LE CADRAN DE LA MORT
On a vu dans tout le cours de la biographie du P. de Géramb combien la pensée de la mort lui était habituelle et que sa plume et son pinceau rivalisaient pour la mettre sans cosse sous ses yeux et les yeux de tous. De lui aussi on peut dire exactement que sa vie monastique n'a été qu'une préparation incessante au dernier passage.
C'est du reste assez la tradition dans les maisons de la Trappe : si l'historiette connue de Chateaubriand est une fable; si ce n'est plus la coutume (on peut le regretter, car elle était bien impressionnante) de laisser au cimetière une tombe ouverte, tout, dans la vie du Trappiste est fait pour le détacher de la terre, l'acheminer vers le Ciel et sourire à la mort, cette messagère de lumière et de paix, qui en est l'entrée.
On a vu les industries pieuses du P. de Géramb pour rappeler aux hôtes du Port-du-Salut la pensée des fins dernières. Parmi les imprimés qu'il mettait sous leurs yeux, il y avait le célèbre Cadran de la mort, dont on peut croire qu'il eût la première idée, tout au moins sous sa forme actuelle et tel qu'on le distribue toujours dans la plupart des monastères de la Trappe et dans d'autres communautés. A ce titre il a sa place dans la vie du P. de Géramb.