ROLAND, LES MÊMES
ROL. Guido !
GUI. Eh bien?
ROL. J'ai accompli ma mission^
GUI. Gemma?...
ROL. N'a plus d'époux.
TOUS. 0 malheur!
ROL. [dando i fogli a Gui.) Dôl Prence il voler
Tu le annunzia.
GUI. Penoso dover !!
Questo sacro augusto slemma Di chi schiude al Ciel le porte , Pianto a tutti, e reca a Gemma Duolo eterno e forse morte.
Ah ! chi mai per tal sciagura Chi non piange di dolor.
Ripudiata in queste mura
Lungi andrà dal suo Signor.
Nella stanca , che romita Al dolor dischiude il Cielo, Languirà questa avvilita Come nn fior che non ha stelo : Mai dell' odio la tempesta,; Mai s'a<Tolga nel suo cor; Che Iramenda , che funesta Ê 1' offesa dell' amor.
CORO Qua, Rolando; e narra a noi L'a Ufi imprese degli Eroi :
De' Francesi e degli Inglesi Le hattaglie ed il valor.
ROL. Vidi cose , che ridire
La mia lingua a voi non basta :
De' Francesi fremon l'ire ; Ma non hrando, ma non asta Frena il toihido Britanno, D' oy:ni danno-apporlalor.
Solo d'Orléans la donzella Argin pone al suo furor.
CORO Qual prodigio ! una donzella Argin pone al suo furor ?
Narra, narra, e di coni' ella Perveiìisse a tanto onor !
ROL. Ella è ?enno, è brando, è duce, Per ciltadi e per castella :
Strage e morie all'Aggio adduce :
É cometa che flagella Coir infausto suo splendor.
ROL. {remettant son ccrii à Guido). Annonce -lui la volonté du prinre,
GUIDO. Pénible devoir! Ce cachet auguste et sacré qui ouvre le ciel , apporte à tous le chagrin, à Gemma un deuil éternel et peut-être la mort. Ah! qui ne pleurerait pas de douleur sur une telle infortune? Répudiée dans ces murs, elle ira loin de son seigneur : dans l'appartement solitaire où se roniermera sa douleur, elle languira comme une fleur arrachée de sa tige; puisse la tempête de la haine ne pas s'introduire dans son cœur! Qu'elleest terrible, qu'elle est funeste la vengeance de l'amour olfensé!
LE CHOEUR. Mais, Roland, raconte-nous les grandes entreprises des héros; dis-nous les batailles des Français et des Anglais.
ROL. J'ai vu des choses que ma langue n'est pas capable de raconter; la colère des Français rugit, mais ni le glaive ni la hache n'arrêtent le terrible Croton qui apporte avec lui tant de troubles et de ravages ; seule, la vierge d'Orléans met un obstacle à sa lureur.
LE CHOEUR. Quel prodigc, ! une vinge met un obstacle à sa fureur; parle, parle, cl dis-nous comment elle s'est élevée îi tant d'honneur!
ROL. En el!e est la raison, la force, It; commandemenl, elle est le salut des cités et des châteaux, elle apporter aux An<ilais le carnage et ia mort, c'est la comète qui cliàlie avec sa funesle splendeur, c'est
Dei Francesi eli' è la stella, Scudo immenso, e difensor.
CORO Viva d'Orleans la donzella,
Nostra speme e nostro amor !
GUI. Una preglnera uiianima
Por Gemma...
CORO Ah ! sì, preghiamo.
ROL. T' alza infedel. (a Tarn.)
TA3I. Che vuoi?
ROL. Non dei pregar con noi !
TAM. Pregate voi ? perchè? {/ alza furioso)
Perchè Gemma soffra lieta
L' onta infame di un ripudio ?
E a qual Nume , a qual Profeta Può innalzar sua prece il cor ?
Lo potreste ^ allorché il grido Di vendetta accolto fosse ; Se del vii che la perco^^se S' eternasse il disonor.
