‹ Géographie génerale. Relief du sol, hydrographie, voies de communication, agriculture, industrie, commerce, statistique ... avec index alphabétique contenant 4125 noms geographiquesChapitre 27 sur 339 · ÉCOULEMENT DES EAUX · texte numérisé non relu

ÉCOULEMENT DES EAUX

où ils restent confinés dans les régions les plus hautes. Dans les pays polaires, comme le Groenland et la Nouvelle-Zemble ils descendent jusqu'à la mer qui en détache ces icebergs ou montagnes de glace flottantes, très dangereuses pour les vaisseaux.

■v^-w. Sources. — Les pluies qui se répandent sur les pays plats ou sur les montagnes peu élevées pénètrent en grande partie dans le sol, s'il est perméable, et s'y infiltrent jusqu'à ce qu'elles rencontrent une roche imperméable ; alors leur eau s'étale en nappes souterraines et forme des sources aux points où cette roche affleure à la surface du sol. En certains lieux des cours d'eau entiers {Guadiana, Garonne) , disparaissent un moment absorbés par le sol pour reparaître plus bas.

Quelquefois, à la suite de longues pluies, les cavernes cachées sous le flanc de la montagne, se gonflent démesurément, débordent et donnent naissance à des sources temporaires qui inondent la plaine ou la vallée. Telles sont les estavelles du Languedoc et du Jura.

Ailleurs, un siphon naturel ménagé dans quelque canal souterrain, tantôt s'amorce, tantôt s'éteint et produit ainsi une fontaine intermittente. Lorsque les eaux, après avoir suivi une longue pente dans le sous-sol de quelque massif, remontent à la surface, elles peuvent former une sorte de puits artésien : ce sont des sources jaillissantes. Si dans leur parcours souterrain, elles se sont chargées de matières diverses, telles que le carbonate de chaux, la silice, le sel, le soufre, le fer, l'arsenic, on les dit eaux minérales. Beaucoup d'eaux minérales sont thermales ; c'est-à-dire qu'ayant pénéiré assez profondément dans l'écorce terrestre (ordinairement dans le voisinage de volcans, actifs ou anciens), elles ont traversé des couches de terrain portées à une haute température, et au moment où elles reparaissent au jour, elles sont encore très chaudes, elles-mêmes.

ww Formation des cours d'eau et des lacs. — Si le sol n'est point perméable, ou

ne l'est que fort peu, une grande partie de la pluie ou toute sa masse coule immédiatement à la surface du sol et forme des ruisseaux, des rivières et des fleuves. Mais ces cours d'eau ne coulent pas d'ordinaire dans un lit qu'ils ont trouvé tout préparé : la plupart se le sont creusé eux-mêmes, parfois à travers les roches les plus dures.

Les torrents des montagnes arrachent des fragments de roche, les roulent en galets, les amoncellent sur les pentes qu'ils adoucissent. S'ils rencontrent un obstacle invincible, leurs eaux s'accumulent en lacs, et ne s'échappent que lorsque leur iiiveau dépasse celui de la barrière qui les arrêtait : lacs de Suisse, de Bavière, Cl Autriche, lacs italiens (p. 103).

Ces lacs eux-mêmes, les eaux tendent toujours à les combler par leurs apports (ïal/uvlons : lac de Genève. Dans d'autres cas, les eaux réussissent à percer leur barrière, et les lacs se vident et s'assèchent : Lirnagne, Forez (anciens lacs de Y Allier, de la Loire).

Travail dex c:iii.ic courantes. —

ArT'ivée.s sur un soi moins incliné que celui des montagnes, les eaux n'en continuent pas moins à rouler des alluvions et à ronger leurs rives.

Dans les plaincis, elles forment des boui;les qui allongeni, leur pente et régularisent leur

débit : Seine, Mississipi, Rhin. Rencontrentelles un obstacle, la plupart du temps elles le franchissent : Meuse dans les A}-de7ines (p. 110),

— Rhin entre Mavence et Cologne (p. 110), — Elbe à Pirna (p. ill).

Lorsque le passage n'est pas encore complètement frayé, le fleuve se précipite en rapides ou en cascades : Danube à Orsova (p. 111), — Nil à la sortie du lac Oukéi'éoué (p. 101), — Rhin à Schaffouse (p. IIO),— Sénégal à. Médine (p. 81), — chute du Niagara [Saint- Laurent) (p. 218).

Le lit des cours d'eau se modifie perpétuellement : des îles s'y forment, elles changent de place ou disparaissent ; le fond s'exhausse quelquefois peu à peu et finit par dominer les campagnes environnantes : basse Loire, Theiss, Pô.

,wv^ lleltas. — Lorsqu'un fleuve aboutit à une mer où les matériaux qu'il apporte ne sont point balayés par la marée, ceux-ci se déposent en un delta à travers lequel les eaux circulent en de nombreux ôanaux : Èbre, Rhône, Tibre, Pô, Danube, Nil, tous les fleuves de la Méditerranée (p. 107) ; Mississipi, Orénoque, Niger, Gange, Iraouady , Mé-Kong, fleuve Bleu, fleuve Jaune.

/^/w^ Lacs et bassins fermés. — Cours d'eau <léf aillants et intermiltents. —

Dans les régions très chaudes, certains fleuves au lieu de grossir jusqu'à leur embouchure, diminuent par infiltration et surtout par évaporation, faute d'affluents qui compensent leurs pertes : A7/, après son confluent avec l'Atbara (p. 191), Indus, après qu'il a reçu le Setledje (p. 163). Quelquefois même ils sont absorbés dans les sables ou les lagunes, ou ne coulent que pendant la saison des pluies : Igharghar dans le Sahara (p. 189), — Hilmend en Afghanistan (p. 155), — cours d'eau des Pampas dans l'Amérique du Sud, — cours d'eau deV Australie centrale.

Il y a aussi des bassins fermés, dont les eaux ne communiquent pas avec l'Océan : Caspienne, mer d'^ro/, mer Morte, lacs des plateaux de {'Iran, de ['Asie Mineure en Asie,

— de V Allas en Afrique, — de YUtah , du Titicaca en Amérique, — de V Australie centrale.

Il faut signaler dans certains de ces bassins comme ceux de YUtah ou de la Caspienne, une diminution jirogressive de l'humidité.

La Caspienne (p. 155), déjà située au-dessous du niveau de la mer, diminue peu à peu ; VOxus qui s'y jetait autrefois ne l'atteint plus. Les chotts de Tunisie ont cessé depuis des siècles de se déverser à Gabès dans la Méditerranée.

^ Conclusion. — Une circulation constante s'accomplit de l'Océan aux cimes et aux plaines, et de celles-ci à l'Océan. La goutte d'eau, toujours en voyage, s'élève du sein de la mer sous forme de vapeur, puis emportée par le vent, se condense en pluie ou en neige et en glace, alimente la source ou le torrent, enfin retourne par la rivière ou le fleuve à la mer où elle s'évapore do nouveau. Son voyage est un labeur aussi : elle ronge dans sa course l'écorce du globe, abaisse la montagne, creuse le défilé, ouvre un passage au trop-plein du lac, et le dessèche ainsi peu à peu; elle comble la vallée, exhausse le fond de l'Océan, contribue à égaliser les couches terrestres, à rétablir l'équilibre rompu sans cesse par les forces souterraines en travail.

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