Zouave. 21. Gendarma
Les races de l'Europc4
Les races disparues. — Parmi les anciennes races historiques de l'Europe, les Phéniciens, les Ibères, les Ligures, dont nous parlent les auteurs anciens semblent avoir disparu noyés parmi des envahisseurs plus récents. J^es Celtes, dont on retrouve les traces en Asie Mineure et le long du Danube, et qui ont peuplé la Gaule, ont été refoulés dans Textrênie Occident, VEcosse, Ylrlande, le pays de Galles, la Bretagne fr ançaise, où ils ont réussi à conserver leurs traits propres, leur costume et leurs langues. Une autre race, dont on ne connaît ni le berceau ni la parenté, la race Basque, se trouve isolée au milieu des Pyrénées, dans les pays Navarrais; elle ne compte pas plus de 600 000 personnes.
INDO-EUROPÉENS. — Les races qui dominent aujourd'hui dans l'Europe sont les races indo-européennes. Elles parlent des langues dont la communauté d'origine est démontrée.
Les Grecs ont couvert de leurs colonies toutes les rives et les îles de V Archipel : leur population très dense a subsisté malgré les invasions et les vicissitudes politiques, et compte aujour-d'hui plus de 2 millions de représentants : \eplus grand nombre habite le royaume de Grèce indépendant depuis plus de 50 ans le reste est disséminé dans les îles et sur le côtes de l'empire ottoman.
Les Latins. — Itome, ajirès avoir conquis l'Italie, italianisa la Gaule et VEspagne, et les modifia si profondément que, malgré les invasions germaniques et arabes, les peuples Portugais, Français, Italien et Espagnol sont de race latine, par la parenté de la langue, la
1. A moins qiio les Basques ne soijul los descendants des Ibères.
communauté des tendances politiques vers la démocratie, l'unité de religion et une toicrnure d'esprit particulière.
Les peuples de race latine, auxquels il faut joindre les Roumains (issus de colonies romaines en Dacie), comptent près de 98 millions d'individus.
Les Germains. — Envahisseurs de l'empire romain au cinquième siècle, les Germains furent organisés par Charlemagne; ils ont peuplé en partie l'Angleterre et les pays Scandinaves.
Aujourd'hui, leur masse principale s'étend du Rhin à la Vistule et de la mer du Nord à la Saxe. Ennemis à la fois des races latines qui sont leurs voisines de l'Ouest et des Slaves qu'ils ont fait rétrograder à l'Est, ils ont, après de longues divisions, réussi à se réunir presque tous en un seul empire militaire où la Prusse (d'origine slave) est )/répondérante.
L'ensemble des Germains, y compris les Anglo-Saxons des îles Britanniques, et les peuples Scandinaves, très différents des Allemands proprement dits, se compose d'environ 90 millions d'individus, dont 52 dans l'empire d'Allemagne et l'Autriche allemande.
Les Slaves. — La race slave occupe tout l'orient européen : — Les Russes se sont répandus dans la vaste plaine moscovite; — Les Polonais ont été en lutte avec les Germains, sur l'Elbe et l'Oder; — Les Tchèques ont pénétré dans le quadrilatère Bohémien ouvert du côté du Sud; — Les SZo!;è?ies (Croates, lllyricns) se sont enfoncés dans les grandes vallées alpestres de la Muhr, de la Drave et de la Save; — Les Serbes et les Bulgares ont peuplé presque toute la péninsule des Balkans.
A l'Est d'une ligne qui irait de Konigsherg à Tricste, il n'y a guère dans l'Europe que des Slaves, les uns disséminés dans l'einpii'e Austro-Hongrois, les autres groupés autour du grand empire Russe. Eux aussi atteignent près do 90 millions.
MONGOLS. Les Magyars. — Au milieu des peuples d'origine indo-germanique, se trouve isolé en Europe un groupe de populations mongoles ou touraniennes parentes de celles qui habitent l'Asie orientale. Les Huns, qui au cinquième siècle ont ravagé l'Europe, les Avares, châtiés plus tard par Charlemagne, mais surtout les Magyars ont formé le peuple Hongrois, qui compte 6 millions d'âmes. Solidement établi dans la grande plaine de la Theiss, il a conservé son indépendance, sa langue, sa conscience historique et il a absorbé peu à peu les populations qui l'environnent.
D'autres peuples Mongoliques sont les La pons en Suède et Norvège, et les Finlandais en Russie, enfin les Turcs.
Les Turcs- — Venus d'Asie au quinzième siècle, les Turcs ont conquis, sans la peupler réellement, toute la péninsule des Balkans : ils ne sont pas plus de 2 à 3 millions, et leur empire leur échappe tous les jours par lambeaux.
SÉMITES. Les Juifs. — Parmi les masses compactes indo-eui'opéennes et mongoles, se trouvent disséminés des représentants de la race sémitique à laquelle appartiennent les Arabes. Ce sont les Juifs. Dispersés depuis la ruine de leur temple par Titus, persécutés partout pendant le moyen âge, ils ont, à force d'énergie et de persévérance, réussi à sauvegarder leur race, et ont même concentré entre leurs mains une grande partie de la riche-ise mobilière du monde. Ils sont au nombre de 4 millions environ. En France, la Révolution les a assimilés au reste des citoyens; en Angleterre, quelques-uns se sont élevés aux situations les plus hautes; ils sont tenus à l'écart par les catholiques d'Espagne et d'Italie, persécutés en Allemagne et en Russie. Ce mouvement d'hostilité dirigé conti'c les Juifs se nomme Vanti-scmiUsme. Il a été particulicrenuint violent en Roumanie