la Saxe, mais encore, grâce au bon marcbé des transports, dans l'Allemagne tout entière. Les bassins de la Ruhr ( Essen , Barmen , Solingen , Jjxssrldorf et Cologne), de la Saxe (Chemnitz, Leipzig), de la Silésie (Breslau, Liegnitz), égalent par leur activité ceux de Saint -Étienne ou de Valenciennes. Berlin cl ISiirrmherq sont devenus des centres industriels de premier ordre; leurs produits n'ont pas à craindre sur le marché alli-m;ind la concurrence étrangère, à cause des droits très loiirds perçus à la frontière de rern[)ire, dont h's dill(;rents États ont été réunis par l'association commerciale du Zollverein , avant de l'êtic par des liens politiques. Mais en outre, grAce au Ion marché de la. maind'œuvre, l'industrie et les produits allemands engagent peu à peu la lutte sui' tous les marchés du monde avec les pro-
duits similaires de la France et de l'Angleterre. C'est à cette activité croissante du travail allemand qu'est due la prospérité de Trieste, de Gênes même, aujourd'hui reliée à l'Allemagne par le tunnel du Saint-Gothard, mais surtout de Brème et de Hambourg. Ce dernier port est le plus actif du continent; son mouvement dépasse ceux d'Anvers et de Marseille.
■vw^ Activité commerciale servie par raccroissement die la popnlatioii. — D'ailleurs une des circonstances qui favorisent le plus le commerce allemand, c'est le rapide accroissement de la population. Depuis 1870, elle s'est augmentée de 5 millions, tandis que celle de la France est restée presque stationnaire. Encore ces cinq millions ne représentent pas l'accroissement total :
V émigration annuelle est considérable.
Il y a de nombreuses colonies allemandes en Russie, en France, eu Angleterre. Par Brème et Hambourg des centaines de milliers de personnes partent tous les ans pour l'Amérique. L'esprit d'aventure et d'entreprise se développe ainsi à un haut degré chez les Allemands ; leur commerce possède à la fois une multitude d'agents instruits et habiles qui fondent partout des comptoirs et ouvrent des débouchés nouveaux, et, dans nombre de pays, une clientèle d'origine allemande qui consomme et vulgarise ses produits.
-^A^ Conclusion. — Ainsi, forte par le nombre, par le travail, par le savoir, par les armes, l'Allemagne est la nation la plus puissante et la plus cultivée de de l'Europe ; elle est en train de devenir une des plus industrieuses et des plus commerçantes. C'est à nous qui connaissons ses sentiments de nous tenir en garde contre ce redoutable voisin et de nous rendre capables de lutter contre
lui, qu'il s'agisse des batailles à main armée, ou des luttes non moins ardentes de la science, du commerce et de l'industrie
Berlin. — En 1648, Berlin n'avait que 6 000 habitants; en 1860, elle n'avait pas encore atteint SOOOi 0 âmes; elle a plus que dou>ilé en population depuis cette époque : elle dépasse f /ourd \a\ 1 200 000 âmes; elle est plus importante que Vieane et elle grossit toujours. Berlin occupe dans 1' VUemagne du Nord une position géographique exceptionnelle. Elle est placée à peu près k escale distance de l'Klbe et de l'Oder, de la mer Baltique et de la mer du Nord.
La campagne qui l'environne est triste et plate : ce ne sont que sables, marécages boueux, prairies humides où les crapauds pullulent, petites dunes, arbres chétifs et broussailles. Le sol qui la porte est en grande partie mou et fluide, et il a fallu le consolider par des pilotis. La Pprée, qui la traverse, est assez large to\it d'abord (250 mètres) ; baignée par des canaux, elle n'est plus q\i'un égout, lorsqu'e le la quitte. Cependant Berlin est une grande vilk', froide, réglée à l'équerre et au compas, mais importante par sa masse.
Les principa\ix monuments se tiennent au centre, dans l'ile (plus petite que la cité de Paris) qu'enserre la Sprée, et de chaque côté de la belle avenue des Tilleuls (Unter den Linden) qui mène de la place d» Château au Jardin zoologique (Thiergarten). Les plus remarqiiables glorifient les hommes de guerre l't les batailles. A l'entrée de l'avenue des Tilleuls, devant le palais impérial, la statue équestre de Frédéric II, entouré des héros de la guerre de Sept ans ; à l'autre extrémité de l'avenue, sur la place de Paris , la porte de Brandebourg avec une victoire de bron/e ; sur la place de l'Opéra, les statues do Schamost, Bulow, BKlcher, etc.; sur la grande place Royale, lo monument commémoratif de la guerre de 1870 (Siegessaule).
Berlin s'appelle elle-même la « ville de l'intelligence» (Intelllgenz Stadt) Par ses musées, ses théâtres, sa bibliothèque, son université, ses établissements Bcienlitiques , ses laboratoires, ses écoles spéciales, ses innombrables journaux et revues, elle est en effet la métropole intellectuelle de l'Allemagne. Les Berlinois sont positifs et froidement réfléchis, et, sans avoir ce que nous appelons do l'esprit, ils ont l'esprit mordant et caustique.
f.'industrie de Berlin est très active et presque universelle ; les usines, les fabriques, les ateliers do toute sorte forment autour des quartiers riches une ceinture noire et bourdonnante. Plus de la moitié de la population se compose d'ouvriers et, parmi eux, la misère sévit cruellement.