CHAPITRE II
GRANDES ROUTES DE TERRE ET DE MER
ET T£Lb.GI APHtS
~w>. Routes naturelles. — Les
relations commerciales ont été entretenues de tout temps grâce aux voies naturelles que le relief du sol ménage à la surface du globe. Ces routes n'ont pas perdu de leur importance malgré l'établissement d'un très grand nombre de routes artificielles, chemins de fer et canaux.
v^/^^ La. Méditerranée . — Le
monde ancien ne dépassant guère les rives de la Méditerranée, celle-ci était la grande et la seule route de commerce. Sa direction de VEst à VOuest était et est encore aujourd'hui très favorable à l'établissement de relations nombreuses et variées.
Car les races qui ont peuplé l'Europe de l'Est à l'Ouest se sont échelonnées tout le long de la Méditerranée : Scythes, Grecs, Phéniciens, Latins, Ligures, Celtes, Ibères.
La Méditerranée a été le lien de tous ces peuples que l'empire Romain a fini par réunir sous une domination unique; elle joue aujourd'hui le même rôle entre toutes les nations de l'Europe méridionale, de l'Afrique du Nord, et de l'Asie occidentale.
Les routes à travers TEurope. — Deux routes de terre naturelles traversent la péninsule européenne : l'une de ['embouchure de la Seine à celle du Rhône, l'autre du fond de l'Adriatique aux bouches de la Vistule.
Avec le développement de la civilisation sur les bords de la Manche, de la mer du Nord, de la Baltique, l'importance de ces voies s'est accrue ; il a même fallu au moyen âge en créer de nouvelles, avec Gênes et Venise pour tête de ligne sur la Méditerranée, Anvers, Amsterdam Hambourg sur la mer du Nord: les cols Alpestres du Splugen et du Rrenner (carte, p. 103)sont devenus dés lors des routes très fréquentées.
De nos jours, malgré le développement extraordinairement rapide des chemins de fer dont le réseau en Europe comprend 200 000 kilomètres, ces anciennes routes ont gardé toute leur impwrtance attestée parle percement des tunnels du Cents et du Saint-Gothard (carte, p. 103).
L<es routcs de l'Afrique et de rextrênie Orient dans l'antiquité. — Les Égyptiens et les Phéniciens s'essayèrent à la circumnaviguliun de l'Afrique, les premiers en partant de la
mer Rouge, les seconds de la mer Méditerranée.
Alexandre, conquérant de l'empire des Perses, établit des relations commerciales directes entre la Grèce et l'Inde; son amiral Néarque parcourut le premier la route du golfe Persique diUX bouches de l'Indus; luimême en pénétrant dans la Bactriane, aujourd'hui le Turkestan russe, assura le commerce avec la Chine, qui fabriquait seule alors toutes les étoffes de soie.
Les débouchés de ces routes commei'ciales de l'extrême orient asiatique étaient à Antioche et à Alexandrie.
Au uioyen ag:e. — Au moyen âge l'Islamisme ferma l'Afrique, et la conquête de la Syrie et de la Palestine par les Arabes fit de la capitale de l'empire grec, Constantinople , un entrepôt plus important encore qu'Antioche. Mais bientôt les Génois établis jusqu'au fond de la mer Noire, recevaient les marchandises de Chine à travers l'isthme Caucasien, et les Wmiiens, par leur alliance avec le Soudan d'Egypte, celles de l'Inde à travers l'isthme de Suez ; heureux rivaux des Grecs, les uns et les autres avaient des établissements à Alep et à Damas d'où ils commandaient les routes de terre du Tigre et de l'Euphrate.
^A.^ L.es routes du cap de Itonne-Esi>éraiice et de Suez. —
En doublant le cap de Bonne Espérance,
Vasco deGuma à son tour supprima l'intermédiaire des Vénitiens pour le commerce de l'Inde. Alexandrie, clef des routes de mer, comme Antioche et Constantinople l'étaient des routes de terre, vit décroître sa prospérité, jusqu'au jour où le percement de l'isthme de Suez permit aux navires d'éviter le long détour du cap de Bonne-Espérance et d'aller directement par la Méditerranée et la mer Rouge, de Barcelone, de Marseille, de Gênes, de Venise, ou même des ports européens de l'Océan, à Bombay, à Calcutta, à la Chine, au Japon, aux Indes hollandaises, enfin à l'Australie.