ROL. Frena , ah ! frena il vile accento , {caccia
0 sei spento , tradì tor. un pugnale)
TAM. Su mi svena ; a che t' arresti ? A quel mal che tu mi festi Morte è un bene , che gii affanni Di moli' anni-troncar può.
Mi toglieste a un Sole ardente , Ai deserti , alle foreste.
Perchè fossi ognor languente Qui fra nembi e fra tempeste :
Mi toglieste e core e mente.
Patria, Nume e libertà.
(Ma di fiamma onnipossente Ardo in core, e niuno il sa.) CORO. La bestemmia del furente Non ascolli il Cielo irato!
Guai ! se il logoro possi" n le Su quel capo ci scaglierà.
TAM. Verrà di che il Saraceno Vendicato appien sarà.
(Ma l'amor cl>e ni' arde in seno Nessun uom distruggerà.)
l'étoile des Français, leur bouclier immense et pro- Iccleur !
LE CHOEUR. Vive la vierge d Orléans, notre espoir et notre amour.
GUI. Une prière unanime pour Gemma I
LE CHOEUR. Ah! oui, prions.
ROL., à Tamas. Lève-toi, infidèle.
TAM. Que veux-tu?
KOL. Ne dois-tu pas prier avec nous ?
TAM., se levant furieux. Pour que Gemma accepte joyeusement la Lonle infâme d'une répudiation? Et à quelle divinité, à quei prophète le cœur peut- il élever sa prière ? Vous pourriez prier, si le cri de la vengeance se faisait entendre après , si le traître était marqué d'un éternel déshonneur.
EOL., tirant un poignard et frappant Tamas. Retiens, oh ! retiens, malheureux, ces viles imprécations, ou tu es mort.
TAM, Tue moi, qui t'arrête? Après le mal que lu m'as fait, la mort est un bien qui peut terminer les souffiances de bien des années... Tu m'as enlevé àun soleil ardent, au désert, aux forêls, pour m'amener ici où je languis au milieu des nuages et des tempêtes; lu m'as ravi cœur, espoir, patrie, liberté! {Apart.) Mais j'ai dans le cœur une flamme toute puissante, et personne ne lésait.
LE CHOEUR. Le ciel irrité n'cniend-t-il pas le blasphème de ce furieux? Malheur, s'il fait tomber sa foudre puissante sur la lète.
TAM. Le jour viendra où le Sarrasin sera pleinemcMit vengé! mais l'amour que j'ai dans mes sens, personne ne pourra jamais le délruire.
COBO Morte , morir» , al Saraceno :
Farlo salvo è criuleltà.
ROL. Lascia, Guido, eh' io possa
Vendicare 1' oltraggio a cui discese.
TAM. Indietro, sciagurati !
RUL. Una parola
Se aggiungi...
TAM. Indietro , o eh' io...
ROL. Vile !
GUI. T' arresta. Lo punisca Iddio.
ISeeua 111;
GEMIMA , E DETTI. All' arrivo di Gemma tutli si arrestano col capo basso ; Tanins colle braccia conserte all' orientale in atlitwiine del massimo rispetto. Gemma guarda tulli con dignità.
GEM. Nuove contese?... Oh Cielo ! {s'accorge del
Un ferro sguainato ! pugnale di Rol.)
ROL. Al Saraceno
D' appuntarlo imponea.
GEM. {con Hmulazione) Comprendo appieno.
Riponete quel ferro.
ROL. Infedele, lo prendi, {getiandolo a' piedi di Tarn.) Lo afilla tu; m'intendi?
TAM. A me la cura
Lasciarne pur.
GEU. L' assenza del mio spooso
Troppo audaci vi fé. Pace una volta ; Pace aimmo fra voi! Guido, ah! non sai Quanto terrore io provo Di guerra al nome. Ahi! cos'i crudi accenti ?-li fan (lauto in me ponnoìj Tremar nei l'omhre, e trabalzar nel sonno.
