EMPIRE DU JAPON
NOMENCLATURE POLITIQUE
L'empire du Japon comprend : le Japon proprement dit (îles Niphon, Kiou-Siou, Siiiok) et des dépendances (îles Yéso et Kouriles, îles Liou-Kiou, iles Bonin).
Superficie. — 380 000 kil. car. (France: 529 000).
Population. —36 millions d'hab. (France :
Il n'y a que 500 000 hab. dans les dépendances ; le reste de la populatioQ appartient au Japon proprement dit, qui possède ainsi 125 hab. par kil. car. (France : 71).
Budget. — 400 millions. (France : 3 milliards et demi).
Dette. — 1 milliard et demi. (France : 20 milliards).
Armée. — 12uouu hommes. (Fr.; 180UU.)U).
Marine militaire. — Cuirassés : 7. (Fr. :70 ).
Principales villes. — Tokio (820), dans l'île de Niphon ; — Osaka (300), port de commerce ouvert aux étrangers; — Kioto et Nagoya, dans l'île de Niphon; — Yokohama, le principal port pour le commerce européen; — Kagosima, dans l'île de Kiou-Siou.
On peut citer encore : Nagasaki, Hakodadé.
Religion dominante. — Bouddhisme.
NOMENCLATURE ÉCONOMIQUE
Principaux produits. — Soie, thé, riz, cuivre, objets d'art.
Commerce extérieur. —300 millions (Fr. : 10 milliards).
Commerce avec la France. — 40 millions.
Mouvement des ports. — i millions de tonneaux. (France : 20 millions).
Tonnage de la marine marchande. — 500 000 tonneaux (France: 1 million).
Chemins de fer. — 300 kilomètres.
ILES MALAISES (voir Océnnie. p. 172).
ASIE
Les failles volcaniques.
Les principales montagnes volcaniques du globe sont presque toujours disposées suivant des lignes légèrement courbes qui portent le nom de failles volcaniques. Les volcans éteints de l'Auvergne en sont chez nous un exemple.
Bordure volcanltfMe de l'Asie orientale. — Le grand réservoir d'eau du globe, l'océan Pacifique est environné de failles volcaniques qui lui font comme une ceinture de feu.
En Amérique, ces failles sont la plupart du temps situées dans l'intérieur même du continent; en Asie, les éruptions volcaniques forment autour du continent, une série d'archipels et de presqu'îles arrondies en demi-cercles réguliers.
Cette bordure insulaire marque réellement la limite orientale de l'ancien continent, et sépare les grandes profondeurs du Pacifique, des faibles dépressions occupées par les mers intérieures de Béring, d'Okhotsk, du Japon, par la mer Jaune, par celle de la Chine, et par celles de la Malaisie.
Depuis la péninsule d'Alaska (Amérique du Nord), jusqu'à celle de Malacca (Indo- Chine), le chapelet d'ilôts volcaniques n'est pas interrompu un seul instant. 11 comprend : les îles Aléoutiennes, la presqu'île du Kamtchatka, les îles Kouriles, l'archipel du Japon, les îles Liou-Kiou, l'île Formose. Il est continué par les Philippines, les Moluques, Céièbes, Bornéo et les îles de la Sonde qui constituent le plus grand archipel volcanique du monde, véritable dépendance de l'Asie au même titre que le Japon et les îles Kouriles.
La presqu'île de Malacca elle-même, n'est que la dernière des îles de la Sonde, reliée au continent par l'isthme très bas et très étroit de Kra/i, qui sera prochainement coupé par un canal.
Japon ; son caractère. — Le
Japon, composé des quatre îles de Yéso, Niphon, Kiou-Siou et Sikok, estmontueux, pittoresque et boisé, il est sauvage dans la partie septentrionale de Niphon et dans Yéso, où vivent des peuplades barbares ; ses côtes ont été profondément déchirées par la mer qui s'est même taillé une sorte de petite Méditerranée japonaise entre l'extrémité occidentale de Niphon, et les îles de Sikok et de Kiou-Siou.
Climat et latitude y sont à peu près ceux de la France. Il y a des neiges en hiver sur les montagnes, mais une température très chaude dans ses parties méridionales.
La densité de la population y est plus forte qu'en France : los Japonais sont fictifs, laborieux, intelligents, très habiles à tous les travaux délicats qu'ils exécutent avec une dextérité et un goût sur- [irenarits.
Sollicités par la mer qui les environne
de tous côtés, ils fournissent une race nombreuse de hardis pêcheurs.
Sa transformation. — Le
Japon est un pays curieux et attrayant avec ses gracieux paysages, ses jonques bariolées, ses femmes vêtues d'étoffes éclatantes, ses lanternes de papier, ses maisons de bambous et ses volcans parfois en miniature. Mais le peuple japonais a un mérite plus sérieux ; il est le premier des peuples orientaux qui ait accepté et développé chez lui la civilisation occidentale.
Avant la Chine, il avait ouvert ses ports aux Hollandais ; tandis que le Céleste Empire fidèle à ses antiques traditions, ne s'ouvre qu'avec prudence aux étrangers, le Japon a emprunté d'un seul coup à l'Occident l'organisation savante de ses États et de ses armées, ses découvertes scientifiques et tous ses progrès.
