‹ Géographie génerale. Relief du sol, hydrographie, voies de communication, agriculture, industrie, commerce, statistique ... avec index alphabétique contenant 4125 noms geographiquesChapitre 233 sur 339 · RACES DE L'ASIE · texte numérisé non relu

RACES DE L'ASIE

l'Ouest, d'autres franchirent les frontières montagneuses qui les bornaient au Sud-Est et séjournèrent quelque temps dans le Pendjab, c'est-à-dire sur les rives des cinq fleuves qui forment l'Indus, puis ils se répandirent dans toute la vallée du Gange : ce sont les Hindous.

Ils atteignirent assez vite une civilisation avancée, subjuguèrent un grand nombre des populations primitives de l'Inde, et se mêlèrent à elles, malgré une division rigoureuse en castes superposées; ils leur imposèrent leur religion, le brahmanisme; leur langue, le sanscrit, qui forma bientôt le parler vulgaire appelé /«'«a-iï, est le père de presque tous les dialectes parlés aujourd'hui dans l'Hindoustan.

Les Iraniens. — D'autres Aryas, les Iraniens, s'arrêtèrent sur le plateau de l'Iran, dans les montagnes de l'Arménie et de l'Asie Mineure. Les Bactriens, les Perses furent leurs principaux représentants dans l'antiquité; les derniers ont laissé les traces d'une civilisation puissante.

Les Pe7'ses d'aujourd'hui ou Tadjik^, les Kui'des, Afghans, les Baloutchis, les Ossètes du Caucase, les Arméniens sont des Iraniens.

Leur parenté, linguistique tout au moins, est démontrée parles nombreux rapports de leurs diverses langues avecle Zend, qui est celle des livres sacrés de la religion de Zoroastre. Mais cette religion même a disparu presque totalement : le mahométisme et le christianisme l'ont remplacée.

Les peuples mongoliques. — On désigne sous ce nom un groupe linguistique formé des divers peuples qui habitent l'Asie septentrionale et centrale : les Tonqouses, pêcheurs et chasseurs des bords de l'Iénisséï, fétichistes, mais intelligents et hospitaliers ; — les Mandchous qui envahirent la Chine au dix-septième siècle, lui imposèrent une dynastie de leur sang, et tout en conservant leur caractère belliqueux, reçurent la civilisation des vaincus; — les Mongols nomades pasteurs, presque uniquement cantonnés aujourd'hui sur le grand plateau de l'Asie centrale, au Nord du Tibet, qui conquirent l'Asie presque entière au treizième siècle, sous la conduite de Gengis-Khan, menacèrent même l'Europe, puis fondèrent dans l'Inde l'État du Grand-Mogol de Delhi, en furent chassés au dix-huitieme siècle par les

Européens, mais ont conservé de leur passage dans l'Inde, la religion de Bouddha ou Bouddhisme ; -les Tatars de Tobolsk et de Tomsk, frères des Turcs de Constantinople ; les Yacouts, sur les rives de la Léna ; \es Samoyèdes, les Ostiaks, sur celles de l'Obi et de l'iéiiisséï, qui s'étendent à travers les pays forestiers de la Sibérie, jusqu'aux côtes de l'océan Glacial; les Kirghizes qui errent dans les steppes environnant la Caspienne et la mer d'Aral, et ne sont devenus sédentaires que dans l'oasis de riaxarte (Syr-Daria) ; les Turcomans qui exercent leurs pillages au sud de la nier d'Aral et de l'Oxus, sur les confins de la Perse.

Ces derniers peuples, les uns à denii-christianisés, les autres devenus muisumans, sont aujourd'hui sujets de la Russie.

Les autres représentants de la race mongolique sont : dans l'Empire ottoman, en Asie Mineure d'une part, en Turquie d'Europe d'autre part, les Turcs osman/w; en Russie, les Lapons, les Finnois ou Finlandais ; en Hongrie, \es Magyars.

Les Arabes. — De même qu'elle a peuplé l'Europe, l'Asie a aussi débordé sur l'Afrique : au septième et au huitième siècle de notre ère, les conquérants Arabes de race sémitique et frères des Hébreux, ont peuplé l'Afrique septentrionale, se superposant aux Égyptiens, aux Libyens, aux Berbères, et portant partout avec eux la religion de Mahomet.

Mais l'Arabie n'est point restée déserte, elle a conservé ainsi que la Syrie et la Palestine ses tribus nomades ou sédentaires de Sémites, dont la religion et la langue s'étendent aujourd'hui du Maroc à la Chine et à la Malaisie et du Caucase à l'Afrique centrale.

Les Malais. — L'Asie a encore donné naissance à la race malaise, originaire de la péninsule de Malacca, répandue sur toutes les îles de l'océan Indien.

Marins hardis, les Malais surent les premiers profiter des moussons pour commercer avec les côtes de l'Afrique orientale, de la (llhine, et avec Formose et les îles Philippines.

Les Hollandais ont détruit leur empire de Java, mais sans pouvoir dompter entièrement les Etats malais indépendants qui subsistent à Sumatra.