Una voce al cor d' intorno Da più di mi g roda Guirra!
LE choeur: Mort, mort au Sarrasin; c'est une cruauté que de le laisser vivre.
ROL. Laisse -moi, Guido, que je puisse venger l'outrage auquel il s'abandonne,
TAM. Arrière, misérables !
ROL. Si iu ajoutes une parole...
TAM. Arrière, ou toi même....
ROL. Traître !
GUI. Arrête. Que Dieu le punisse !
IScèno m.
' GEMMA et les mêmes. A Varrwée de, Gemma ils s arrêtent et baissent la tele; Tamas se t'cnt les bras croisés à la manière orientale, d<ins Vatiitude dn plus •profond respect. Gemma les regarde tous avec dignité.
GEM. Encore des disputes. {Elle aperçoit le poignard de Roland.) 0 ciel ! un fer nu!
ROL. Je voulais le donner àaiguiser au Sarrazin.
GEM. disùmulant. C'est bien ; remettez ce poignard à sa place.
v^ox.. jetant le poignard aux pieds de Tamas. Infidèle, prends le, tu l'aiguiseras, tu m'entends?
TAM. Oui ; laisse-m'en le soin.
GEM. L'absence de mon époux vous rond trop audacieux. Paix une fois; paix au moins parmi vous. Guido, ah! tu ne sais pas quelle terreur jeprouNe au seul nom de guerre. Ah! ces terribles accens me font, tant ils ont de pouvoir sur moi, Irembicr Uans l'ombre et tressaillir dans le sommeil. Une voix me crie depuis long-temps au tond du cœur : Guerre. Fuis, Gemma, d'un séjour où la paix rognait..
Fuggi, 0 Gemma, dal soggiorno Dovi' pare un dì regnò.
Queflo grido li cor mi serra, Tal cjie piangere non so.
CORO Come augel nella foresta . (fra sé)
Presagisrela lempesla, Con quel grido all' infelice La sciagura favellò.
GK3I. Î Questa voce somigliante
» A sconvolta onda mugghiante, H Ahi ! dal sonno spaventata » Da più notti mi destò.
»Me deserta e sfortunata, » Che pensarmi, oh Ciel ! non so.
CORO I tuoi mali al cor presaga La sventura palesò.
TAM. Nessun sogno a te predisse
Ch'oggi torna il tuo Signor?
GÉM. Riede il Conte?
COBO Ecco Rolando
Di tal nuova apportator.
GBM. Egli riede? oh lieto istante! Il mio sposo io rivedrò ?
Al mio sen l' ero?, l' amante,
Il mio bene abbraccerò.
Parlorà de' suoi trofei,
Io d'amor gli parlerò.
Cogli amplessi i pianti miei, La mia gioja io mescerò.
Ite: festeggi ognuno Del mio sposo l'arrivo.
{tutti partono : Guido resta in/ondo) Perchè, Guido, tu resti
Simile ad nom che in mente avvolga un tristo, Terribile pcnsier? Parla.
GUI. E lo dcggio.
GESi. Il devi. Ah Guido! Di : forse in battaglia Fu il consorte ferito?
Ce cri m'oppresse le cœur avec tant de force que je ne puis pleurer.
LE CHOEUR (à part). Comme un oiseau dans la forêt présage la tempête, ce cri annonce à l'infortunée son triste destin.
GEM. Cette voix, semblable à une onde troublée et mugissante, depuis plusieurs nuits épouvante mon sommeil; elle me désole et m'effraie , et je ne sais plus que penser.
LE CHOEUR. Cette voix , triste présage pour ton cœur, t'annonce une infortune.
TAM. Aucun songe ne t'a-t-il prédit que ton seigneur revient aujourd'hui ?
GEM. Le comte revient !
