‹ Gélogie et révélationChapitre 26 sur 105 · AC · texte numérisé non relu

AC

animalcules comi)06ant

la craie blanche.

Développement ex-

ffi

traordinaire des repti-

PS

les marins.

Le plus ancien mammifère fossile.

Za plus ancienne trace 1

' d'oiseazix.

OQ

Première apparition des rep-

tiles : Archegosaurus découvert

dans le terrain houiller, prte de Strasbourg, 1847.

Poissons fossiles en grande abon-

dance.

Le plus ancien poisson fossile;

CQ

trouvé près de Ludlow, sur les fron-

tières du Herefdrdshire.

Eozo(m Canadense; le plus ancien /os-

stte connu.

(1) Traduction française de quelques expressions de la gravure :

Glaciai drift : Drift glaciaire.

Chalk : Craie.

Neuf red sandstone : Nouveau grès rouge.

Coal : HouiUe.

Mountain limestone : Calcaire de montagne.

Old red sandstone : Vieux grès rouge.

restes des animaux invertébrés ont été découverts jusque dans les roches inférieures de la période laurentienne (1). Quant aux vertébrés, ils font leur première apparition dans les couches de Ludlow du silurien supérieur, où ils sont représentés par des os de poissons, classe inférieure de l'embranchement des vertébrés. Les reptiles viennent ensuite; le plus ancien que Ton connaisse a été trouvé dans les terrains houillers de Saarbriick , entré Strasbourg et Trêves. Les squelettes d'oiseaux sont rares dans les roches stratifiées. On suppose que la faculté qu'ils ont de voler leur a permis à toutes les époques d'échapper, en grande partie, aux inondations qui emportaient les autres animaux et les ensevelissaient dans les dépôts sédimentaires des fleuves et des estuaires. Néanmoins, leur présence dans l'ancien monde est fréquemment attestée par les empreintes de leurs pieds qui, gravées originairement sur le sable du rivage , ont passé jusqu'à nous avec ce sable transformé en roche solide. Des traces de ce genre ont été découvertes en grande abondance sur le nouveau grès rouge du Connecticut, fleuve de l'Amérique du Nord : ce sont les plus anciens témoignages concernant l'existence des oiseaux que nous offrent les archives de la géologie. Ce groupe de strates

(1) L'animalité de VEozoon canadense est plus que problématique. Ce prétendu fossile des terrains laurentiens du Canada n'est probablement qu'une apparence organique due à des infiltrations analogues à ceUes qui ont produit les dendrites. Telle est, du moins, l'opinion de la Société américaine pour l'avancement des sciences. (Voir Revue scientifique, 13 janvier 1872, ou encore : les Mondes, 18 janvier 1872.) La découverte de ce prétendu fossile avait été fort acclamée dans le monde incrédule, parce que, en reculant au delà de toutes limites l'apparition de la vie sur la terre, elle semblait en contradiction avec les livres saints. Mais c'était bien à tort; car on peut admettre si l'on veut que des millions d'années ont séparé la création de l'homme de la création du premier animal, sans que l'exactitude du récit biblique ait aucunement à en souffrir. (Note du traducteur.)

appartient au trias inférieur. Nous rencontrons dans les couches supérieures de la même formation le premier mammifère fossile. On le trouva près de Stuttgard, en 1847. Il appartient à la forme la plus imparfaite des mammifères (1). Des restes semblables ont été découverts depuis, dans le trias supérieur du comté de Somerset. Les animaux plus parfaits de la même classe, ou mammifères à placenta, ne font leur première apparition que dans la formation éocène ; quant aux os de l'homme, le plus parfait d'entre eux, ils se rencontrent pour la première fois dans les dépôts supérieurs de rage post-tertiaire.