Les Dravidiens. — Lorsque les Aryas arrivèrent dans la vallée du Gange, ils la tiouvèrent occupée par la race dravidienne qu'ils refoulèrent dans le plateau du Dékan, oii les

s. 13, 14, 15. Japonais. 16. Cochinchinois Laotien.

principaux représentants sont aujourd'hui les Tamouls a.u Sud-Est, et les Malabars à l'Ouest.

Les Dravidiens eux-mêmes avaient subjugué les habitants primitifs de l'Inde, représentés par les tribus noires qui subsistent encore dans les monts Vindhyas.

Les Chinois. — Les Chinois proprement dits, cantonnés dans les deltas des fleuves Bleu et Jaune ont étendu peu à peu leur empire sur des populations très diverses, encore mal connues. Toutes n'ont pas le teint jaune, les pommettes saillantes, les yeux bridés, la barbe rare, la chevelure tressée en une longue natte, la taille courte et épaisse.

Il y a un très grand nombre de Chinois qui n'ont rien de commun avec ce type connu, mais tous se ressemblent par leurs mœurs et leur civilisation; patients, économes, laborieux, privés d'imagination, amoureux et conservateurs du passé, très flers de leur civilisation, ils ne deviennent intolérants que si l'on attaque leurs lois et leurs mœurs.

Arrivés de très bonne heure à une culture fort avancée , ils sont demeurés stationnaires, et ce n'est qu'aujourd'hui qu'ils commencent à sentir l'impulsion de la civilisation occidentale. Ils ont exercé leur influence en même temps que les Hindous, sur les peuples voisins du Tibet et de l'Indo-Chine.

Les Japonais. — On ignore l'origine des Japonais; venus du Sud six cents ans avant notre ère, ils ont repoussé vers le Nord la population primitive des Ainos, aujourd'hui confinée dans l'île de Yéso.

Disciples de la civilisation chinoise, les/apo- 7iais ont gardé en l'adoptant un caractère original; leur imagination vive, la poésie et la vérité qu'ils mettent dans la reproduction de la nature, n'appartiennent qu'à eux. De tous les peuples asiatiques, c'est le moins asiatique par l'esprit et le tempérament comme par l'origine, et celui qui se prête le mieux à la culture européenne.

Conclusion. — En résumé, l'Asie renferme des Mongols et Ae^ Aryas, pai-ents des Mongols et des Aryas européens, des Sémites, parents des Sémites africains, des Malais, parents des Malais du Pacifique.

Elle a en propre les races de l'Hindoustan méridional, de la Chine et des pays groupés autour de la Chine. Les Japonais enfin y représentent un élément envahisseur arrivé à une époque tout à fait récente.

ASIE

lia déconverte de l'Asie.

Connaissances des Grecs sur l'Asie. —

Les côtes occidentales de \'Asie Mineure furent dès les temps historiques le siège d'importantes colonies grecques. Mais il est peu probable que l'intérieur du pays fut connu des Grecs.

Les guerres médiques mirent pour la première fois le monde grec aux prises avec le puissant Empire perse qui avait succédé en en Mésopotamie aux empires Mède et Assyrien.

Vainqueurs, les Grecs pénétrèrent d'abord pacifiquement chez les vaincus. Thémistocle devint un satrape du grand roi, Hérodote poussa ses voyages jusqu'à Babylone. Puis, avec Alexandre le Grand, la Grèce prit l'offensive; les armées Macédoniennes atteignirent le Pendjab et la dépression Caspienne, tandis qu'une flotte côtoyait le revers méridional du plateau de l'Iran, jusqu'aux bouches de rindus.

Parmi les successeurs d'Alexandre, les Séleucides, soaveràms du plateau de l'Iran, et les Ptolémées, maîtres de l'Egypte, multiplièrent les rapports commerciaux du monde Méditerranéen avec l'Inde.

Rapports des Romains avec l'Asie. — La puissance Romaine s'étendit à son tour jusqu'aux rives du Tigre. Ses guerres avec les Partîtes accrurent encore les connaissances géographiques. Marc-Aurèle envoya par mer une ambassade en Chine (lOfians après ,lésns- Christ), et, sous Justinien, des chrétiens nestoriens qui commençaient à établir des missions sur le Plateau central, rapportèrent de Chine la graine de vers à soie.

Voyages du moyen âge. — La domination Arabe remplaça à son tour les derniers héritiers de l'empire romain dans toute l'Asie antérieure.

Les progrès des connaissances européennes s'arrêtèrent jusqu'au moment où les Croisades renouèrent les relations politiques et commerciales entre l'Orient et l'Occident.

En 1253, saint Louis envoya le moine Bubruquisk la recherche d'un souverain chrétien que l'on croyait établi sur le Plateau central, et connu sous le nom du Prêtre Jean. Rubruquis entra en relations avec le Khan des Mongols, alors maître de presque toute l'Asie. Vint ensuite le grand voyage du vénitien Marco-

Polo (1271-1295), l'événement géographique

te plus important àe. tout le Moyen âge. Marco- Polo, reçu à la cour du Khan mongol qui régnait à Pékin, remplit des fonctions importantes, et visita à loisir le Turkestan, la Mongolie, la Chine, le Bengale. Au quatorzième siècle les voyages d'Européens et d'Arabes en Chine se multiplièrent encore.

