‹ Géographie génerale. Relief du sol, hydrographie, voies de communication, agriculture, industrie, commerce, statistique ... avec index alphabétique contenant 4125 noms geographiquesChapitre 180 sur 339 · ESPAGNE ET PORTUGAL · texte numérisé non relu

ESPAGNE ET PORTUGAL

COLONIES ESPAGNOLES- — Echelle : l : 25 000 000.

EUROPE

État miscralile de I*asri*Icalture en Espagriie. — Malheureusement ces qualités sont compensées par des défauts qui font de l'Espagne un des pays les plus amérés de l'Europe. Chez les classes supérieures, la culture intellectuelle est moins développée que dans la plupart des autres contrées protestantes ou catholiques ; la plus profonde ignorance règne parmi les masses.

L'abondance des richesses que l'exploitation du Térou et du Mexique a apportées en Espagne du seizième au dix-neuvième siècle , a , pendant cette longue période, encouragé l'indolence naturelle des habitants qui est un elfet du climat. Ces sources de revenus ont été perdues avec les colonies, et l'agriculture se trouve dans un état bien inférieur à celui où l'avaient laissée les conquérants arabes : il y a même de véritables déserts connus sous le nom de despoblados. L'élevage des moutons dont les troupeaux transhumants ont contribué, pour une grande part, à ruiner la cidlure des céréales, est à son tour tombé dans une profonde décadence, et de tous les pays de l'Europe, l'Espagne est peut-être aujourd'hui celui qui nourrit le moins de mérinos.

Les richesses minérales de l'Espagrne. — 11 en a été de ses richesses minérales comme de ses richesses agricoles. L'Espagne fut dans l'antiquité le Pérou et le Mexique du monde méditerranéen ; Phéniciens, Grecs, Carthaginois, Romains exploitèrent tour à tour son or, son argent, son fer, son cuivre, son plomb, son mercure. Si les capitaux français, anglais et allemands ne venaient pas dans la péninsule réveiller l'industrie minière, elle aurait complètement disparu du pays, là môme où les traces de l'exploitation des anciens sont le plus apparentes.

L'avenir «le l'IBspagrne. — Cependant sous l'impulsion étrangère, le travail national à repris depuis vingt ans quelque énergie. Les dévastations du phylloxéra en France ont aussi favorisé beaucoup les progrès de la viticulture esjjagnole, quoique le fléau s'y soit aussi attaqué. Mais il faudra encore de longs efforts pour regagner dans tons les sens le terrain perdu depuis trois siècles, et ces clforts ne sauraient aboutir, si le pays ne jouit enfin de la stabilité politi(]ue qui lui a manqué plus encore qu'à la France, depuis le commencement de ce siècle.

Quant aux colonies qui restent à l'Espagne, la belle île de Cuba ot les l'Idlippines, si la politique de la méliopole continue d'être à leur égard une f>olitiqiie d'exploitation et non de liberté, il est à craindre ({u'clles ne cherclu-'ut à se rendre indépendantes comme l'ont fait, au commencement du siècle, leurs so'urs d'Amérique. Cuba surtout a déjà été ti ou-

bléeparde nombreuses révoltes et se Fent attirée de plus en plus vers le grand centre économique des iilats-Unis.

^A^. L<e Portugal. — Seuls les Portugais ont continué a former dans la pé ninsule ibérique un peuple à part : leur isolement tient surtout à une différence de situation et de climat.

Tourné vers l'ouest, soumis aux vents de l'Atlantique qui lui portent la pluie, le Portugal forme une zone particulièrement arrosée et tempérée, où la nonchalance, générale chez les Espagnols, a fait place à l'activité soutenue et à l'équilibre. Avant que les Espagnols n'eussent aidé Colomb à découvrir l'Amérique, les Portugais avaient franchi avec Gama le cap de Bonne-Espérance, et fondé sur les côtes de Vlnde et de l'Afrique, un grand empire colonial.

En Amérique, le Brésil, le seul des États latins que n'aient pas bouleversé des révolutions périodiques, est un État d'origine portugaise.

Il ne reste aujourd'hui au Portugal que des débris de son ancienne puissance. Les plus importants sont ses établissements côtiers de l'Afrique méridionale qui tiennent l'embouchure du Congo et du Zambèze. Mais dans l'intérieur même du continent, il s'est laissé dépasser par la France, la Belgique et l'Angleterre.

La Sierra Nevada (montagne npipjense) forme entre Grenade et Almeria, un massif isolé de 80 kilomètres de long sur 40 de large. D'innombrables ruisseaux alimentés par les pl\iies en hiver et souvent par la fonte des neiges en été, ont modelé ses flancs ; ils entretiennent a ses pieds, sur le versant nord-ouest, dans la Véga de Grenade, une fraichenr et une verdure admirables, qui encadrent la ville merveilleuse, comme l'appellent les Espagnols. Ceux qui descendent au noid, ne prenant pas leurs sources dans les hauteurs des neiges persistantes, tarissent au contraire chaque été et laissent alors dépourvue d'eau la morne plaine de Guadiz, balayée par un vent glacial eu hiver et brûlant en été. De ce côté, la montagne déchirée et ravinée, offre des teintes rougeàtres superbes dans sa nudité désolée. Il semble qu'elle ait inspiré plusieurs des tableaux étranges de Gustave Dorë. Au sud, la région fameuse des Alpujarras, est formée par deux bassins en forme de cuvette qui ne communiquent avec la route du pays que par deux cluses étroites aboutissant à la Méditerranée, l'une à Adra et l'autre à Motril. Près de ce dernier défilé s'élève la montagne connue sous le nom de Suxpi-ro delMoro (soupir du Maure', d'où Boabdil. le dernier roi musulman d'Kspagne, put jeter les yeux une dernière foi> sur sa ville de Grenade et sur son palais do l'Alham bra, dont il abandonnait pour toujours les frais ombrages, les eaux limpides et murmurantes, les galeries exquises de grâce et de légèreté. Les Alpujarras forment comme une citadelle imprc^nable ; c'est li que les Arabes se défendirent contre les Chrétii;ns longtemps après la soumission du reste du pays. Les champs sont encore aujourd'hiii bien arrosés et les villages nombreux. On y respire en hiver un air toujours tiède.

Pour bien voir la Sierra Nevada, il faut monter au sommet du Pic/inro di: la Veictu (3 tTO'"), inférieur de peu d(î mètres au |)ic voisin de Muliiat'eii '3 liSi™). le géant do touti;s les chaînes ibériqui'S. Les champs de neige étincelant.s, la mer dont l'azur profond se confond avec celui ilii ciel, les tons violents des rocs calcinés par h; soleil, les tapis do vi'rdure ()|iu- Icnt" taches de blanc par I 'S villiges, l'onnent un panorama grandiose et saisissant.

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