LA SUISSE
NOMENCLATURE PHYSIQtTE
Longitude. — Québec et sud de balihalin.
Latitude. — Gabon.
Climat. — Très variable, très froid dan? les montagnes, dur encore sur le plateau, très doux dans les vallées bien abritées du Sud.
Montagnes. — I. Alpes granitiques : Alpes Pennines (Cervin, 4 500 ni.; mont Rosa, 4 638 m. ) ; — Alpes Lépontiennes (Adula, 3 400 m.); Alpes Rhétiques (Bernina, 4000 m.).
II. A /pes calcaires : Alpes Bernoises (Jungfrau, 4 200 m.; Finster Aarhorn, 4 300 m.); — Alpes d'Uri et de Claris (Titlis, 3 200 m.; ïôdi, 3 600 m.).
TH. Alpes de Fribourg, des Quatrecantons et cl'Appenzell (Pilate, 2 100 m.; Rigi, 1800 m.; Sentis, 2500 m.).
IV. Jura fChasseral, 1600 m. ; Suchet, IGOO m.; mont Tendre I 700 m.).
Altitudes du plateau subalpestre — Lac de Genève, 375 m.; — de Neuchâtel, 435 m.; — confluent de l'Aar et du Rhin, 315 m.; — lac de Constance, 398 m.
Fleuves et lacs — Rhône. — Lac de Genève (Martigny, Lausanne, Genève).
Rhin. — Lac de Constance (Coire, Schaffouse, Bàle).
Affluents du Rhin à gauche : 1° Thur, — 2° Aar, — lacs de Brienz et de Tiiun (Berne, Soleure, Aarau).
L'Aar est grossi à droite : !° de la Limmat. lacs de Wallensladt et Zurich (Zui-ich), — 2" de la Reuss, — lac des Q uatre-canto7is (Lacevne) ; — à gauche de la Sarine (Fribourg) et de la Zilil, lacs deNeuchdtclet deBienne (Neuchâtel .
(LeDoubs et le Tessin, — btc Mnjeur (Bellinzona), ont une partie de leur cours en Suisse.)
NOMENCLATURE POLITIQUE
Superficie. — 41 390 kil. car. (France : 529 000).
Les terres habitables ne sont pas évaluées à plus de 26 000 kil. car.
Population. — Près de 3 mil) ions d'hab. (France : 38 millions); 69 hab. par kil. c. (France : 71).
La population de la Suisse est nombreuse si l'on tient compte de ce fait qu'une grande partie du pays (glaciers, parties élevées des Alpes, du Jura) est inhabitable.
Divisions politiques. — La Suisse comprend 22 cantons confédérés.
Budgets de la Confédération et des cantons réunis. — 60 millions. (France : 3 milliards et demi : — Paris : 440 millions)
Dette. — 40 millions. (France : 20 milliards.)
Armée fédérale. — 200 000 hommes. (Fr. : 1800 000 hommes.)
Villes importantes. — Zurich (76 hab.
avec les faubourgs) sur le lac du même nom, la ville la plus peuplée et la plus industrielle de la Suisse (soieries, construction de machines) ; — Genève (70), sur le lac du même nom, \ille industrielle [horlogerie, soieries) ;
GÉOGaAPHlJl OÉNÉKALE.
— Bàle (60), sur le Rhin, ville industrielle [soie) et commerçante; — Berne (40), capitale de la Confédération.
On peut citer encore : La Cliaux-de-Fonds (horlogerie) , — Saint-Gall , — Lucerne, — Neuchâtel'
— Fribourg (fig. 7b).
Fig.75. — Pont de Fribourg.
Religion dominante. — Les 6/10 de la po[)uhUion appartiennent à la religion protestante, 4/10 à la religion catholique.
Langue dominante. —2/3 de la population parlent allemand ; 1/3 parle surtout le français.
NOMENCLATURE ÉCONOMIQUE
Commerce extérieur. —1 milliard (France:
10 milliards).
Commerce avec la France. — 350 millions.
Chemins de fer. — 3 000 kil. (France : 32000).
Quoique le commerce de transit figure pour une bonne part dans le chiffre du commerce de la Suisse, le montant des échanges est relativement très considérable, si l'on considère les difficultés des voies de communication et l'absence de ports. — Le commerce de l'horlogerie, des iûieries, des fromages est très important.
Petitesse et finpot>ta,ncc politicfue de la, Sitisse. — Au milieu de l'Europe, entre la France, l'Italie, l'Autriche et l'Allemagne, ua loul petit
État, la Suisse, occupe une place importante parmi les nations civilisées.
Adossée aux Alpes, elle se développe dans les vallées supérieures du Rhône et du Rhin et possède, de l'autre côté des monts, les hautes vallées dë Yinn et du Tessin. Ses populations appartiennent ainsi aux trois langues française , allemande et italienne, mais elles se trouvent fortement unies par ce fait qu'elles sont maîtresses des principales routes alpestres.