C'est là aujourd'hui une des routes maritimes les plus fréquentées du monde : elle met en relation presque toutes les parties de l'ancien continent.
-^s^ L'océan Atlantique. — Les
Phéniciens s'étaient aventurés les premiers sur l'océan Atlantique à la recherche de l'étain (lies Cassitérides) et de l'ambre (mer Baltique). Longtemps cet océan ne mit en rapport que les Européens entre eux.
Il est devenu une voie universelle par la découverte du nouveau continent, et l'établissement du commerce avec l'Amérique.
La Méditerranée n'est plus seule l'axe commercial du monde : cet axe piolongé traverse l'océan Atlantique, — grande avenue sillonnée par des vaisseaux de plus en plus rapides qui unissent la vieille
GÉOGRAPHIE POLITIQUE DU GLOBE
Spllzber|S^
Mes de la Nouve Ile SiL^rie
dcÉ/i /V
Crcuul&t Ugn&s de iuivù/<ULon, à vapeur*
Lignes tfUJLScuiiLuntnt/xZfS cla cJietiLÙL^ de /î*^
liviUes dejizoUitefU'S daiule-Xordifrcotuiues unpratic{r2ilt\v.
Lijiiit&s di.\i- Etals
_______ C rotules bffiLcs dx. tJterrujus de fef
F. A E I Qjluiui^ fi'autcaujies,aJujhjuscs,espa^ttoUis, hollandaises,
HOP) danoises cl portugaises
Cou.ran^t' mar'i-tu
froid- et, direeC xiny.
Europe à ces pays jeunes de l'Amérique, et par cent cbeiiiins largement ouvei'ls, vont y chercher les produits de toutes les zones.
Déjà, comme une Europe nouvelle, le Canada elles États-Unis, s'y sont développés et unissent l'une à l'autre, les deux côles du nouveau continent.
Le I*acin4|uc. — L'Amérique à son tour est entrée en relations avec notre extrfime oi'ient, qui est pour elle l'exli fiine occident: les Klats-lJnis ilominent sur tout le Nord de l'océan Pacifique, ils vont cher-
cher des travailleurs en Chine, et leur influence politique est déjà considérable au Japon.
Bientôt, le percement de l'isthme de Panama développera encore le commerce de l'océan Pacifique ; il permettra d'aller d'Europe et des côles orientales des États- Unis, à San- Francisco et au Chili, sans prendre le lonj^ chemin du cap llom, il ouvrira une nouvelle route directe vers la Nouvelle-Zélande et l'Auslialie.
--'.^ LcH téléf?rai»lie«!i. — A ces grandes routes commerciales s'ajoutent
des lignes télégraphiques terrestres ou sous-marines qui activent le mouvement des échanges en établissant des communications presque instantanées entre les pays qu'elles touchent ou qu'elles traversent.
Des câbles transatlantiques réunissent rAng:lelerre et la France au Canada et aux États-Unis. Dans les États-Unis une grande ligne suit le chemin de fer transcontinental de New-York à San-Francisco ; elle est reliée, d'une part à la Colombie anglaise et à la Nouvclle-Arkangel, d'autre part au Mexique et au Guatemala; et par
GRANDES ROUTES DE TERRE ET DE' MER
les câbles des grandes et des petites Antilles à l'isthme de Panama.
Un autre câble transatlantique rattache le Portugal au Brésil, par Madère, les Canaries, les îles du cap Vert et Pernambouc. Il communique par des câbles côtiers, au Nord, avec l'Amazone, la Guyane et les petites Antilles ; au Sud, avec le Sénégal, Montévideo et Buenos-Ayres et par la ligne de Buenos-Ayres à Santiago du Chili, avec les ports de la Bolivie, du Pérou et Lima.
