RÉPARATIONS
Elle avait eu de Chauvin un premier enfant dont M. de Maisonneuve avait bien voulu être le parrain et qui était mort peu de jours après sa naissance : et au commencement de 1651 elle se trouvait enceinte d’un second. Avant que ce dernier vint au monde, M. de Maisonneuve, par sentence du 8 février, même année, adjugea à Anne Archambault la somme de quinze cents livres tournois à prendre sur les biens présents et à venir de Chauvin, en quelque lieu qu'ils pussent se trouver, sans préjudice, néanmoins des autres prétentions qu’elle pourrait avoir contre lui pour l'enfant qu’elle portait dans son sein. En exécution de cette sentence, il fit procéder à ia vente des biens que Chauvin avait laissés à Villemarie ; et après qu'on eut payé
6s APPENDICE
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toutes les dettes qu’il avait contractées il revint à Anne Archambault sept cent soixante et quatre livres qui lui furent remises en à compte de la somme adjugée. Etant parvenue à son terme, elle mit au monde une fille, le 5 avril suivant:; et comme les personnes les plus qualifiées de la colonie s’efforcaient d'effacer autant qu'il était en elles l’affront qu'elle avait reçu avec tant d’injustice, Mademoiselle Mance et M. D’Aillebout des Musseaux voulurent bien tenir l'enfant sur les fonts de baptême et ce dernier lui imposa même le nom de Charlotte de celui de Charles qu'il portait. Ces procédés commandés par la justice, et ces sages intentions inspirées par une bienveillance délicate produisirent de très heureux effets, en sorte que la réputation d'honneur dont avait joui jusque là Anne Archambault ne reçut dn scandale dont nous venons de parler aucune sorte d'atteinte dans l'estime publique.”