Amaury de Bideran, dont l’article suit
2. Henriquede Bideran, mariée avant 1438 à Tony de Valleton , donzel, fils d’Hélie de Valleton, chevalier, capitaine du château de Clérans, d’où serait provenu Gabriel Valleton, donzel, marié le 10 janvier 1471 avec Catherine d’Escodéca. Ce dernier laissa trois fils auteurs supposés des Valleton de Boissière et de Garaube 2.
Amaury de Bideran, damoiseau, seigneur de Campagnac, Roussille, la Poncie et Malromet. Capitaine brave et audacieux, son nom se retrouve dans maints faits d’armes, orthographié tantôt Amaury ou Amalric , mais plus souvent Maurigou ou Malrigou.
Il naquit pendant la dernière période de la guerre de Cent ans. C’est probablement
(1) Fonds Périg. 133, f. 34, v.
(3) Notes mss. de M. de Larmandie sur les Valleton, et généalogie ms. de cette famille par Boisserie de Masmontet.
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lui qui, sans autre qualification que celle de sieur de Bideran, rendit hommage au comte de Périgord, « pour son château del Treus en la châtellenie de Roussille 1 * ». Il reçut de sa marraine Françoise Vigier, demoiselle d’Estissac, le mainement de Malromet et deux francs bordelais, par testament du 2 juin 1416 *.
A cette époque si triste de notre histoire, les seigneurs périgourdins ne furent pas toujours fidèles à leur drapeau, les Anglais, maîtres d’un grand nombre de nos places fortes en Guyenne, possesseurs de presque tous les châteaux des rives de la Dordogne, surent gagner à leur parti beaucoup de nos vaillantes épées périgourdines.
A l’instar de tant d’autres seigneurs, Malrigou s’attacha au parti envahisseur. En 1444 nous le voyons à la tête d’un corps de troupes Anglaises, s’emparer par surprise du château de Biron 3. Informé que Gaston de Gontaut, baron de Biron et de Montferrant, s’avançait pour l’en chasser, il y fit mettre le feu. Gaston et ses chevaliers arrivèrent à temps pour éteindre l’incendie et s’emparer
(1) Fonds Périg., io. f. 230, r.
(a) Fonds Périg., 122, f. 5.
(3 ) Hist. des Grands Officiers de la Couronne, vu, 301. — En 1451, Biron tomba de nouveau au pouvoir des Anglais, et cette fois le château et la ville, alors composée de plus de 200 feux, devinrent la proie des flammes. ( Histoire du château de Biron, par f. Salles).
de Malrigou au moment où il essayait de franchir les remparts.
Dans le tome xxm (f. 136) du Fonds Périgord, le chanoine Leydet donne l’analyse d’un long mémoire adressé au Roi et l’informant des grands dommages commis tant à Villeneuve d’Agenais qu’en d’autres lieux, par Malrigou de Bideran *.
En 1450, il était capitaine de Bergerac, situation très importante, cette place étant une des clefs de la province. Jean de Bretagne, comte de Penthièvre et lieutenant du Roi en Guienne, ayant reçu de Charles VII l’ordre de s’emparer de cette ville, vint immédiatement l’attaquer. Le siège aurait pu être long, car Malrigou avait sous ses ordres une nombreuse garnison d’Anglais; de concert avec la population qui était généralement du parti du Roi de France, il traita secrètement avec le comte de Penthièvre. Le 6 octobre 1450, les assiégeants entrèrent dans la place, et il fut accordé aux soldats anglais qu’ils pourraient se retirer « bagues sauves »1 2 3.
C’est alors que Charles VII, par lettres royaux, datés du mois de février 1451, maintint les habitants de Bergerac, dans leurs anciens privilèges « parce qu’ils avaient con- « tribué par leur fidélité et leurs intelligences
(1) Nous n’avons pu retrouver l’original aux Arch. dép, des
Basses-Pyrénées.
(3) Fonds Périg,, 123, f. 5.
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« avec Malrigou de Bideran, capitaine de la « ville, son fils 1 et ses adhérents, à la « réduction de la place ».
Par ces lettres, le Roi ratifiait en outre les lettres de rémission qu’Amaury avait déjà reçues de Jean de Bretagne, dans lesquelles il était dit que le capitaine de Bideran avait remis Bergerac dans l’obéissance royale « moyennant certaines convenances contet nues ez articles jurés »; parmi ces articles se trouve celui où le comte de Penthièvre promettait à Malrigou pardon et absolution à lui et à ses compagnons, ainsi qu’à tous les habitants de la ville qui voudraient demeurer en l’obéissance du Roi; que par ses considérations, en vertu de son pouvoir il remettait, pardonnait et abolissait tous cas, crimes, excès et méfaits commis par led. Malrigou de Bideran et ses gens et ses compagnons, les rétablissait dans leur bonne renommée, imposant sur ce, silence perpétuel au procureur de Sa Majesté et à tous autres, etc., etc. 2.
En vue de s’attacher davantage Amaury et son fils Garcie-Arnaud, le Roi Charles VII jugea bon de leur donner, par l’entremise du comte de Penthièvre, la seigneurie de Roussille. La charte, qui en faitfoi, est datée du mois
(1) Il s’agit de Garcie-Arnaud, II8 du nom, qui suit. — Nous sommes surpris que M. Labroue dans son Histoire de Bergerac sous les Anglais, ne fasse pas mention du capitaine Bideran.
(2) Fonds Périg., 48, f. 348, r. etv.
de mai 1451 l. (Voir aux Pièces justificatives). D’après le vicomte de Gérard (Chroniques de Tarde), il n’aurait eu Roussille qu’en viager.
Malgré la générosité du Roi de France Malrigou de Bideran continua à guerroyer pour le compte de l’Angleterre, ainsi que l’attestent des lettres patentes de Charles VII adressées, au mois de novembre 145 1, aux sénéchaux d’Agenais et de Quercy et au châtelain de Domme, pour faire rembourser au comte de Penthièvre et de Périgord la somme de 1,000 réaux que ce dernier avait promise à Malrigou de Bideran, capitaine anglais (sic), pour la reddition de Biron et de Montferrand2. (Voir aux Pièces justificatives).
Dans une reconnaissance du 23 mai 1452, Amaury prend la qualité de procureur constitué de noble et puissant homme, Amaury, seigneur d’Estissac 3. Cinq ans après, par acte passé à Estissac à l’endroit où était autrefois la barbecane de ce lieu (sic), il acquit, le 13 juin 1457, de Guillaume, François et Antoine de Lagut, frères, damoiseaux en Mussidan, pour le prix de « neuf vingt escus d’or neufs, l’hostel ou hospice noble de la Poncie » situé dans la ville de Bergerac, avec ses appartenances et dépendances, s’étendant
(1) Fonds Périg., 122, f. 32. — Arch. dép. de la Gironde ; C. 4144 f. 87. — Arch. dép. des Basses-Pyrénées ; E, 847.
(2) Fonds Périg., 23, f. 136, v. — Arch. dép. de Pau ; E, 102.
(3) id. 48, f. 348.
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dans les paroisses et châtellenies de Montcuq, Saussignac, LaMonzie, Sainte-Foy-la-Grande, Prigonrieux, Saint-Victor-de-la-ForceetSaint- Pierre-d’Eyraud *. 11 en rendit hommage le 20 novembre 1461 à Jean bâtard d’ Armagnac, maréchal de France et gouverneur du duché de Guyenne au nom du Roi de France 1 2.
Amaury de Bideran avait épousé Marguerite de Labatut3; il fit son testament en 146., laissant :