Vers l'Orient, les télégraphes russes relient l'Europe à l'Asie centrale et aux ports
sibériens et chinois du grand Océan. La ligne du Caucase et de la Perse, celle de Constantinople et du Tigre aboutissant toutes deux à B.ender Abassy, se prolongent jusqu'à Bombay où atterrit également le câble de Suez et d'Aden.
De rinde une grande ligne se dirige par un câble sous-marin jusqu'à Singapour d'où elle envoie deux ramifications : l'une, au Nord, dessert Saigon, le Tonkin, Canton, les Philippines, Chang-Ha'i et le Japon, rejoignant à Vladivoslock les télégraphes russes; l'autre, au Sud, parcourt
les Indes hollandaises, traverse l'Australie de Port-Darwin à Adélaïde, aboutit à la Tasmanie et à la Nouvelle-Zélande.
Lorsque le câble projeté entre la Colombie anglaise et le Japon, par les îles Aléoutiennes aura été immergé, la terre tout entière sera enveloppée d'un réseau de fils électriques qui ne mettra pas à plus de cinq ou six heures de dislance les pa} S situés aux antipodes les uns des autres.
Conclusion. — Le globe terrestre enveloppé de voies ferrées, de lignes de navigation et de fils télégraphiques est
GEOGRAPHIE POLITIQUE DU GLOBE
ceint tout entier aujourd'hui d'un large courant d'échanges (marchandises, voyageurs, idées) dont l'axe principal traverse l'Europe occidentale, la Méditerranée, l'isthme de Suez, l'Inde, longe la Chine et ie Japon, puis par les États-Unis, et bientôt parl'isthme de Panama,rejointrAtlantique et l'Europe centrale, étendant ses bras toujours grandissants vers d'autres régions telles que l'Améinque duSudetl'Australie-
Par ces communications de plus en plus nombreuses et rapides la planète et l'humanité qui l'habite tendent à l'unité de pensée, d'action, de ■personnalité.
L'homme et les animaux. — La guerre de l'homme contre les animaux féroces ou nuisibles a commencé dès les premiers âges et dure encore. La chasse, la pêche lui fournissent toujours des moyens de subsistance, exclusifs chez certaines peuplades restées sauvages, très précieux chez les civilisés. La domestication des animaux utiles et leur propagation n'ont cessé de faire des progrès. Le chien est partout. Le cheval a été introduit et pullule en Amérique. Le mouton a été importé en Australie et continue à s'y multiplier. Les troupeaux de bœufs s'accroissent sans cesse. L'éléphant est indispensable dans l'Inde, le chameau dans les déserts de l'Afrique et de l'Asie, le lama dans les montagnes des Andes.
La liste des espèces domestiques volatiles et autres s'allonge chaque jour. On a inventé et les Chinois avaient trouvé avant nous l'art d'élever le ver à soie, de propager artificiellement le poisson. Les sociétés zoologiques et d'acclimatation contribuent à ces conquêtes pacifiques. Nous avons em ■ prunté le Faisan à la région du Caucase, le Dindon au Pérou, le Cygne noir à l'Australie, nombre de canards à la Chine, et, bien malgré nous, le phylloxéra aux États-Unis.
11 est singulier que parmi les animaux l'homme ait jusqu'ici dédaigne ou combattu ceux qui se rapprochent le phis de lui, les singes. Il ne les a employés qu'à le distraire, à l'amuser et point à le servir utilement, lorsqu'il ne s'est pas acharné à les détruire. Cependant les Gibbons, disséminés dans l'Archipel malais et jusque dans l'Asie centrale sont d'une agilité incomparable, et lorsqu'ils sautent de branche en branche paraissent aériens. En captivité, ils sont doux et affectueux, h'orang-outang que l'on ne rencontre plus qu'à Sumatra et Bornéo est très vigoureux , et s'il se détend avec férocité quand on l'attaque, on cite toutes sortes de traits touchants de l'attachement qu'il témoigne à son maître, lorsque celui-ci le traite avec bonté. Le chimpanzé qui habite l'Afrique équatnriale vit par petites troupes et se construit un ahri dans les arbres ; il est très intelligent, et c'est de tous les grands singes celui qui se soumet le mieux à la domestication. Le gorille qui se trouve aujourd'hui cantonné dans les mêmes régions est le plus grand et le plus fort de tous. Le sentiment de la famille est très accusé chez lui. Comme le chimpanzé il forme de petites familles polygames et patriarcales où l'autorité d'un seul mâle adulte est reconnue partons les petits. Il est très jaloux de sa liberté, résiste jusqu'à la mort; mais rien ne prouve que, pris tout petit, il ne puisse s'accommoder de la vie domestique.
