ARBRE GÉNÉALOGIQUE DES BRODEUR DE VARENNES ET NOS RAPPORTS DE PARENTÉ
Le Brodeur dit Lavigne, de Nice}, évèêché de Luçon, France, eut un fils, Jean, baptisé en
France en 1653, lequel fut marié en Canada, à 6)
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Boucherville, le 31 janvier 1679, à Marie Anne Messier. Ils eurent entr'autres enfants.
LA
ler. Dégré.
Jean-Baptiste et Christophe.
Marie Judith. . Christophe.
Charles Bousquet. Angélique Lussier.
Françoise Bousquet. Toussaint Brodeur.
J.B. Archambault, et et
Ignace Archambault, 4 Antoine Brodeur.
J. N. Azarie Archam- 5 Son épouse, Aurélie bault. Monjeau.
Jacques Archambault demeura à Québec, avéc sa famille, depuis son arrivée en Canada en 1645, jusqu’en 1650. Voici les documents qui le prouvent. Québec, 27 juillet 1647, marié Michel Chauvin de Ste-Susanne, Maine, à Anne Archambault, fille de Jacques Archambault et de Françoise Toureau, de Dompierre, pays d'Aunis. Mgr Tanguay, ler. volume, page 1923.— Québec, 28 septembre 1648; marié, Urbain Tes-
CE
sier dit Lavigne à Marie Archambault, fille de Jacques. (Chauvin et Tessier étaient au service de la compagnie de Ville-Marie. Mgr Tanguay ler. volume page 561. L'abbé Faillon, histoire de Ville-Marie, page 209, 2 volume, dit touchant le scandale du bigame, Michel Chauvin : “ Prud’homme s'étant ensuite embarqué, pour repasser en Canada, s'empressa dès son arrivée à Québec d'informer du fait le père et la mère d'Anne Archambault qui, le 10 septembre de cette même année, 1650, présentèrent requête, et enfin, revenu à Ville-Marie, il fit encore à monsieut de Maisonneuve le rapport de ce qu'il avait appris. Chauvin, invité à reparaître le 8 octobre suivant, devant Jean de St- Père, greflier de Ja justice, reconnut et confessa, de sa pure et franche volonté, sans aucune force ni contrainte, en présence du Père Pijard, exerçant Alors les fonctions ceuriales, de monsieur de Maisonneuve et de Gilbert Barbier, qu'en effet il avait épousé en France, Louise Delisle, sept ans avant qu'il partit pour le Canada. Mais après cet aveu, craignant sans doute la juste animadversion de monsieur de Maisonneuve et celle de tous les colons de Ville- Marie, qu'il avait ainsi déshonorés, il se rendit incontinent à Québec, et prolita du retour des
vaisseaux quiallaient mettre à la voile, pour repasser en France. Il est bien probable que c’est alors que Jacques Archambault se rendit à Ville-Marie, pour poursuivre Chauvin.” ‘ Les huit premières années de la fondation de Ville-Marie, de 1642 à 1650, les premiers colons, cause des hostilités incessantes ues Iroquois, avaient été forcés de demeurer renfermés dans le fort. De 1650 à 1652 plusieurs demandèrent des concessions de terrains pour se livrer à l'agriculture. De ce nombre furent Jacques Archambault et Urbain Tessier, son gendre.
Ces premières concessions n'étaient que de trente arpents, situées près du fort, afin que les travailleurs puissent-être nrotécés en cas d’aitaque ; et pour ce dessein elles avaient été prises sur l'emplacement destiné pour bâtir Ville- Marie. Aussi avait-il été stipulé que les geignours pourraient les reprendre pour faciliter la construction de la ville, à condition que reprenant ces terrains ils en donneraient deux arpents à chaque habitant à la réserve de deux arpents, qui resteralent au concessionnaire avec sa maison principale, et dans ce cas les seigneurs promettaient de donner à celui-ci une égale quantité de terre, et de le dédommager de tous les travaux faits sur celle qu'ils délaissaient.”
‘ Ces concessionnaires reçurent aussi de monsiour de Maisonneuve une somme de cinq cents francs pour leur aider à se bâtir sur leur lot, des maisons constiuites de manière à se protéger mutuellement contre les Iroquois et à condition de ne pas abandonner l'établissement de Ville-Marie. Faillon 2 volume, page 103.
