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PALÉOZOÏQUE ENVIRON

D'ÉPAISSEUR

(1) Nous donnons ici la traduction des expressions de lau gravure qui ne sont pas les mêmes dans les deux langues :

Glacial drift : Drift glaciaire.

Chalk ; Craie.

I^eto red sandstone : Nouveau grès rouge.

Coal : Houille.

Mountain limestone : Calcaire de montagne.

Old red sandstone ; Vieux grès rouge.

La gravure représente les strates observées jusqu'ici par les géologues, superposées d'après l'ordre chronologique dans lequel ou suppose qu'elles ont été produites. Toute la série est divisée en un certain nombre de formations, dont les noms sont donnés, dans la première colonne, avec le chiffre approximatif de leur épaisseur en mètres. Ces formations se distinguent l'une de l'autre dans le dessin par la différence des nuances. Chacune d'elles, d'après la théorie géologique, doit son existence à l'accumulation des matières solides au fond de la mer, et la période de temps occupée par sa production est habituellement désignée sous le même nom que la formation elle-même. Ainsi, nous disons la, formation carlonifère et \à période carbonifère; la première expression désigne certains groupes de strates déposés simultanément sur différentes parties de la terre ; la dernière désigne la période de temps pendant laquelle ces groupes de strates furent déposés. De même, lorsque l'on nous parle de lo, faune et de la flore carbonifère, nous devons entendre les animaux et les végétaux qui vécurent pendant la période carbonifère. Enfin, lorsque nous entendons dire aux géologues que la mer crétacée roulait ses eaux sur une grande partie de ce que nous appelons maintenant l'Europe, ils veulent parler de cette mer au sein de laquelle se déposaient les roches crétacées.

La plupart des formations comprennent divers groupes de strates, et ces groupes sont composés de différentes variétés de roches qui se divisent en lits ou couches d'une épaisseur variable. Dans ces lits eux-mêmes , l'on peut souvent distinguer un nombre illimité de plaques ou lamelles, à peine plus épaisses qu'une feuille de papier, qui correspondent aux dépôts périodiques de la matière dont la roche se forma originairement. C'est surtout dans la formation carbonifère que l'on peut étudier ces nombreuses subdi-

visions. Elle est répartie en deux principaux groupes de strates : le calcaire de montagne au-dessous et le terrain houîller au-dessus. Le groupé supérieur est le plus considérable et le plus important. Il atteint un maximum d'épaisseur de 4,000 mètres dans la partie méridionale du pays de Galles , et se compose de nombreuses couches de grès et de schiste avec de minces gisements de houille interposés accidentellement. On a compté, sur un point en particulier, jusqu'à cent lits distincts de houille, variant [en épaisseur de six pouces à dix pieds, et chacun de ces lits reposait sur une couche de schiste qui, dans la phraséologie des mines, a reçu le nom à'undercïay. Ce schiste lui-même se divise naturellement en un nombre infini de minces lamelles, absolument comme le dépôt de limon accumulé par les inondations annuelles du Nil et constituant le sol actuel de TÉgypte.

Nous n'avons pas essayé de représenter, dans notre dessin, ces diverses divisions et subdivisions des roches stratifiées. Mais nous avons feit graver les noms de quelques groupes importants et bien connus, afin d'imprimer plus vivement dans l'esprit la place à laquelle ils doivent être rapportés dans le calendrier géologique. C'est ainsi que le lecteur peut voir d'un seul coup d'œil les âges respectifs de la houille et de la craie; du lias, dans lequel sont conservés les restes des gigantesques reptiles disparus, et du drift glaciaire, dans lequel nous trouvons enfouis l'éléphant, le rhinocéros et l'hippopotame; du calcaire de montagne, qui souvent n'est pas autre chose que de vastes lits de coraux soulevés du sein des mers, et de l'oolite, à laquelle appartiennent les carrières de Portland, où nous trouvons encore debout, dans la roche cpmpacte, les troncs pétrifiés d'anciens ar-. bres de nos forêts.

De même que la série des roches stratifiées est divisée par les

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géologues en un certain nombre de systèmes ou formations, de même ces formations sont groupées à leur tour en classes, encore plus étendues, appelées ^m^ire, secondaire et tertiaire, c'est-àdire première, seconde et troisième , dans Tordre de leur formation. Ces grandes classes correspondent aux longs âges ou époques des temps géologiques, dont chacun comprend plusieurs périodes distinctes. Les roches primaires sont aussi appelées paUozoïgues (TcaXaiov, ancien, et Çwov, être organique), parce qu'elles contiennent les plus anciennes formes de la vie organique. De même, le {/àvmiàmésoz&ique ([xédov, milieu, etÇSJov), est appUqué aux couches secondaires, parce qu'elles contiennent les formes moyennes ou intermédiaires de la vie organique ; et le nom dnozmque ( xaivov, nouveau, et CSJov), est donné aux couches tertiaires, qui contiennent les formes les plus récentes de la vie organique.

Le terme post-tertiaire (1) a été récemment adopté pour désigner les dépôts superficiels postérieurs à l'âge tertiaire. Ils sont divisés en deux groupes : les dépôts récents, qui correspondent à la période historique, et \q post-pliocène y qui la précède. Quelques écrivains paraissent penser que ces dépôts, si insignifiants et si modernes, quand on les compare à la longue série des roches stratifiées, ne sont pas vraiment géologiques. Mais c'est, selon nous, une fausse vue de la question. Il nous semble même que la" mince couche de limon, qui se dépose chaque jour à l'embouchure du Gange ou du Mîssissipi, se rattache à la longue chaîne des événements qui ont porté l'écorce

(1) Ce terme est peu usité en France. On le remplace habituellement par le mot quaternaire. Kous préférons, à vrai dire, la dénomination anglaise, qui a Tavantage de séparer moins complètement deux formations souvent à peine distinctes. {Note du trad.)

terrestre à son état actuel, et, dès lors, appartient réellement à la science de la géologie, et mérite sa propre place dans la classification géologique.