Il fîiut se rappeler que nous nous bornons à exposer les faits que nous ont révélés jusqu'ici les recherches des géologues. Il peut se faire, il est même très probable que de nouvelles découvertes viendront , dans la suite, modifier considérablement notre tableau. Nous n'avons aucune raison de croire que les géologues aient découvert les plus anciens restes des vertébrés et des invertébrés con- ^ serves dans la croûte terrestre; que les poissons ne puissent être retrouvés au delà de la période silurienne, ou les reptiles au delà de la période carbonifère; qu'on ne puisse rencontrer d'oiseaux dans les terrains primaires et des mammifères k placenta y dans les terrains secondaires. Mais, dans une science qui repose purement sur l'observation, il est mieux d'enregistrer les faits que l'on connaît que de discuter inutilement sur ceux que l'on ne connaît paa. Ces faits enregistrés, l'on ne peut manquer d'être frappé de l'ordre dans lequel, selon eux, la vie organique s'est développée sur la terre. Il est bien remarquable, en effet, que si l'on s'en tient aux fossiles jusqu'ici découverts, les invertébrés et les verté-

(1) n ne nous paraît pas encore prouvé que cet animal soit yéritablement un mammifère. — H ne sera peut-être pas inutile de dire que les animaux sans placenta sont les didelphes ou marsupiaux de Ouvier. (Note du trad,)

brés^ les poissons^ les reptiles, les oiseanx et les mammifères sans placenta et avec placenta, se soient snccédé dans la série ascendante des formations géologiques absolument dans le même ordre qu'ils se suivent dans l'échelle ascendante de la classification zoologique.

Les géologues sont donc toujours à la recherche de nouveaux phénomènes qu'ils groupent en classes jusqu'à ce que des faits particuliers ils déduisent des vérités générales. Partant alors de ces vérités générales comme des bases de leur science, ils en viennent à esquisser l'histoire naturelle de notre- globe depuis, les âges les plus reculés jusqu'au temps présent. Ils commencent par étudier les dépôts stratifiés de chaque période successive et par analyser les fossiles qu'ils renferment, puis ils tirent leurs conclusions et composent leur histoire. Ils décrivent les formes, le caractère, les habitudes des animaux et des végétaux qui vécurent autrefois sur notre terre ; ils nous disent dans quel endroit la mer profonde roulait ses eaux et la terre ferme apparaissait à chaque époque successive; ils indiquent les deltas de ses anciens fleuves, ils mesurent la largeur de ses estuaires, ils tracent le cours de ses glaciers, ils marquent les configurations de ses chaînes de montagnes. Mais nous n'avons point à nous occuper ici de spéculations de ce genre. Plusieurs d'entre elles sont controversées et quelques-unes sont, en ce moment, l'objet de discussions très vives parmi les géologues euxmêmes. Du reste, vraies ou fausses, elles n'affectent en aucune manière les rapports de la géologie avec la religion révélée. Il nous suffit entièrement, pour le but que nous nous proposons , d'avoir essayé de faire comprendre la théorie générale de la chronologie géologique et le genre de preuve sur lequel elle repose.

Cependant, avant de quitter ce sujet , nous dirons quelques mots d'une intéressante application des principes que nous avons exposés dans les deux chapitres précédents. Cela aidera à confirmer les conclusions que nous avons essayé d'établir , et en même temps fera saisir à plusieurs esprits le parti qu'on peut tirer pratiquement d'une connaissance parfaite et d'une juste appli* cation de la science géologique.

La houille eût pu être produite à toutes les périodes géologiques, et des lits de houille ont été, en effet, découverts dans beaucoup de formations différentes. Mais il résulte d'une longue expérience que les dépôts houillers de la formation carbonifère sont plus abondants et de meilleure qualité que ceux des autres formations. Ces derniers sont minces et d'une qualité tellement inférieure qu'on ne peut les mettre à profit. Il est donc d'une très grande importance dans la recherche de la houille, avant de creuser à grands frais des puits profonds, de voir si les terrains auxquels on a affaire appartiennent bien à la période carbonifère. Ici, le simple praticien est souvent en défaut. Les strates d'où l'on extrait le charbon consistent généralement en argiles sombres, en schistes noirs et autres dépôts semblables. C'est un fait trop manifeste et trop sensible pour qu'il ne soit pas parfaitement connu de tous ceux qui ont travaillé dans les houillères. Il en résulte fréquemment que le praticien conclut à la présence de la houille toutes les fois qu'il rencontre des strates de ce genre. Le géologue, au contraire, sait bien que de telles couches ne sont pas particulières aux roches carbonifères, mais qu'elles se rencontrent dans d'autres formations dans lesquelles il n'y a pas de houille ou du moins pas assez pour dédommager des dépenses de l'exploitation; il comprendra dès lors combien il serait téméraire d'entreprendre des travaux aussi dispendieux sur la.

