RELIGIONS
Bouddhistes. — 500 millions.
Fétichistes. — 2:J.5 millions.
Catholiques. — 220 millions (150 en Europe). Brahmanistes. — 140 millions.
Protestants. — 120 millions.
Mdhométans. — 120 millions.
Chrétiens grecs. — 80 millions.
Israélites. — 8 millions.
v.-^. Religions. — Ce n'e-st pas seulement par leurs traits extérieurs, par les dissemblances physiques que les races humaines se distinguent les unes des autres. Toutes n'ont pas la môme manière de penser. L'ethnographie ou science dos pfMiples les class<; d'après leurs liens liisloriques, leur rclif/iun, leur oi'ganisalion p ilitique et sociale.
Au point de vue religieux on peut diviser les hommes en six grandes catégories :
i° Les idolâtres adorent les forces de la nature et les représentent par de grossières figures ; ce sont les peuplades océaniennes, les indiens de l'Amérique et les nègres de l'Afrique; on en compte environ 235 millions.
Leur nombre diminue tous les jours, parce que, n'ayant point de livres sacrés, ni de véritables traditions religieuses, ils acceptent aisément l'enseignement précis des missionnaires chrétiens ou mahométans. Le christianisme a fait de grands progrès en Océanie et en Amérique ; le mahométisme marche rapidement à la conquête de toute l'Afrique intérieure.
2° Les Brahmanistes professent la plus ancienne religion écrite de l'extrême orient : leurs livres saints sont les Védas leur doctrine est une sorte de panthéisme oîi l'universalité des choses est représentée par Brahma, et où prennent place néanmoins des divinités inférieures, souches des castes humaines.
La plus élevée des castes est celle des prêtres ou Brahmanes qui s'attribuent des pouvoirs surnaturels et sont vénérés comme des dieux incarnés. Le Brahmanisme qui avait succédé aux cultes idolâtres, de l'Asie orientale à la Malaisie, est aujourd'hui confiné dans la vallée du Gange ; il compte 140 millions de sectateurs; sa ville sainte est Bénarès, sur le Gange.
3° Le Bouddhisme issu du Brahmanisme et qui l'a remplacé dans l'Inde méridionale, le Tibet, la Chine, le Japon et la Malaisie a été fondé par Çakia-Mouni, six siècles avant le christianisme. Ses préceptes se rapprochent beaucoup de ceux du christianisme.
Le Mahométisme lui a déjà enlevé de nombreux prosélytes dans l'Inde et parmi les Malais. Il y a environ 5"0 millions de Bouddhistes.
4" Le Mahométisme ou Islamisme, qui prêche l'abandon aux volontés éternellement préconçues de Dieu, est la religion fondée par l'arabe Mahomet au septièm^ siècle après Jésus-Christ. Son livre sat;é est le Koran.
11 s'étend aujourd'hui des rives de l'Indus au Maroc: il a pour chef le sultan des Turcs qui réside à ConsLantinople.
Les musulmans se divisent en Soitnnitcs (Arabes, Turcs, Berbères, Indous, Malais) et en Chiites (Persans et Arabes de l'Yémen). La force d'expansion de l'Islamisme, ses conquêtes cl lo fanatisme qu'il inspii'e à ses fidèles créent un danger permanent pour la supi'(!malio anghiis(! dans l'Inde et s'opposent au progrès de la civilisation
européenne dans le nord et le centre de l'Afrique.
Il y a environ 120 millions de mahométans.
fi" Le Judaïsme, ancienne religion des Israélites ou Juifs, compte environ 8 millions de sectateurs.
Ils sont disséminés dans le monde entier, nombreux surtout en Pologne ; ils l'étaient en Espagne, d'où ils ont été chassés et se sont établis dans l'Afrique du Nord et en Client.
6° Le christianisme devenu, au iv« siècle, la religion officielle de l'empire romain convertit ensuite les barbares. Le chef de l'ÉgUse, le Pape, fut le chef politique de l'Europe pendant toute la première partie du moyen âge. Seuls les Chrétiens schismatiques d'Orient méconnaissaient sa suprématie.
La formation des divers États midernes l'apparition des sectes protestantes au seizième siècle, l'essor des doctrines philosophiques à partir du dix-huitième, ont porté atteinte à l'influence politique du pape, et diminué le domaine du Catholicisme en Europe : l'Angleterre, les États Scandinaves, l'Allemagne du Nord et la moitié de la Suisse lai ont échappé.
