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t^st ainsi déterminé j non païâ par k Biblt; elle-même, mais par un calcul appuyé snr lea dates que nous fum*uit la Bible. Kons ne nous arréterous pas k i*ecliercher si cû calcul est tout à fait exempt d'erreur, ou si les dates sur lesquelles il est basé doivent nécessairement être tenues pour exactes. Mais on nous permettra de faire j eji piissant, une ou deux remarr|ues. D'aWrd, quand on veut déduire la chronologie de la race humaine des données bibliques, on tient pour accordé qu'aucun anneau n'a été omis dans la chaîne directe de descendance du père au fils ; or, c^est là une supposition qui n'est point démontrée. En second lieu, relativement aux dates , on voudrait tenir pom' certain que les deux longues listes de chiffres insérées dans les cinquième et onzième chapiti'es de la Genèse sont aussi strictement exactes que si elles sortaient de la plume inspirée de Moïse ■ mata rien ne prouve que ces cliiffrea n'aient subi qnelqne altération de ia part des nombreux scribes qui s'interposent entre Tantograplie de Moïse et la plus vieille copie dn Pentateuquc qui noue reste encore. Il est même certain, puisque les trois versions les plus anciennes et les plus vénérables diffèrent notablement eutre elles, que deux de cas versions sont erronées, Or> s'il est certain que des erreurs se sont introduites dans ces deux versions, de manière à passer dans toutes les copies que nous en avons, il n'est pa;s impossible (|ue des erreurs semblables se soient glissées dans la troisième, et, en conséqneucej il n'est nullement prouvé qu'aucune des trois versions donne actuellement les chiffres mêmes écrits par Moïsc>
Mais noua n'avons point , il est vrai , à nous occuper maintenant de la stricte exactitude des chiffi-es de la Bible ^ pas plus que de la justesse des calculs qui appuient snr ces chiffres un système chronologique. Quels que soient le vague et rincerti-
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tude qui régnent encore sur la chronologie biblique, nous admettons volontiers qu'il est impossible d'étendre assez ses limites pour la faire embrasser ces vastes périodes que la théorie géologique semble exiger si impérieusement pour la formation de récorce terrestre. Le point sur lequel nous avons réellement besoin d'insister, c'est que la chronologie de la Bible n'est point la chronologie du globe que nous habitons, mais seulement la chronologie de la race humaine elle-même, et que, en conséquence, eUe n'impose aucune . limite à l'ancienneté de la terre.
Pour bien établir cette vérité et en convaincre nos lecteurs, il faut reporter notre attention sur le premier chapitre de la Genèse, dans lequel se trouvent brièvement exposées l'origine et l'histoire primitive du globe depuis la création des cieux et de la terre, au commencement, jusqu'à la création de l'homme à la fin du sixième jour. Si ces deux événements étaient compris dans un espace de temps très étroit, comme on le suppose assez fréquemment, l'âge de la terre se confondrait en quelque sorte avec l'âge de l'homme. Mais si, au contraire, entre ces deux événements, le récit sacré permet de supposer un intervalle de temps indéterminé, il en résultera clairement que l'âge de la race humaine, tel qu'on le trouve exposé dans les généalogies de la Bible, ne peut rien prouver contre l'ancienneté de la terre. L'a question est ainsi resserrée dans des limites très étroites. Il s'agit simplement de prendre le premier chapitre de la Genèse et d'examiner s'il y est ou non rapporté que la création de l'homme, qui se trouve décrite à la fin du chapitre, suivit après un laps de quelques jours seulement la création du ciel et de la terre racontée au premier verset.
Pendant plusieurs siècles, cette question attira à peine l'at-
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" tention des lecteurs de la Bible. On admettait généralement que, de même que les divers événements de la création sont rapportés dans une rapide succession par l'écrivain inspiré et réunis dans un récit continu, de même ils durent se suivre, dans la réalité, avec une rapidité correspondante et sans interruption. Les progrès des sciences physiques n'avaient pas encore fait voir la nécessité de supposer une longue période de temps entre la création du monde et celle de l'homme, et il n'y avait rien dans le récit qui pût suggérer une telle idée (1). On tenait généralement pour accordé que Dieu, en créant le ciel et la terre au commencement, donna à son œuvre la disposition et l'organisation nécessaire pour l'usage de l'homme; qu'il distribua cette œuvre entre une période de six jours ordinaires ; qu'à la fin du sixième jour, il introduisit nos premiers parents sur la scène, et que dès lors, le commencement de la race humaine n'était postérieur que de six jours au commencement du monde.
