ÉTATS MUSULMANS VASSAUX DE LA RUSSIE
1° Khanat de Khiva.
Superficie. — 60 000 kil. car.
Population. — 700 000 hab.
Ville principale. — Khiva (20) dans une belle oasis de l'Amou-Daria; grandes écoles musulmanes.
2° Khanat de Boukhara.
Superficie. — 240 000 kil. car.
Population. — 2200 000 hab.
Ville principale. — Boukhara (80), grande étape des caravanes de l'Inde, ville savante et sacrée.
■^■-^ LàO. Caspienne et la régrSon improprement nommée A.sie centrale. — On appelle généralement,
mais à tort, Asie centrale la dépression située au sud de l'Oural et de la Sibérie.
Le fond en est occupé par la mer Caspienne, dont les eaux sont à 26 mètres audessous du niveau de la mer Noire, et du niveau général des mers.
A 48 mètres, au contraire, au-dessus de ce niveau, la mer d'Aral s'étend à l'Est de la Caspienne dont elle est séparée par le plateau de X Oust Ourt.
Elle était probablement autrefois réunie à la partie septentrionale de la Caspienne. Alors aussi, sans doute, celle-ci était beaucoup plus profonde et se trouvait séparée de son propre bassin méridional par un prolongement du Caucase entre la presqu'île de Bakou et celle de Krasnovodsk, tandis que ce bassin lui-même n'était point encore isolé de la mer Noire par le soulèvement des montagnes volcaniques de l'Arménie.
- Assécliement grraduel tle la région. — Le niveau actuel de la Caspienne s'explique par l'assèchement graduel de la région cjui l'environne. L'affluent européen de la Caspienne, le 'Volga, lui apporte une quantité d'eau considérable et constante. Du côté de l'Asie, au contraire, la sécheresse est si intense, que le régime des eaux s'appauvrit, s'atrophie; leur volume diminue peu à peu.
Les pluies de la bordure septentrionale de l'Iran , les neiges des monts Thian- Chan, les cours d'eau, les lacs qu'elles alimentent ne suffisent pas à compenser les pertes qu'une évaporation intense fait subir à toute cette région. Le grand lac Balkach (carte Asie centrale, p. lo3), diminue rapidement, et Vlli n'y arrive plus qu'à travers des marécages.
L'abaissement du niveau de la mer d'Aral est peu sensible à l'Ouest où sont les grandes profondeurs et la bordure élevée de VOust-Ourt, mais très visible à l'Est, où la pente du rivage est très faible.
Le Syr-Baria et ï Amou-Daria ont cessé de se rendre à la Caspienne. Ils s'arrêtent à la mer d'Ai'al. L'ancien lit du Syr n'est plus marqué que par une série de lagunes au Nord de l'Oust-Ourt; celui de l'Amou, au Sud du même plateau, par une vallée encore humide et verdoyante. Le Zérafchan n'arrive plus jusqu'à l'Amou-Daria. Tous ces cours d'eau défaillants se perdent dans des lagunes terminales où sont établies des oasis.
-^-^ lies «Séscrts. — Au nord de la Caspienne et de la mer d'Aral, le pays est absolument désert, et il sera très difficile d'y construire la voie ferrée du fleuve Oural à l'Amou-Daria.
Entre le lac Calkach et la montagne, s'étend uu déserf, un autre sur la rive droite du Syr; ce fleuve est lui-même séparé de l'Amou-D.xria par les steppes du Kysyl-Koum, et l'Amou est séparé de l'Iran par du ceux Kara-Koum.
Les oasis fluviales et la
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coïKiiiéte t>itsse. — Les seules régions productives et habitables sont la
Fig. 85. — Caravane dans le Turkestan.
lisière ('levée du Sud-Est et les oasis arrosées par les canaux dérivés des fleuves. Aussi, malgré l'absence de montagnes, la Russie a-t-elle mis bien plus longtemps à conquérir ce pays que les immenses espaces sibériens. Il lui a fallu traverser des déserts, et borner ses opérations aux vallées fluviales pour atteindre les bordures de la Mongolie, du Tibet et de l'Iran.
Elle a conquis le cours inférieur de l'//;', aujourd'hui province de Semirictchensk ; le long du Syr, elle a soumis les Klianats de Tachkend et de Kohand, aujourd'hui province de Fcrgana.
Sur le Zérafchan elle s'est approprié Samarknnd, d'où elle lient à sa merci Boukhara, située dans la lagune terminale et qu'elle peut par conséquent priver d'eau. Pour atteindre A7tîoa, il lui a fallu traverser un désert au prix de fatigues infinies.
Le long de la bordure extérieure de VIran, elle a construit un chemin de fer à travers le pays des Tekkcs, et elle s'est emparée de Mcrv qui est à la fois sur la roule de Hérat (Afghanistan), c'est-à-dire de l'iiilérieur même de l'Iran, et sur la roule de Balkh et de Fa'izahad, c'est-àdire des revers septentrionaux de l'indou- Kouch (voir p. 1,^)5, chemin de fer Iranscas' pien).
Ainsi, la Russie est désormais la maîtresse de ce grand pays qui fut autrefois le berceau des Turcs et le chemin des glandes invasions venues de l'Asie; c'est elle qui menace à son tour les deux premières iiuissances do l'Asie : V Angleterre ]>nv Merv et l'Amou-Daria, la Chine par le .Syr-I)ai'ia et l'Ili.
Le Saksaoul. — I,a vi^g/'lation des steppes du Tuiki'stan est extréineinent pauvre, mais elle est furt oj'iginale. I,es plantes du sud y refoulent peu à peu les plantes du nord, h mesure que la région devient ])lus désertique, et elle s'adapte peu à peu ii ce njilieu dont la séeheress'^ est li: caractère distlnctif. Ainsi le .SV/Amy/oh/ (Anabasis ammodendron), originaire de l'erse, est complètement dépourvu de Ceuilles, bien qu'il [iroduisi! des lleurs et des fruits on dirait un fagot verdoyant. Autour du tronc s'appliquent chaque année des bourrelets de bois neuf. La graine est d'une extrême dureté, brûle trfts lentement ; le bois est plus lourd que l'eau et sous la hache il jette des étincelles.
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