Hors d'Europe, l'Améng'Me espagnole esl catholique, V Amérique anglaise et ÏAusii'alie sont en ma']orité protestantes. Les missionnaires catholiques etproteslants évangélisent les petites îles de l'Océanie et l'intérieur de l'Afrique, mais, dans cette dernière partie du monde leurs conq lêtes sont très limitées par les progrès incessants du Mahométisme.
Il y a aujourd'hui 420 millions de Chrétiens sur le globe.
-vwv Gouvernements. — Le régime de la tribu, extension elle-même de la famille, domine chez les peuples les plus barbares, chez les idolâtres; il s'est maintenu en partie chez les mahométans, surtout chez les Arabes.
Le Brahmanisme a enfanté un grand État aristocratique où tous les hommes sont répartis en castes à jamais séparées les unes des autres, et se dominant graduellement; le vrai pouvoir appartient aux prêtres. Cette organisation subsiste dans l'Inde, même sous la domination anglaise.
Le Bouddhisme a donné naissance aux grands États monarchiques delà Chine, du Japon, de l'Indo-Cliinc et de la Malaisie.
Le Mahométisme confond l'autorité politique et religieuse dans la personne du Kalife, mais il s'est ti'op étendu pour conserver son unité, et co n'est que de nom que le sultan en est aujourd'hui le chef.
GRANDES ROUTES DE TERRE ET DE MER
Quant au Christianisme, il a tenu une
grande place dans le système féodal, et joué un rôle important dans l'Europe monarcldque.
La première, la protestante Angleterre, s'est donné un gouvernement constitutionnel oh le monarque impuissant, l'arislocralio, malgré ses privilèges, les représentants de la bourgeoisie, obéissent tous aux lois souveraines de l'opinion publique.
La Révolution française de 1789 et les mouvements qui l'ont suivie, ont abouti en France au suffrage universel, c'est-àdire au règne de la démocratie et ds la République, qui avaient déjà triomphé en Suisse et dans les États-Unis d'Amérique.
Toutes les vieilles n)onarchies européennes ont subi le contre-coup de ces événements, et sont devenues plus ou moins constitutionnelles; c'est-à-dire qu'une part a été faite à la nation dans le gouvernement.
Seule, la Russie a subsisté comme représentant du moyen âge : le pouvoir absolu politique et religieux y appartient au czar.
En même temps le réveil des nationalités a simplifié la carte politique de l'ancienne Europe chrétienne : l'Italie est devenue un royaume unique, sans même laisser subsister l'État temporel du pape.
L'Allemagne forme aujourd'hui un vns^e et puissant empire ; quelques nations slaves ou latines comme les Serbes, les Bulgares, les Roumains et les Grecs se sont affranchis de la domination turque et tendent à la rejeter complètement hors de l'Europe.
Projet da fédération de l'Empira Britannique. — Jusqu'à ces derniers temps la politique intérieure et la politique coloniale de l'Angleterre n'avaient pas varié : elles consistaient à maintenir d'nne part très fermement l'unité de la mère patrie, et de l'autre à laisser aux colonies la plus larga autonomie. Tandis que l'Irlande était privée d6 son parlement national, le Dominion du Canada se constituait en État presque indépendant, les provinci'3 australiennes et la Nouvelle-Zélande jouissaient du régime le plus libéral, l'Inde même formait un Empire à part : application extérieure de la doctrina bien connue du self-gooernrment.
Tout récemment une doctrine nouvelle s'est fait jour. Tandis qu'un mouvement séparatiste agite l'Irlande, que les velléités d'autonomie gagnent le pays de Galles et l'Écosse, les colonies les plus lointaines cherchent à se rapprocher de la vieille Angleterre et à se serrer autour de leur mère commune. 11 a été sérieusement question de grouper toutes les possessions britanniques en un vaste empira féderatif.
Ce mouvement parait avoir plusieurs causes : — • l'expatriation continue de jeunes Anglais qui infusent aux colonies un sentiment plus Irais et plus vif d'amour pour la patrie européenne; l'extension des échanges entre la métropole et ses colonies qui leur fait apercevoir plus clairement leur solidarité économique ; — la facilité des communications qui multiplie entre le centre et la circonférence les point de contact journaliers, qui facilite les voyages, crée l'uniformité des idées et des goûts
Une ligue s'est formée pour la réalisation du projet de fédération nationale. Ou a vu la Nouvelle- Galles du Sud envoyer un contingent militaire à l'expédition du Soudan (I 885). L'exposition coloniale de Londi-es ()88fi) a donné une nouvelle impulsion aux idées fédéralistes. Mais jusqu'ici tout s'est borné à une a/^itation qu'on pourrait appeler sentimental î.