Généralités hippiques
Si quelqu'un me demande pourquoi j'ai écrit ce livre et quelles raisons m*ont autorisé à me croire capable d'entreprendre cette tâche, je répondrai ceci : pendant quinze ans, j'ai pratiqué le cheval en amateur, chassé un peu partout, et acheté à tort et à travers des animaux de toutes sortes. J'ai fréquenté des écuries réputées et je me croyais doué d'une certaine compétence. Des circonstances qui ne sauraient intéresser le lecteur me mirent à même de voir de près ce qui se passait dans les maisons de commerce parisiennes, où le cheval est un travailleur chargé de gagner sa vie ainsi que celle de son propriétaire. Je demeurai confondu de mon ignorance et de ma naïveté ; cependant, sans me décourager, j'ai mis à profit les leçons que j'avais quotidiennement sous les yeux. J'ai peu à peu constaté mes propres progrès par la facilité avec laquelle j'ai pu, par la suite, acheter un bon nombre de chevaux, les mener à bien et... les revendre.
Il est fort difficile, comme dit le poète, de contenter tout le monde etson père ; aussi, ne me suis-je pas dissimulé que certains trouveront mon livre bien terre à terre, tandis que d'autres l'estimeront au contraire légèment pédantesque; enfin, quelques-uns m'accuseront d'avoir puisé trop abondamment chez mes devanciers.
Tous auront peut-être raison, car je n*ai, naturellement, pas inventé l'art hippique à moi tout seul, — pas plus qu'un historien n'imagine l'histoire — et je n'ai fait que réunir ici ce que j'ai appris, par la lecture et la fréquentation des maîtres, en y ajoutant un peu de ce que m'enseigna l'expérience. J'ai seulement le mérite d'avoir écrit en toute sincérité ce que je croyais le meilleur aux intérêts de ceux qui voudront bien feuilleter ce volume. Puisse le lecteur profiter des mésaventures d'autrui et ne récolter que des roses là où, débutant, je me suis écorché à de nombreuses épines !