L'ARABIE
gouttes d'eau par des ouadis temporaires, semblables à ceux du Sahara ou de l'Arabie; les oasis qui se trouvaient dans la partie septentrionale, la plus étroite, ont peu à peu disparu avec les canaux d'irrigation qui les entretenaient.
La. plus célèbre de ces oasis fut celle de Palmyre, création artificielle qui n'a duré qu'un moment, et dont il ne reste que des ruines.
Seules les oasis de Damas et du volcanique Djebel-Hauran subsistent encore à cause de leur proximité de la mer.
^^^^ Ha.uteiii:*s de la, Phénicie et ele la, Palestine — Cette bordure montagneuse est formée de deux soulèvements distincts. L'un, plus récent et plus élevé est au Nord : c'est le Liban, doublé de ÏAnti-Liban, avec l'étroite plaine intermédiaire de la Syrie creuse ou Cœlé-Syrie (vallée de rOronïès et du Leontès).
L'autre, au Sud, orienté de même et double aussi, se compose des croupes moins élevées et en partie volcaniques de la Palestine; elles se relient au Sud au massif imposant du Sinaî. La vallée intermédiaire, fort étroite, s'abaisse jusqu'à 400 mètres au-dessous du niveau de la mer, le fond en est occupé par la mer Morte, qui reçoit le Jourdain.
Cette dépression se termine enfin au Sud par la vallée de Ghor qu'un seuil de 2 à :^00 mètres seulement sépare de celle de YOuadiArahat et de son prolongement marin le ^olfe à'Akahah.
■-'^ Lies pays du Liiban. — Le Liban phénicien, paré de sites riants, couronné de bois d'où le cèdre a malheureusement disparu, dominait jadis nombre de villes maritimes prospères et populeuses dont les survivantes comptent encore parmi les échelles' du Levant. La plus grande est Beyrouth, peuplée maintenant de 70 000 habitants.
L'Anti-Liban a toujours été nu et désolé ; il s'abaisse par endroits, et laisse plusieurs passages libres entre la riche plaine de la Cœlé-Syrie, où s'éleva autrefois la fastueuse Héliopolis {Balheck), el les oasis de Damas, d'Alep, sorte de ports établis pour les caravanes sur la lisière du désert. Tout ce commerce aboutissait dans l'antiquité à Antioche, située sur l'Orontès, à l'endroit où il perce YAmanus, prolongement septentrional du Liban ; ce fut une des métropoles de l'Orient, et elle compta près d'un million d'habitants. Un tremblement de terre, en 1872, a achevé sa ruine, elle est supplantée par les ports de Lattaquié et de Aias.
Depuis les croisades, la langue française, très répandue dans le Levant, est parlée surtout chez les Maronites , peuples du Liban protégés de la Fiance.
Lia Judée. — La vallée du Jourdain (la terre promise) contraste par sa verdure avec le reste de la Palestine, région désolée, sans arbres et presque sans
végétation. Sans l'importance politique et militaire que le voisinage de l'Egypte lui a donnée de tout temps et donne encore aux ports de Jaffa et de Gazzah, sans les pèlerinages chrétiens aux lieux saints, sans le passage des pèlerins musulmans qui se rendent à la ville sainte de la Mecque, la Judée serait entièrement délaissée.
Bagdad. — Quand on arrive de Bassorah en remontant le Tigre, par le bateau à vapeur, Bagdad s'annonce de loin par ses nombreux palmiers, ses jardins verdoyanls; puis on distingue ses sveltes minarets revêtus de briques émaillées ses coupoles massives qui se détachent sur l'azur verdâtre. Le fleuve décrit des courbes nombreuses au milieu des ilôts boisés. Sur les rives le mouvement de la circulation qui ne esse de s'accroitre, indique d'avance une grande et populeuse cité.
Bagdad fut bâtie au XlIIe siècle par le calife Mostancer. Elle forme un vaste rectangle environné d'une muraille crénelée, et elle est percée de quatre portes orientées à peu près suivant les points cardinaux. Un pont de bateaux la relie sur la rive droite au faubourg de Karak. On aperçoit de ce côté la belle mosquée des Chiites de Kâzeraeinavec ses coupoles dorées, et au milieu des sables de la campagne aride le monument élevé par Haroun-al- Raschid à la sultane Zobéide.
La rive gauche sur laquelle s'étend la ville est bordée de jardins, de villas, d'habitations européennes, de cafés. On y remarque pêle-mêle, une tannerie, le beau domaine du nabab d'Oude, souverain ou consul général britannique et celle du consul de France, la douane et près du pont le mouillage des bateaux de la compagnie fluviale.
La ville proprement dite est un fouillis de maisons àterrasses aumilieu desquelles serpentent les nieset que dominent de loin en loin un palmier ou un jujubier isolés, hôtes de quelque cour intérieure. Une voie principale, de cinq à six mèti esde large, sépare du reste de la ville les maisons du bord de l'ean Elle conduit aux bazars, le neuf et le vieux et au quartier juif peuplé à lui seul de près de 20 000 âmes. A côté se trouvent : un vieux caravansérail qui fut autrefois une école célèbre, et divers édifices, qui n'ont d'ailleurs rien de remarquable : le sérail ou hôtel de ville, les tribunaux, etc., l'école et une sorte de parc d'artillerie qu'on nomme la forteresse. C'est le quartier neuf : on y montre une imprimerie et une machine à fabriquer la glace. L'école militaire est voisine du sérail; c'est un bâtiment de construction récente, avec une vaste cour, un kiosque pour la musique, une gymnastique, une tour carrée ornée d'une horloge. Le bazar, interrompu devant l'école militaire et le sérail, reprend plus loin et se termine devant la forteresse, à la grande mosquée de Daoud- Pacha dont le dôme est peint de diverses couleurs. Près de la mosquée est la place du Meidun, la seule de la ville ; elle sert de marché aux provisions pour le quartier turc que traverse une rue montante toujours très encombrée par la foule et bordée de nombreux cafés. Entre le quartier turc et le bazar s'étend le quartier persan. Il y a tout à côté une comnmnauté de 5 à 6 000 chrétiens avec des écoles très florissantes où la langue française est enseignée à de nombreux enfants de toute race et de tout culte. Le clocher de l'Église n'est pas surmonté d'une croix ; mais le drapeau tricolore y flotte et les musulmans permettent qu'on y sonne la cloche. Les rites chaldéen, syrien, grec et arménien ont aussi leurs églises et leurs écoles d'importance un peu moindre.
Derrière le quartier juif commencent des terrains vagues, encombrés de ruines amoncelées, qui couvrent au nord-ouest un bon tiers de la ville, rappelant les terribles effets de la peste et de l'inondation "Vers le nord, près de la porte du milieu est la mosquée d'Omar Sahraouardi, un santon dont le tombeau est surmonté d'un cône en forme de pomme de pin. A l'est, confinant aux jardins, s'élève la moquée d'.\bd-el-Kader Gilani, dont les restes sont visités par les croyants du monde musulman tout entier ; un de ses dômes, le plus grand, est recouvert de faïence vernie.