II. — GÉOLOGIE
■^'^ Terrains ignés. — La teinte rose de la carte de France indique le plus compact des terrains, le sol granitique, dont la décomposition superficielle ne produit que de l'6»'5'î7e et du sable.
On peut regarder comme analogues, aupoint de vue agricole :
1° Le sol rose foncé, composé de roches éruptives nommées porphyres, basaltes, — et aussi de laves d'anciens volcans ;
2" Le sol de teinte violette (terrain paléozoïque), composé de schistes plus ou moins semblables à l'ardoise, — de marbres ou calcaires non friables, etc.
Le caractère principal de tous ces terrains est de ne fournir à la terre végétale que peu de calcaire ou de n'en pas fournir du tout. Ce sont des terrains montueux, dont les vallées et les flancs humides portent des prés, tandis que les parties plus sèches sont couvertes de forets ou de landes stériles.
Les terrains ignés forment la majeure partie des Alpes, des Pyrénées, du Massif central. Ils constituent aussi une région moins élevée comprenant toute la Bretagne, avec les parties occidentales du Poitou, de l'Anjou, du Maine et de la basse Normandie.
Terrains sédîmenlaires. — Les autres teintes (noir, ocre, bleu, vert, jaune) indiquent des terrains sédimentaires déposés par Veau dans des temps très antérieurs à l'homme, et que leur structure poreuse rend plus ou moins perméables :
1° La teinte noire désigne les bassins houil- 1ers des départements du A'oî'rf (Valenciennes), — de la LoH-e (Saint-Étienne), — du Gard(Bessèges), etc.;
2° La teinte ocre (terrain permien) indique les grès qui ont formé les plateaux et les contreforts des Vosges, et l'aï'(/î7e des plaines de la Lorraine. Ce terrain a quelque analogie avec les terrains ignés;
3° La teinte bleue (terrain jurassique) marque les roches qui ont formé le système montagneux du Jura et celles qui en sont contemporaines. C(! sont surtout des calcaires laissant pénétrer l'eau à travers leurs pores et leurs
fissures. Ils forment ou des plateaux arides comme ceux de Langresei delà Côte-d'Or, — ou même affreusement déserts comme les causses du Larzac, du Quercy, du Rouergue, quelquefois aussi des plaines fertiles comme celles de Caen, de Poitiers, de Bourges. — Le terrain jurassique est, en France, celui qui couvre la plus grande surface ;
4° La teinte verte (terrain crétacé) signale les terrains de l'âge de la craie de Champagne et de Normandie. Ils sont composés d'une sorte de calcaire blanc, tendre, friable et poreux. Telle est la grande plaine de « Champagne pouilleuse, » stérile quand l'argile et l'engrais y manquent ;
5° La teinte jaune désigne fensemble de couches minces et très -variables qu'on nomme terrain tertiaire. Ce terrain a été déposé le dernier, sur les terrains précédents, dans les grandes dépressions naturelles qui séparent les massifs montagneux delà France. L'une de ces dépressions est appelée par les géologues bassin de Paris ; l'autre, bassin de Bordeaux.
La faible épaisseur des couches tertiaires, la variété des calcaires, de l'argile et du sable qui composent le sol de ces bassins facilitent la formation à leur surface d'une terre végétale de bonne qualité.
On remarquera que le terrain jurassique (bleu) entoure en grande partie le bassin géologique de Paris, et en entier le Massif central.
6° La partie laissée en blanc indique les terrains à'alluvions quaternaires formés, depuis l'apparition de l'homme, par le dépôt des fleuves, de la mer etc.
Les pays agricoles. — Quand les divisions du territoire français n'ont pas été dues à la politique mais à la conformation naturelle du sol, elles ont le plus souvent coïncidé avec sa constitution géologique : c'est ainsi que les pays, dont les noms populaires survivent aux noms administratifs, sont habituellement limités par le changement de nature du terrain, ce qui explique le fréquent usage de leurs noms au point de vue agricole.
Ainsi, le Boulonnais et son petit groupe de collines forme un îlot de terrain jurassique au bord de la Manche ; le pays de Bray, faîte jurassique aussi, s'élève auprès des plateaux tertiaires du pays de Caux et du Vexin. Près de Paris, entre la Seine et la Marne, les plateaux tertiaires éocènes forment la Brie; au sud de la Seine, les plateaux tertiaires miocènes portent le nom de Gûtinais, non loin des craies de la Champagne.
Par une analogie frappante, on retrouve autour de Cognac, dans les Charcutes et près d'Issoudun, dans le Cher, d'autres pays de Champagne, également crayeux. Les massifs granitiques ou volcaniques du Morvuii, du Velay (le Puy). des Maures (entre Hyères et Fréjus), ne sont pas moins nettement délimités que les bas-fonds tertiaires de la Sologne, au sud d'Orléans; de la Bt-emie, à l'ouest de Chàteauroux ; des Dombes, au nord de Lyon, que les anciens lacs ([uaternaires de la Limagne, près de Clerniont-Ferrand, du Forez,
FRANCE. — ÉTUDE GEOLOGIQUE.
au nord de Saint-Étienne, que la Camargun dans le delta du Rhône et le désert caillouteux de la Crau,h l'est de ce delta. Dans les Lonrfes, il suffît de franchir l'Adour pour passer des sables marins du Marsan aux collines de la Chalosse formées par ramonrellenient des cailloux roulés des Pyrénées.
Eaux minérales et thermales. — Les eaux minérales ou thermales suivant les matières minérales qu'elles tiennent en dissolution, sont employées au traitement de diverses maladies.
Les principales eaux minérales et thermales sont celles d'Enghien, près de Paris, — de Fougues (t^ièvre), — de ContrexevUle (Vosges), — Bour bonne -les-Bains (Hte-Marne), — Aix-les-Bains (Savoie), — Uriage (Isère), — Vichy, \e Mont- Dore, La Bourbonle, St-Galmier, Chaudesaigues, dans le Massif central, — de Lamalou et Balaruc (Hérault), — Vais (Ardèche),— à'Amélie-les-Bains,Ax, Ussat, Aldus, Bagnèresde-Luchon, Barèges, Bagnères-de-Bigorre, Cauterets, et des Eaux-Bonnes, dans les Pyrénées, etc., etc.
FRANCE. — RELIEF DU SOL