Dans ces montagnes, faciles à défendre, les premiers cantons suisses se liguèrent pour assurer leur indépendance. Là se formèrent des soldats redoutables, qui, au seizième siècle, vendirent leurs services à tous les princes du voisinage.
En 1615, le congrès de Vienne déclara l'existence de la Suisse nécessaire pour isoler les uns des autres les principaux États de l'Europe : on eg fit un État neutre, et on lui donna de bonnes frontières : le Jura et le Rhin.
■^^^ Imitoftance comniei*cia.lc de la. Suisse. — Barrière pendant la guerre, la Suisse est un trait d'union pendant la paix.
Les deux points extrêmes à unir sont l'extrême Orient et l'Angleterre, centre du commerce universel; entre l'Italie, chemin de l'extrême Orient, et les ports français, belges, hollandais et allemands, qui mènent en Angleterre, il n'y a pas de route directe et rapide qui ne passe à travers la Suisse. Le percement du Saint- Gothard lui a déjà profité. Celui du Siniplon ou du mont Blanc ne lui profitera pas moins. Enfin, depuis que l'Autriclie a terminé le chemin de fer de l'Arlber(j, elle est sur la route directe de Vienne aux porls français de l'Atlantiaue. 11 faut ajouter à cela que ses montagnes (Jungfrau, Rigi, Cervin), sea lacs innomb/a-
bles, ses profondes vallées (Valais, Engadine, etc.), avec leurs admirables glaciers, y attirent des touristes de tous les coins de l'Europe; elle est, avec l'Italie, le pays le plus visité du monde, et c'est pour elle une source de revenus importants
v^-^ Développement intérieur fie la. Suisse. — Le régime politique de la Suisse est digne de servir d'exemple à la plupart des peuples. Des vieilles constitutions féodales qui avaient régi au moyen âge les premiers cantons helvétiques, elle a tiré la plus grande somme d'aisance et de liberté possible.
Rien ne gêne dans la confédération actuelle, ni l'indépendance des États, ni celle des individus. Nulle part l'instruction à tous ses degrés, qui rend les nations sages, n'est plus développée. Nulle part, malgré la diversité des races et des langues (français, allemand, italien), le patriotisme n'est plus vivace.
Privée de fer et de houille, réduite à la récolte de quelques céréales et aux pâturages dont elle nourrit ses troupeaux, elle a, par sa persévérance éclairée et grâce au libéralisme de ses tarifs douaniers, créé chez elle des districts industriels de premier ordre : Genève et le Jura sont célèbres pour l'horlogerie ; Zurich, Bdle et Winterthur constrtiisent des machines et tissent le coton et la soie.
Conclusion. — C'est une merveille économique qu'un pays sans côtes, presque tout entier couvert de montagnes improductives, peuplé de moins de 3 millions d'habitants, et où aucune ville ne dépasse le chiffre de 80 000 âmes, fasse avec l'étranger un commerce de plus de 1 milliard.
La Suisse est un exemple vivant de la force créatrice que possèdent, dans le commerce et l'industrie, le libre-échange et le travail; dans la politique intérieure la liberté elY instruction; danslapolitique extérieure l'absence du militarisme, qui pèse d'un poids si lourd sur tous les grands États'.
Le passage du Saint-Gothard. — L'idée de percer le Saint-Gothard a pris corps à Berne en 1869. La France demandait la préférence pour le tunnel du Simplon. Après la guerre de 18T0, M. de Bismarck s'empara personnellement du projet et le fit aboutir.
Cette nouvelle voie commerciale, qui unit l'Allemagne à l'Italie, le Rhin à la Méditerranée, Hambourg à Gênes, a donc été ouverte malgré nous et contre nous. Elle a été faite en dix ans (187 -1882). La vitesse y est médiocre : elle a des pentes très raides, des rampiîs de très pelit rayon et 60 tunnels. Continuant la voie ferrée qui vient de Zurich, elle part d'Immensoe, sur le lac de Zuf;, le Rigi, contourne à l'est, longe la ïjranclio méridionale du lac des Qualre-Gantons, remonte la vallée de la Reuss, franchit le Saint-Gothard par un tunnel de près de 15 kilomètres, entre Goschenen et Airolo, où elle aboutit à la vallée du Tes.sin, puis par Bellinzona, Lugano,Chiassio (sur la frontière italienni:)etGoni(', elle atteint Milan. D'Immensoe à Gliiasso, elle a 272 kilomètres. Elle a coijté 2.38 millions.
I. Il y a une armcc hulueiigue, mais elle n'est pas permanente. Tous les citoyens valides doivent le service rail'taire en cas de guerre; en temps de paix, ce aetrice ne dure que quelques jours par an.
EUROPE