Après la chute de l'aristocratie féodale des Baîmios et de leur chef, le Talcoun, on a vu le représentant de l'ancienne dynastie royale et religieuse, le Mikado, ressaisir le pouvoir et entreprendre résolument la transformation de son peuple et de son État.
• De jeunes Japonais sont allés s'instruire dans les écoles et dans les armées de l'Angleterre, de la France et de l'Allemagne ; des Français et des Anglais ont été appelés au Japon pour y donner l'enseignement, y organiser la justice, y former des ingénieurs.
Aujourd'hui le Japon fabrique lui-même ses armes et ses machines, il a des steamers, des chemins de fer, des télégra phes, des usines ; il est en relations directes, diplomatiques ou commerciales avec tous les grands États civilisés.
L'arcliipel Malais. (Voir le chaphre La Malaisie, p. 172). — Les îles de la Malaisie, dont la race molle et énervée subit le joug des espagnols et des hollandais, offre un contraste complet avec le Japon.
Les Philippines sont pour l'Espagne, les îles Moluques, Céièbes et de la Sonde sont pour les Hollandais ce qu'est l'Hindoustan pour l'Angleterre, ce que peut devenir pour nous l'Indo-Chine, — des colonies d'exploitalion.
Les cités de Manille (îles Philippines! et de Batavia (île de Java) ne sont guère que de vastes comptoirs où le Yavailleur indigène vient apporter régu'ièrementla dîme prélevée sur son travail.
Sauf l'exploitation des mines (étain de Banca et de Biliton), que dir igent des Européens, les produits de toutes ces îles admirables ne sont recueillis que par les indigènes. Eux seuls récoltent le poivre, la canelle, le clou de girolle, le riz, le café, la canne à sucre, le tabac. Les Hollandais elles Espagnols se contentent de prélever dans leurs coinpioirs côtiers, la part de la métropole ou des compagnies commer-
ciales qui ont affermé l'exploitation des épices.
Vingt millions au moins de Malais et de Chinois obéissent ainsi à moins de deux cent mille Européens.
Monuments, instilutions et fabriques de Tokio. — Au cœur de la ville se dresse un monticule couronné de fortifications cj clopéennes, entouré d'un double fossé, c'est le château ou Sii-o qui renferme le palais du mikado, les bureaux de l'administration, des baraquements pour la garde impériale et un vaste parc verdoyant. Les autres jardins de la ville sont le jardin d'été du mikado, \' Hamatoffen, situé s>ir le bord de la mer, et un jardin d'acclimatation créé en 1872. Près de ce dernier est le m Kiu ou « palais du plaisir » autre résidence du mikado et de l'impératrice mère. De l'autre coté de la rue est un grand cimetière, d'où l'on découvre une vue admirable sur l'immense ville et «ur la baie d'Yedo, il a été fondé en 1874. depuis qu'il est défendu d'enterrer les morts dans les temples.
Il y a un grand nombre d'institutions utiles à Tokio : une univerité célèbre et populeuse ; un collège d'ingénieurs; un musée d'artillerie fort intéressant ; une Société de géographie qui publie un Bulletin trimestriel et possède des ouvrages et des cartes de toutes les langues; plusieurs bibliothèques dont la principale installée dans un ancien temple richement décoré, a plus de cent mille volumes; une société pour la propagation de la langue française; plusieurs théâtres ; beaucoup de bains publics, etc.
On fabrique à Tokio d'excellent papier japonais. On a installé dans ces dernières années des papeteries mues par la vapeur. La manufacture de papiermonnaie qui occupe plus de mille ouvriers comprend une imprimerie, des ateliers pour les instruments, les produits chimiques, la gravure, la photographie. Tokio a aussi des manufactures de soieries, de faïences, de porcelaines, d'émaux. De tous les produits nombreux et variés de l'industrieuse cité, la laque est l'im des plus estimés. Ses ouvriers excellent aussi à imi ,j les m;^indres articles d'Europe.
Races de l'Asie.
L'Asie est le berceau de la civilisation européenne. — La découverte des vestiges de populations préhistoi-iques d'une très haute antiquité a reculé, sans le résoudre, le problème de l'origine des peuples eu' ipéens. Il est très probable cependant que les plus récents d'entre eux sont originaires de l'Asie.
L'Asie, qui est pour nous l'Orient, est certainement la mère de la civilisation occidentale.
L'étude des langues nous apprend qu'à une époque relativement récente, un grand mouvement de migration vers l'Ouest, a amené d'Asie en Europe deux séries de peuples distinctes ; d'abord, des Aryas ou Aryens appelés aussi peuples Indo-Européens : Celtes, Grecs, Latins, Germains, Slaves; plus tard des peuples divers rangés sous la dénomination générale de peuples mongoliques: Finnois, Hongrois, Mongols, Turcs.
Aucune de ces races n'a d'ailleurs absolument déserté le sol de l'Asie: sans doute une partie de leurs représentants se sont répandus successivement en Europe, où grâce à des conditions particulières d'existence ils ont atteint un haut degré de civilisation; mais un grand nombre aussi sont restés dans leur patrie d'origine ou n'ont pas dépassé les contrées circonvoisines: leurs destinées ont été moins brillantes que celles de leurs frères d'Eu ro|ie.
Les Hindous. — On suppose que les Aryas pi'imitils habitèrent à l'origine le pays du hnut Uxus et de l'Jndou- Kouch. Tandis qu'une partie d'entre eux se dirigeaient vers