Ces idées sur l'histoire de la création ont continué de régner jusqu'à ces derniers temps. Il faut observer, cependant, qu'elles ne s'appuyaient pas sur un examen attentif et scientifique du texte sacré. L'hypothèse d'une longue période antérieure à la création de l'homme fiit plutôt inaperçue que re jetée de nos commentateurs. On n'avait aucune bonne raison d'appuyer sur un sujet alors purement spéculatif; aussi on ne s'en occupait pas. Mais maintenant que le monde retentit des merVeilleuses découvertes de la géologie, découvertes qui, chaque jour,
(1) C'est, selon nous, une exagération. Le texte sacré ne s'explique bien que dans l'hypothèse des jours-périodes (voir note J). Aussi plusieurs Pères et Docteurs de rÉgUse ont-ils rejeté les jours de 24 heures longtemps avant que les découvertes géologiques en eussent fait une nécessité. {N. du trad.)
affirment de plus en plus Textrême ancienneté de la terre, il devient d'une impérieuse nécessité d'examiner de nouveau, avec tout le soin et la diligence possibles, le récit inspiré de la création dans ses rapports avec ce nouveau dogme des sciences physiques.
Kous ne sommes pas le premier qui nous préoccupions de ce sujet. Il a déjà attiré l'attention et excité le zèle des théologiens depuis plus d'un demi-siècle. Des hommes éminents, aussi distingués par l'étendue de leurs connaissances que par leur zèle religieux, ont chaudement protesté contre l'opinion des géologues, concernant l'ancienneté de la terre, comme ne pouvant se concilier avec l'exactitude historique de la Bible. D'un autre côté, des écrivains non moins illustres et non moins sincèrement attachés à la cause de la religion, prétendent qu'il n'y a rien dans le texte sacré qui exclue l'hypothèse d'un intervalle long et indéterminé de plusieurs millions d'années, si l'on veut, entre la première création de la matière et la création de l'homme. Il y a trente ans, cette opinion était défendue par le cardinal Wiseman, avec autant de science que de succès, dans ses fameux Discours sur les rapports des sciences avec la religion révélée. L'éminent jésuite romain, le père Perrone, a partagé cette manière de voir dans ses Frœlectiones theologicœ, ouvrage depuis longtemps devenu classique dans nos écoles de théologie. La même opinion a été discutée d'une manière encore plus complète et défendue avec plus de soin et d'étendue dans un ouvrage intitulé Gosmogonia naturale comparata col Genesi, et publié dernièrement à Rome à l'imprimerie de la Civilta catiolica, par un autre jésuite distingué, le père Jean-Baptiste Pianciani. Elle a également trouvé un nombre considérable de défenseurs intelligents parmi les écrivains protestants. Elle a
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été soutenue par le docteur Buckland, réminent géologue, dans son eélèbi'e Traité de Bridgewater, par le docteur Chalmers, dans ses Preuves de la révélation chrétienne, par le docteur Pye Smith, dans ses Dissertations sur la géologie et TÉcriture; par l'éloquent et original Hugues Miller, dans son intéressant ouvrage sur le Témoignage des roches^ et par une foule d'autres à peine moins distingués que les premiers.
Cette large interprétation du premier chapitre de la Genèse n'est pas restreinte à l'Italie et à. l'Angleterre. Elle est défendue avec talent en France par des écrivains tels que M*"" Meignan (1), évoque de Châlons, et l'abbé de Valroger (2), prêtre de l'Oratoire; en Allemagne, par de savants théologiens et commentateurs, en tête desquels nous citerons deux professeurs de théologie : le docteur Kurtz et le docteur Eeusch (3), et en Amérique, par toute une armée d'hommes éminents aussi remarquables par leurs connaissances scientifiques que par leur profond respect pour l'Écriture, entre autres par les célèbres professeurs Silliman (4) et Dana (5).
Mais ces savants écrivains ne sont plus d'accord lorsqu'il s'agit de fixer le point du premier chapitre de la Genèse où l'on peut placer ce long intervalle de temps qu'ils supposent. Quelques-uns pensent que l'on peut introduire cet intervalle entre le commencement des temps, lorsque Dieu créa le ciel et la terre, et le commencement du premier jour, lorsqu'il prépara le monde à devenir l'habitation de l'homme. L'Écriture
(1) Le Monde et V Homme primitif selon la Bible, Paris, 1869.
(2) L'Age du Monde et de l* Homme diaprés la Bible et V Église, 1869.
(3) BibelundNatur, Freiburg in Breisgau^ 1870.
(4) Consistency ofthe Discoveries of modem geology with the Sacred History.