Mais l'Inde était le but principal que l'on se proposait d'atteindre. Au quinzième siècle, le Vénitien Niccolo Conti parti par Damas et le Tigre, parcourut les côtes de l'Hindoustan, le Dékan, le Bengale, la Birmanie, f.lalacca, Sumatra, Ceylan, et revint en Europe par Socotora, Aden et la mer Rouge. Il avait ainsi visité les pays des épiées et suivi les routes principales adoptées alors par le commerce arabe et vénitien.

La conquête de l'Inde. — Vasco de Gama doublant en 1498 le cap de Bonne-Espérance, trouva une route qui permit de se passer de l'intermédiaire des Arabes et des Vénitiens. Grâce à lui les Portugais établirent de nombreux comptoirs dans l'Inde, et l'Europe eut sur toute l'Asie méridionale des connaissances géographiques de plus en plus précises. Hollandais, Anglais, Français, créèrent à l'envi des Compagnies pour l'exploitation des richesses des hides orientales. Un moment Dupleix réussit à établir sur les royaumes indigènes la suprématie de laFrance ; mais les guerres malheureuses soutenues en Europe par Louis XV, ne permirent pas de continuer son œuvre : les Anglais l'emportèrent (1763), et c'est sur les débris de notre domination qu'ils ont fondé leur grand empire colonial actuel.

Conquête de la Sibérie. — Au Nord, les Cosaques liasses avaient franchi l'Oural en 1580, sous la conduite à'Yermak; dès 1639 ils poussèrent jusqu'à l'océan Pacifique : jamais domination ne s'est étendue plus rapidement sur un plus vaste pays que celle de la Russie sur la. Sibérie: elle déborde aujourd'hui sur la dépression Caspienne, que la conquête de Merv lui livre entièrement.

Les Jésuites en Chine — En Chine et dans le Tibet, les missions des Jésuites rendirent à la géographie des services signalés pendant le dix-septième et le dix-huitième siècle. Les cartes qu'ils ont dressées des provinces chinoises font encore autorité.

État politique actuel de l'Asie. — Aujourd'hui l'Asie peut être considérée comme une dépendance politique de l'Europe: le tzar de Russie est maître de tout le Nord; au Sud

la reine S' Angleterre est impératrice des Indes; son protectorat s'étend virtuellement sur l'Asie Mineure. Anglais et Russes rivalisent pour faire prévaloir leur influence sur les États de l'Iran, Perse et Afghanistan.

La France tient l'Indo-Chine par la Cochinchine; elle menace par le Tonkin la Chine, que la Russie assiège au Nord par les provinces da l'Amour et pâr la Dzoungarie.

Principaux voyages contemporains. — Tout cela crée un ensemble d'intérêts politiques et commerciaux de premier ordre qui favorisent singulièrement les progrès de la géographie.

C'est aux massifs montagneux, aux plateaux déserts que s'attaquent maintenant les voyageurs. Les voyages de Kiepert et surtout de Tchihaf che/jT (lSi8-l8ô3) en Asie Mineure, celui de Palgrave en Arabie (1862-1863), du Major Goldsmith (1870-1872) sur les fr ontières de la Perse et de l'Afghanistan, ont dissipé une foule d'erreurs de détail.

En 1857, les frères Schlagînweit ont pénétré les premiers par le Sud dans l'Asie centrale, frayant ainsi la voie aux explorateurs anglais et hindous qui s'efforcent d'établir une route commerciale entre la Chine méridionale et le golfe du Bengale.

Des explorateurs français ont essayé de pénétrer de même dans le midi de la Chine, les uns par le Mé-Kong comme Lagrée et Garnier, les autres par Je Tonkin, comme Dupuis.

Par l'Est, le savant allemand Richthofen, et le missionnaire français David (1872-1874) ont atteint la Mongolie, après avoir traversé la Chine.

Par le Nord et le Nord-Ouest, ce sont les voyageurs russes qui travaillent à fixer la géographie de l'Asie centrale. Le plus illustre est Prijevalsky qui a traversé à plusieurs reprises la Mongolie, la Dzonngarie, le désert de Gobi et le Tibet.

Il faut citer enfin la célèbre navigation de Nordenskiold de la mer de Kara au détroit de Béring(voir le chapitre sur le Pôle Nord, p. 222), qui a permis de dresser la carte définitive des côtes septentrionales de l'Asie.

On pourra désormais préciser les détails de la géographie de l'Asie, reconnaître par exemple le relief du Tibet et l'altitude des chaînes de montagnes qui le parcourentj relever le cours supérieur des fleuves quiarrosent i'Indo-Chine; mais il n'y a plus, dans la masse énorme des terres asiatiques, de grandes découvertesà faire.

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