LE CHOEUR. Voici Rolaud qui a apporté une telle nouvelle.
GEM. Il revient! Oh! joyeux instant! je reverrai mon époux. Je presserai sur mon sein le héros, l'amant , mon unique bien. Il me parlera de ses trophées, je lui parlerai de mon amour. Dans mes embrassemens je mêlerai la joie aux pleurs. Allez : que chacun fête l'arrivée de mon époux. {1\ms s éloignent. Guido reste dans le fumi.) Pourquoi, Guido, demeurestu ici, avec l'aspect d'un homme qui roule dans son cœur une terrible pensée? parle .?
GUI. Je le dois.
GEM. Tu le dois! Ah ! Guido , dis; peut-être dans la bataille mon époux a été blessé.
GUI. No : ma lu più non bai... non hai marito.
GEM. Oh che favelli tu? Chi il santo nodo Infrangere potrebbe altri che morte?
Il Ciol ci avvinse.
GUI. [presentandole r aito del divorzio) E vi disciolse il
Cielo.
GEM. Un ripudio ! Che lessi ! Avvampo e gelo. Ripudiata? Me infelice!
Ripudiarmi? E in che son rea?
Qual mai colpa mi si addice?
Quale oltragio a lui facea?
Dimmi, o Guido, eh' io deliio, 0 eh' io spiro-di dolor.
GUI. Ei non t' odia ; è sol tua colpa Solo il talamo infecondo :
Il destino, ah ! sol ne incolpa^, Che a ciò trasse il mio Signor.
Brama il Conte dare al mondo Di sua stirpe un successor.
GEM. E di me che sarà mai?
GUI. Fosti al chiostro destinata.
GEM. Ah! che Gemma disperata
In quel chiostro morirà.
GUI. No. che al Cielo, al Ciel sacrata, Giorni lieti in Dio vivrà.
GEM. Dio pietoso! Ah ! tu ben sai
Quanto amai- Io sconoscente?
Fu il pensier della mia mente, Fu il sospiro del mio cor.
GUI. Di te piango; e qual v'ha cuore
Che non pianga a un'innocente?
Voigi a! Cielo il cor, la mente, Là v' è un Dio consolator.
GEM. Ed il Conto, il mio consorte?
GUI. Dei scordarlo.
GEM. E Io potrò?
Obbliar 1' immenso amore?
GUI. Non. Mais tu n'as plus... lu n'as plus d'époux.
GEM. Oh! que dis-tu? la mort seule peut biiser nos nœuds sacrés. Le ciel les a formés.
GVi {lui présentant Vacte du divorce). C'est le ciel qui les rompt.
GEM. Une répudiation! Qu'ai-je lu? Je brûle et je frissonne. Répudiée! Oh! malheureux! me répudier ! En quoi suis-jo coupable ? quelle faute a-til à me reprocher? quel outrage lui ai-j e fait? dismoi, Guido, que je suis dans le délire, car autremeut je mourrais de douleur !
GUI. Il ne te hait pas : ta seule faute est la stérilité de ton lit. Accuse seulement le destin, qui pousse mon maître à agir ainsi. Le comte désire donner au monde un successeur de sa race.
GEM. Et que deviendrai-je ?
GUI. Tu es destinée au cloître.
GEM. Ah ! Gemma désespérée mourra dans le cloître.
GUI. Non ; consacrée au ciel, vivant en Dieu , tu compteras encore d'heureux jours.
GEM. Dieu miséricordieux! tu sais combien j'aimais l'ingrat ! 11 fut la pensée de mon esprit, il fut le soupir de mon cœur.
GUI, Je pleure sur toi... et quel cœur ne gémit pas sur des malheurs immérités? Tourne vers lo ciel ton cœur et tou esprit, là est un Dieu consolatmir.
^ GEM. Et le comte , mon époux '?., GUI, Tu dois l'oublier.
GEM, Et le puis-je? oublier un si grand amour'