(5) Voir son Manuel de géologie.
sainte, disent-ils, rapporte simplement ces denx événemiraitB : 1* que c an oommiraio^nent, Diea créa le ciel et la terre, 3 et 2* que, dans un temps postérieur. Dieu dit : c Que la lumière soit, et la lumière fuL » Mais rEeritnre sainte ne nous dit point combioi de temps s'écoula entre ces d»ix grands actes de la toute-puissance divine. Il ne nous a point été révélé si cet intervalle fut d'un s^ jour ou d'un million d'années (1). D'autres, an contraire, par exemj^ Piandani, {fféferent adm^^tre que chacun des six jours a été une période d'une durée indéterminée. Alors, entre le commencement du monde et la créati(Hi de llKMnme, lliistdre de la terre compterait six grands âges, dont chacun aurait correspondu à une nouvelle manifestation de la puissance divine par la création de nouveaux êtres vivants. Ces écrivains pensent même qu'Q existe une analogie véritable entre les actes successife de la création rapportés dans la Genèse et le développement graduel de la vie organique manifesté dans les grandes époques géologiques.
H nous semble que l'on peut fort bien admettre l'un ou l'autre de ces systèmes, ou tous les deux à la fois, sans Êdre nnUonent violence au texte de l'écrivain in^iré, et pour le dire en passant, c'est l'opinion à laqueQe le cardinal TViseman parait s'être attaché, il y a trente ans, dans ses Discours sur lêg rapporls des sciences avec la religion, Nous maintenons donc, en premier heu, qu'il n'y a rien dans le récit de Moïse, lorsqu'on l'examine avec soin, qui soit en désaccord avec l'hypothèse d'un intervalle illimité entre la création du monde et l'œuvre des six jours. En second lieu, nous prétendons que l'on peut par- Êdtcment, sans s'écarter des r^les d'interprétation de la sainte
(1) Voir sur cette opinion Lt note I, fin dn volome.
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Écriture, considérer les jours de la création comme de longues périodes.
Quelques-uns de nos lecteurs trouveront peut-être que la voie dans laquelle nous nous aventurons est une voie dangereuse. Ils ont pu s'accoutumer pendant toute leur vie à ne voir rhistoire de la création qu'à travers les idées qui régnaient communément avant les découvertes géologiques, et par suite d'une longue habitude, ils en sont venus à considérer leur propre interprétation avec presque autant de respect que le texte sacré lui-même. De telles personnes seront naturellement disposées à ne voir notre entreprise qu'avec soupçon et défaveur. Elles croiront que nous nous rendons coupables d'un manque de respect envers la sainte Écriture en cherchant à modifier nos opinions relativement à son interprétation, par déférence pour les données des sciences physiques, et elles seront tentées de nous accuser de mettre en parallèle les vaines interprétations des hommes avec la parole de Dieu lui-même.
A un tel genre d'objection nous répondons que nous ne pouvons être coupable d'irrévérence envers la sainte Écriture, lorsque nous ne faisons que nous efforcer, avec toute la soumission qui est due à l'autorité de l'Église, de découvrir la véritable signification d'un passage obscur et difl&cile, sur lequel l'Église ne s'est jamais prononcée d'une façon définitive. On ne peut non plus nous accuser de traiter légèrement la parole de Dieu, lorsque nous nous efforçons de défendre son infaillible véracité contre les assauts des écrivains infidèles. D'aiUeurs, nous pourrions ajouter que s'il est dangereux de modifier l'interprétation reçue de certains passages de l'Écriture, lorsque le progrès des sciences permet de voir les phénomènes physiques
SOUS un nouveau jour, il Test beaucoup plus de persister à attribuer à rÉcriture une doctrine qui, dans quelque temps, pourra être reconnue d'une fausseté si évidente que la contradiction ne sera même plus possible.
Ces sentiments ne nous appartiennent pas exclusivement. Nous les empruntons, en grande partie, à un illustre docteur de rÉglise, et nous sommes heureux, avant d'entrer dans la discussion, de pouvoir abriter nos humbles efforts sous l'autorité de ce nom vénérable. Il y a aujourd'hui plus de quatorze siècles et demi que saint Augustin exposa, dans un traité de douze livres, l'interprétation littérale de la Genèse. Vers la fin du premier livre, il s'étend longuement sur la difficulté de son entreprise et sur la diversité des interprétations qui existaient déjà de son temps. De là, il prend occasion d'avertir ses lecteurs que « si nous trouvons dans les divines Écritures quelque chose qui puisse être interprété de diverses manières, sans nulle injure pour la foi, il faut se garder de s'attacher témérairement, par une assertion positive, à l'une ou à l'autre de ces opinions; car, si plus tard l'opinion que nous avons adoptée venait à être reconnue fausse, notre foi serait exposée à crouler avec elle. On verrait alors que notre zèle avait moins pour objet la doctrine de l'Écriture sainte que la nôtre, et que nos efforts tendaient à faire de notre doctrine celle de l'Écriture, au lieu de prendre la doctrine de l'Écriture pour en faire la nôtre (1). » Et un peu plus loin il expose de nouveau l'imp-udence d'im tel procédé en termes qui s'appHquent tout particulièrement à notre sujet :
<c II arrive souvent que celui qui n'est pas chrétien a des
(l) Appendice I, .