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foi de simples apparences. Mais il sait de plus qu'il est certaines espèces, animales et végétales, que Ton rencontre dans les terrains carbonifères et pas ailleurs ; il les cherchera dans les strates qu'il veut explorer, et , par leur présence ou leur absence, il saura si les strates en question appartiennent ou non à la formation oarbonifère.

H arrivera souvent aussi que, au milieu d'une vaste région où l'on sait que la houille abonde, les terrains superficiels de quelque localité particulière, non seulement en seront dépourvus, mais n'offiiront aucune ressemblance, soit dans leur caractère minéral, soit dans leurs fossiles, avec les terrains carbonifères. Une question de la plus haute importance pratique se pose alors : Peut-il se faire que ces couches superficielles recouvrent des roches carbonifères ? Est-ce la peine de creuser un puits à travers les unes dans l'espoir d'atteindre les autres? Le mineur n'a pas de principes clairs et certains qui puissent l'aider à résoudre ce problème; aussi, que de sommes ont été dépensées en pure perte à la recherche de la houille sur des points, où, comme on s'en est aperçu plus tard, il n'y avait pas la moindre chance d'en rencontrer ! Or, si la géologie ne peut dire- avec certitude si l'on parviendra à découvrir de la houille au-dessous de ces couches, elle j^t dire au moins s'il y a quelque chance sérieme d'y parvenir; elle peut dire s'il y a un espoir raisonnable d'atteindre la formation carbonifère en pénétrant dans la croûte terrestre en cet endroit même. Or, si l'on atteint la formation carbonifère au milieu d'un district houiller, il est très probable que l'on rencontrera des lits de houille.

Le premier objet du géologue sera de connaître la formation à laquelle appartiennent les roches superficielles. Si c'est un terrain plus ancien que le terrain carbonifère, — le silurien, par

exemple, ou le dévonien, — il voit qu'il est parfaitement inutile de continuer les fouilles, car il n'est pas possible que les roches carbonifères soient situées au-dessous de roches qui leur sont antérieures en existence. Ainsi , le géologue saura d'avance ce que le praticien ne saurait qu'après avoir dépensé son argent. Si, d'un ' autre côté, les roches qui apparaissent à la surface appartiennent à une période postérieure à la période carbonifère, le géologue n'en conclura pas toujours qu'il convient de creuser un puits pour la recherche de la houille. Les terrains carbonifères peuvent être situés au-dessous à une telle profondeur qu'il serait împossible de les atteindre. Supposons, par exemple, que les strates qui apparaissent à la surface appartiennent à la formation crétacée. Il sait par son tableau chronologique que l'âge carbonifère est séparé de l'âge crétacé par trois périodes intermédiaires, les périodes permienne, triasique et jurassique. C'est pourquoi, lorsque les terrains crétacés apparaissent à la surface de quelque localité, il est fort possible, quoique évidemment cela ne soit pas certain, qu'avant d'atteindre les terrains carbonifères, il faille traverser des milliers de pieds de roches jurassiques, triasiques et permiennes, et encore ne serait-on pas sûr d'atteindre même alors les couches carbonifères. Il est possible, en effet, qu'elles n'aient jamais été déposées sur cette partie de la surface terrestre; ou bien, si elles ont été déposées, elles ont pu être enlevées postérieurement par les agents de dénudation. Notre géologue conclura donc avec raison que les dépenses probables des recherches étant si considérables et les chances de succès si incertaines, il sera plus sage de ne pas tenter l'entreprise.

Par la judicieuse application des principes que nous venons d'exposer bien imparfaitement, — principes qui, naturellement, sont sujets, dans la pratique, à des modifications nombreuses et

variées, — la géologie a déjà prouvé qu'elle pouvait contribuer puissamment à la richesse et à la force du pays. « Elle a déjà, nous assure, le professeur Philips, arrêté bien des tentatives insensées dans la recherche de la houille, dans des lieux où cette recherche ne pouvait avoir aucun bon résultat; elle a retardé, pour le moins, des essais encore trop hasardeux, et elle a encouragé des eflPorts qui ont été couronnés de succès au delà de l'espérance des mineurs, et même contrairement à leur attente (1). »

(1) Geology of Oxford and the vàlley qfthe TkameSf p. 494.

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