III. Arménie persane. — Province d'Aderbaidjan
Superficie. — 2 000 kil. car.
Population. - 1 .500 000 hab.
Ville principale. — Tauris (100), près du lui; Ourmia, un (li's plus «rands entrepôts corrimeiciaux de l'Orient.
IV. Ilelii/ion arménienne. — Au point do vue leligieux, lesArméniens forment une socle rkrélienne, dont le cliel' suprême, le Catlioliros, réside au couvent d'Eehmiadzin, dans l'Arménie russe.
lini»ui'ta.iice tic la régrion coiniirisc ciiti*c la. inui* ;\oire et la mer Caspienne. —
La région du Caucase et de rArinénie forme une sorte d'isthme entre la mer Noire et la mer Caspienne.
Par sa situation, ccl islhme a une grande importance. Le Caucase marque la limite entre les steppes européens du Nord, et les plateaux asiatiques du Sud. L'.Arménie relie le plateau de 17?Y«i à celui de l'Asie Mineure.
L'isthme entier, traversé par la route terrestre de la Caspienne à la mer Noire, domine en outre la partie de l'Asie qui e.:t le carrefour oii convergent cinq golfes étroits et profonds, routes naturelles oll'ertes aux hommes : la mer Noire, la Méditerranée, la mer Rnige, le golfe Persique et la Caspienne, rapprochant ainsi rextrcme Orient et rextrcme Occident, les steppes russes et sibériens de l'Inde et de l'Afrique.
Des routes terrestres prolongeant les voies maritimes se sont établies entre ces golfes, comme entre les divers bassins d'un même port, et presque toutes ces routes se croisent dans l'Arménie.
Relief de l'Arménie. — La région arménienne est rcmarquablepar l'irrégularité de SOI) relief : elle a été remaniée et bouleversée par des volcans dont l'Ararat est le point culminant, et dont témoignent aussi les lacs volcaniques de Van et Gotkcha.
Elle renferme des plaines élevées et bien arrosées, comme celles d'Erzeroum, près des sources de l'Euphrate, et d'Erivan sur l'Aras.
Les hautes vallées dont les rivières divergent vers les mers environnantes rendent l'Arménie facilement pénélrable.
D'une manière générale, il y aune élévation croissante depuis les chaînes qui liordent immédiatement la plaine de la Mésopotamie et le cours duTigrejusqu'aux massifs riches en lacs que limite au Nord la Koura, el oîi VAlageuss dépasse 4000 m.
Rég-ioii intermédiaire entre l'Arménie et le Caucase. — Entre les pentes méridionales du Caucase et le revers septentrional de l'Arménie, s'étend de la mer Noire à la Caspienne une grande route naturelle dont le seuil le plus élevé n'atteint pas 800 mètres. Toutes proportions gardées, la dépression occupée entre les deux massifs par la verdoyante vallée du Rion et par les steppes de la Koura, n'est pas moins continue que celle de la Garonne et de l'Aude entre les Pyrénées et le Massif central français.
^^^^ L<e Caucase. — Le Caucase forme une baiiiére ininterrompue entre les step|)(is (!n)'0|)éens et l'ossature montagneuse de l'Asic!. C'est une autre chaîne des l'yrénées deux fois pins longue et beaucoiqi [ilus haute.
De la liresqu'ile de Taman sur la mer d'Azov à celle d'ApcIiéron ou de Bahou sur
la Caspienne, il n'y a véritablement qu'un passage, l'étroit défilé de JJariel, que franchit la route de Vladikavkas h Tiflis.
Comme les Pyrénées, le Caucase s'abaisse lentement vers l'Ouest, tout en serrant de très près le rivage inondé de pluie de l'antique Colchide, et il présente à l'Est un vaste épanouissement qui ne laisse qu'un étroit passage le long de la Caspienne ; comme elles, il porte ses neiges et ses glaciers presque inaccessibles dans sa partie centrale la plus voisine de l'Ouest; comme elles, il est accompagné de chaînons parcdlèles parfois plus élevés que la crête principale, si bien que l'Elbrouz (.ï 560) et le Kasbek (o 040) ne sont pas plus sur la ligne de faite que le Pic du Midi ou la Maladetta; comme elles enfin, il s'abaisse brusquement vers le Sud, tandis qu'au Nord il se prolonge par les croupes montueuses de la Kabarda.
Importance des possessions russes du Caucase. — Le Caucase se dresse comme une barrièi-e entre les tribus nomades des steppes européens et les montagnes habitables de l'Asie, où des empires stables se flxèicnt dès la plus haute antiquité.
En occupant le massif du Caucase la Russie est devenue une puissance asiatique bien plus encore qu'en s'étendant en Sibérie.
La possession de la dépression de Bakou à Poti, lui assure l'un des chemins les plus anciens qui aient uni l'exliême Orient aux pays méditerranéens. La conquête récente de Batoum sur la mer Noire l'a rapprochée de la voie qui mène du golfe Persique à la mer Noire, de Bassorah à Trébizonde, en passant par Diarbékir et Erzeroum.
En occupant l'Arménie au Nord de l'Ara.s, elle menace la route de Tauris au golfe d'Oman, et même celle d'Alvxandrclle à Bass .ruh; elle se rapproche de l'Inde.
C'est ainsi que de Tillis elle se mêle l'orcément à toutes les questions p()!ti(pies et commerciales de l'Asie occidentale.
La route de Tiflis à Vladikavkas (Délilé de Dariel). — La route de Tiilis à Vladikavkas traverse le Caucase. Elle a 277 kilomètres partagés en treize s<a":irts, stations de poste ou d'hôtelleries. Le voyage dure deux jours.
En partant de Tillis, après avoir franclii la Koura, on commence à gravir le mas.sil'par do hclles vallées, au milieu des liois, des pàturagi«, des riants villages, des rocs pittoresques couronnés d'aouls (petits forts). Le milieu de la route est à Mlci, coquettement cam[ié au bord d'un torrent dans un cirque de murailles verticales. Ou monte alors en zigzag à Touduuur sur un plateau couvert de rhododendrons violets, puis dans les pftturages aux camomilles blanches, aux gentianes jaunes, jusqu'au faite un et désolé haut de 1 977 pieds que la routes franchit ;\ son point culminant. La d^simte est verliginensi\ Au-dc!ssus des roclies sumbrcs l't perpendiculaires, le Kasiiek élève sa cime éhlouissante do muge A ICIiiO pieds. Le Terek écume au fond do son lit tortueux, qui forme bii'utùl l'étroit délilé du Daritl. Il a fallu tailler dans le roc vif presque toute cette partie do la route. Le site est elfi'ayant et colossal. Kulln, la vallée s'ouvre, les nuintagnes s'écartont, on arrive en pays plat, à 'WladiKavkaa.