Si le langage est refusé aux singes, ils ne semblent pas incapables de comprendre la parole humaine. Il.s obéissent à certains ordres qu'on leur lionne, ils sont capables de sentiments délicats, non seulement ils peuvent rire, mais pleurer. Ils apprennent aisi'uiienl à battre du tambour, à jouer (les castagnettes. On en a vu quelques-uns, bien dressés, servir à table avec un zèle et un sérieux iiiilierturhables.
Mais les espèces simiesques pourchassées partout cruellement tendent à disparaître. Si l'homme veut utiliser ce» frères inférieurs comme on les a. nommés, il est temps qu'il songe sérieusement à les apprivoiser. Dans les antiques épopées de l'Inde, li.'ini/iiinan, le grand cliet des singes, était l'allié de Itaina, le grand chel des hommes.
Le<i rivalités politiques.
{Politique wiiverselle.)
■^■^ Les races humaines ont conquis le
globe. — Apparue tardivement sur la surlace du globe (comme le prouve la géologie), l'espèce humaine a fini à force de persévérani'.e par en être la véritable maîtresse.
Les diverses races qui la composent ont atteint un degré de force et de civilisation plus ou moins élevé suivant les milieux où elles ont vécu et suivant leurs qualités natives; mais toutes ont engagé la lutte contre la nature environnante, pour la vaincre et pour l'asservir.
Partout certains animaux ont été réduits en domesticité ; partout certaines plantes sont devenues l'objet d'une culture spéciale; partout le sol a fourni des matériaux qui ont servi à la construction d'abris. Les sociétés humaines se sont ainsi fondées grâce au travail commun.
^/wN, Lutte entre les races humaines. Prédominance des Européens. — Ces sociétés, à peine formées, sont entrées en lutte les wies contre les autres, et comme aucune loi reconnue de tous ne protégeait les faibles et ne détendait leurs droits, les plus forts ont triomphé. L'histoire est pleine du récit de ces guerres hutnaines.
Actuellement, les peuples Européens, héritiers de la civilisation des Grecs et des Romains, sont arrivés à un degré de puissance qui leur assure sinon la possession, du moins l'exploitation et la domination de la terre presque entière.
Une connaissance de plus en plus exacte de la nature, de ses produits, des phénomènes qui s'accomplissent dans l'atmosphère ou à la surface du gtobe, leur permet d'utiliser de mieux en mieux tout ce qui peut leur servir, de se protéger contre tout ce qui peut leur nuire.
j Toutes les vieilles inventions humaines sont devenues entre leurs mains des merveilles d'habileté et de puissance : leurs armes, leurs navires, leurs machines ont multiplié leurs forces dans des proportions inou'ies.
C'est ainsi qu'ils ont envahi ou colonisé: l'Amérique, aujourd'hui partagée entre les descendants des Français, des Anglais, des Espagnols et des Portugais; — l'Océanie, oii les Anglais fondent en Australie une nouvelle Grande-Bretagne, tandis que la Malaisie est exploitée par quelques milliers A' Espagnols et de Hollandais ; — l'Asie, enserrée au Nord et à l'Ouest par les Russes qui menacent aussi la Perse et l'Asie Mineure, sul)juguéeau Sud parles Anglais (Inde), par les Français (Indo- Chine), et ouverte à l'Est à la civilisation occidentale (Chine et .lapon).