‘“ Au mois d'octobre 1658, monsieur de Maisonneuve, fait creuser dans le fort au milieu de Ja place d'armes en cas de siège un puits, par Jacques Archambault, comme le constate un contrat du 8 octobre, greffe de Ville-Marie, acte de Basset, C'était le premier puits creusé en l'ile de Montréal. L'hôpital étant transformé en citadelle, monsieur de Queylus y étant retiré avec les prêtres du séminaire, en fit faire un pareil dans le jardin par le même Jacques Archambault.
L'année suivante, trois colons, Charles Lemoyne, Jacques le Ber et Jacques Testard, dont les maisons voisines de l'hopital, pouvaient mutuellement se défendre les uns les autres firent aussi creuser un puits pour leur usage, à frais communs, également construit par Jacques Archambault. Faillon, 2 volume, page 390. Vers 1650, dans le temps ou les colons prirent des terres pour les défricher, monsieur de Maisonneuve établit une confrérie militaire de soixante et
[da] re
douze colons, et fit bâtir de côté, et, d'autre des redoutes où ils pussent se retirer pour se défendre contre les Iroquois. Mais en 166?,où les Jroquois, voulaient mettre tout à feu et à sang dans la colonie, il proposa aux habitants d’en former une nouvelle sous le nom de la Ste-Famille de Jésus, Marie et Joseph, et ce qui est plus étonnant, il se trouva à l'instant cent quarante braves, qui s’offrirent spontanément, résolus de sacrifier généreusement leur vie pour ce noble dessein. Il voulut que leurs noms fussent écrits à la suite de son ordonnance, et déposés aux archives publiques, pour servir de mémorial à la postérité de leur immortel dévouement. Ils formaient, Faillon 3 volume page 16, un camp volant de vingt escouades de sept colons. Chaque escouade 6Jisant un caporal pour les comimander ; Jean Grervaise et Urbain Tessier dit Lavigne, tous deux gendres de Jacques Archaimbault, faisaient partie de la 8ième escouade ; Gilles Lauson, son 3ième gendre, de la 1Hième escouade et Laurent son fils, de Ja 10ième escouade.”
“De plus pour protéser sûrement les colons dans Jeurs travaux et veiller à Ja conservation du pays, monsieur de Maisonneuve, jugea qu'il était aécessaire de tenir en bon ordre les
FAMILLE ARCAAMBAULT 5
redoutes construites ça et là dans les campagnes et de les faire garder nuit et jour par des hommes armés.”
“Dans ce dessein, il donna la propriété de ces redoutes à des habitants connus pour leur cou- “rage et leur valeur, qui commencèrent à y faire leur résidence ordinaire ; ainsi trois d’entr'eux, qui s'étaient distingués dans plusieurs faits d’armes, Urbain Tessier dit Lavigne, Jacques Archambault et François Bailly, eurent pour leur partage celle dite de l'Enfant Jésus, située à une des extrémités de la concession de Lavigne, et voisine du lieu appelé aujourd'hui la Place-d'Armes. Faillon, 8 volume pages 18 et 19.”
L'on voit par les faits ci-dessus que ces premiers colons, furent les premiers défricheurs de Ville-Marie. Cette redoute dite de l’Enfant- Jésus située à une des extrémités de la concession de Lavigne (Tessier) et voisine du lieu appelé aujourd'hui la Place-d'Armes, devait être à la place des banques, dominant la rive est de la petite rivière St-Pierre, aujourd’hui la ruc Craig.
La population de Montréal était bien peu nombreuse alors. Qu'on en juge par le fait d'une élection d'un syndic pour traiter des inté-
rêts les plus graves des habitants tenue le 15 Mai 1672, sous la présidence du juge monsieur dou: il n’y avait que 29 notables, qui ayant donné leur suffrage, élurent Louis Chevalier. Parmis ces notables au nombre de 29, se trouvaient Charles Lemoine de Longueil, Jacques le Ber, son beau-frère, Gilbert Barbier, Nicholas Hubert dit Lacroix, Jacques Urbain Brossart, Jean Déroches, Etienne Truteau, Jacques Archambault, Toussaint Hunault, et Mathurin Langevin. Faillon, page 362, volume 8. Jacques Archambault, né en 1604 fut sépulturé à Montréal, le 15 février 1688, à l’âge de 84 ans. Ila survécu 25 ans à son épouse, Françoise Toureau, née en 1600 et sépulturée à Montréal, le 9 décembre 1663, à l’âge de 63 ans, Jacques Archambault, laissa en mourant 652 petits enfants et douze arrière petits enfants.