Nous pouvons observer ici que les noms des grandes époques géologiques sont des noms descriptifs, c'est-à-dire que, par leur signification première et littérale, ils donnent une idée du caractère des strates qu'ils représentent. Primaire, secondaire, tertiaire signifient premier, second et troisième, dans l'ordre de formation : paléozoïque, mésozoïque et cénozoïque signifient que les strates ainsi appelées sont caractérisées par les formes an* cieîmes, moyennes et modernes de la vie organique. Mais il en est tout autrement des noms des différentes formations; et c'est là un point d'une grande importance pour celui qui étudie la géologie. Ces mots doivent être regardés simplement comme des noms employés pour désigner les strates formées à chaque période successive, et non précisément pour décrire leur caractère. Ils tirent généralement leur origine de quelque circonstance accidentelle ou de quelque localité particulière. Leur signification, d'abord restreinte, a eu dans la suite une application beaucoup plus étendue que celle que les mots eux-mêmes sembleraient suggérer. Ainsi, par exemple, la formation crétacée doit son nom au remarquable dépôt de craie blanche (cre^), qui s'effectua pendant cette, période sur une grande partie de l'Europe; mais ce serait une erreur de supposer que toute la formation soit composée de craie. On y trouve, au contraire > en divers endroits, des roches fort différentes; près de Dresde, par exemple, c'est un grès quartzeux, et dans plusieurs parties des Alpes, c'est un calcaire compacte (1). -La formation dévo-

(1) Lyell, Principes de Géologie, 1. 1,

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nimne tire son nom du Devonshire, où les roches de cette période fdrent, pour la première fois, l'objet d'un examen minutieux ; mais il ne faut pas en conclure que cette formation soit particulière au comté de De von; on la trouve dans plusieurs autres comtés de T Angleterre, en Irlande et sur le continent européen. De même, une autre formation a recule nom de carbonifère, qui signifie littéralement « porter du charbon » (carbo, fero), à cause des lits de houille qui sont parfois associés aux strates ; mais il n'en est pas moins vrai que cette formation est souvent complètement dépourvue de houille sur de vastes étendues.

En jetant les yeux sur notre tableau des strates, le lecteur a dû s'apercevoir que les espaces réservés à chaque formation n'étaient pas proportionnés à l'épaisseiu' actuelle de ces formations successives. Les roches secondaires et tertiaires réunies égalent à peine, dans la réalité, un tiers de l'épaisseur des roches primaires, et pourtant elles occupent dans notre gravure un espace égaL Chose plus remarquable encore , le système crétacé occupe un espace double du iaurentien, quoique n'offrant même pas la moitié de son épaisseur. Cette circonstance demande en passant un mot d'explication. Dans les anciennes annales d'une nation, on n'a généralement que fort peu de documents authentiques; et, par suite de cette disette de faits, l'histoire de tout un siècle se trouve 'souvent réduite à quelques pages. Au contraire, dans les temps les plus récents, lorsque les documents commencent à s'accumuler, l'historien fait souvent plusieurs chapitres des événements de deux ou trois années.

Quelque chose de semblable a lieu en géologie. Les fossiles, qui sont pour le géologue les documents authentiques où il puise ses renseignements sur l'histoire de l'écorce terrestre, sont rares dans les anciennes formations et abondent dans les dernières.

De cette manière, il arrive que les premières périodes géologiques, nonobstant la vaste épaisseur des terrains qui les représentent, ne tiennent pas une place bien remarquable dans les annales de la géologie, et sont réduites, dans ses tableaux, à n'occuper qu'un espace relativement insignifiant. Néanmoins, l'immense épaisseur des terrains stratifiés les plus anciens doit être prise en considération, lorsqu'il s'agit d'apprécier la durée relative des différentes périodes géologiques. C'est pourquoi nous avons placé, au-dessous du nom de chaque formation, son épaisseur approximative, que nous avons puisée principalement dans les ouvrages de sir Charles Lyell et du docteur Haughton. Rappelons cependant que l'épaisseur totale des roches est beaucoup plus grande dans notre tableau qu'elle ne l'est nulle part dans la nature, parce que, dans aucune partie de l'écorce terrestre, leur groupe entier ne se trouve réuni en une masse complète et ininterrompue.

Avant de terminer ce chapitre, nous devons observer que le système de classification que nous avons essayé d'exposer n'a pas la prétention d'être complet et définitif. Ce n'est guère, au contraire, qu'un expédient temporaire, destiné à rendre intelligibles les résultats auxquels les géologues sont arrivés jusqu'ici, qu'une théorie susceptible de diverses modifications à mesure que les connaissances géologiques deviennent plus étendues et plus précises. Tout ce que les géologues prétendent en ce moment , c'est que les formations successives représentent des périodes de temps successives, qui se sont suivies dans l'ordre que nous avons exposé, et pendant lesquelles ont vécu certaines espèces de plantes et d'animaux, restreintes pour la plupart à leurs époques respectives (1).

(l)Êlémeias de Géologie, de LyéU, t. I, p. 161.

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