Seule l'Afrique intérieure, par sa forme compacte et son climat meurtrier, résiste à l'attraction de l'Europe. Mais les Français, les Anglais, les Portugais, les Allemands se sont établissurses côtes, tandis que de hardis voyageurs achèvent de dissiper l'obscurité qui voilait ce, continent, et multiplient nos rapports avec les peuples qui l'habitent.
En maints endr oits les races indigènes inférieures ont été absorbées ou anéanties. Mais les Chinois, li;s Hindous et d'autres peuples, l)ar \ti\iT civilisation originale et surtout parla masse énorme de leur population, résistent à l'action desti'uctive des Occidentaux. On peut
les exploiter, les gouverner; mais ils ne se laissent ni entamer, ni assimiler.
Empire universel de l'Angleterre. • ^
Les conquêtes de la civilisation européenne multiplient sur la surface du globe les points de contact, les rivalités, les chances de conflits entre les peuples civilisés.
L'un d'eux, le peuple anglais, servi par sa situation insulaire et par ses énormes ressouices métallurgiques, a étendu son empire comme un immense filet sur la plus grande partie de la terre.
La possession de YInde et de l'Australie l'a obligé à s'en assurer la route.
Celle du détroit de Malacca lui ouvre la porte des mers de la Chine et de Y Australie.
Le Cap, au sud de l'Afrique, les îles Falkland, au sud de l'Amérique, et beaucoup d'autres îles, sont d'utiles points de relâche pour ses navires.
Là même oit l'Angleterre a le plus perdu, en Amérique, elle a conservé un puissant empire, le Dominion du Canada. Son établissement dans la plupart des Antilles lui assure l'accès du nouveau canal qu'on perce à Panama et qui deviendra la route de l'Australie. (Voir p. 116, Empire colonial de l'Angleterre.)
Les besoins croissants de son industrie et de son commerce lui font chercher partout des débouchés, c'est-à-dire des conquêtes nouvelles. Elle a réussi à prendre la première place dans le commerce avec la Chine; elle s'est établie à Bornéo et dans la Nouvelle- Guinée; s'efforce de devancer les autres nations dans l'intérieur de l'Afrique.
^/w-. Rivaux de l'Angleterre. — Menaçante partout, l'Angleterre est aussi menacée partout.
La route des Indes lui est une cause de perpétuels sowm; l'Espagne revendique Gibraltar, l'Italie, Malte; la barbarie musulmane et les jalousies excitées chez toutes les nations par la décadence de l'empire turc sont un double et pressant danger pour l'Egypte et Suez.
De l'Arménie, la Russie menace l'Euphrate, route terrestre de l'Hindoustan, et, par le Turkestan, l'Hindoustan lui-même. Les projets anglais sur la Chine sont encore contrecarrés par les Russes, maîtres du fleuve Amour, et par les Français, qui occupent le Tonkin.
Les Etats-Unis, de leur côté, luttent contre elle pour établir leur influence sur l'Asie orientale et dans l'océan Pacifique, où nos possessions de Taiti et de la Nouvelle-Calédonie menacent également la route future de Panama à Sydney.
Dans l'Amérique même, le nouveau canal sera une proie tentante pour les États-Unis, qui, d'autre part, ne cachent guère leur désir de s'annexer le Canada, et deviendraient ainsi des alliés utiles pour tout ennemi de l'Angleterre, pour la Russie en particulier.
Enfin, dans l'Afrique méridionale, les Zoulous et les Boërs, qui mettent en danger la colonie anglaise du Cap, peuvent trouver dans les Portugais du Congo et de Mozambique, et surtout dans l'empire d'Allemagne, de redoutables alliés.
.^-^ Conclusion. — Ainsi, il n'y a pas une partie du monde où l'Angleterre n'ait à la fois des intérêts et des ennemis. C'est la loi à laquelle est soumise la politique des nations : toute possession crée un intérêt, et tout intérêt un danger, ^universelle domination de l'Angleterre fait à la fois sa force et sa faiblesse; plus son empire est étendu, plus il est vulnérable.