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notions certaines, appuyées sur Texpérience ou sur des preuves incontestables, au sujet de la terre, des cieux et des autres éléments de ce monde, au sujet du mouvement et des révolutions, de la grandeur et de la distance des étoiles, des éclipses de soleil et de lune, du cours des années et des saisons, de la nature des animaux, des plantes et des minéraux, et d'autres choses de ce genre. Or, c'est une chose déplorable, honteuse et qu'il faut avoir soin d'éviter, qu'un chrétien, qui traite de tels sujets sans les connaître, ose s'appuyer sur l'autorité de l'Écriture, lorsque l'infidèle qui l'entend et qui comprend l'extravagance de son erreur a peine à ne pas rire. Et le grand malheur, ce n'est pas que cet homme soit tourné en ridicule pour ses erreurs, c'est que nos auteurs sacrés passent pour avoir enseigné ces erreurs, et que dès lors ils soient condamnés comme ignorants et mis de côté, au grand détriment de ceux dont le salut nous est confié. Car lorsqu'ils entendent un chrétien affirmer des erreurs sur des sujets qui leur sont très famihers, et qu'ils le voient renforcer son opinion sans fondement par l'autorité de nos Livres saints, comment auraient-ils confiance en ces Livres, au sujet de la résurrection des morts, de l'espoir d'une vie éternelle et du royaume des cieux, eux qui les considèrent comme erronés. sur des choses qu'ils connaissent par expérience ou par des arguments invincibles ? On ne saurait dire combien ces hommes téméraires et présomptueux causent de peine et de mal à leurs frères lorsque, accusés de soutenir une opinion fausse et perverse par ceux qui n'acceptent point l'autorité de nos Livres saints, ils essaient néanmoins de défendre, par ces mêmes Livres, ce qu'ils ont si légèrement et si faussement avancé, citant même quelquefois de mémoire ce qu'ils croient convenir à leur dessein, et proférant bien des mots
sans bien comprendre ce qu'ils disent ni ce dont il s'agit (1).
Quelques siècles plus tard^ saint Thomas, la grande lumière de l'école, s'arrête à cette sage considération de saint Augustin, qu'il applique aux circonstances de son temps. Écrivant sur l'œuvre du second jour, il dit que « dans des questions de ce genre, il y a deux choses à observer. Premièrement, la vérité de l'Ecriture doit être inviolablement maintenue. Secondement, lorsque l'Écriture admet diverses interprétations, nous ne devons nous attacher à aucune avec une telle opiniâtreté que, si sa fausseté venait à être démontrée, nous persistions néanmoins à la considérer comme le sens véritable de l'Écriture ; de peur d'exposer par là le texte sacré à la dérision des infidèles et de les écarter de la voie du salut (2). »
Sous le patronage de ces deux illustres saints et docteurs, nous n'hésitons pas à marcher dans la voie dans laquelle nous nous sommes engagé, c'est-à-dire à tenter de concilier le récit inspiré de la création avec la doctrine de l'ancienneté de la terre telle qu'elle est établie par les défenseurs de la géologie. Qu'on n'oublie pas cependant que nous n'entreprenons point de prouver l'extrême ancienneté de la terre par le langage de l'Écriture, mais seulement de faire voir que l'Écriture fait de l'âge de la terre une question parfaitement libre. Les géologues prétendent que notre globe a existé pendant des centaines de milUers, peut-être des milUons d'années ; notre intention est de montrer que tout en maintenant cette opinion, ils peuvent néanmoins accepter la vérité historique du récit biblique.
Comme nous l'avons déjà dit, il y a deux points à discuter.
(1) Appendice II.
(2) Appendice III.
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D'abord, pouvons-nous admettre qu'un intervalle d'une durée indéterminée se soit écoulé entre la création du monde et l'œuvre des six jours ? Secondement, peut-on supposer que ces jours soient de longues périodes? Nous examinerons successivement ces deux questions avec toute l'impartialité désirable : si nous ne réussissons pas à porter la conviction dans les esprits, nous espérons au moins justifier notre droit à la tolérance.