‹ Géographie génerale. Relief du sol, hydrographie, voies de communication, agriculture, industrie, commerce, statistique ... avec index alphabétique contenant 4125 noms geographiquesChapitre 197 sur 339 · PLATEAU CENTRAL DE L'ASIE · texte numérisé non relu

PLATEAU CENTRAL DE L'ASIE

L'absence de roules naturelles interdit encore aujourd'hui aux Chinois l'accès direct du golfe du Ben^'ale, et empêche les Anglais d'attirer à Calcutta le commerce des régions fécondes de la Chine méridionale.

Ce même plateau central contribue au contraire à établir des relations commerciales régulières entre l'Inde et l'Afrique. Fortement chauffé pendant l'été de l'hémisphère Nord, il aspire, comme un foyer d'appel, les vents de la mer des Indes; ensuite, le plateau de l'Afrique situé dans l'hémisphère Sud jouit à son tour de l'été et renverse la direction du vent. De là cette double mousson qui porte alternativement les navigateurs de r.nde à l'Afrique et de l'Afrique à l'Inde. De là l'établissement sur toutes ces côl es et dès le moyen âge de commerçants arabes, dont les sultans de Mascale et de Zanzibar sont les derniers souverains. Déchus aujourd'hui,

ils tinrent entre leurs mains tout le trafic de la mer des Indes, jusqu'au jour où les Portugais, doublant le cap de Bonne- Espérance, ouvrirent à l'Europe la route de l'Inde, qui passe maintenant par Suez, et dont les Anglais s'efforcent de rester les maîtres.

L'exploration du Tibet. — Le Tibet est encore aujourd'hui l'un des pays les moins connus de la terre. Nous ne savons pas quelles sont les sources du Mé kong, du Salouen et de l'Irraouady. comment le Dzang-Po va rejoindre le Brahmapoutre, quelle est la configuration de l'immense plateau qui s'étend du cours du Dzang-Po à la chaîne du lioueu-Lun, quelle est la direction précise, quelle est l'altitude de cette chaîne. L'organisation sociale et politique du pays n'est guère moins obscure pour nous. On pourrait écrire un gros livre sur tout ce que nous ignorons des choses du Tibet. Cette ignorance n'est pourtant pas volontaire : de grands efforts ont été tentés pour explorer ce mystérieux pays ; mais les Chinois, ses suzerains gardent ses frontières avec une vigilance de plus en plus jalouse et eu écarteiit brutalement les indiscrets, quels qu'ils soient, négociants, explorateurs ou savants.

I La Chine, heureusement, n'a pas toujours été ' aussi ombrageuse et, à plusieurs reprises, dans les siècles précédents, des missionnaires ont pu par- I courir le pays : au XIV° siècle, un moine italien ;

au XVII", un missionnaire portugais, puis des ! jésuites au XVIIIS d'autres encore. Les capucins ' avaient même fondé une mission à Lhassa. Les cartes actuelles de la majeure partie du Tibet ne sont que la reproduction de celle qu'avaient dressée deux lamas élèves des Jésuites. Nos connaissances générales sur le pays datent également du siècle dernier. En 1174, peu s'en fallut que l'anglais Boyle, envoyé par Warren Hastings, ne parvint à nouer des relations commerciales avec l'empire du Grand Lama. Il mourut avant d'avoir réussi. De nos jours, c'est au prix des plus grandes difdcultés que les frères Sclilagintweit ont franchi l'extrémité occidentale du Kouen-Lun, que le russe Prjévalski a visité la frontière du nord-est, que l'abbé Desgodins elles missionnaires français ont parcouru la régio"' sud-orientale, que des pandits ou explorateurs indigènes envoyés secrètement par le service géographique de l'Inde anglaise ont traversé à maintes reprises les vallées voisines de l'Himalaya. Le cœur du Tibet, la majeure partie de cet étrange royaume théocratique nous reste toujours inconnue.

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