L.a (fiici^tion d'Orient
I,,) décadence do l'empire turc causée sur- Iniil par le despotisme et les vices d'une administration sans contrôle, éveille dejiuis longtemps l'inquiétude ou l'ambition des l'état s cui-opéens.
La Russie, tenue naguère en respect par la France et l'Angleterre, voudrait s'ouvrir par la conquôli; de Constant ino]))e, les poilos do la Môdilorranéo ; la Roumanie, la i!iilg;nio ol la Rouméiie l'en sépa-
rent actuellement, et sont placées par le traité de Berlin sous l'intluence d'une nouvelle grjYOîcie puissance orientale, l'Autriche, maîtresse de la route de Salonique.
Mais la Turquie n'est pas menacée seulement par ses puissants voisins. Les populations albanaises, slaves ou grecques, encore sujettes (Macédoine, Thrace, Albanie), supportent impatiemment le joug du Sultan et de ses pachas.
Lies petits Etats slaves des Ballcans. — Quant aux petits États formés des débris de l'empire turc, les convoitises et les rivalités des grands empires voisins ne leur promettent pas un développement bien régulier ni bien paisible. Serbes et Monténégrins resteront longtemps encore en majeure partie
Fig. 8 2. — Vuo d'Athènes,
des peuples de pasteurs armés, que l'Autriche empêchera de s'unir, malgré la communauté de leur sang. En 1885, la Russie et l'Autriche ont fort mal accueilli la révolution inopinée cpii a annexé la Rouméiie orientale à la Bulgarie indépendante et les Bulgares unis n'ont pas eu de pires adversaires que leurs voisins et frères, les Serbes.
vw\. Lia Roumanie. — La Roumanie n'a pas été plus favorisée : non seulement elle ne peut espérer que d'un bouleversement improbable de la carte d'Europe, l'acquisition des pays transylvaniens peuplés en majorité par des Roumains, mais encore, après avoir été l'alliée de la Russie contre les Turcs en 1876, elle a dû leur céder la riche Bessarabie peuplée de Roumains, en échange de la Dobroutcha stérile et peuplée de Turcs. Ainsi triomphe ou succombe le principe des nationalités selon qu'il est invoqué par des forts ou par des faibles.
D'autre part la possession du cours inférieur du Danube met la Roumanie dans une dépendance étroite de l'Autriche. Pourtant la richesse qu'elle tire de ses céi'éales, la cohésion do sa race, son degré de culture la rendent plus respectable que les Ktats slaves, encore réduits à l'état demi-baibare.
------^ L<a Grèce. — De tous les petits
Etats des Balkans le plus puissant, celui dont l'avenir paraît le plus assuré est la Grèce. D'abord sa situation à l'extrémité méridionale de la péninsule l'affranchit de la servitude des grandes puissances. Son sol n'est point fertile en céréales, mais il se prête très bien à la culture de la vigne et de ïolivier; ses richesses minérales (marbre, plomb, etc), seront exploitées le jour où des chemins de fer traverseront les grands massifs montagneux.
Mais ce qui fait surtout de la Grèce un pays d'avenir, c'est le grand développement de sa marine marchande. Comme les républiques de là Grèce ancienne elle est avant tout un État maritime; de tous c'est le plus voisin de l'Orient; elle est aux portes de Suez; quand l'isthme de Corinthe sera percé, le Pirée sera une escale de la route d'Alexandrie à Brindisi et pourra détourner par là une partie du transit sur lequel l'Autriche compte pour Salonique, s'il ne supplante pas à la fois Salonique et Brindisi.
Et cette puissance maritime n'est pas fondée seulement sur les Grecs de la Grèce; elle tient aussi et surtout aux nombreuses colonies de Grecs disséminés dans tous les grands ports de l'archipel, à Alexandrie, à Trieste, à Marseille, à Constantinople. Toutes sont étroitement unies avec la mère patrie, et leurs relations entre elles forment un des éléments les plus importants du commerce méditerranéen.