D'Anne avec Chauvin, deux enfants, avec
Jean Grervaise, NEUT... source éscsse ce vevse 11 De Marie avec Urbain Tessier dit Lavigne. 16 De Marie avec Gilles Lauzon … eat IE
De Laurent avec Catherine Marchand , RARE
De Charlotte Chauvin avec Jean Beaudoin. 12
Chose remarquable ; les deux filles de Jacques Archambault mariées l’une à Urbain Tessier et l’autre à Gilles Lauzon et sa petite fille, Charlotte Chauvin, mariée à Jean Beaudoin n'avaient toutes trois lors de leur mariage que juste l’âge: nubile ; douze ans et quelques mois. C'était précoce et ce fut prolifique.
En 1665, Louis Quatorze envoya en Canada le régiment Carignan Salières avec Monsieur de Tracy, qui en 1666 détruisit les bourgades des Iroquois Agniers, ce qui imprima une telle terreur à ces cruels barbares, qu’ils demandèrent la paix. Les colons de Ville-Marie, ayant enfin plus de sécurité, allèrent s'établir les uns à Lachine les autres au pied du courant. En décembre 1665, plusieurs colons parmi lesquels, Urbain Tessier, obtinrent des terres plus éloignées, situées sur cette partie du bord du fleuve, qui fut désignée sous le nom de côte St-François, plus tard sous celui de la Longue-Pointe. Le défrichement attirant de jour en jour de nouveaux colons, sur des terres encore plus éloignées, on donna à celles qui venaient après la Longue-Pointe, le nom de côte Ste-Anne et celles qui suivaient furent désignées sous le nom de côte St-Jean, qu'on nomma plus tard Ja Pointe-aux-Trembles,
Jusqu'en 1674, il n’y eut pas de chapelle à
\ Lachine, et &la Pointe-aux-Trembles, les deux
premières paroisses qui existèrent après Montréal. Les prêtres de St-Sulpice allaient y dire de temps à autre la sainte messe à Lachine dans la maison d’un nommé Fournier et à la Pointeaux-Trembles dans celle de François Beau ou Lebeau. Il y avait cependant dès l’année 1674 une chapelle en bas de l’ile de Montréal ; mais le prêtre qui allait y administrer les sacrements était à la fois missionnaire, an bas de l'ile, à Repentigny, à l’île Ste-Thérèse, à Lachenaye et à Verchères. Le petit nombre des habitants était cause que le même prêtre donnait ainsi ses soins à plusieurs paroisses et en inscrivait les actes dans un régistre commun, ce que l’on pratiqua longtemps dans les paroisses de Varennes, Longueuil et Boucherville. Done, bien qu'il existat déjà une chapelle vers l'extrémité de l'ile de Montréal, il n’en existait pas encore à la Pointe-aux-Trembles, ce qui fut cause que le 18 novembre 1674, les habitants s’y réunirent, sous la présidence de monsieur Frémont, prêtre du séminaire, afin de délibérer sur les moyens d'en bâtir une. Rien ne montre mieux combien ces anciens colons, avaient à cœur de voir élever au milieu d'eux quelque sanctuaire uniquement
destiné aux exercices religieux, que les termes du procès verbal dont nous parlons. Ils y déclarent qu'ils se sont assemblés afin d’aviser aux moyens de bâtir une chapelle tant désirée et si nécessaire pour y offrir le saint sacrifice de la messe plus décemment qu’on ne le put jusqu'à présent et y faire plus commodément leurs dévotions. On élut à la pluralité des voix deux marguilliers François Beau, de la côte St-Jean ft, “et Laurent Archambault de la côte Ste- Anne, et 7" on les chargea de faire construire la chapelle sous le titre de l'Enfant Jésus, au moyen de cotisations volontaires, que chacun promit selon ses facultés. La chapelle étant achevée, le supérieur du séminaire la bénit sous le titre de l'Enfant Jésus, le 13 mars 1678, assisté de monsieur Seguenot, curé de la Pointe-aux-Trembles, en présence de tous les paroissiens. [Enfin monsieur Seguenot bénit la cloche, à laquelle Marie Thérèse DuGué, l’une des paroiïssiennes, donna le nom de Thérèse du Saint-Enfant Jésus.
L'établissement de ces deux anciennes paroisses Lachine et la Pointe-aux-Trembles, peut donner une idée de ce qui eut lieu dans la formation des autres paroisses du Canada. D'abord un moulin construit en pierres, ordinairement “en forme de tour, avec des meurtrières, pour
- faire feu de là sur les assaillants ; l'Eglise en
bois d’abord ; enfin une enceinte fermée de pieux ou de planches, et divisée en rues où les paroissiens avaient chacun un petit terrain pour y construire une maison et s’y réfugier en cas d'attaque ; voilà ce que présentèrent à leur naissance les anciennes paroisses de cette partie du pays. Faillon, page 857, vol. 8.
D'après ce que dessus relaté, l’on voit Laurent ! Archambault en 1674 établi à la côte Ste-Anne, occupant une position proéminente parmi les premiers colons de la Pointe-aux-Trembles. Et pour cela, il fallait qu’il fut l’un des colons les plus à l’aise, et dont le défrichement de la propriété datât de plusieurs années. Maïs je n'ai rien trouvé m'indiquant quand il quitta Montréal pour se fixer définitivement à la Pointe-aux- Trembles. Ce dut être, je suppose, en 1665, ou 1666, au temps où son beau;père Urbain Tessier alla s'établir à la côte St-François, la Longue- Pointe. Il est vrai de dire que Laurent Archambault, marié le 7 janvier 1660 à Montréal, y fit baptiser ses six premiers enfants, le dernier des six, Anne, le 7 mars 1674, et le septième, André, le 27 septembre 1676, à Repentigny. Ce qui se conçoit aisément ; ils étaient jusqu'alors déservis par Montréal, ou par des missionnaires am-
bulants. Ce n'est qu'en 1679, le 24 mars, qu'il fit baptiser à la Pointe-aux-Trembles, son 8ième enfant, Pierre, mon trisaïeul, parce qu'alors, ils avaient un curé résidant mobsieur Seguenot.
Quand Jean Archambault mon bisaïeul, vintil se fixer à St-Antoine sur la rivière Chambly ? Je n'ai rien de positif là-dessus mais je pense que ce fut vers 1738 à 40. Voici sur quoi je me fonde.
Mgr. Tanguay volume 2ième. ne donne à Jean Archambanlt mon bisaïeul que deux filles réservant le reste pour des volumes, qui paraitront après ma mort. lière. Marie Josephte, baptisée 1730 mariée le 8 novembre 1751, à Florentin Vigeant, à St-Antoine, 2ième. Marie Geneviève, baptisée 1734 mariée 9 janvier 1758 à Joseph Brodeur à St-Antoine. Mais mon père qui a vécu avec son père, Jean-Baptiste et ses oncles donne en sus à son aïeul Je ean quatre fils. ler. Jean, 2ième. Jean-Baptiste, son père, 8ième. Joseph, 4ième. Pierre, Amable. Or, j'ai parcouru les premiers registres de St-Antoine, et de St- Denis ; je n’y ai trouvé que l'acte de baptême du 4ième, Pierre Amable, baptisé à St-Antoine le 4 avril 1741. Les trois autres fils de Jean, Jean, J ean-Baptiste et J oseph ont dû naître à la Rivière des Prairies. Ce qui rejette l'établisse-
ment définitif de Jean à St-Antoine, vers 1738 à 1740. Il est probable qu'ils avaient pris concession de leurs terres quelques années auparavant et qu’ils venaient de temps à autre travailler à leur défrichement et y préparer ce qui était nécessaire à leur installation. J'ai oui dire à mon père lorsque ces premiers colons vinrent de la rivière des Prairies s'établir à St-Antoine, ils venaient en canot, faisant le tour par Sorel, pour venir travailler sur leurs terres. L'hiver, ils venaient sur les glaces jusqu’à la pomme d'or de Contre-Cœur, et traversaient la presqu'ile, deux lieues, par un chemin à traineaux, à travers la forêt.
Notice sur Denis Archambault, (abbé Faillon, 2 Vol. page 126.)