■-^■■^ L'empire tïirc. — Les mêmes raisons qui s'opposent à l'expansion des Slaves et des Roumains, militent en faveur de l'empire vermoulu des Ottomans.
Accablé de dettes, pinvé de la Bosnie qu'occupe l'Autriche, de la Rouméiie orientale unie à la Bulgarie, maître à demi de la Crète qui est presque autonome, il se trouve acculé peu à peu aux rives de la mer de Marmara. Les rivalités des États européens font en réalité de sa capitale Constantinople une sorte de terrain neutre. En Afrique, sa vassale VÉgyptc est occupée par les Anglais; il a eu vain revendiqué la suprématie de Tunis; Tripoli seul lui rend encore hommage. En Asie, Chypre est occupée par les Anglais qui ont aussi reçu le protectorat virtuel de l'Asie Mineure; les Arabes de Syrie et d'Arabie s'agitent pour secouer la domination religieuse et politique des Turcs. Tout cet assemblage de pièces disparates et usées ne subsiste que parce que les glandes puissances reculent devant les guerres dont leur disjonction et leur partage donneraient certainement le signal. Si les Turcs sont rojelés en Asie, les États du Danube et des Balkans unis à la Grèce pourraient s'organiser en confédération, mais il est à craindre qu'ils ne puissent s'entendre.
L'EiMPIRE OTTOMAN.
Constantinople. — Capitale ries Romains, puis d'!S Byzantins, aujourd'hui des Turcs, demain peutêtre des Russes, rendez-vous de toutes les races, Constantinople est la clé de la mer Noire, la vraie porte de l'Europe sur l'Orient. Elle s'étend sur la côte occidentale du Bosphore, au débouché de ce fleuve maritime dans la mer de Marmara.
Sa masse principale, l'ancienne Byzance, que les Turcs appellent S((ra6o!(?, occupe la presqu'ile triangulaire détachée du continent par l'estuaire de la Corne d'or. Elle est bâtie en amphithéâtre sur sept collines et elle a 15 kilomètres de tour. A la pointe extrême, en face de la côte asiatique et du soleil levant, se dressent le Sérail, résidence du Sultan et
l'Églis'! byzantine de SIe-Snphip qui est aujourd'hui une mosquée. Derrière ce premier plan merveilleux les sept collines que la grande cité couvre de ses maisons pittoresques, les minarets, flèches élancées, les coupoles, les massifs de verdure, la forêt des mâts de navires qui peuplent le port, le profil lointain des montagnes, l'éclat des eaux et des cieus. forment un tableau enchanteur.
Au nord de la presqu'ile sont les palais des vieilles familles grecques groupées autour du PJtanar, sanctuaire et université centrale du monde hellénique. Au sud s'étend le quartier des Arméniens qui sont plus de 200 000. De l'autre côté du port, les « Francs » ou Européens occupent le quartier de Péra. Sur la
rive asiatique s'élève une autre ville, ScHfarit^\a. ville d'or ", (ancienne Chrysopolis), avec son cimetière ombragé d'admirables cyprès. De cl:aq\ie côté de la mer de Marmara, en Europe au delà des Sept- Tours, en Asie au delà de Kadi-Keni (ancienne Ghalcédoine), vers le golfe de Nicomédie dont h'S charmantes îles des Princes marquent l'entréi". s'étendent des faubourgs industriels, conquête et création de l'activité occidentale. Au nord enfin sur une longueur do 30 kilomètres, le Bosphore n'est qu'une grande avenue bordée de palais, de parcs et de villas. I^es résidences d'été des Ambassades son', groupées à Terapia (France, Italie, Angleterre) et à S»î/HA-Z?«'e' (Allemagne, Grèce, R\issie).
EUROPE
Fig. 83. Types français.
1. Pêcheur. 2, 3. Normands, i, 5. Bretons. 6, 7. Alsaciens. 8. Paysan 9, 10. Maconnaises. 12. Béarnais. 14. Hussard. 16. Cuirassier. 19. Génie.
du Centre. 11. Bourbonnaise. 13. Marin. 15. Dragon. 17. Infanterie. 20. Artillerie.