“ Le 26 juillet 1651, ceux qui étaient en garnison à l’hôpital signalèrent leur valeur dans un combat dont la sœur Bourgeois nous a seule conservé le souvenir et rapporté les principales circonstances. Deux cents Iroquois s'étaient cachés dans un fossé qui descendant de la hauteur près de l'hôpital, à peu près dans l'endroit où est aujourd'hui la rue St-Jean-Baptiste, traversait ce que nous appelons la rue St-Paul. C'était apparemment un fossé de défense construit autrefois pour la sureté de l’hôpital. Tout à coup ces barbares (les Troquois) fondent sur cette maison, résolus de s’en emparer et d'y mettre le feu. M. Lambert Closse, Major, de Ville-Marie, qui y avait été mis par M,
de Maisonneuve pour la défendre, commence à soutenir leur assaut, n'ayant avec lui que scize soldats. L'attaque fut des plus opiniâtres et la défense des plus vigoureuses : et quoique les assiégés fussent en si petit nombre contre deux cents ennemis qui environnaient l’hôpital de tous cotés ils soutinrent le combat depuis six heures du matin jusqu’à six heures du soir, sans éprouver d’autres pertes que celie de Denis Archambault qui en mettant le feu à un canon de fonte, pour la troisième fois, fut tué sur le coup par un éclat de cette pièce qui creva et tua beaucoup d’ennemis. Enfin les Iroquois contraints d'abandonner le siège, se retirèrent et pour se venger de la mort des leurs ils incendièrent dans leur retraite une maison qui fut toute la perte que fit la colonie après celle du brave Archambault.”
Notice sur Anne Archambault, fille de Jacques. Faillon 2 Vol. page 208.
“ Cette même année 1654, M. de Maisonneuve fit paraître la même sollicitude envers Charlotte Chauvin et Anne Archambault sa mère dont il est à propos de parler ici.
Quelque précaution qu’on eut apporté dans le choix des colons de Villemarie, M. de la Dauversière en 1644 en avait engagé un sans le connaître assez ou qui du moins démentit dans la suite les promesses qu’il avait faites et donna à la colonie un grand scandale. Michel Chauvin dit Sainte-Susanne, du nom de sa paroisse dans le Maine, après avoir servi trois ans la Compagnie de Montréal, s'était marié en 1647,
à Québec en face de l'Eglise, sans qu’on eut pris apparemment toutes les précautions requises, et avait épousé Anne Archambault de la paroisse de Dompierré, pays d'Aunis, à la famille de laquelle il n’était pas digne de s’allier. Au bout de trois ans, l’année 1650, Louis Prud’homme ayant fait un voyage en “France, apprit à la Flèche, en Anjou, que Chauvin avait déjà été marié avant d'aller en Canada; que sa femme vivait encore et demeurait à dix lieues de là, dans le village de Voutré, proche de Ste Susanne. Surpris et aflligé de ce récit, Prud’homme voulut en connaître la vérité par lui-même afin d'ôter le scandale dès qu'il serait de retour à Villemarie, I] se rend donc en personne au village indiqué. Aussitôt que j'y fus arrivé,rapporte-il,une rERenne d’eniron soixante ans vient me trouver à l’ho-
tellerie et me demanda des nouvelles de Michel
66 APPENDICE Chauvin. Je lui répondis qu'il se portait fort bien et qu’il s'était marié à Montréal, sur quoi elle répliqua que c'était un méchant homme, qu'il était son mari et qu'avant de partir pour le Canada il avait dissipé tout son bien.
Prud’homme s'étant ensuite embarqué pour repasser en Canada, s’empressa dès son arrivée d'informer du fait le père et la mère de Anne Archambault, qui le 10 septembre 1650, présentèrent une requête. Et enfin revenu à Villemarie, il fit encore à Monsieur de Maisonneuve le rapport de ce qu'il avait appris. Chauvin invité à comparaître le 8 octobre suivant devant Jean de St-Père, greffier de la justice, reconnut et confessa de sa pure et franche volonté sans aucune force ni contrainte, en présence du P. Pyart exerçant alors les fonctions curiales, de M. de Maisonneuve et de Gilbert Barbier, qu’en effet il avait épousé en France Louise Delisle, sept ans avant qu'il partit pour le Canada.
Mais après cet aveu, craignant sans doute la juste animadversion de M. de Maisonneuve et celle de tous les colons de Villemarie, qu’il avait ainsi déshonorés, il se rendit incontinent à Québec et profita du retour des vaisseaux qui allaient mettre à la voile, pour repasser en France.
APPENDICE 67 Un scandale si inoui et si atroce remplit tous les cœurs d’indignation. llus la conduite de Chauvin était infâme, plus elle excita les regrets, la commisération et l'intérêt bienveillant de tous envers Anne Archambault, respectée universellement dans la colonie pour sa piété sa sagesse et sa parfaite intésrité.